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mardi 26 avril 2016

PARIS - LA DEFENSE - 2012

                       (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


(c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE

 
 

 (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


                              (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


                           (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


                             (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


                             (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


                            (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


 (c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE


(c) G. Morin, 6 janvier 2012, PARIS - LA DEFENSE

jeudi 11 octobre 2012

LA VALENCE DU 3EME MILLENAIRE ... DES QUESTIONS ?

J'ai loué un vélo et j'ai décidé de visiter cette fameuse Cité des Sciences de Valence qui a fait couler beaucoup d'encre.
Pour me rendre sur place j'ai emprunté la coulée verte, autrement dit l'ancien lit du fleuve Turia, qui a été détourné pour éliminer les risques d'inondation après le désastre de 1957.
La coulée verte est un atout extraordinaire pour Valence, elle permet aux habitants de venir se détendre, flaner, faire du sport, profiter de parcs avec des pelouses et des plantations d'arbres, sur des kilomètres et des kilomètres, et pour une grande partie à quelques pas seulement du centre ville. Le week end cette coulée verte est très fréquentée par les valenciens.


Vue de la coulée verte (c) G. Morin - 2012

Et alors, cette Cité des Sciences ?

Ma première sensation a été l'étonnement. Etonnement devant le gigantisme des batiments, étonnement devant leurs formes, étonnement devant le grand vide qui entoure ces constructions futuristes !
En revanche, je ne peux pas dire que j'ai été séduit à la vue de ces constructions à la fois très proches les unes des autres et ostentatoires.
 

Quel était le projet au départ ?
Il s'est agi d'une part d'occuper les terrains de l'embouchure du fleuve Turia laissés vacants par le détournement et d'autre part de mettre en forme les ambitions futuristes de la ville et de la région. Il faut dire qu'au fil des siècles, Valence a toujours été une cité pétrie d'ambitions comme en témoigne la Lonja de la Seda, les gigantesques Torres à l'entrée de la cité ou encore la cathédrale abritant le saint Graal.
Les décisions concernant l'implantation d'une Cité des Sciences futuriste ont été prises au moment où la situation économique et financière était florissante en Espagne.
Coûts estimés au départ : 300 - 350 millions d'euros.


Quelle est la réalité aujourd'hui ?
 
Aujourd'hui la situation a totalement changé, chacun connaît l'endettement de l'Espagne et le gap entre la réalité du quotidien des habitants de Valence et toutes ces réalisations dispendieuses, inadaptées aux besoins réels, véritables gouffres financiers, qui s'accroît tous les jours.
Les coûts réels de la cité des Sciences (qui n'est pas encore terminée) s'élèvent à environ :
1 300 millions d'euros.
Le président de la région a démissionné pour corruption, certains projets ont été retardés.
On prétend que c'est le site le plus visité d'Espagne par les touristes (3,7 millions en 2011, mais je m'interroge sur le comptage puisque l'accès aux sites est libre). Pâle consolation.
 
En ce qui me concerne, ce dimanche 7 octobre 2012, par un temps magnifique, je n'ai rencontré que quelques groupes de touristes et d'espagnols éparpillés, arpentant les lieux l'air médusé. Bon d'accord, il était midi et nous étions un samedi du mois d'octobre !


Bilan architectural - impressions

La cité des Sciences de Valence est en grande partie l'oeuvre d'un architecte : Santiago Calatrava Valls, originaire de Valence.
Après des études en Suisse, il installe son premier bureau d'architecte à Zürich. Il en créé un second à Paris, qu'il devra fermer en 2004. Il s'installe enfin à Valence en 1991, avec pour objectif de préparer des propositions pour les concours relatifs au projet de Cité des Sciences.
Calatrava s'est surtout fait connaître dans un  premier temps pour ses constructions de ponts. parmi les plus célèbres : le Bach de Roda de Barcelone, l'Alamillo de Séville, le Zubi Zuri (pont blanc) de Bilbao, le Pont des Cordes de Jérusalem ou le Pont de la constitution à Venise.
Parmi ses réalisations les plus connues sont : la gare de Lyon-Saint Exupéry, la gare Oriente de Lisbonne, le Milwaukee Art Museum, le complexe olympique d'Athènes, le fameux Turning Torso de Malmö.
Mais bien entendu c'est la Cité des Sciences de Valence qui constitue sa réalisation la plus célèbre.
Selon certains commentateurs: " ses constructions se veulent être à la fois fonctionnelles, esthétiques et proches de la nature et du quotidien d'où il puise ses sources d'inspiration.



