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samedi 9 juin 2012

MARGIN CALL***** : SOIS LE PREMIER, LE MEILLEUR OU TRICHE !





Ce film est criant de vérité. Il décrit sur un monde obscur dans lequel quelques traders et banquiers d'affaires ont tous les leviers en main pour détruire nos vies.

Il m'est arrivé dans une vie antérieure de cotoyer des jeunes traders et des banquiers d'affaires. J'ai retrouvé, certaines sensations que j'avais eues à l'époque en découvrant leur univers, dans le film oh combien juste de J.C. Chandor !
Le synopsis s'inspire en grande partie de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers.

1er constat : un système hiérarchisé où chacun roule pour soi
Plusieurs points m'ont frappé :
- D'abord, la jeunesse et l'absence de maturité de ces jeunes traders de 23-29 ans qui jouent des sommes colossales dans les casinos de la finance que sont les salles de marché des grandes banques. Peter Sullivan, celui qui découvre les erreurs du modèle financier sur lequel s'appuie la stratégie de la banque a reçu une formation de "spécialiste en fusées". Ce n'est ni un actuaire, ni un diplomé de la haute finance.


- Ensuite, le cynisme des managers "intermédiaires", implacables et froids quand il faut appliquer les décisions de la hiérarchie qu'il s'agisse de virer sine die leurs plus proches collaborateurs ou de se rendre complices de manipulations frauduleuses. Chacun  pour soi. Chacun a son domaine de compétence et ses limites. Un coup dur, et c'est le parapluie : "C'est pas moi c'est les autres !"



- Enfin, au sommet de la pyramide, le patron dont les seuls objectifs sont d'anticiper l'évolution des marchés avant tout le monde et de faire apparaître une croissance à deux chiffres afin d'empocher un maximum de bonus et autres stocks options, alors qu'il ne comprend rien aux opérations nouées et dénouées par les traders.
" Parlez-moi anglais " dit-il à son trader, lorsqu'il lui demande ce qui se passe. C'est ce qui peut faire frémir les spectateurs impuissants que nous sommes. C'est ce qui a pu expliquer d'ailleurs en partie l'affaire Behrings ou l'affaire Kerviel. Tant que la banque gagne de l'argent, on laisse les traders faire le travail, on ferme les yeux sur les pratiques de trading. Qu'une catastrophe survienne et ce sont les traders qui trinquent. Les patrons ne savaient pas !




2ème constat : un système déshumanisé
La finance est un monde de requins dans lequel l'humain n'a aucune place. Ainsi quand la moitié des collègues sont virés de la salle des marchés, ceux qui restent applaudissent, on leur dit que s'ils restent, c'est parce qu'ils sont les meilleurs.
Au début du film, le directeur des risques, Eric Dale, est viré dans l'instant même. On coupe son téléphone, on lui reprend son ordinateur et on l'invite à faire ses cartons sur le champ, accompagné par une homme de la sécurité. Les collègues font semblant de compatir : "Je suis désolé". La mise en scène, remarquable, donne l'impression d'assister à une condamnation et à une mise à mort. Mais Dale connaît la règle du jeu, il ne bronche pas. Il part avec de belles indemnités. Il s'énerve seulement lorsqu'il constate que son smartphone ne fonctionne plus.
Le lendemain, il explique à un de ses ex-collègues, Will Emerson, qui lui demande de revenir à la banque pour une journée, que dans son précédent job, il construisait des ponts : " il servait à quelque chose ! " Mais lorsque Will lui fait entendre qu'il sera largement payé, simplement pour qu'il se taise un jour... Il revient. Il joue le jeu, pour le fric. Sarah Robertson, virée également par le grand patron, parce qu'il faut des têtes au Board, agira de la même manière. L'argent est la seule valeur qu'ils reconnaissent tous.

Le seul personnage humain dans cette histoire, c'est la chienne de Sam, Ella. Mais voilà elle meurt d'une tumeur, cela fait pleurer son maître. Sam enterre sa chienne dans le jardin de la maison de son ex-femme. Il accomplit son dernier acte humain. Son es-femme lui interdit d'entrer dans la maison. Il est seul. Son chien parti, il ne reste rein d'humain dans son univers. Rideau !


