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lundi 14 septembre 2009

"LA FETE AU BOUC" DE MARIO VARGAS LLOSA, UN GRAND LIVRE !


C'est un livre, qu'on m'a offert cet été et que j'ai dévoré de la première à la dernière page. Et pourtant il fait 581 pages.
Le thème : comment la didacture fonctionne de l'intérieur, comment des hommes et un peuple entier peuvent-ils subir sans broncher la tyrannie d'un seul homme et de sa famille ?
On en revient toujours à la même question, quel que soit le livre, quelle que soit la situation : qu'est-ce qui fait que nous acceptons l'intolérable ?
" Le Bouc (Trujillo) avait retiré aux hommes l'attribut sacré que Dieu leur avait concédé : le libre-arbitre".
Certains toutefois ne l'acceptent pas, et, même s'ils atteignent leur objectif, ils le paient très cher. Se révolter, dire non dans une dictature, c'est signer son arrêt de mort et celui de sa famille, de ses amis après avoir subi les pires humiliations, la torture physique et morale ... Cela aussi explique beaucoup de choses.
Le dictateur ici c'est Trujillo qui a régné plus de 30 ans sans partage sur Saint-Domingue. Vargas Llosa, en romancier averti, jongle avec les politiciens serviles, les hommes de main à la botte du Bienfaiteur, les militaires imbéciles tous inféodés au Généralissime, les libérateurs courageux, et les civils, femmes, enfants, victimes avant tout. La plupart ont réellement existé, d'autres ont été inventés par l'auteur, ils comblent des vides en quelque sorte et permettent à l'intrigue de prendre toute sa dimension romanesque.
Extrait :
( Une jeune femme,victime des agissements du dictateur avec la complicité de son propre père - président du Sénat sous Trujillo - ne pardonnera jamais à ce dernier sa lâcheté) :
" Elles étaient assez hypocrites tes lettres? Tu parlais toujours avec des détours, des allusions, qu'elles n'aillent pas tomber sous des yeux étrangers et que d'autres apprennent cette histoire. Sais-tu pourquoi je n'ai jamais pu te pardonner ? Parce que tu n'as jamais vraiment regretté. Après avoir servi le Chef durant tant d'années, tu avais perdu tout scrupule, toute sensibilité, toute trace de rectitude. A l'image de tes collègues. Et peut-être du pays tout entier. Etait-ce la condition sine qua non pour se maintenir au pouvoir sans mourir de dégoût ? Perdre son âme, devenir un monstre comme ton Chef..." p. 156


Le didacteur Rafael Leonidas Trujillo Molina
qui régna sans partage de 1930 à 1961 sur la République dominicaine.
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Je n'en dirai pas plus, sinon il me faudrait des pages pour parler de ce livre. Il est préférable de le découvrir page par page, et d'en ressortir plus lucide, peut-être plus intelligent pour décrypter le réel, et plus fort pour lutter contre les dérives d'une société autocratique.
Llosa a remarquablement atteint son but, je conseille ce livre à tous ceux qui cherchent à comprendre pourquoi et comment un seul homme avec une poignée de sbires peut imposer sa loi à tout un peuple, avec la complicité des Etats-Unis et de l'Eglise.
Un grand livre.
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VARGAS LLOSA, il y a quelques années.

Mario VARGAS LLOSA est un écrivain né en 1936 au Pérou, à Arequipa, et qui vit aujourd'hui en Espagne. C'est d'abord et avant tout un écrivain qui a produit des oeuvres d'une qualité parfois inégale. C'est aussi un homme politique. il a d'abord sympathisé avec le parti communiste péruvien. Mais ensuite, après la révolution cubaine de Castro, il s'est clairement situé du côté de la droite libérale dans son pays. C'est sous cette étiquette qu'il s'est présenté à la présidentielle au Pérou en 1990. Il a été battu par Fujimori, inconnu à l'époque, et il a gardé de cette épisode de sa vie une profonde amertume.
Il a quitté l'Amérique du Sud pour vivre en Espagne. Il a d'ailleurs acquis la nationalité espagnole, tout en conservant sa nationalité péruvienne. Il continue à écrire et à parcourir le monde en donnant des conférences dans les plus grandes universités.
Avec "La fête au bouc", il signe un véritable chef-d'oeuvre de la littérature latino-américaine.
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VARGAS LLOSA, aujourd'hui.

1 commentaire:

  1. 580 pages : fichtre ! Mais le commentaire que tu en fais rend cet ouvrage "incontournable". Il est très probable que, quelque soit le lieu, ce qui permet à une poignée d'individus d'opprimer un peuple résulte des mêmes facteurs : l'injustice, la peur, la force, la lâcheté et vraisemblablement aussi une relégation des valeurs telles que l'humanisme, la solidarité et la culture.
    Quand on regarde la photo de ce dictateur, on se dit qu'on pourrait croiser ce type dans le métro. Il a le même visage banal qu'Hitler. Visage qu'il tentait de "customiser" avec une mèche un peu longue et une moustache ridicule. Il y a un "poème" de Cohen qui me revient en mémoire en écrivant cela : "Tout ce qu'il faut savoir sur Adolph Eichmann" :
    Yeux : Moyens
    Cheveux : Moyens
    Poids : Moyen
    Taille : Moyenne
    Signes particuliers : Néant
    Nombre de doigts : 10
    Nombre d'orteils : 10
    Intelligence : Moyenne

    Qu'attendiez-vous ?
    Des griffes ?
    Des incisives démesurées ?
    De la salive verte ?

    La folie ?

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