Le contraste c'est la dualité. La lumière c'est ce qui donne la vie aux choses.
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jeudi 5 mai 2016
UNE PHRASE DE PAUL RICOEUR A MEDITER
" Ces domaines (scientifiques et techniques) sont devenus si compliqués, nous dit-on, qu'il faut nous en remettre au jugement de ceux qui savent. Il y a là, en réalité, une sorte d'expropriation du citoyen. La discussion publique se trouve ainsi captée et mobilisée par les experts. Il ne s'agit pas de nier l'existence de domaines où des compétences juridiques, financières ou socio-économiques très spécialisées sont nécessaires pour saisir les problèmes. Mais il s'agit de rappeler aussi, et très fermement, que, sur le choix des enjeux globaux, les experts n'en savent pas plu que chacun d'entre nous."
Paul Ricœur 1991 (philosophe français décédé en 2005)
lundi 21 décembre 2015
LA SEPTIEME FONCTION DU LANGAGE, de Laurent BINET
dimanche 2 septembre 2012
ELOGE DU VIDE
samedi 7 novembre 2009
UNE SCENE MAGNIFIQUE DU RUBAN BLANC D'HANEKE
Pour visionner cette scène dans de bonnes conditions cliquez sur l'image avec le bouton gauche de la souris vous arriverez directement sur You Tube
mercredi 4 novembre 2009
RESUME SUCCINCT DE L'APPORT SCIENTIFIQUE DE LEVI-STRAUSS, SELON WIKIPEDIA
mercredi 28 octobre 2009
LE DERNIER FINKIELKRAUT

Parce que j'ai lu ceci sur un blog : "La philosophie regarde, la littérature hume et touche", dit AF. dans le magazine "Lire" de septembre. Il affirme que la littérature lui permet de sortir de lui-même, de s'identifier à d'autres points de vue que les siens, de "se quitter, s'oublier", "dans un va et vient entre l'oeuvre et l'existence de celui qui la lit", dans ce qu'elle "déploie tout l'éventail des sentiments et des sensations". L'idée est séduisante, voyons !
A bientôt pour en reparler ici-même.
lundi 17 août 2009
LE CREDO DE JEANSON
Evidemment Jeanson est âgé, malade, il n'a plus la vigueur d'antan, mais sa pensée reste claire et son credo me semble encore d'actualité.
DISPARITION DE FRANCIS JEANSON

La mort de Jeanson me touche. Profondément.
A plusieurs titres.
C'est d'abord au philosophe et à l'essayiste que je pense : Lettre aux femmes et la Foi d'un Incroyant sont deux livres que j'avais lu avec beaucoup d'intérêt.
«L'univers est peut-être une "machine à faire des dieux". Mais la vraie foi consiste à parier que l'espèce humaine est capable d'incarner Dieu, de le réaliser, "d'en finir avec lui" en inventant sa propre humanité.» (in La Foi d'un Incroyant).
Je n'oublie qu'il a fait partie de la tribu des "Temps Modernes" autour de Sartre qui a été sans aucun doute un des maîtres à penser de la génération 68.
Lorsque j'étais étudiant en licence de philo à Dijon, combien de soirées enfumées passées avec mes amis à discuter de l'existentialisme, du marxisme, du maoïsme, du colonialisme ...!
C'est ensuite l'intellectuel engagé qui a été important pour moi. A milles lieues d'un BHL qui recherche médias et effets de manche, Jeanson a été un acteur de la lutte contre le colonialisme en Algérie, position à la fois courageuse et extrêmement risquée. Qui de ma génération n'a pas entendu parler du réseau Jeanson ?
Il sera condamné par contumace à 10 ans de réclusion, puis amnistié.
Voici ce qui explique le caractère d'intellectuel marginal de Jeanson :
"Face aux tortures et aux massacres d’une guerre de moins en moins légitime, Jeanson osa briser le mur du silence dans lequel s’enfermèrent socialistes et communistes et sut incarner une attitude fidèle aux idéaux fondateurs de la gauche. Elle ne lui pardonna jamais d‘avoir dénoncé ses compromissions et ses reniements entre 1957 et 1962." (Roland Pintat)
Plus cher dans mes souvenirs est le Francis Jeanson, directeur de la maison de la Culture de Chalon-sur-Saône, nommé par Malraux. C'est là que je l'ai rencontré avec sa femme.
La première fois que je l'ai vu, j'ai été frappé par son regard à la fois perçant et très mobile auquel rien n'échappait et par sa parole : chaque mot prononcé il ente donnait l'impression d'avoir été mûrement réfléchi et avant chaque phrase il y avait une imperceptible attente, ensuite les mots précis, ciselés, scandés nous arrivaient en pleine figure. J'ai admiré sa puissance de réflexion, son charisme, sa foi en ce qu'il croyait et son action en faveur de la culture, notamment dans les zones rurales et ouvrières.