Passionné par les formes, on reconnaît dans ses constructions un oeil (l'hemisferic), un squelette (Musée des Sciences), un bateau (Opéra), un peigne (Pont de l'Alameda), un torse humain (Tour de Malmö en Suède)."
 
C'est donc cette cité-musée d'avant-garde que j'ai eu l'occasion de découvrir.
 
Première impression : la lumière. Blanche, partout. Ce qui donne une impression de cité solaire. Les batiments sont plongés dans une sorte d'uniformitré lumineuse reflétée et amplifiée par les bassins d'eau qui les entourent. Cité éthérée dans lesquels les hommes sont des pions perdus dans un gigantesque sans limites.

 

(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia. Il donne l'impression à première vue d'une sorte de casque de héros grec.
En fait, sa forme est celle d'un bateau. Ses dimensions semblent gigantesques : 75 mètres de haut et environ 40 000m² de surface.
Le bâtiment a été conçu par empilement de volumes protégés par une grande enveloppe blanche en forme de coquillage. Une sorte d'immense plume (qui fait penser à un casque) en métal surplombe le Palais, tenu par un pilier en béton armé.



L'édifice est entouré de 60 000m² de jardins, 11 000m² de bassins et de fontaines.




(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia, dont l'accès ne paraît pas évident lorsqu'on en fait le tour.


(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia au fond, et au premier plan l'Hemisferic.
L'Hemisferic fait à l'évidence penser à une oeil gigantesque, symbole d'ouverture sur le monde et de contemplation. A l'intérieur un planetarium et une sorte de géode comprenant une salle de cinéma (IMAX). Totalement désert lors de notre visite.
L'édifice mesure un peu plus de 100 m de long et 26 m de haut. Il a une superficie de 14 000 m². La salle de cinéma a une capacité limitée à 300 personnes.


(c) G. Morin - 2012. La continuité entre l'Hemisferic et le Palais des Arts.

Seconde impression : ces oeuvres architecturales peuvent être certes séduisantes pour l'oeil, mais je ne peux m'empêcher de me questionner : où est la place de l'homme, des hommes plutôt, dans tout cela ?
Pour qui ces bâtiments ont été conçus ?
Ces constructions ont-elles été pensées en fonction des hommes et des usages qu'ils en feront où ne s'agit-il pas de satisfaire les fantasmes de politiciens locaux avides de gloire et de créateurs centrés sur eux-mêmes, enfermés dans leur vision du monde ?
Je pose des questions, je n'induis pas les réponses.
 
Mais ce malaise que j'ai ressenti, je pense qu'il est partagé par beaucoup de visiteurs.
Il faut marcher et encore marcher pour se rendre d'un bâtiment à l'autre. Accueil impersonnel, automates pour prendre des billets, pour acheter à boire... Sièges pour se reposer situés n'importe où entre deux salles et un escalier. Accès d'un site à un autre fermé par un bout de grillage sans explication. Il faut contourner et refaire des kilomètres.
Finalement, je me sens étranger dans ces espaces qui ne sont pas faits pour moi !
 


(c) G. Morin - 2012.
Le Musée des Sciences, sorte de squelette de dinosaure ou de baleine, au choix. Le musée a une superficie globale de 42 000 m2. Il mesure 220 m de long et 80 m de large pour 55 m de hauteur.
Pour le construire il a fallu 58 000 m2 de béton et 14 000 tonnes d’acier. L’édifice est entouré, comme les autres bâtments de la Cité, de 13 000 m2 de pièces d’eau (bassins artificiels) déjà en partie souillées.



