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samedi 27 juin 2009

RIEN DEPUIS LE 30 MAI ... UN VRAI SCANDALE ! PREMIER TEMPS BREGENZ (A)

Rester silencieux, ne rien écrire pendant des jours... je ne suis pas certain que ce soit une bonne habitude de "blogger". Mais nous sommes des hommes, il nous faut prendre le temps de la respiration.
Durant ces dix derniers jours, cette "respiration" s'est faite en quatre mouvements. Elle n'a rien eu d'artificiel, mais elle a bénéficié des précieux conseils enthousiastes de mon ami Pergame.

Premier temps : Bregenz en Autriche, au bord du lac de Constance (Bodensee).
Que pouvais-je bien aller faire dans cette cité balnéaire aux confins de la Suisse et de l'Allemagne ?
Tout simplement une visite au "Kunsthaus" construit par l'architecte suisse Peter Zumthor (il est né à Basel, je crois) et pour lequel il a obtenu le prix Mies Van der Rohe 1999.

Le temps est chaud et lourd, le soleil brille de tous ses feux. Il est deux heures de l'après-midi. Je viens de Paris en une seule traite. Le site est facile à trouver, il se situe sur la rive du lac de Constance, en plein centre ville. Je laisse ma voiture au parking. Lentement, l'esprit aiguisé et curieux, je me dirige vers ce que mon ami Pergame considère comme une oeuvre majeure de l'architecture contemporaine.

Que vois-je en premier ?
Un cube. Un cube de verre qui semble hermétique.
Impression immédiate de plénitude, d'assise, de masse intégrée dans son environnement.
Mais aussi impression de monolithe apparemment sans ouverture, sauf une, la porte d'entrée, qui n'invite pas à pénétrer à l'intérieur.
J'observe ce curieux édifice sous tous les angles.



(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus

Je m'aperçois que les parois de verre révèlent une partie de son ossature : les escaliers qui par le jeude la lumière donnent vie à la façade opposée au lac, coté ville donc.



(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009
Maintenant, mon oeil distingue mieux les panneaux de verre qui constituent les parois murales et qui ont pour fonction majeure de filtrer la lumière. Derrière ces panneaux des filins d'acier maintiennent les assemblages de manière ingénieuse. (pour plus de détails, voir http://www.kunsthaus-bregenz.at/ehtml/k_arch2.htm)
Je fais le tour du bâtiment et je m'aperçois que le rendu est totalement différent sur le côté opposé. Plutôt que de nous révéler les structures internes du bâtiment la paroi exposée au soleil renvoie la lumière et prend un aspect majestueux et solaire. L'effet est saisissant ! Ce sont les lignes horizontales entre les plaques de verre qui prennent le pouvoir.



(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
Je pénètre à l'intérieur, les portes sont dures à pousser. Je suis aveuglé par l'obscurité ambiante. Je ne vois plus rien. Je distingue à peine un comptoir derrière lequel se trouve une jeune femme blonde. Peu à peu l'obscurité devient plus transparente et je découvre que je suis au coeur d'une exposition de Lothar Baumgarten, avec des photos en noir et blanc d'arbres et de forêts et des sons "naturels".
Extrait de Wikipedia en français :
Lothar Baumgarten (né en 1944 à Rheinsberg, Brandebourg) est un artiste allemand.
Il a étudié les arts, à l'académie d'arts plastiques à Karlsruhe
en 1968 et à l'académie d'art de la ville de Dusseldorf, de 1969 à 1971. Il fut l'élève de Joseph Beuys
dont les idées anthroposophes marquent aussi son travail.
Son travail artistique est marqué par les installations et les travaux artistiques en situation. Il vit actuellement à Dusseldorf.



L'exposition qu'il présente ici s'intitule "Lothar Baumgarten: Seven Sounds/Seven Circles". Je n'en dirai rien, mon propos étant centré sur le Kub.
Dans cet espace sombre, cerné uniquement par quatre murs, je ne sais où me diriger. Des images et des sons m'invitent cependant à poursuivre une visite totalement improvisée. Pour la première fois j'ai l'impression de parcourir une exposition avec pour objectif non pas de découvrir le contenu, mais bien le contenant. Une démarche structuraliste en quelque sorte.
J'aperçois deux personnes qui se faufilent par une porte. Je décide de les suivre. Je tombe sur un escalier, sombre également avec juste les lumières qu'il faut pour deviner les marches à gravir pour accéder au premier étage. Aucune lumière du jour.



