ACTUALITE







L'INTERET D'UN BLOG CONSISTE ESSENTIELLEMENT A ECHANGER DES IDEES, DES IMPRESSIONS ENTRE L'AUTEUR DU BLOG ET LES LECTEURS.


POUR FAIRE UN COMMENTAIRE :

- CLIQUEZ SUR COMMENTAIRES
- REMPLISSEZ LA RUBRIQUE EN TAPANT VOTE COMMENTAIRE
- SIGNEZ VOTRE COMMENTAIRE SI VOUS LE SOUHAITEZ
- DANS SELECTIONNEZ LE PROFIL, CLIQUEZ SUR ANONYME
- TAPEZ LES LETTRES INDIQUEES
- CLIQUEZ SUR PUBLIER UN COMMENTAIRE ET C'EST FAIT


- LORSQUE LE COMMENTAIRE SERA ACCEPTE PAR L'AUTEUR DU BLOG, IL SERA PUBLIE



Affichage des articles dont le libellé est ARTS ET CULTURE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ARTS ET CULTURE. Afficher tous les articles

vendredi 9 mars 2012

L'AVENIR DE L'ART ?

Interview de François Dagonnet Professeur de philosophie, docteur en médecine et neuropsychiatre recueillie par Gilles Behnam


B.B. : L’art contemporain n’a-t-il pas épuisé toutes les variantes de la plasticité? Comment pourrait-on sortir de cette clôture et comment voyez-vous les artistes et les œuvres à venir ?

F. D. : Il y a un domaine artistique qui est conducteur, le domaine musical. Il a connu la même révolte, la même frénésie que l’art plastique. Il s’est par exemple intéressé aux séries, aux bruits etc. Mais aujourd’hui il va d’abord pouvoir tabler sur les machines, l’art des ordinateurs, de la pixellisation. Il y a eu d’abord l’art de la reproduction, puis celui de la présence. Aujourd’hui il y a l’art du réalisable, ou si l’on veut du virtuel. On fabrique des mondes imaginaires et ce vers quoi l’on va, c’est le monde même que l’on va produire et qui n’est préférable à rien sinon à sa virtualité indéfinie. Donc l’art des ordinateurs, moi j’y crois, mais ne me demandez pas trop de définir ce qui n’est pas encore. Je le vois seulement poindre, et je reconnais avec vous que celui dont nous avons parlé est sur la fin, qu’il agonise, et que l’artiste moderne va s’en séparer.

vendredi 16 septembre 2011

CHATEAU D'ECOUEN : UN MUSEE RATE !


Je ne connaissais pas le château d'Ecouen, un bijou de la Renaissance. Donc, j'ai souhaité combler mon ignorance en allant le visiter hier.
Le château se situe à l'extrême limite de la banlieue nord parisienne, juste après Villiers-le-Bel.
Mais ayant suivi un itinéraire probablement plus rapide, nous sommes arrivés par le nord. De loin, la vue sur le château qui domine la bourgade d'Ecouen est impressionnante et, dans mon for intérieur, je me réjouissais de visiter un site aussi prometteur.
Même impression lorsque nous sommes arrivés derrière le château, entouré de forêts composées d'arbres majestueux et séculaires.

- Première surprise : très peu de visiteurs, une vingtaine au maximum au moment de notre visite, alors que je m'attendais à une foule importante. Il est vrai que nous étions en semaine et que la rentrée des classes, extrêmement récente, justifiait l'absence de groupes scolaires.
Nous passons la porte côté jardin. Belle vue sur le château !

- Seconde surprise, le château est exclusivement consacré au Musée de la Renaissance. Qu'importe, nous aimons beaucoup cette époque, sur le plan artistique. Nous sommes donc en attente d'un musée passionnant.