(c) G. Morin - 2012. Le squelette


(c) G. Morin - 2012. Musiciens perdus entre deux murs, sous un pont qui semblent illustrer par leur musique criante et dissonnantes les propos écrits sur le mur et partagés aujourd'hui par beaucoup d'espagnols !


(c) G. Morin - 2012. L'Umbracle.
On devine quelques humains errant sous les arches à gauche, et deux autres au fond à droite parcourant la rive sans fin du bassin qui ne mène nulle part.




(c) G. Morin - 2012. L'Umbracle : des bonbons et quelques humains !



(c) G. Morin - 2012. La nature emprisonnée dans l'Umbracle, sorte de jardin suspendu et désert, avec toute une partie à laquelle on ne peut accéder.


(c) G. Morin - 2012. Le musée des Sciences à droite, dont la qualité principale est qu'il est interactif et l'Umbracle à gauche, jardin-prison, avec un parking gigantesque et sombrissime au niveau du bassin.


(c) G. Morin - 2012. Le pont de l'Assut d'or dont le mat s'élève à 150m. Peigne, harpe ?
Pourquoi pas ?

Au fond l'Agora, site couvert destiné à accueillir des événements, notamment sportifs. Il contient plus de 5 550 places. Les parois extérieures nécessitent déjà une rénovation.
On peut bien sûr s'interroger sur l'avenir de ces différents bâtiments et sur la nécessité qu'il y aura de les entretenir, ce qui supposera des fonds supplémentairesn dans un pays exsangue.
A l'évidence on a vu trop grand, trop loin, trop cher... On a perdu le sens des réalités. C'est ce que de nombreux espagnols ne comprennent pas.



 (c) G. Morin - 2012. Le pont et l'Agora.


L'Oceanografic, ou Aquarium, de la Cité des Sciences est l'oeuvre de Felix Candela, décédé en 1997, architecte mexicain, d'origine espagnole et de nationalité américaine. Engagé dans la Guerre civile en Espagne contre Franco, il est obligé de s'exiler au Mexique. La majorité de ses créations sont situées au Mexique, notamment le palais des Sports de Mexico.
L'Oceanografic a été réalisé en collaboration avec Alberto Domingo et Carlos Lazaroles. C'est le plus grand Aquarium d'Europe et certainement le site le plus visité de la Cité des Sciences.

En résumé, je précise que j'apprécie l'architecture moderne. J'ai beaucoup aimé le Berlin moderniste, j'aime également la plupart des sites futuristes en France, j'ai été subjugué par l'Opéra d'Oslo et j'ai encore en mémoire les superbes réalisations de Pékin et de Shanghaï.
Mais cette Cité des Sciences de Valence avec ses multiples bâtiments m'a posé un problème. C'est peut-être l'accumulation qui a génér en mpoi un certain rejet, une sorte d'overdose. Ce qui est criant pour moi c'est ce décalage entre le gigantisme de cette cité et les besoins des hommes d'aujourd'hui.
Pourquoi dans la vieille ville, les rues regorgent-elles de monde ? Pourquoi les gens se parlent-ils ? Pourquoi les enfants jouent-ils ? Pourquoi les cafés sont-ils pleins ? Pourquoi le marché est-il aussi vivant ? Pourquoi me suis-je senti si bien en parcourant jour et nuit les rues et ruelles de la Valence ancestrale ?
Et pourquoi ayant pénétré dans cette Cité des Sciences, ai-je eu envie d'en sortir aussi vite et de parcourir la coulée verte en vélo dans une sorte de fuite vers la cité ancienne ?
Pourquoi ?
Suis-je dépassé ?
Suis-je un vieux con ?
Suis-je réac ?
Suis-je ignorant tout simplement ?

D'autres constructions récentes ne me laisseront pas la même impression ! Heureusement !