Dans chacune de ses actions, Jeanson a toujours eu un projet. C'était un homme de conviction et qui savait convaincre. Nous étions jeunes, étudiants, disponibles, Jeanson représentait une alternative au dogmatisme et aux idéologies toutes faites. C'est ce que j'ai aimé chez lui, même si je n'ai participé qu'à une ou deux de ses actions culturelles.
Ces quelques lignes l'auraient certainement fait sourire ! Elle sont un tout petit témoignage d'un homme qui a compté dans ma vie d'étudiant.
J'ai beaucoup de mal à trouver une photo de Jeanson qui me convienne. Tant pis, je mets la plus ressemblante.
dimanche 2 août 2009
VERONIQUE TADJO : "L'OMBRE D'IMANA"
"L'Ombre d'Imana" a pour thème le génocide du Rwanda.Ce livre m'a marqué, profondément.
Le récit de ce qui s'est passé à travers les témoignages de survivants pose une multitude de questions que je m'étais déjà posées en lisant "les Bienveillantes" ou "Si c'est un homme".
L'écriture nous fait approcher du "mal absolu". Tel est bien le dessein de Véronique Tadjo.
Le voyage commence comme n'importe quel voyage : les bagages perdus, les voisins bruyants et sympathiques dans l'avion, les contrôles à l'aéroport. Puis, petit à petit dans un pays où les apparences premières ne révèlent rien, l'auteur nous fait pénétrer dans un monde inimaginable. L'émotion fait vaciller notre raison, notre bon sens. Le contraste est saisissant entre le calme apparent, voire l'apathie de ceux qui ont vu, de ceux qui ont souffert le pire des drames que l'on puisse connaître dans l'humanité et l'horreur des violences subies par ceux dont la seule faute était d'appartenir à une ethnie ou à une autre.
Pas de compassion, pas de jugement, seulement des témoignages et un style qui donne toute sa force à ce livre.
Je vous laisse méditer sur ce passage qui pose la question de la fonction de l'écrivain confronté à de telles circonstances :
" Le génocide est le Mal absolu. Sa réalité dépasse la fiction. Comment écrire sans parler du génocide ? L'émotion peut aider à faire comprendre ce qu'a été le génocide. Le silence est pire que tout. Détruire l'indifférence. Comprendre le sens réel du génocide, l'accumulation de la violence au fil des années.
L'oralité de l'Afrique est-elle un handicap pour la mémoire collective ? Il faut écrire pour que l'information soit permanente. L'écrivain pousse les gens à lui prêter l'oreille, à exorciser les souvenirs enfouis. Il peut mettre du baume sur la déchirure, parler de tout ce qui apporte un peu d'espoir.
Le grain est enfoui dans la terre. Il meurt afin de pouvoir renaître.
Les chiens se sont nourris de cadavres. Ils étaient enragés. Les oiseaux se sont nourris des yeux des cadavres. Les fruits de la paix se cueuillent sur l'arbre de la peine.
La réconciliation ?
Il faut reconnaître le Mal. L'exorciser par la justice, par une tentative de réelle justice.
Tant qu'il n'y aura pas cela, la peur restera. Elle est là. Elle n'est pas partie. Tout crime non puni engendrera d'autres crimes. Les Hutus ont peur des Tutsis parce qu'ils sont au pouvoir. Les Tutsis ont peur des Hutus parce qu'ils peuvent s'emparer du pouvoir. La peur est demeurée par les collines."
Dans un autre passage du livre, Véronique Tadjo nous fait part de sa propre peur et des questions qui la hantent (rappelons qu'elle est ivoirienne) :
" Et j'ai peur quand j'entends parler chez moi d'appartenance, de non-appartenance. Diviser. Façonner des étrangers. Inventer l'idée du rejet. Comment l'identité ethnique s'apprend-elle ? D'où surgit cette peur de l'Autre qui entraîne la violence ?
Un jour la vie quotidienne s'efface pour faire place au chaos. Où étaient enfouies les graines de la haine ? Dans la nuit de l'aveuglement, qu'aurais-je fais si j'avais été prise dans l'engrenage du massacre ? Aurais-je résisté à la trahison ? Aurais-je été lâche ou courageuse ? Aurais-je tué ou me serais laissé tuer ?
Le Rwanda est en moi, en toi, en nous.
Le rwanda est sous notre peau, dans notre sang dans nos tripes. Au fond de notre sommeil dans notre esprit en éveil.
Il est le désespoir et l'envie de revivre. La mort qui hante notre vie. La vie qui surmonte la mort.
Ne jamais couper le chemin du retour.
Entendre comme une chanson à fredonner, que le monde tient debout et que l'image que nous nous en faisons nous-mêmes est bien vraie."