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le portail d'entrée
- Le château
La construction du château commença en 1538. Son premier propriétaire fut le connétable Anne de Montmorency (Anne était le prénom de sa marraine Anne de Bretagne), l'homme le plus puissant de France, après le roi.
Le plan d'origine du château est très simple. Il se compose d'un quadrilatère agrémenté de quatre pavillons d'angle. On ne connaît pas le nom du premier architecte. On sait en revanche qu'en 1547, le connétable fait appel à Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui allait bientôt abriter les deux somptueuses sculptures de Michel Ange, aujourd'hui au Musée du Louvre, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, que le roi Henri II lui a offert.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, l'aile sud

 
(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, reproduction de l'esclave mourant

Pour embellir et décorer les lieux, Montmorency fait appel à des artistes réputés tels que Jean Goujon (auteurs de magnifiques bas relief au Louvre), le fameux Bernard Palissy (émailleur, peintre et potier) et Masseot Abaquesne (cémariste et faïencier). Fidèle aux principes de la Renaissance, en amateur éclairé, Montmorency commande des vitraux, des sculptures, des pavements, des lambris et des peintures, des objets d'orfèvrerie, des magnifiques tapisseries, ainsi que des poteries, émaux et fontes de toute sorte.
Le château sera achevé en 1750. A la Révolution le château appartenant aux Condé est confisqué et le mobilier est détruit ou dispersé.
L'édifice est entouré de fossés, il est doté d'une terrasse côté nord et de jardin donnant sur la forêt.


 (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade nord avec la terrasse au premier plan

Le château, outre les appartements de ses propriétaires, comprenait également les appartements royaux d'Henri II et de Catherine de Médicis son épouse. Tous les appartements sont sur les ailes nord et sud, tandis qu'une grande galerie faisant face à l'entrée du château permettait de présenter aux visiteurs les multiples pièces des somptueuses collections du connétable.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade ouest de la grande galerie vue du jardin

Au cours des siècles le château changea plusieurs fois de mains, après les Montmorency, il échoua aux Condé, puis il entra dans la patrimoine de l'Etat, devint Maison des filles de la Légion d'Honneur avant qu'André Malraux ne décide d'en faire un Musée national de la Renaissance. Celui-ci ouvrit ses portes en 1977.

- Le musée de la Renaissance
Nous pénétrons par la salle d'accueil qui fait aussi boutique et librairie, puis nous commençons la visite par la Chapelle du château.
Très belle salle, bien éclairée, avec une voûte sur laquelle apparaissent les armoieries du connétable Anne de Montmorency, serviteur successivement des rois François 1er, auprès duquel il tomba en disgrâce, et d'Henri II.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la voûte de la chapelle

Nous passons ensuite par la salle des armes présentant de belles pièces de machines à tuer de l'époque, oy y apprend notamment les différences entre une épée, un sabre, un stylet, une dague levantine à oreillons, une dague saxonne à trident et une rapière...
Nous traversons ensuite les salles consacrées aux sculptures de la première et de la seconde Renaissance.
Viennent ensuite les appartements du Connétable avec des éléments de mobilier d'époque et ceux de Madeleine de Savoie son épouse. Les décors peints au dessus des cheminées sont en piteux état. J'ai remarqué une jolie peinture de St Jean Baptiste (vers 1515) par le peintre florentin Pontorno (prêt du Musée des BA de Dijon). Dans la chambre de Madeleine, à noter "L'adoration des mages", de Jan de Beer, peintre maniériet flamand.
A ce stade de la visite, nous sommes déçus d'une part par le caractère très hétéroclite des pièces présentées dont la plupart n'ont aucun lien avec le château. La muséographie est très primaire et toutes les salles sont dans la pénombre, ce qui donne une atmosphère lugubre et triste. On est à mille lieux de la jubilation de la Renaissance qu'on peut rencontrer à Florence ou à Fontainebleau. C'est l'un des principaux reproches que je fais à ce musée.

La grande galerie est un lieu magnifique qui a totalement perdu son décor d'origine, son pavement d'une part et ses vitraux qui présentaient la vie de Psyché.
Donc grosse déception. On aura une idée du pavement en visitant les appartements royaux ensuite. Quant aux vitraux, ils se trouvent à Chantilly.
Dans cette grande galerie totalement sombre sont aujourd'hui exposées les tapisseries illustrant l'histoire de David et Bethsabée. La beauté de la grande galerie n'est pas mise en relief, et les tapisseries pourraient être mieux mises en valeur.

Nous visitons ensuite les appartements du roi côté sud et aile nord dans lesquels sont exposés la suite des tapisseries de David et Bethsabée et le fameux pavement du céramiste Masséot Abaquesne qui était, à l'origine, dans la galerie.

Viennent ensuite la salle des cuirs et la salle des vitraux. J'ai particulièrement aimé un vitrail représentant François 1er, je le trouve extraorinairement expressif et moderne.


Nicolas Beaurain, François 1er, vitrail provenant de la Sainte-Chapelle de Vincennes, 1551.