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Le palais des Congrès de Valence
 
Je prends le métro pour me rendre dans un quartier excentré de Valence et découvrir le Palais des Congrès dont l'architecte n'est autre que Norman Foster (enfin ses équipes !). Le site a été inauguré en 1998.
Contrairement à mes impressions lors de la visite de la cité des Sciences, je ressens de la justesse dans les formes et dans les dimensions. Lorsque je suis arrivé depuis la station  de métro, j'ai même demandé à des passants où était le palais des Congrès alors qu'il était sous mes yeux. C'était l'arrière du bâtiment.
Certes, les lieux n'étaient pas fréquentés en cette extrème fin d'après-midi d'un dimanche. La population des HLM voisins s'était emparée des jardins situés autour du palais. Deux petites vieilles bavardaient sur le trottoir qui entoure le site, se racontant probablement des histoires de voisinage, l'air totalement indifférent devant cette élégante construction.
Ici encore on peut se demander si le choix de l'implantation est judicieux, car trop en rupture avec une partie l'environnement immédiat, ce qui n'enlève rien à la beauté architecturale.
Je reste très mitigé sur les deux hôtels "fonctionnels" situés à côté du palais.
 
Norman Foster jouit d'une renommée mondiale.
Il a remporté plus de 300 récompenses et prix dans le monde entier.
Il a reçu la médaille d'or du RIBA en 1983, la médaille d'or de l'Académie française d'architecture en 1991 et la médaille d'or de l'institut des architectes américains en 1994.
Sa réalisation la plus célèbre en France est certainement le viaduc de Millau (1993 - 2004).
En 1999, il est lauréat du Prix Pritzker, qui récompense les plus grands architectes.



(c) G. Morin - 2012. La partie extérieure est du Palais, avec de grands panneaux translucides du meilleur effet au soleil couchant.



(c) G. Morin - 2012. La façade du Palais orientée au sud.


(c) G. Morin - 2012. Le palais avec au fond l'hôtel Sorolla (qui n'est pas l'oeuvre de Foster).


(c) G. Morin - 2012. L'hôtel Sorolla inauguré en 2006.

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L'IVAM (Instituto Valenciano de Arte Moderno)
 
Ce musée, inauguré en 1989, est l'oeuvre de deux architectes locaux : Emilio Giménez et Carlos Salvadores. Il a été remanié en 2000 par Emilio Giménez et Julián Esteban.
C'est un musée à taille humaine où l'on se sent bien.
Un problème peut-être : une certaine absence de lumière, aussi bien dans le hall que dans les salles d'exposition qui sont pour la plupart aveugles (si je ne me trompe!).


(c) G. Morin - 2012. La façade du Musée d'Art Moderne de Valence (IVAM) qui contient une salle d'exposition permanente dédiée à Julio Gonzalez.


(c) G. Morin - 2012. Masque, par Julio Gonzalez (c) G. Morin - 2012



(c) G. Morin - 2012. Le niveau du 1er étage donnant accès aux salles d'exposition de part et d'autre.



(c) G. Morin - 2012. Vue depuis l'intérieur du Musée.

mercredi 10 octobre 2012

LA VALENCE MARCHANDE ... LA LONJA DE LA SEDA, UN EDIFICE UNIQUE !

J'avoue qu'en arrivant à Valence, j'ignorais totalement ce que j'allais y trouver comme richesses architecturales appartenant aux siècles passés. Contrairement à Séville, célèbre pour sa Giralda, à Cordoue, connue pour sa Grande Mosquée devenue cathédrale, ou encore à Grenade avec son fameux Alhambra, Valence ne me paraissait pas être une cité rayonnante pour ses édifices romans, gothiques ou baroques. Eh bien j'étais dans l'ignorance la plus absolue, car tous les palais et autres églises ou couvents que j'ai eu le privilège de visiter m'ont paru d'une splendeur inoubliable.

Commençons par la Lonja de la Seda, autrement dit la Bourse de la Soie. Le bâtiment a été construit entre 1483 et 1498. Il s'agissait pour les marchands de créer un lieu d'échange à la hauteur de la renommée de la ville au XVème siècle.
Ce palais, il n'y a pas à ma connaissance de mot plus approprié pour désigner cet édifice, est l'oeuvre de quatre architectes Pere Compte, Johan Yvarra, Johan Corbera et Domingo Urtiaga. C'est un chef d'oeuvre de l'architecture gothique civile.