Sans faire de démagogie, on est loin de la littérature de salon ou de l'art pour l'art. Les questions posées ci-dessus, je les reconnais, je me les suis posées maintes fois moi-même. Elles sont inscrites de manière indélébile dans le miroir de notre conscience. Se les poser, ce n'est en aucun cas les résoudre pour soi, mais c'est en quelque sorte construire pas à pas une pré-science des dangers qui nous guettent individuellement, mais surtout collectivement. Le génocide n'est pas une somme de meurtres individuels, c'est un massacre organisé et accompli de manière collective. Au Rwanda, il n'y a pas eu de meurtres perpétrés par des individus isolés, il y a eu des chasses à l'homme et des tueries collectives. La justification de la violence et de l'horreur des uns est nourrie par les exactions commises par d'autres, ceux de la même ethnie, ceux à qui l'on a dit "si tu ne les tues pas, ce sont eux qui te tueront".
Après la lecture de ce livre, je persiste à croire que la fonction de l'écrivain et de la littérature se situent dans cette perspective. L'artiste en général, le poête, le créateur est celui qui sait nous mettre en face de la réalité passée, présente ou en devenir. Au moyen de son art et de la force des émotions qu'il nous transmet, il nous pose des questions graves qui touchent à l'essentiel : la vie, la mort, la violence, le mal... A nous d'y répondre !
jeudi 2 avril 2009
WILLIAM BLAKE A PARIS !

Un voilier passe dans la brise du matin, et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à mon côté dit : « il est parti ! »
Parti vers où ? Parti de mon regard, c’est tout !
Son mât est toujours aussi haut.
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi, pas en lui.
Et juste au moment où quelqu’un près de moi dit : « il est parti »,
Il y en a d’autres qui, le voyant poindre à l’horizon et venir
Vers eux, s’exclament avec joie : « le voilà ! C’est ça la mort ! »
I am standing in the sea shore,
a ship sails to the morning breeze
and starts for the ocean.
She is an object of beauty
and I stand watching her
till at last she fades
on the horizon
and someone at my side says,
‘She is gone.’
Gone! Where?
Gone from my sight--that is all.
She is just as large in the masts, hull and spars
as she was when I saw her,
and just as able to bear her load of living
freight to its destination.
The diminished size and total loss of sight is in me,
not in her;
and just at the moment when someone at my side says,
'she is gone’
there are others who are watching her coming,
and others take up a glad shout—
‘There she comes!’ - and that is dying."
LE CREATEUR
Gilles Deleuze
Qu’est-ce que l’acte de création ? Conférence donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis - 17/05/1987
jeudi 5 mars 2009
JANKELEVITCH, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE A LA SORBONNE
lundi 19 janvier 2009
CONTRASTE : DEFINITION DE L'ABECEDAIRE DE LA CALLIGRAPHIE CHINOISE
Principe qui peut être défini comme étant l'opposition affirmée entre deux éléments, chacun mettant l'autre en valeur. Ce phénomène survient lorsqu'on varie les dimensions des formes et des surfaces. Le contraste est une notion à laquelle les maîtres chinois ont été très attentifs. Un tel principe que les japonais nomment taï sho sei et que l'on relève abondamment dans la nature a été appliqué par les artistes orientaux, avec la cohérence et la virtuosité que l'on sait.
Quelle que soit l'époque ou la discipline d'art considérée, le contraste se vérifie toujours et apparaît comme l'élément immuable le plus sûr. La loi du contraste a depuis longtemps été mise en évidence, notamment en Chine. Une simple expérience permet de l'expliciter : l'oeil humain exècre les configurations mal définies et les égalités statiques. En revanche, des masses bien contrastées semblent satisfaire pleinement le sens de la perception.
(Je rappelle qu'on parle ici de calligraphie).
« Dans l'écriture d'un caractère ce n'est pas seulement la composition qui importe, c'est aussi la force du coup de pinceau. Faites que votre trait danse comme le nuage dans le ciel, parfois lourd, parfois léger. C'est seulement alors que vous imprégnerez votre esprit de ce que vous faites et que vous arriverez à la vérité. » Li Sseu (210 av. JC.)
Autrement dit en appliquant la loi du contraste en calligraphie, on peut arriver à la vérité, donc à la lumière ! Nous sommes bien d'accord.
samedi 10 janvier 2009
UNE PETITE PIQÛRE D'EDGAR, C'EST TOUJOURS BENEFIQUE !
Il y a deux ans déjà, grâce à notre ami François Soulages, professeur de philosophie, nous avons eu l'occasion d'entendre Edgar Morin, pendant deux heures environ à la maison de la Photograpie dans le Marais.
En sortant de l'amphi, nous avions l'impression d'être plus intelligents qu'en entrant.
La première partie de l'intervention ci-dessus aurait pu être intégrée en tête de ce blog. Comment développer et pratiquer la compréhension ?
N'oublions pas que le mot "compréhension" signifie à la fois : faculté de comprendre, mais aussi "tolérance" !