Pour terminer la visite de cet étage, nous pénétrons dans la salle des broderies de l'Arsenal. Une magnifique tenture brodée représente Henri IV sous les formes d'Apollon. La facture est de toute beauté. C'est une pièce extraordinaire.

La Daphné de Jamnitzer
Une dernière oeuvre, de Wenzel Jamnitzer, a suscité notre mérveillement et notre curiosité.
"Dans les Métamorphoses, Ovide fit le récit de l’histoire de la nymphe Daphné qui, pour fuir les ardeurs d’Apollon, fut par la volonté de son père métamorphosée en laurier. La statuette d’argent et de corail la présente pétrifiée, saisie à l’instant même de sa métamorphose végétale. Cette vision dramatique et saisissante, qui mêle avec audace la référence à la statuaire antique et l’exotisme du monde marin des antipodes, fut imaginée dans l’atelier de Wenzel Jamnitzer, le plus grand orfèvre de Nuremberg (1507/08-1585)."
Extrait du site du Musée de la Rennaissance

Statuette de Daphné, Wenzel Jamnitzer, Nuremberg, Vers 1550
Argent fondu, cisellé et partiellement doré, corail, roches



Bon, nous avons vu incontestablement de jolies pièces, mais souvent mal mises en valeur. Nous avons une impression de fourre-tout. On s'est focalisé sur la quantité des oeuvres à présenter en se souciant très peu de la cohérence avec le site et encore moins des préoccupations du visiteur.
Cette impression va se trouver conforter avec la visite du deuxième étage.


- Bilan de cette visite
Je ne mets nullement en cause la qualité et la beauté des oeuvres exposées, mais c'est la manière dont elles sont présentées qui est critiquable.
La salle des Arts du feu me paraît être le prototype de ce qu'il ne faut pas faire en matière de muséographie. Des dizaines et des dizaines de pièces sont alignées les unes à côté des autres jusqu'à la saturation du regard du visiteur. Trop c'est trop.
L'époque des musées destinés à quelques amateurs éclairés ou à des experts très pointus est révolue. Un musée ne doit pas être le déballage de réserves jusqu'à la surabondance, car le visiteur perd toute visibilité et repart déçu. Ce qui a été en partie notre cas.
Bref un musée bénéficiant d'un potentiel extraordinaire mais mal exploité (faute de crédits certainement). Un lieu auquel il manque une âme !
Dernière remarque, le château est situé juste en dessous d'une ligne empruntée par des avions atterrissant à Roissy Charles de Gaulle. Les nuisances sonores quasi-permanentes ne constituent pas un atout pour le Musée et troublent en tout cas la quiétude du parc. Quant aux habitants d'Ecouen, n'en parlons pas !

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011.

mercredi 29 juin 2011

LA CAPITAL MUSEUM DE BEIJING


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, vue d'ensemble du Musée de la capitale inaugurée en 2006


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, la couverture qui donne toute sa légèreté à l'édifice et qui fait néanmoins penser à l'architecture chinoise traditionnelle.

(c) G. Morin, Beijing juin 2011, la façade et le mur de pierre qui évoque la grande muraille

(c) G. Morin, Beijing juin 2011, le cylindre de bronze


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, l'accès aux salles d'exposition


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, l'espace consacré aux expositions sur 5 niveaux à droite


(c) G. Morin, Beijing juin 2011


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, vue sur la cour centrale.