3ème constat :  l'argent oui, mais l'argent des autres !
Dans le film, à quelque niveau qu'ils se situent dans la hiérarchie de la banque, le gain est la seule motivation qui pousse ces hommes robots à agir. Combien tu gagnes ? Combien il gagne le chef ? Et le chef au-dessus ? Et le grand patron ? Les réponses à chaque étage font frémir. Chacun à son niveau touche des fortunes : pour faire quoi ?
Une chose est certaine dans le monde de la finance : il y a des gagnants et des perdants. Et le comble c'est que, pour les meilleurs, on peut gagner, même beaucoup gagner quand on perd ! C'est ce que clame haut et fort Huld, le grand patron (chez Lehman Brothers, il s'appelait Fuld !). C'est lui qui demande à ses équipes de vendre tous les actifs pourris de la banque, pour sauver ce qui peut l'être. Certains se posent des questions. Mais au final
chacun n'agit que dans son propre intérêt, même s'il faut se salir les mains.
Aucune morale dans tout cela, l'argent est roi. Combien tu me paies ? En échange, je suis prêt à faire n'importe quoi, avec l'argent des autres.
C'est la grande différence entre le trader et le joueur au casino. Le second risque son propre argent, le premier, l'argent des autres. Et s'il se plante, il est encore gagnant. Le film décrit cette réalité minutieusement.

Que pouvons nous contre cela ? Peut-on éviter la spéculation ? Peut-on prévenir les catastrophes financières ?
Huld énumère la longue liste de celles-ci depuis le 18ème siècle, implacable dans son analyse, il explique à Sam qu'aucune leçon n'a jamais été tirée de chacune d'entre elles.
Pourquoi ? Parce qu'il y aura toujours des gagnants et des perdants et qu'il faut toujours être du bon côté. La vérité est simple.


La grande caractéristique de ce film, qui dans certaines scènes rappelle les films de Kubrick (par exemple la scène ou le jeune trader découvre sur son écran l'ampleur de la catastrophe financière), est qu'il ne donne ni dans la culpabilisation, ni dans le moralisme.
Il décrit avec minutie un système infernal dans lequel chaque élément du système est étroitement dépendant des autres. Qu'un des éléments se casse la gueule, peu importe comment, et tout le reste s'écroule.
C'est exactement l'histoire de ce qui est arrivé à Lehman Brothers. C'est aussi l'histoire de la société dans laquelle nous vivons, c'est notre histoire !

A voir d'urgence. Film remarquablement interprété, réalisé avec une grande maîtrise et qui nous pose de graves questions sur le monde dans lequel nous vivons.

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LA CHUTE DE LEHMAN BROTHERS

Un rapport publié le 11 mars 2010 par un expert judiciaire chargé d’analyser la faillite de la banque a conclu que durant les mois qui ont précédé son effondrement, en septembre 2008, la banque d’investissement Lehman Brothers de Wall Street avait publié des communiqués financiers qui étaient « matériellement trompeurs » et que ses directeurs s’étaient livrés à « la manipulation comptable des bilans. » 
Le document de 2.200 pages donne les détails de la fraude comptable massive, comprenant des transactions secrètes permettant à la banque de falsifier le montant de sa dette et de dissimuler l’ampleur de ses pertes découlant de ses actifs toxiques liés aux prêts hypothécaires. 
L’effondrement de Lehman, le 15 septembre 2008, a déclenché un crash mondial des marchés du crédit qui fut utilisé par le gouvernement américain et les gouvernements du monde entier pour justifier le déblocage de milliers de milliards de dollars de fonds publics pour renflouer le système bancaire. La crise financière a provoqué la récession la plus profonde depuis les années 1930 en éliminant des millions d’emplois. A présent, les gouvernements sont en train d’imposer des mesures d’austérité brutales pour faire payer à l'ensemble des citoyens la défaillance des trésors publics au profit des banquiers et des spéculateurs.
Selon le rapport du chargé d’analyse, Lehman s’était spécialisé dans la surévaluation de ses actifs immobiliers et la manipulation de ses livres de comptes dans le but de fournir des rapports financiers trimestriels qui dissimulaient son niveau d’endettement réel. Comme l’expliquait l’auteur du rapport, Anton R. Valukas du cabinet juridique Jenner & Block : « A l’insu du public investisseur, des agences de notation, des régulateurs du gouvernement et du directoire de Lehman, pour embellir ses comptes Lehman, a faussé le ratio d’endettement (leverage ratio) de la société dans un but destiné uniquement à tromper le public. »...   

La principale manipulation comptable de la banque était connue au sein de l’entreprise sous le nom de « Repo 105 ». Les repo, en abrégé des accords de rachat, sont une pratique courante à Wall Street. Pour obtenir des liquidités à court termes pour des opérations de financement, la banque emprunte auprès d’une autre banque, qui perçoit en contrepartie un certain nombre de ses actifs comme garanties avec mention de les lui racheter quelques jours plus tard.

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