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mardi 31 mai 2011

QUAND RICCARDO MUTI SE REVEILLE ET DIT QU'IL A HONTE DEVANT BERLUSCONI

Cliquez sur ce lien, même si vous ne parlez pas italien c'est émouvant.

http://youtu.be/7vQ_uQsITko

Quelques éléments pour comprendre :

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.

L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification :
Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé  par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.
Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne  assistait à la représentation…
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendu dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : «Bis!"» Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie».
Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il
Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]
Le chef d'orchestre Riccardo  Muti :
« Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...
[applaudissements]
Muti : « Je n'ai plus 30 ans etj'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à  votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas,
nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".
[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
Muti : « Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble. »
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves.
« J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

mardi 2 mars 2010

ET LA VERSION DE ROBERTO ALAGNA VOUS EN PENSEZ QUOI ?

UNE AUTRE VERSION DU MEME AIR D'OPERA PAR JOSE CARRERAS

LA VOIX DE PLACIDO, EMOUVANTE A SOUHAIT ! EN CONTREPOINT DU D.A. DE TEX AVERY QUI PRECEDE


Plácido Domingo - Puccini - Tosca

La voix de Placido Domingo dans l'air célèbre de Puccini  "E lucevan le stelle" (La Tosca) ne peut laisser indifférent, même si je ne suis pas un grand amateur d'opéra, quand je l'écoute, cela me donne des frissons. A noter que Zubin Mehta, le chef d'orchestre, a l'air encore plus ému que moi !

Les paroles en langue originale :
E lucevan le stelle...

de olezzava la terra...
stridea l'uscio dell'orto...
e un passo sfiorava l'arena...
Entrava ella, fragrante,
mi cadea fra le braccia...
Oh! dolci baci, o languide carezze,
mentr'io fremente
le belle forme disciogliea dai veli!

Svanì per sempre il sogno mio d'amore...
L'ora è fuggita...
E muoio disperato!
E non ho amato mai tanto la vita!...


Traduction française des paroles :
Et brillèrent les étoiles

Et exhalait la terre (étalait son odeur)
Siffla la porte du jardin
Un pas effleura le sable
Elle entra parfumée
Et me tomba entre les mains
O doux baisers o langoureuses caresses
Alors que je dévoilais
Ses belles formes!


Disparu pour toujours mon rêve d amour
Cette heure là s’est enfuie
Et je meurs désespéré
Je meurs désespéré
Et je n ai jamais autant aimé la vie…..

samedi 27 décembre 2008

KLAUS NOMI, PERSONNAGE LUNAIRE, ENIGMATIQUE ET ETHERE



The Cold Song by Henry Purcell (1659-1695)
from the semi-opera "King Arthur", 1691
act 3, prelude and aria
Le Génie du Froid a été réveillé par Cupidon, mais il le supplie dans cette complainte de le laisser mourir de froid à nouveau.

- The Cold Song (Klaus Nomi) –

What Power art thou,
Who from below,
Hast made me rise,
Unwillingly and slow,
From beds of everlasting snow !

See'st thou not how stiff,
And wondrous old,
Far unfit to bear the bitter cold.

I can scarcely move,
Or draw my breath,
I can scarcely move,
Or draw my breath.

Let me, let me,
Let me, let me,
Freeze again...
Let me, let me,
Freeze again to death !

KLAUS NOMI

Klaus Sperber, dit Klaus Nomi, né le 24 janvier 1944 à Immenstadt et mort du sida le 6 août 1983 à New York, est un chanteur allemand.
Icône de la scène New-Wave du début des années 1980, Il apparait à la fois comme un chanteur d'opéra hors norme et un artiste de cabaret au look inclassable.
Découvert par David Bowie, Klaus Nomi étonne son temps par sa tessiture très étendue (sa voix de baryton-basse mêlée à celle de contre-ténor) et son look extra-terrestre et synthétique. (source Wikipedia).

A vrai dire je ne sais pas pourquoi j'ai sélectionné ce chanteur et cette vidéo, car je n'arrive pas à déterminer ce qui m'attire dans cette interprétation très personnelle et peu orthodoxe de l'oeuvre de Purcell. Il est vrai que l'on entend très souvent cette interprétation de Nomi, notamment pour illustrer des images ou des documentaires, d'ici à ce qu'il y ait eu conditionnement inconscient. J'ai un cd de lui à la maison, mais le seul morceau qui ait véritablement retenu mon attention est celui-ci, les autres me laissent indifférent. Le personnage quant à lui reste très mystérieux, il n'y a qu'à observer dans la vidéo ci-dessus son entrée en scène. Son visage est un masque et son costume est intemporel et théatral. On a l'impression que son seul mode d'expression est le chant et que le reste du temps il est muet.

samedi 20 décembre 2008

CONTRASTES : UNE JOUR LE ROCK, UN JOUR L'OPERA

Elle est belle, très belle Kiri Te Kanawa, et elle chante superbement cet air somptueux de Puccini : "O mio Babbino caro". Ecoutez, regardez, même si la qualité de l'image laisse à désirer, c'est un régal!

Paroles

"O mio babbino caro,
mi piace è bello, bello;
vo'andare in Porta Rossa
a comperar l'anello!
Sì, sì, ci voglio andare!
e se l'amassi indarno,
andrei sul Ponte Vecchio,
ma per buttarmi in Arno!
Mi struggo e mi tormento!
O Dio, vorrei morir!
Babbo, pietà, pietà! Babbo, pietà, pietà! "

mardi 16 décembre 2008

LUCIANO PAVAROTTI



"Nessun dorma" est un air pour ténor tiré de l'opéra Turandot de Giacomo Puccini.
L'air est chanté par le personnage de Calaf au début du troisième acte. Plongé dans la solitude de la nuit pékinoise, le Prince inconnu attend le jour où il pourra finalement conquérir l'amour de Turandot, la princesse de glace.

Il y a des moments où l'émotion est telle qu'on n'écoute plus une voix, on la voit. Regardez bien le visage de Pavarotti dans les dernières mesures de Nessun Dorma, c'est absolument extraordinaire. Il n'y a plus qu'une voix et la musique à cet instant précis.
Pavarotti, en janvier 1980, était en pleine possession de ses moyens, l'émotion passe, déborde, nous envahit. On a la chair de poule.
Le concert a été enregistré au Lincoln Center à New York City.

Pour les amateurs, voici les paroles en italien :

Calaf :

Nessun dorma! Nessun dorma!
Tu pure, o, Principessa,
nella tua fredda stanza,
guardi le stelle
che fremono d'amore
e di speranza.

Ma il mio mistero e chiuso in me,
il nome mio nessun sapra!
No, no, sulla tua bocca lo diro
quando la luce splendera!

Ed il mio bacio sciogliera il silenzio
che ti fa mia!

Ma il mio mistero e chiuso in me,
il nome mio nessun sapra!
No, no,

Dilegua, o notte!
Tramontate, stelle!
Tramontate, stelle!
All'alba vincero!
vincero, vincero!