(c) G. Morin, Beijing juin 2011, le sous sol et la verdure

Le musée de la Capitale de Beijing en quelques mots.
Maître d'ouvrage : Ville de Beijing
Maître d'œuvre : AREP (pdg et architecte : Jean Marie Duthilleul) et Institut d'architecture et de design de Pékin (architecte : Cui Kai)
Le musée est situé sur la grande artère est-ouest de Pékin qui s'appelle Fuxingmen à cet endroit. Elle dessert notamment la Place Tienenmen et la Cité Interdite ainsi que les quartiers d'affaires de Beijing.
Le concept architectural du musée est le suivant : le musée, situé en retrait de l'avenue pour laisser une place ouverte sur la ville, permettant les manifestations et autres activités festives, comporte une immense couverture située en porte à faux (photo 1 et 2).
Composé comme un palais chinois, il se compose :
- d'une cour centrale et d'un mur de pierre marquant l'entrée (photo 3 )
- de trois pavillons posés sur un socle unitaire mais aux formes et matières identitaires :
  . une boîte de bois pour les expositions temporaires,
  . une barre de pierre grise pour la médiathèque,
  . un cylindre de bronze incliné pour les collections d'objets précieux, lequel cylindre transperce la façade (photos 4 et 2).
J'ai beaucoup aimé la distribution de l'espace et la facilité qu'a le visiteur de se repérer pour entreprendre la visite qu'il souhaite faire, ce qui tranche nettement avec un musée comme le Louvre où les visiteurs sont en permanence perdus. Mais bien sûr les contraintes n'étaient pas comparables.
Les matériaux utilisés peuvent surprendre, mais leur combinaison est du plus bel effet, j'ai également été surpris par le sous sol et ses parterres d'arbustes et de pelouse (photo 9).
L'impression la plus forte est celle d'espace et de liberté, curieux non dans un pays verrouillé de toutes parts. A cet égard, ce musée peut apparaître comme une bonne pub pour le régime.
Bon je n'oublie pas au sous-sol l'espace consacré à Mao et à la gloire de la révolution chinoise sur fond de drapeaux rouges et d'Internationale.

jeudi 28 octobre 2010

lundi 18 octobre 2010

QUELQUES PRECISIONS SUR LES ROMS, GITANS, TZIGANES, MANOUCHES

Manouches. Appellation familière du gitan nomade (étymologie: de manouche: “homme”). Le jazz manouche en France a été initié par Django, il est aujourd'hui en plein essor avec des musiciens exceptionnels comme Biréli Lagrène que j'ai entendu en concert il y a deux ans. Fabuleux.

Romanichels ou roms, de Roumain, Roumanie. Mais ce même terme, “Roumanie”, a été donné à cette province sous l'Empire Romain, car elle était l'une des plus fertiles, et ses terres étaient données en récompenses aux meilleurs généraux de l'empire. Aujourd'hui, d'ailleurs, le roumain est une langue très proche du latin, mais également du catalan.

Rroms. Le terme officiel reconnu par le Conseil de l'Europe pour désigner les minorités tsiganes d'Europe de l'est. Le terme “rrom” désigne également officiellement la langue des Rroms. Il signifie ”homme” dans cette langue.

Tsigane. Terme compliqué, d'étymologie nomade. Il vient de Athnganos (“qui ne touche pas”) qui était une secte de manichéens venus de Phrygie et qui a donné Atsinganos, en grec byzantin, puis par évolution de prononciation Czigany (en hongrois), Tzigeuner (en allemand), Cigain (en France au XVème siècle), Tchingueniennes (vers 1664) et Tzigane (depuis 1843 en français). La définition exacte, d'aujourd'hui : Les Tsiganes, nom d'un peuple (qui s'appelle lui même “Rom”) venu de l'Inde, apparu d'abord en Grèce et en Europe orientale vers la fin du XlIIème et au XVème siècle en Europe occidentale, qui a mené une existence de nomades exerçant divers petits métiers.

Gens du voyage. Appellation politiquement correcte, mais qui rend mieux compte de ce peuple errant qui traverse les frontières, sans racine territoriale, apatride, et qui a maintenu en dépit de dix siècles de pressions et de persécutions, un corpus culturel et linguistique, et surtout un mode de vie.

Gitan. Selon le dictionnaire Hachette : Bohémien, bohémienne d'Espagne. Par extension, tout bohémien. Manitas de Plata, les Gypsy Kings...

Bohémien. Membre de tribus vagabondes qu'on croyait originaires de la Bohême (région située dans l'actuelle République Tchèque).

Gypsy le terme anglais vient d'une déformation d'Egyptien, dont on assimilait la provenance de ce peuple à la fin du Moyen Age, en raison de la couleur de leur peau.

Même le terme “flamenco”, qui est une musique espagnole attribuée aux gitans catalans, vient de “flamand”, et est encore une fois lié aux voyages, aux échanges entre l'Espagne et les Pays-Bas au XVIIème siècle.

