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mardi 5 décembre 2017

BEAUNE BOOGIE BLUES FESTIVAL 2017

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Ceux qui me connaissent savent que je suis un amateur de blues et de boogie woogie.

Le week end dernier se tenait à Beaune le « Beaune Blues Boogie » festival.

J’avais un peu peur, malgré l’intérêt que je porte à cette musique, de me lasser de la rythmique du boogie au bout de trois quarts d’heure, en réalité au bout des trois heures de concert j’en aurai volontiers redemandé encore. Le premier pianiste arrivé sur scène est Sébastien Troendlé. Son jeu est riche et novateur, il sait cultiver certaines dissonances et joue également du ragtime avec une évidente aisance. 
C’est ensuite au tour du créateur du festival Jean Pierre Bertrand de jouer des boogie sur un mode plus traditionnel accompagné de deux excellents musiciens français, le batteur Michel Denis, qui a joué avec les plus grands noms du blues et du jazz, surtout avec Memphis Slim. Quant à Gilles Chevaucherie à la contrebasse, c’est aussi un des piliers du jazz français, il a fait partie des fameux « Haricots Rouges » dès l’origine et il a accompagné lui aussi des grands noms du jazz. Ce que je retiens de ces deux accompagnateurs, c’est bien sûr leur tempo, leur maîtrise de l’instrument mais surtout leur joie de vivre, pour eux jouer ensemble c’est se faire plaisir et faire plaisir au public et celui-ci ne s’y trompe pas.

Vint ensuite Richie Loidl, musicien que je qualifierai de « commercial » sans que ce soit vraiment péjoratif. Sa technique est limitée, en revanche il n’a pas son pareil pour mettre de l’ambiance dans une salle lorsqu’il entame les succès de Jerry Lee Lewis. C’est un gars qui a du punch et de l’enthousiasme, mais sur le plan musical on reste vraiment sur sa faim.

Arrivent ensuite le pianiste allemand Frank Muschalle, excellent technicien doté d’une puissance et d’une régularité qui donne vraiment du plaisir à l’écouter. Il est accompagné par deux musiciens de qualité, le batteur Peter Mueller et le bassiste Dani Gugolz, meilleur musicien que chanteur. J’avoue avoir eu un faible pour le saxophoniste-clarinettiste Stephan Holstein. Dès qu’il souffle dans son saxophone, il fait monter le swing et pousse l’ensemble des autres musiciens. C’est un saxophoniste généreux, inspiré doté d’un excellent swing. Ce soir là, c’est le musicien qui m’a le plus impressionné. Il donne de la chaleur à un Frank Muschalle, excellent pianiste, mais qui manque un peu de feeling.


 Frank Muschalle au piano (c) G. Morin 2017


En seconde partie, assez tard dans la soirée, nous avons eu droit à une jam session avec une douzaine de musiciens sur scène, c’est l’esprit du jazz qui s’est emparé de la salle, même si sur le plan de la qualité musicale, on était plus dans le « melting pot » que dans la virtuosité.


 Jean Pierre Bertrand, Frank Muschalle et Richie Loidl au piano, le saxophoniste Stephan Lostein, le bassiste Dani Gugolz et le guitariste Nicolas Peslier. (c) G. Morin 2017


J’ai passé une excellente soirée à Beaune, entouré de ma femme et de mes amis, au milieu d'un public manifestement ravi et je me suis souvenu avec émotion des concerts du Hot Club de France à Dijon dans la fin des années 60 avec Memphis Slim, Willie Dixon, T-Bone Walker,  Lowell Fulson, Champion Jack Dupree, Milt Buckner, Buddy Tate, Illinois Jacket, Lionel Hampton, Willie Smith the Lion ou John Lee Hooker. C’était une autre époque!
 Merci à tous ces musiciens français qui perpétuent la tradition du blues, du boogie et du jazz en général.

lundi 22 août 2016

LES JEUDIS DE NIMES

Par le fait du hasard nous nous sommes trouvés à Nîmes un jeudi soir d'été.
Nous avons découvert, au cœur de la vieille cité gardoise une animation tous azimuts, véritable défi à la morosité ambiante ressassée en permanence par les médias.