On pourrait aussi parler de Temple, mais avec une acception tout à fait symbolique. Ce qui est important ici c'est ce besoin des marchands de s'institutionnaliser au même titre que le clergé ou les militaires. Le XVème siècle est celui de la grande transition entre un obscurantisme enraciné dans la religion et l'explosion du monde moderne qui voit apparaître l'homme nouveau, celui de la Renaissance, mais aussi celui des conquêtes et des grandes découvertes.
Cette Bourse de la Soie, ambitieuse et grandiose, symbolise à merveille l'émergence de ce nouveau monde dont Valence sera l'un des fers de lance.









 
Son aspect extérieur est celui d'un chateau avec des tours et des créneaux.





















A l'intérieur il comprend :
  • la Salle du Consulat de Mer (Sala del Consulado del Mar), à gauche de la Tour en regardant la façade,
  • la Tour,
  • le Salon aux colonnes ( Salón Columnario ou Sala de Contratación), à droite de la tour,
  • le Patio aux orangers (Patio de los Naranjos).




  • L'entrée de la Lonja, côté plaza du Mercato Central



    La salle aux colonnes
    Détail de la base d'une colonne
    Ces colonnes mesurent plus de 16 m, elles soutiennent une triple voute en croisée d'ogives.
    Je n'ai pas de mots pour décrire l'élégance de cette salle.
    Celle-ci était réservée aux transactions financières, eh oui déjà les banquiers se distinguaient par leur opulence. Mais à l'époque la régulation des marchés semblait être de mise, puisque sur les murs est gravée cette inscription (traduite bien sur de l'espagnol) : « Maison illustre, j'ai été construite en quinze ans. Compatriotes, vérifiez et voyez combien est bon le commerce qui n'utilise pas la fraude en parole, qui promet à son prochain et ne faute pas, qui ne prête pas son argent avec usure. Le marchand qui vit de cette manière débordera de richesses et jouira, enfin, de la vie éternelle. »
    Voici maintenant la porte d'accès au 1er étage, qui donne sur l'escalier extérieur situé dans le patio.
    La grande salle du 1er étage ensuite.






    Détails du plafond restauré.

    La porte de communication entre la salle du Tribunal du Consulat de la Mer et la Salle des Colonnes, avec son très bel encadrement gothique.



     Pour terminer, une vue de la façade côté plaza del Mercato Central avec ses gargouilles inquiétantes.


    La Lonja de la Seda est classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, depuis 1996.

    jeudi 31 mai 2012

    MESSAGE POUR PERGAME

    J'ai trouvé ceci sur un blog ami tenu par une amoureuse de littérature, ça devrait t'intéresser :

    http://panoramas.over-blog.fr/article-chateau-la-coste-art-architecture-vin-105619880.html

    Cela vaut aussi bien entendu pour les fidèles lecteurs de Contrastes et lumière qui se rendent du côté d'Aix en Provence.

    vendredi 16 septembre 2011

    CHATEAU D'ECOUEN : UN MUSEE RATE !


    Je ne connaissais pas le château d'Ecouen, un bijou de la Renaissance. Donc, j'ai souhaité combler mon ignorance en allant le visiter hier.
    Le château se situe à l'extrême limite de la banlieue nord parisienne, juste après Villiers-le-Bel.
    Mais ayant suivi un itinéraire probablement plus rapide, nous sommes arrivés par le nord. De loin, la vue sur le château qui domine la bourgade d'Ecouen est impressionnante et, dans mon for intérieur, je me réjouissais de visiter un site aussi prometteur.
    Même impression lorsque nous sommes arrivés derrière le château, entouré de forêts composées d'arbres majestueux et séculaires.

    - Première surprise : très peu de visiteurs, une vingtaine au maximum au moment de notre visite, alors que je m'attendais à une foule importante. Il est vrai que nous étions en semaine et que la rentrée des classes, extrêmement récente, justifiait l'absence de groupes scolaires.
    Nous passons la porte côté jardin. Belle vue sur le château !