Bref, difficile de les définir précisément : dans ces différentes définitions, nous avons cité l'Inde, la Grèce, la Roumanie, l'Espagne, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Hongrie, l'Allemagne, la France…
Finalement les gitans c'est une partie de nous-mêmes, de notre histoire, même si depuis ma petite enfance j'ai été élevé dans les milieux catholiques et bien pensants, surtout à la campagne où j'allais de temps en temps, dans la méfiance des Romanichels, comme on disait. C'étaient en quelque sorte les symboles vivants de "l'Etranger". Celui dont on se méfiait. Celui qui n'était pas de chez nous, qui n'avait pas notre culture et qui vivait de larçins ou d'on ne sait quoi...
Cela vient de loin et cela va très loin... N'est-ce pas Messieurs S..., H... et B... ! La lâcheté des ignorants, la force contrre les faibles ou l'extrême démagogie qui conduit on sait bien où !

En fait ces peuples, comme tous les peuples nomades du monde, n'ont pas de frontière, leur royaume c'est l'espace, l'horizon... La question des nationalités même si elle se pose aujourd'hui pour certains d'entre eux, pour préserver leurs droits: il y a les gitans "français" et les roms roumains ou hongrois par exemple...
Mais ce principe de nationalité ne concorde pas avec la culture et le mode de vie de ces peuples. Le problème c'est que ce sont les sédentaires qui décident de tout aujourd'hui, alors les nomades, "ceux qui ne sont pas comme nous", on les rejette, toujours plus loin, vers le vide, comme tous les opprimés de l'histoire...
Ce sont des peuples de liberté et nous n'avons que des chaînes ou des charters à leur proposer.

dimanche 31 janvier 2010

L'ART D'ETRE UN HOMME AU MUSEE DAPPER

Comme souvent au Musée Dapper un très belle exposition sur le thème des parures des hommes en Afrique et en Mélanésie.
L'avantage des expositions de Dapper est qu'elles sont à dimension humaine et qu'on n'est pas trop gêné par la foule. Enfin les oeuvres présentées sont toujours de très grande qualité et elles sont bien mises en valeur.
Les parures des hommes sont généralement des signes de pouvoir et de reconnaissance.
Reconnaissance surtout des différentes étapes d'un cheminement initiatique.
Comme on peut l'imaginer, les parures présentées sont d'une extrême diversité. La notion d'Afrique n'était pas forcément une catégorie reconnue par les différents peuples du Congo, du Nigéria ou de Cote d'Ivoire.
Chaque peuple, chaque tribu avait ses propres croyances, ses propres mythes et donc ses propres ornements. Le fait de montrer cette diversité nous fait nous interroger sur la réalité de cette Afrique aussi différente d'un endroit à un autre, d'un peuple à un autre.
Beaucoup de pièces ont retenu notre attention, nous ont émerveillés. Malheureusement, il n'est pas possible de prendre des photos et les quelques photos qu'on trouve sur le site du Musée ne correspondent pas nécessairement à nos choix personnels.
Voici donc 3 photos de statuettes (ce sont mes objets préférés) qui peuvent donner une idée de ce qu'on trouve dans cette belle exposition.
Deux régions sont privilégiées : la Mélanésie et l'Afrique centrale, en particulier le CONGO. Beaucoup de pièces viennent en effet du Musée royal de TERVUREN en Belgique. Il faut absolument que je m'y rende, mais je crois savoir qu'il est en rénovation.
Allez voir cette exposition au Musée Dapper, vous ne serez pas déçus.


 BANGWA - CAMEROUN, Statue commémorative d'un roi
Bois et pigments. H. : 79 cm


 Statuette Congo - Bois et pigments
Scarifications et parures.


 Statuette TEKE - CONGO - Coiffure et scarifications

vendredi 16 octobre 2009

SAVEZ-VOUS DE QUAND DATENT CES REPRESENTATIONS MURALES D'ANIMAUX ?


Réponse : - 28 000 ans
Il s'agit des têtes de lionnes de la Grotte Chauvet en Ardèche.
La datation des peintures et des gravures de cette grotte s’est avérée délicate ; cependant, l’hypothèse dernièrement (en 2001) avancée évoque « une fourchette comprise entre 32 000 et 17 000 av. J.-C. ». Elles seraient par conséquent plus anciennes que celles de Lascaux, Altamira et Niaux. Certains préhistoriens contestent cependant la datation de ces peintures qu’ils situent plutôt au magdalénien (vers - 17 000).