Il ne s'agit pas de politique, il s'agit simplement d'observer les visages des gens dans la rue, les uns dégustent des vins de la région place de l'Abbé Pierre, d'autres dansent le tango ou la salsa sur une la place du Chapitre, d'autres encore cherchent des livres ans les étals des bouquinistes et puis bien sûr il y a ceux qui font du shopping ou qui dînent en terrasse des centaines de cafés et restos nîmois.
Moi, ce que j'ai préféré, ce sont les concerts : une excellent orchestre de Jazz "No Vibrato" sur la place la Maison carrée malheureusement quelque peu inaudible dans le brouhaha des terrasses de café, une chanteuse à la voix exceptionnelle Olympe Assohoto en trio sur la place de l'Horloge, un orchestre flamenco au coin d'une rue...
Le tout sous un ciel de pleine lune et dans une ambiance bon enfant mêlant toutes les générations.


Photo GM
 

Les gens ont à l'évidence besoin de se retrouver, d'écouter de la musique, de discuter, de boire un coup ensemble. Des besoins simples dans un monde de plus en plus contrôlé, agressif dominé par l'argent ! Attention, Nîmes n'est pas un modèle loin de là, ce que je retiens c'est le constat que j'ai pu faire en observant les gens dans les rues, un besoin de partage, de convivialité, un besoin d'être ensemble.

TOURNUS 2016, JAZZ EN HERBE : 30 ANS D'EXISTENCE ET UNE REUSSITE EXCEPTIONNELLE

Cette année "Jazz en herbe" fêtait ses 30 ans.
Pour moi cette initiative locale, imaginée par des passionnés de musique est l'exemple même d'une réussite pédagogique.

Jazz en Herbe, c'est tout d'adord une idée lumineuse, venant de 3 illuminés : Jean-Pierre Chabridon, Jean-Michel Dubois et Daniel Pasquier. Lors de l'été 1986, ils créent un stage de musique pour les ados qu'ils connaissent et qui aiment le jazz. L'idée sera reconduite l'année suivante, puis celles d'après. Entourés par des amis toujours fidèles, l'idée de Jazz en Herbe sera développée et structurée.
Aujourd'hui, Jazz en Herbe est une association de type loi 1901. Tous les ans, elle organise des stages d'été ayant pour vocation l'approche du jazz et des musiques improvisées pour les jeunes de 10 à 16ans. 

Concept original, ambiance unique et tranche d'âge trop peu sollicitée pour ces musiques, Jazz en Herbe a toujours su trouver sa place auprès des jeunes musiciens, mais également auprès de son public, toujours fidèle.
http://www.jazz-en-herbe.fr/asso/index.html


Le concert du 14 août à Tournus - photo GM

Le concept
  • permettre à des jeunes de 10 à 16 ans la découverte de la musique sous une forme nouvelle pour eux, avec une méthode pédagogique résolument tournée vers l'ouverture, le développement de la sensibilité et l'expression de chacun.
  • s'adresser à une tranche d'âge rarement sollicitée, ni par la pratique, ni par l'écoute du Jazz et des musiques improvisées.
  • permettre aux jeunes stagiaires de vivre la musique et d'en être les créateurs par l'interprétation et l'improvisation...
  • plus qu'un simple stage de musique, c'est un véritable séjour de vacances encadré par des professionnels de l'animation qui est proposé.

Les activités originales

Au delà des différents ateliers de musique les stagiaires participent à :
  • un mini-concert pendant le stage, en fin d'après-midi devant amis et parents.
  • un GRAND CONCERT FINAL le dernier soir devant un large public.
  • des PARADES sur les marchés pendant le stage.

Rencontres avec des jazzmen

  • après-midi MASTER-CLASS avec un groupe de musiciens professionnels.
    (ces dernières années : Denis Badault, Jean-Luc Cappozzo, Jean-François Michel, Eric Pro, Nicolas Fargeix, Patrick Rudant, Timothé Quost, Joseph Lapchine, Pierre Philibert...)
  • au moins 3 SOIREES CONCERT sur le lieu du stage ou à l'extérieur.


Un constat

Les stages sont complets chaque été en juillet et en août !

Pour les 30 ans, une grande majorité d'anciens sont revenus et ont partagé leur passion de la musique avec toutes les personnes présentes.