    - Seconde surprise, le château est exclusivement consacré au Musée de la Renaissance. Qu'importe, nous aimons beaucoup cette époque, sur le plan artistique. Nous sommes donc en attente d'un musée passionnant.

    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le portail d'entrée
    - Le château
    La construction du château commença en 1538. Son premier propriétaire fut le connétable Anne de Montmorency (Anne était le prénom de sa marraine Anne de Bretagne), l'homme le plus puissant de France, après le roi.
    Le plan d'origine du château est très simple. Il se compose d'un quadrilatère agrémenté de quatre pavillons d'angle. On ne connaît pas le nom du premier architecte. On sait en revanche qu'en 1547, le connétable fait appel à Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui allait bientôt abriter les deux somptueuses sculptures de Michel Ange, aujourd'hui au Musée du Louvre, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, que le roi Henri II lui a offert.


    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, l'aile sud

     
    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, reproduction de l'esclave mourant

    Pour embellir et décorer les lieux, Montmorency fait appel à des artistes réputés tels que Jean Goujon (auteurs de magnifiques bas relief au Louvre), le fameux Bernard Palissy (émailleur, peintre et potier) et Masseot Abaquesne (cémariste et faïencier). Fidèle aux principes de la Renaissance, en amateur éclairé, Montmorency commande des vitraux, des sculptures, des pavements, des lambris et des peintures, des objets d'orfèvrerie, des magnifiques tapisseries, ainsi que des poteries, émaux et fontes de toute sorte.
    Le château sera achevé en 1750. A la Révolution le château appartenant aux Condé est confisqué et le mobilier est détruit ou dispersé.
    L'édifice est entouré de fossés, il est doté d'une terrasse côté nord et de jardin donnant sur la forêt.


     (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est


    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est

    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade nord avec la terrasse au premier plan

    Le château, outre les appartements de ses propriétaires, comprenait également les appartements royaux d'Henri II et de Catherine de Médicis son épouse. Tous les appartements sont sur les ailes nord et sud, tandis qu'une grande galerie faisant face à l'entrée du château permettait de présenter aux visiteurs les multiples pièces des somptueuses collections du connétable.


    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade ouest de la grande galerie vue du jardin

    Au cours des siècles le château changea plusieurs fois de mains, après les Montmorency, il échoua aux Condé, puis il entra dans la patrimoine de l'Etat, devint Maison des filles de la Légion d'Honneur avant qu'André Malraux ne décide d'en faire un Musée national de la Renaissance. Celui-ci ouvrit ses portes en 1977.

    - Le musée de la Renaissance
    Nous pénétrons par la salle d'accueil qui fait aussi boutique et librairie, puis nous commençons la visite par la Chapelle du château.
    Très belle salle, bien éclairée, avec une voûte sur laquelle apparaissent les armoieries du connétable Anne de Montmorency, serviteur successivement des rois François 1er, auprès duquel il tomba en disgrâce, et d'Henri II.


    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la voûte de la chapelle

    Nous passons ensuite par la salle des armes présentant de belles pièces de machines à tuer de l'époque, oy y apprend notamment les différences entre une épée, un sabre, un stylet, une dague levantine à oreillons, une dague saxonne à trident et une rapière...
    Nous traversons ensuite les salles consacrées aux sculptures de la première et de la seconde Renaissance.
    Viennent ensuite les appartements du Connétable avec des éléments de mobilier d'époque et ceux de Madeleine de Savoie son épouse. Les décors peints au dessus des cheminées sont en piteux état. J'ai remarqué une jolie peinture de St Jean Baptiste (vers 1515) par le peintre florentin Pontorno (prêt du Musée des BA de Dijon). Dans la chambre de Madeleine, à noter "L'adoration des mages", de Jan de Beer, peintre maniériet flamand.
    A ce stade de la visite, nous sommes déçus d'une part par le caractère très hétéroclite des pièces présentées dont la plupart n'ont aucun lien avec le château. La muséographie est très primaire et toutes les salles sont dans la pénombre, ce qui donne une atmosphère lugubre et triste. On est à mille lieux de la jubilation de la Renaissance qu'on peut rencontrer à Florence ou à Fontainebleau. C'est l'un des principaux reproches que je fais à ce musée.

