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samedi 4 juillet 2009

ARTISTES DE LA BIENNALE : FAVORIS

Parmi la multitude des artistes qui exposaient à la biennale de Venise j'ai relevé les noms d'artistes qui m'ont séduit par leur puissance créatrice ou par leur originalité :
Miquel BARCELO
Bruce NAUMANN
Grazia TODERI
Blinky (Peter Heisterkamp) PALERMO
Tomas SARACENO
Wolfgang TILLMANS
Hans Peter FELDMAN
Moshekwa LANGA
Pietro ROCCASALVA
André CADERE
Tobias REHBERGER
Lygia PAPE.
et bien d'autres encore...
Au fil des pages de ce blog, dans les semaines à venir, je reviendrai sur chacun d'eux.

Première impression sur la biennale

Je persiste à penser que le thème retenu pour cette biennale 2009 par son directeur Daniel Birnbaum "fare mundi" ne pouvait pas donner lieu à une démarche à la fois créatrice et porteuse de sens.
J'ai plutôt eu l'impression d'assister à un amoncellement d'oeuvres disparates laissant le spectateur en situation de manque.
Certains des artistes que je cite plus haut méritent certainement beaucoup mieux que ce thème et que cet environnement.
Quant aux pavillons des Etats, pour la plupart je n'ai pu constater qu'une absence totale de création. Parmi les plus aberrants, le pavillon de la France et celui de l'Autriche. J'y reviendrai peut-être.

Le débat est ouvert
Pour alimenter le débat, voici un extrait d'un texte d'André Rouillé, publié dans Paris art.com, il ne mâche pas ses mots :
"Jamais Biennale de Venise n’aura sans doute recueilli un aussi large assentiment… contre elle. Les commentateurs les plus indulgents parlent de «Biennale entre deux eaux» (Libération, 16 juin), tandis que d’autres n’hésitent pas à titrer sur une «Biennale de Venise en panne de directions» et à reprocher sans ménagement au directeur Daniel Birnbaum sa sélection qui laisse perplexe à force d’être sans «préférences nettes, ni directions établies, ni nouveautés» (Le Monde, 5 juin).
Il est vrai que la problématique adoptée par Daniel Birnbaum — «Construire des mondes» — est inadaptée à l’époque présente et que ses propos traduisent un certain amateurisme, sinon une réelle désinvolture.

On souffre en effet de lire, dans une interview réalisée peu avant l’ouverture de la Biennale, les réponses de Daniel Birnbaum sur le registre: «Puisque beaucoup des œuvres présentées sont nouvelles, je ne sais pas encore exactement à quoi elles ressembleront» (artpress, juin 2009). Et, après avoir admis qu’une «telle expérience comporte le risque d’échouer», d’ajouter ce propos qui se veut rassurant, mais qui traduit en réalité un défaut de posture méthodologique : «J’ai bien sûr choisi les artistes en fonction de mon intérêt pour eux et de l’entière confiance que j’ai en leur vision».
On aurait préféré apprendre que les artistes ont été choisis en fonction de la problématique générale de la Biennale, et que le lien avec le directeur s’établissait plus sur le mode actif du dialogue que sur le registre personnel et mou de la confiance. En somme, deux conceptions du travail de critique et de la direction artistique.

Mais, c’est assurément plus encore la problématique choisie, «Construire des mondes», qui est la cause de l’échec de Daniel Birnbaum qui, en justifiant son choix, trahit son irréflexion : «On a tellement écrit sur la fin des choses : de la peinture, de l’art, du modernisme, de l’histoire, du sujet, du roman […]. Il est temps d’envisager la possibilité de construire de nouvelles réalités. Une biennale, en 2009, se doit d’essayer».
Le premier devoir du directeur de la Biennale aurait dû être d’apparier une analyse pertinente de l’époque avec une connaissance fine et circonstanciée de l’art.
Or, comment peut-on sérieusement prendre pour socle d’une démarche une imbécillité théorique — «la fin des choses» —, en se fixant pour objectif d’en proposer une alternative ou un dépassement. Le dépassement d’une bêtise ne peut être qu’une bêtise plus grosse encore, en l’occurrence une biennale ratée. La réalité des œuvres est en quelque sorte venue sanctionner le déficit de pensée, ou résister aux prétentions d’une pensée-gadget.

Mais, comme une bêtise ne vient jamais seule, Daniel Birnbaum persiste en confiant à l’art une mission doublement erronée : «construire des mondes», et de surcroît le faire à contre temps de la situation présente de crise profonde et vaste du système économique et social mondial. Est-il nécessaire de rappeler que l’art ne construit pas des mondes. Il peut à la rigueur «faire des mondes» selon le titre du célèbre ouvrage de Nelson Goodman, peut-être en inventer, assurément en imaginer, mais les œuvres font surtout voir, entendre et ressentir des forces invues, inouïes et insensibles du monde. L’art n’est un constructeur de mondes, il est capteur des forces souterraines du monde, et intercesseur vers des mondes à venir."
J'avoue que je partage cette analyse et en particulier les dernières lignes.