Des anciens de JAZZ EN HERBE, le quartet L'OMBILIC DES LIMBES
 en concert à Montceau-Ragny
 Photo GM

Un grand bravo aux créateurs, aux musiciens et aux organisateurs

dimanche 6 juillet 2014

KENNY GARRETT QUINTET : CONCERT MEMORABLE A JAZZACOUCHES


Aux alentours de 22h40, la salle sous chapiteau se remplit. Vient alors sur scène le directeur du Festival qui donne la parole aux intermittents du spectacle. Dans un court message le porte parole de la douzaine d'hommes et de femmes qui travaillent ce soir à la technique explique en quelques mots les raisons pour lesquelles ils sont en colère le patronat et en particulier le Medef veut remettre en cause le modèle français de protection des travailleurs du spectacle. Les mots sont bien  choisis, et dans leur combat ils associent tous les métiers soumis à la précarité. C’est sobre, bien dit. Les applaudissements crépitent, les intermittents reprennent leur poste. Le spectacle continue.
Le présentateur annonce Kenny Garrett et son quintet. Arrivent alors tour à tour chacun des membres de la section rythmique, tous des américains en pleine force de l’âge et enfin arrive le saxophoniste, ancien partenaire de Miles Davis avec son petit bonnet sur la tête dans un costume gris d’une élégance raffinée.
La musique éclate soudain sous les coups de boutoir du batteur, on découvre en quelques notes  et en quelques postures la force créative de l’artiste. J‘aurais aimé à chaque instant prendre des photos tant j’avais l’impression que le saxo de Kenny Garrett faisait partie intégrante de son corps. Il se dégage de ce musicien très vite une puissante énergie syncopée, scandée par des mouvements de son corps créant en permanence des rifs obsédants. La section rythmique est d’une extraordinaire qualité et d’une puissance qui pousse le soliste à aller chercher jusqu’au fond de lui-même en grimpant avec lancinance dans le suraigu et en allant fouiller dans les recoins de sa sensibilité profonde. Qu’il s’agisse des onomatopées venues à travers les âges en ligne droite de l’Afrique ou d’arabesques ciselées tourbillonnantes comme des papillons dans l'air bleuté sur des rythmes latino qui font monter ambiance et plaisir d'être là dans le public.
Mais ce qui me marque le plus dans l’art de Kenny Garrett c’est la pureté de son expression musicale, à l’alto comme au soprano. ll faut entendre les notes qui se délient en s’échappant de l’instrument pour apprécier cette pureté musicale, extraordinairement mise en valeur par le jeu des quatre autres musiciens qui sont à l’évidence de grands professionnels. Le batteur en particulier semble doté d’une énergie surhumaine. Par instant j’avais l’impression d’avoir devant moi un extraterrestre ou un mutant.
 
Concert mémorable, soirée qui s’est conclue en étroite communion avec le public debout, tapant des mains, se trémoussant et s’agglutinant à proximité de la scène répondant avec enthousiasme aux « come on » de Kenny Garrett et aux riffs de l’orchestre sur un dernier morceau où j’ai cru retrouver quelques notes du thème de Matilda interprété jadis par Harry  Belafonte.

samedi 24 novembre 2012

RODRIGO Y GABRIELA AU ZENITH A PARIS

 
 
 
Impressionnante virtuosité pour ces deux guitaristes exceptionnels qui ce soir ont revisité leur répertoire latino flamboyant à la lumière des sonorités sourdes et "submergeantes" du métal.
Déconcertant pour qui, comme moi, ne connaissait pas ces deux phénomènes.
Pendant plus de deux heures, une petite bonne femme avec une guitare accoustique mille fois amplifiée par une techno d'avant garde qui vous balance des percussions, des rythmiques d'enfer comme le feraient les Stones ou ACDC, avec en plus une sonorité latino incroyable, et Rodrigo, l'alter ego, qui glisse ses mélodies dans les intervalles d'une rythmique souvent ultra rapide. E-pou-stou-flant !
Cela pour la première impression.

Au Zénith, vous étions installés complètement à gauche de la scène, à proximité de la grand enceinte qui dégageait des basses d'une intensité folle, bourdonnantes, au détriment des aigus et des medium, ce qui a eu pour effet d'amplifier très largement les effets metal et du coup a géné notre perception.
Autre remarque, au bout d'un certain temps, lorsque l'ambiance est bien chaude, on a une sensation de répétition et d'exercices de style plutot que de morceaux bien ficelés et chantants. Beaucoup de rythmes, surtout des rythmes, et finalement peu de mélodies.
Jamais le moindre son de voix si ce n'est pour baragouiner un langage franco-anglo-spanish totalement incompréhensible. Bon soyons tolérant, on a le droit de ne pas être polyglotte... surtout en France !