    La grande galerie est un lieu magnifique qui a totalement perdu son décor d'origine, son pavement d'une part et ses vitraux qui présentaient la vie de Psyché.
    Donc grosse déception. On aura une idée du pavement en visitant les appartements royaux ensuite. Quant aux vitraux, ils se trouvent à Chantilly.
    Dans cette grande galerie totalement sombre sont aujourd'hui exposées les tapisseries illustrant l'histoire de David et Bethsabée. La beauté de la grande galerie n'est pas mise en relief, et les tapisseries pourraient être mieux mises en valeur.

    Nous visitons ensuite les appartements du roi côté sud et aile nord dans lesquels sont exposés la suite des tapisseries de David et Bethsabée et le fameux pavement du céramiste Masséot Abaquesne qui était, à l'origine, dans la galerie.

    Viennent ensuite la salle des cuirs et la salle des vitraux. J'ai particulièrement aimé un vitrail représentant François 1er, je le trouve extraorinairement expressif et moderne.


    Nicolas Beaurain, François 1er, vitrail provenant de la Sainte-Chapelle de Vincennes, 1551.

    Pour terminer la visite de cet étage, nous pénétrons dans la salle des broderies de l'Arsenal. Une magnifique tenture brodée représente Henri IV sous les formes d'Apollon. La facture est de toute beauté. C'est une pièce extraordinaire.

    La Daphné de Jamnitzer
    Une dernière oeuvre, de Wenzel Jamnitzer, a suscité notre mérveillement et notre curiosité.
    "Dans les Métamorphoses, Ovide fit le récit de l’histoire de la nymphe Daphné qui, pour fuir les ardeurs d’Apollon, fut par la volonté de son père métamorphosée en laurier. La statuette d’argent et de corail la présente pétrifiée, saisie à l’instant même de sa métamorphose végétale. Cette vision dramatique et saisissante, qui mêle avec audace la référence à la statuaire antique et l’exotisme du monde marin des antipodes, fut imaginée dans l’atelier de Wenzel Jamnitzer, le plus grand orfèvre de Nuremberg (1507/08-1585)."
    Extrait du site du Musée de la Rennaissance

    Statuette de Daphné, Wenzel Jamnitzer, Nuremberg, Vers 1550
    Argent fondu, cisellé et partiellement doré, corail, roches



    Bon, nous avons vu incontestablement de jolies pièces, mais souvent mal mises en valeur. Nous avons une impression de fourre-tout. On s'est focalisé sur la quantité des oeuvres à présenter en se souciant très peu de la cohérence avec le site et encore moins des préoccupations du visiteur.
    Cette impression va se trouver conforter avec la visite du deuxième étage.


    - Bilan de cette visite
    Je ne mets nullement en cause la qualité et la beauté des oeuvres exposées, mais c'est la manière dont elles sont présentées qui est critiquable.
    La salle des Arts du feu me paraît être le prototype de ce qu'il ne faut pas faire en matière de muséographie. Des dizaines et des dizaines de pièces sont alignées les unes à côté des autres jusqu'à la saturation du regard du visiteur. Trop c'est trop.
    L'époque des musées destinés à quelques amateurs éclairés ou à des experts très pointus est révolue. Un musée ne doit pas être le déballage de réserves jusqu'à la surabondance, car le visiteur perd toute visibilité et repart déçu. Ce qui a été en partie notre cas.
    Bref un musée bénéficiant d'un potentiel extraordinaire mais mal exploité (faute de crédits certainement). Un lieu auquel il manque une âme !
    Dernière remarque, le château est situé juste en dessous d'une ligne empruntée par des avions atterrissant à Roissy Charles de Gaulle. Les nuisances sonores quasi-permanentes ne constituent pas un atout pour le Musée et troublent en tout cas la quiétude du parc. Quant aux habitants d'Ecouen, n'en parlons pas !

    (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011.