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mercredi 17 décembre 2008

OBSESSION : D'OU VIENT-IL ? OU VA-T-IL ?


J'ai pris cette photo dans Hyde Park, un matin d'automne, il y a quelques années et depuis je suis obsédé par ce coureur : qui est-il ? D'où vient-il ? Où va-t-il ? Pourquoi court-il ?
J'ai du mal à admettre que je n'aurai jamais de réponse à ces questions.
A moins que... cet homme soit mort aujourd'hui... à moins que ... ce soit un de mes amis que le hasard a placé là, à cet instant précis, sans que je le découvre. Les rayons du soleil faisaient que je ne pouvais distinguer qu'une silhouette entre les arbres.
Des questions reviennent sans cesse à mon esprit : ce type qui court sur la photo : est-ce un anglais, est-ce un citoyen d'un autre pays ? Je dis "il", parce qu'à priori cette silhouette est celle d'un homme, mais ce pourrait être aussi celle d'une femme, certes peu féminine, mais attention aux préjugés.
Si c'est un homme, et c'est l'hypothèse que je retiens : où est-il né ? Comment était-il lorsqu'il était bébé : souriant, joufflu, braillard ? Etait-il fils unique ? A-t-il des frères et soeurs. Est-il marié, a-t-il des enfants ? Finalement, je pourrais créer sa vie de toutes pièces. Personne ne pourrait me contredire. La seule chose contre laquelle je ne puis rien c'est son attitude à l'instant précis où la photo a été prise. Car si cette attitude n'existe pas, c'est que l'homme n'existe pas. S'il court, c'est qu'il a existé au moment où j'ai pris la photo. Donc, il existe, et s'il existe c'est qu'il a une vie, mais une vie que je ne connaîtrai jamais. Donc pourquoi ne pas lui inventer une vie, une vie qui soit sa vie sans qu'il ait jamais à la connaître dans la réalité. Pourquoi ne pas passer de la réalité à une fiction ? D'ailleurs peut-être que la vie que je vais lui donner, que je vais inventer, le fera jaillir du néant. Car, si par le plus extraordinaire des hasards, il venait à se reconnaître sur la photo en lisant mon blog, il pourrait sortir du néant et de la fiction en même temps et revenir dans la vie réelle, la sienne, la mienne. Quelle serait alors ma réaction devant ma créature s'effaçant soudain pour laisser place à un inconnu ?
Quant à l'autre, le revenant, il pourrait me poursuivre en justice pour usurpation de vie.
J'en déduis qu'il y a un réel danger à prendre des photos un matin d'automne dans un parc londonien et à laisser libre cours à ses pensées.
Mais finalement créer une fiction à partir de situations réelles vécues, n'est-ce pas ce que fait l'artiste. Et pourtant l'artiste n'est pas un voleur de vie. Oui, mais l'artiste,lui , il a son art, son talent. Sa création est reconnue par les autres, tandis que ma photo d'un gars qui court dans un parc à huit heures du matin, elle, elle ne vaut rien. C'est un simple témoignage d'un instant passé. Alors la seule liberté qui me soit accordée c'est de penser et d'imaginer sans alerter les autres. Dans ce cas je ne risque rien.
En définitive, est-ce que nous ne procédons pas tous comme cela : imaginer, créer en regradant le monde qui nous entoure, sans rien matérialiser de nos élucubrations, de nos créations mentales ... Cela nous aide à vivre, tout simplement.
Peut-être, mais la question n'est pas si simple. Toutefois, comme j'ai promis d'être moins long dans mes messages, je repousse la réflexion à plus tard.
Posted by Picasa

1 commentaire:

  1. Cher Gérard,
    J'ai bien connu le coureur à pied que le hasard t'as permis de prendre en photo un matin d'automne alors que tu sortais d'un cabaret des bas-fonds de Londres où tu avais du accomplir ton devoir d'accompagnateur de quelques clients qui n'avaient eu de cesse depuis le matin de te demander si tu pouvaient les emmener aux putes dès le premier soir car ils ne voyaient pas pourquoi il faudrait attendre le deuxième soir pour aller s'amuser avec les petites anglaises sachant que personne n'était duppe et l'objectif officiel du voyage qui était "de la prospective économique comparée du secteur bancaire rural en Grande-Bretagne, blablabla..." n'était en fait qu'une couverture un prétexte pour aller se faire une petite virée entre hommes dans les pubs Picadelly les boîtes de streap-tease et le reste car quand on n'est banquier on n'en reste pas moins homme pas vrai ?
    Donc ton gars, je l'ai bien connu. Il s'appelle Charles-Antoine Lingat, il est postier, marié, père de deux petites filles, Anne-Louise et Marie-Charlotte, agées respectivement de 6 et 8 ans à l'époque de la photo, sa femme le trompe bien entendu (pas seulement parce qu'il est postier, mais parce que c'est comme ça) avec son patron, un sinistre snob du nom de Grégoire de Clorennec, agent immobilier de son état. Alors que ton objectif est en train de le saisir dans une foulée allègre autant que matinale, sa femme - Marie-Caroline- est en train de se faire sauter par de Clorennec et pire que tout dans le lit conjugal encore chaud du corps sportif de ce pauvre cocu de Charles-Antoine ! Mais ce que ne sait pas ce con de Clorennec, c'est que Charles-Antoine ne va pas courir 3 heures comme d'habitude (il se prépare pour le marathon de Londres qui doit avoir lieu dans 10 jours), mais une heure seulement car il a une colique d'enfer due très vraisemblablement au pâté de foie de Marie-Caroline qu'il s'est tappé hier soir et qu'il va revenir plus tôt que prévu chez lui, au 14, Clayton Street, et qu'après avoir poussé tout doucement la porte avec sa main gauche, sa main droite tenant un sac de muffins aux pépites de chocolat, après avoir retiré ses chaussures à crampons métalliques bien pointus (tu vois où je veux en venir ?), les avoir mis dans sa main gauche (libérée de la poignée de porte) après avoir monté sans bruit l'escalier qui mène à la chambre, ouvert innocemment la porte de ladite chambre (je dis innocemment car Charles-Antoine est sourd et que s'il n'avait pas été sourd, ça fait longtemps qu'il aurait entendu les cris du ruth de ce con de Clorennec et les vagissements de cette salope de Marie-Caroline, ainsi que les protestations des voisins qui trouvent inadmissibles, blablabla...)donc de ladite chambre et qu'est ce qu'il voit, ce con de Clorennec en passe d'achever le 3ème mouvement de la brouette pékinoise (variante plus brutale de la brouette japonaise), ni une ni deux il se rend compte que la situation n'est pas normal du tout (Charles-Antoine est pas con il est postier et coureur à pied), il y va à l'instinct, il plante ses semelles avec les pointes en acier inoxydable de 2,5 cm, diamètre 3 mm (donc règlementaires) dans la troche de l'agent immobilier qui comprend pas (pléonasme car un agent immobilier ça comprend jamais rien) et ce à plusieurs reprises, Scotland Yard évoquant le chiffre de 17 dans l'enquête qui suivit le meurtre de ce con de Clorennec.
    Bien entendu, il y a des choses troublantes dans cette affaire et qui ne manquèrent pas de plonger l'agent Robert B. Crafford de Scotland Yard dans une perplexité dubitative et néanmoins insoluble : pourquoi la brouette pékinoise ? pourquoi des muffins aux pépites de chocolat ? pourquoi du pâté de foie et pas des rilletes ?
    Tu vois, tu connais mieux ton coureur à pied maintenant !

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