Un écart notoire cependant, la venue du pianiste Alex Wilson sur scène qui a pour effet de faire tomber l'ambiance pendant au moins 20 minutes.
Son apport musical est nul et son instrument ne rentre à aucun moment en connivence avec le jeu des guitares. Quant au percussioniste qui vient taper sur on ne sait quoi, on ne voit vraiment pas ce qu'il vient faire sur scène. Cela ne dure de toute façon que le temps d'un morceau.
Heureusement Gabriela et Rodrigo reprennent vite le dessus et font vibrer à nouveau à l'unisson un public composé en très grande majorité de jeunes. Globalement on peut estimer à 5500 - 6000 le nombre de spectateurs présents ce soir. Ils ont fait un triomphe à Gabriela et à Rodrigo, triomphe amplement mérité, malgré quelques imperfections et un retard avant leur entrée en scène.
Du coup, rentré à la maison j'ai téléchargé leur dernier album sur iTunes. Et je savoure !!!

Un extrait du même concert au Zénith de Nantes
http://www.nantes.maville.com/sortir/infos_-Rodrigo-y-Gabriela-des-fous-furieux-de-la-guitare-au-Zenith_fil-2249436-3295530_actu.Htm

vendredi 12 octobre 2012

FLAMENCO DANS UN CIEL ETOILE - IMAGES FUGITIVES, SOIREE INOUBLIABLE

On nous a recommandé d'aller passer la soirée dans un café appelé "El Duende", situé du côté des tours de la ville, Calle Turia.
Après une longue marche dans la ville, nous avons longé le Jardin Botanique et hop nous sommes arrivés dans cette rue bordée d'immeubles, impersonnelle au possible. Nous commencions à douter de l'exactitude de l'adresse qu'on nous avait donnée, lorsque soudain nous perçûmes derrière une porte vitrée une animation improbable. Il s'agissait bien d'El Duende.
Nous payâmes un droit d'entrée et nous voilà plongés dans une salle à moitié sombre avec un bar et partout des tables avec des chaises, toutes occupées. Beaucoup de femmes enjouées et bruyantes, quelques hommes un verre à la main et bien sûr quelques (rares) touristes anglo-saxons.
Finalement la dame du bar nous trouve deux sièges et une petite table. Nous nous installons près des toilettes et de l'accès à la loge des artistes.
Petit à petit nous sommes pénétrés par une atmosphère joyeuse et décontractée à la fois. On boit du vin, de la bière, de la sangria, les voix s'élèvent, les rires aussi, l'ambiance monte.
Les chanteurs et le guitariste tout habillés de noir arrivent les uns après les autres. Il saluent les groupes et se dirigent du côté de la loge, juste derrière nous. Peu à peu je sens leur visage se tendre. Dans quelques minutes, ils auront le masque.
Nous sommes arrivés maintenan depuis plus d'une demi-heure. On éteint les lumières, on allume les deux projecteurs, les musiciens se faufilent à travers les tables sous les applaudissements. Le règne du flamenco commence, eh quel règne !
 
Il est quasiment impossible d'écrire sur une soirée de flamenco car ce qui est palpable est essentiellement du domaine de la tension et de l'émotion.
Très vite nous sommes projetés dans un chant merveilleux et syncopé, accompagné de battements de mains et de pieds, et de myriades de notes qui s'échappent de la guitare à une vitesse fulgurante, l'expressivité des visages est incroyable, ces gens mettent leur coeur à nu avec un sens du don et du tragique qui vous prend aux tripes.
 
Arrive ensuite la magie de la danse qui se projette sur les ondes de ces chants hyper-rythmés et là nous sommes littéralement happés par un feu brûlant et crépitant, où les plaintes succèdent aux complaintes, où l'amour devient violence et en même temps maîtrise totale des gestes. Arabesques, courbes virevoltantes, claquements ryhtmés et syncopés des talons et des mains, visages graves d'une beauté totale, chants venant du fond des coeurs, transe collective, dépassement de soi dans le don de soi. Ici on ne triche pas, on vit intensément, on pénètre au plus profond de la sensibilité humaine.
 
Ces quelques photos arriveront peut-être à transcrire fugitivement ce qui s'est passé ce soir là au Café "El Duende".
 
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"
 
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende". Javier Calderon (cante) et Manuel Reyes (toque ou guitare flamenco)
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende". La danseuse superbe Paula Sanjuan


 
 (c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"

 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"


(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"



(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"
 
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende". Le danseur extrêmement talentueux Jesus Aguilera.
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"
 
 
(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"


(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende"
 


(c) G. Morin, Valence 2012, Café "El Duende". La salle du Café "El Duende"