mardi 3 mars 2009

DE CHIRICO A PARIS



Posted by Picasa
Aujourd'hui, je suis allé visiter l'exposition "Chirico" au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
Nous avions une conférencière méticuleuse et que l'on entendait mal dans le brouhaha ambiant. Dès le troisième salle j'ai pris mes quartiers libres. Je n'avais pas l'intention de passer trois heures dans ce lieu.
Que dire de cette exposition ?
Elle englobe des oeuvres se référant à toutes les périodes de la carrière de Chirico, contrairement aux expositions précédentes qui se limitaient aux oeuvres créées jusqu'en 1925 à peu près.
1925, c'est la date à laquelle Breton a renié de Chirico : « Chirico, en continuant de peindre, n'a fait depuis dix ans que mésuser d'un pouvoir surnaturel... Cette escroquerie au miracle n'a que trop duré. »
Avant 1925, il y a Munich. Notre homme est un féru de Nietzsche et de Schopenhauer. Les deux philosophes, comme de Chirico lui-même sont fascinés par l'Italie, Florence, Venise, Ferrare...
Les références à l'Antiquité sont multiples dans l'oeuvre de Chirico. C'est la période de la Metafisica dans les années 1910, celle qui est la plus connue.
Un toile illustre cette période : l'autoportrait. Le visage représenté de profil est sans regard. Le peintre est tout à sa méditation intérieure. Pour être un artiste visionnaire, il faut être aveugle.
"L'autoportrait ne relève pas chez De Chirico du simple exercice de style, c'est au contraire une véritable philosophie de l'existence qui se dessine dans ces tableaux. De Chirico, grand lecteur de Nietzsche, va reprendre à son compte le concept du sur-homme.
L'exceptionnel se saisit par l'exception, le génie. C'est à lui qu'incombe le rôle de percevoir et de retransmettre la part énigmatique du monde. Il en résulte chez De Chirico une véritable exaltation du moi, presque un culte... on remarquera à ce propos que ses oeuvres littéraires majeures ont une coloration très fortement autobiographique. De Chirico va jouer de ce statut s'identifiant tour à tour à un dieu, à un philosophe ou à un personnage mythologique. Il joue de sa propre réalité allant parfois même jusqu'à la mythomanie
." (source : site Internet cité plus bas)



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Vient ensuite la période parisienne avec la rencontre d'Apollinaire qui l'introduit dans la société artistique de la capitale. Tout bouillonne à Montparnasse. On est à l'époque où Zadkine et Brancusi débarquent également à Paris (voir article précédent sur Zadkine).
De cette période, je retiendrai :
- le portrait prémonitoire d'Appollinaire, de 1914



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- la gare Montparnasse de 1914




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Viennent ensuite d'autres thèmes qui ne sont pas présentés systématiquement selon un ordre chronologique.
- le Pictor Optimus et le retour au classicisme (1919 -1930)
- le musée imaginaire (1920 - 1960)
- la période néo-baroque (1940 - 1966)
- le "replay" (1938 - 1973)
Ces différentes périodes se chevauchent, mais les thèmes et les obsessions du peintre sont présentées méthodiquement.
Ainsi le spectateur peut s'imprégner successivement :
- de la série des gladiateurs
- de celle des autoportraits (1922 - 1955)
- des copies de toiles de grands maîtres...
Quant à la partie intitulée "Replay" qui présente des tableaux reprenant à l'identique les oeuvres du passé, s'agit-il d'une manifestation du mythe de l'éternel retour chez Nietzsche ?
De Chirico, présurseur du surréalisme, est-il le précurseur du pop-art ? Warhol apparemment s'en est inspiré, dixit les pseudo-experts !
Pour conclure je retiens de cette exposition les points suivants :
- De Chirico était laid : ses autoportraits sont obsessionnels et cette mèche à la Barrès...
- L'artiste s'est trouvé à Paris au bon moment et a rencontré les bonnes personnes, en particulier ce cher Apollinaire
- Autres obsessions : le temps (les horloges), l'espace aux formes simples (des lignes et des courbes, des ombres, une peinture peu chargée et néanmoins faite de tons de fin d'après-midi, des silhouettes sans visage, des répétitions, la référence permanente à l'Antiquité, une vision du monde nietzschéenne avec l'artiste somme visionnaire et comme medium
- Une rupture : Breton le gardien du temple et une vie artistique qui ne s'est jamais affranchie de cette rupture...
Merci en tout cas à De Chirico d'avoir donné libre cours à l'imaginaire. Ici la raison n'a pas cours. Nous sommes dans un pays du rêve. Les juxtapositions de statues antiques, de paysages désertiques et construits, parsemés de silhouettes aux ombres allongées nous ouvrent des portes sur une réalité bien présente, mais dont on n'avait jamais beaucoup parlé. Le poète, le peintre vivent dans cette réalité et essaient de la transcrire, peu y arrivent.
De Chirico est il allé au bout de ses rêves ou n'a-t-il fait que des cauchemars ?
Pour ceux qui veulent approfondir, je recommande la consultation de ce site :
http://users.skynet.be/pierre
.bachy/chirico.html

dimanche 1 mars 2009

SI VOUS AIMEZ LA PEINTURE...

Je vous invite à vous rendre sur le blog de Jean Claude, j'aime beaucoup ce qu'il fait. J'ai un faible pour les voiles de l'île de Ré.
http://blupaint.blogspot.com/2009/02/exposition-au-conseil-regional-de.html