(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
Je suis indécis, presque inquiet. Je me demande ce que je vais découvrir.
J'ai bientôt ma réponse.
Obscurité totale cette fois-ci avec des sons extraits de la nature.
Je prends une photo avec mon flash. Aussitôt, une autre jeune femme blonde, massive cette fois-ci, approche avec une lampe électrique. Je saisis dans son discours, non agressif il est vrai, deux mots qui résument tout "kunst"..."verboten". Ok ça va j'ai compris, je range mon appareil. Dans un coin je devine une porte que j'ouvre avec délicatesse et là je déclanche un signal d'alarme très puissant qui me fait frissonner. Je me vois déjà en prison entouré de cerbères menaçants. La blonde d'agite avec sa lampe électrique, elle cherche à élucider le mystèer, l'alarme émet des sons de plus en plus stridents, l'exposition avec ses bruits de nature perd sa raison d'être, plus rien n'a de sens, c'est le bordel intégral ! La négation de l'art, le sacrilège dans un temple de la culture !
Comme l'obscurité est totale, je décide d'évacuer les lieux en douce, en évitant les faisceaux des lampes électriques qui cherchent à identifier le coupable. J'emprunte à nouveau un escalier qui me permet d'atteindre incognito l'étage supérieur. Ouf, je reviens de loin !
Deuxième escalier : luminosité faible.



(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
Arrivé dans la salle du deuxième étage, je pénètre dans un espace vide, avec des sons puissants de pluie qui tombe. Je me trouve dans une demi-pénombre. Rien d'autre.
Ce qui me frappe maintenant, c'est l'extrême dépouillement de l'espace intérieur. Pas un pilier, juste un banc recouvert de cuir et des murs nus avec à intervalles irréguliers des grands panneaux gris. Je ne sais s'il s'agit d"oeuvres" ou de panneaux servant à exposer. Je suis dans un monde totalement étrange. Décontenancé, perdu. J'ai l'impression d'être dans un rêve ou dans un autre univers, je suis à mille lieux de Bregenz et de l'Autriche. Je ne sais même pas si je suis dans le contenant ou dans le contenu. Quel inculte je suis ! Mon ego en prend plein la figure.
Bon, inutile de se vautrer plus longtemps dans un pseudo-culpabilisation sur le mode judéo-chrétien dépassé. Je décide de poursuivre mon ascension.
Mais cette fois-ci je tends à projeter dans le futur l'écart de lumière que j'ai constaté entre le premier et le deuxième étage. Peu à peu j'acquiers la certitude que je vais enfin accéder à la lumière dans tous les sens du terme. Peut-être vais-je découvrir la synthèse magique du contenant et du contenu !

(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
Dès que je pénètre dans l'escalier, je sais que j'ai raison. Le projet de Zumthor et celui de Baumgarten se rejoignent. J'accède enfin à une grande salle dont l'espace sonore est envahi par des cris d'oiseaux rédempteurs. J'ai atteint la lumière et la pureté.

Voila ce que je vois en cet instant :
- la lumière qui se reflète sur le sol d'abord,



- la lumière naturelle du plafond ensuite,


- la lumière de l'espace enfin, filtrée par le verre


Photos (c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
J'ai l'intuition d'une plénitude des choses, du simple fait de la lumière. Je retrouve le dehors au dedans. Rétrospectivement, je refais ma visite en partant des ténèbres pour arriver à un monde solaire capté par le génie humain et je me dis que tout cela est merveilleux et qu'il y a bien là à la fois toute la science et la magie de l'architecture. Je pense aux abbayes cisterciennes, au dépouillement et en définitive à la vie, car la lumière est bien l'unique source de vie.
Ouh là là... faut quand même pas exagérer mon petit bonhomme! Reviens sur terre et arrête de fantasmer !
Contrastes... Lumière on en revient bien à l'essentiel.
Dernier regard...




(c) G. Morin, Bregenz, juin 2009, Kunsthaus
Peter ZUMTHOR, un regard cistercien !

2 commentaires:

  1. Quel régal de lire ta promenade (mouvementée) dans l'écrin de Zumthor ! La démarche de Zumthor a été de réalisée effectivement un espace le plus neutre possible afin qu'il n'y ait pas de "contamination" entre les oeuvres et leur réceptacle. Tout le contraire d'une démarche à la Gehry (Bilbao et prochainement la Fondation Louis Vuitton ds le Bois de Boulogne). Mais visiblement l'espace, dans son dépouillement ou dans le contraste des luminosités (ah... contrastes et lumières !) ne parvient pas à s'effacer ! Que faire ? Un jour que je préparais une intervention sur les musées contemporains devant des élèves de Claudie (que je n'ai finalement pas faite) je m'étais intéressé à un commentaires sur le musée de Peï à Boston (si j'ai bonne mémoire) qui disait qu'en réalité, la "banalité" de l'architecture de cet édifice permettait aux oeuvres de totalement s'exprimer ! Bon, pour finir, quand tu ns dis que tu as fait d'une traite le voyage... je me dis qu'il va qd même falloir que j'y aille ! Car c'est bien beau de pérorer, mais la confrontation est salutaire !
    2 petits ouvrages sur (et de) Zumthor ont été publiés en français il y a quelues mois. L'un des 2 est un de mes livres de chevet : "Penser l'architecture" aux éditions Birkhauser.

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  2. Merci pour tes commentaires. Jer commande tout de suite les 2 bouquins que tu cites de Zumthor et sur Zumthor.

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