L’ouverture au grand public n’est pas encore envisagée car la grotte Chauvet, véritable sanctuaire de l’art paléolithique, fait l’objet de longues analyses, et sa conservation en l’état actuel reste une priorité absolue.
Impressionnant non !

jeudi 20 août 2009

DECOUVERTES EN UNE APRES-MIDI A VINCENNES

Nous sommes le jeudi 20 août. Il fait très chaud à Paris. Avec ma fille nous avons prévu de visiter une exposition sur les icônes bulgares qui se tient dans la Sainte Chapelle du Château de Vincennes.
A ma grande honte je dois avouer que je n’ai jamais visité ce château et a fortiori la Sainte Chapelle rouverte depuis peu après neuf années de restauration.
Quant aux icônes mon intérêt vient du fait qu'il y a une dizaine d'années à Vicenze, j'ai eu l'opportunité de voir la magnifique collection privée d'icônes russes de Banca Intesa. On m'avait même affecté une étudiante aux Beaux Arts de Venise pour m'initier. J'avais particulièrement apprécié les pièces de cette collection unique en Europe.
L'exposition de Vincennes située dans la Sainte-Chapelle, superbe joyau du gothique flamboyant sur laquelle je reviendrai, présente une centaine d'oeuvres religieuses en provenance de Bulgarie : icônes essentiellement, quelques livres anciens et des sculptures.

(c) G. Morin, Vincennes, août 2009



Les icônes bulgares : une partie de l'exposition à l'intérieur de la Sainte chapelle

Les icônes
Une icône, du grec εικόνα (eikona « petite image »), est une peinture religieuse généralement réalisée sur un panneau de bois, de style byzantin, grec ou russe et représentant des personnages et des scènes bibliques.
Au départ, le christianisme est une religion aniconique. En cela, elle hérite de la tradition juive qui exclut les représentations du divin.
Un changement s’opère cependant vers les années 230/250 avec l’arrivée d’images produites, organisées et réfléchies.
Quelques images apparaissent au 1er siècle comme le dieu en croix à tête d’âne vénéré par Alexamenos. Mais le premier art chrétien date du 3ème siècle. En 230 – 250, on assiste à la naissance de l’art chrétien à Doura Europos, une cité située sur l’actuelle frontière entre l’Irak et la Syrie.
Au milieu du 3e siècle, les chrétiens sont romanisés. Ils sont habitués à l’image, plus que les juifs. Toutefois l’image ne doit pas représenter la divinité en tant que telle. On utilise uniquement des images symboliques.
On trouve les témoignages de l’art chrétien ni dans des églises qui n’existaient pas, ni dans des maisons qui ont été détruites, mais dans des catacombes et les sépultures bâties dans ces catacombes. Les principales villes de l’empire ont des catacombes : Rome, Chiusi, Syracuse, Carthage, Alexandrie, Paphos…

Avec la victoire et le baptème de Constantin, la situation change. Les chrétiens ne sont plus persécutés. Ils construisent des églises et ils commencent à réaliser des images (des fresques, peintures…) représentant des scènes de la Bible ou glorifiant le christ et ses saints.

Les premières icônes religieuses datent du VIe siècle. La rupture entre les Églises orientale et latine n'étant pas consommée à cette époque, l'iconographie circulait librement entre les deux cultures. L'icône religieuse a d'abord principalement fleuri autour de Byzance, foyer culturel de la Grèce et de l'Église orientale. Elle a laissé à la même époque des oeuvres à Rome, mais l'Église latine s'en coupera progressivement durant le second millénaire.
L'icône a gagné la Russie, quatre siècles plus tard, quand cette région s'est convertie au christianisme au tournant du premier millénaire. Elle s'est enfin diffusée en Occident avec l'immigration russe qui a suivi la Révolution de 1917.

Les icônes bulgares exposées vont du début du christianisme (IVème s.) jusqu’au XIXème où elles deviennent les symboles de reconquête de l’identité nationale bulgare.

Deux faits expliquent ce foisonnement d’œuvres : l’élaboration de l’écriture cyrillique d’une part et, la volonté de l’Eglise de transmettre son message par l’image d’autre part. Le développement et l’enrichissement de cet art de l’icône se fera par le biais des écoles régionales d’art orthodoxe et des scriptoria.
Le parcours chronologique de l’exposition se déroule en trois temps :
1/ Logos et images, IVe- XIVe siècles
2/ Défense de l’identité chrétienne durant la période ottomane – développement des écoles artistiques locales, XVe – XVIIe siècles
3/ Le rôle de l’icône dans la reconquête de l’identité nationale bulgare, XVIIIe – XIXe siècles

Les icônes qui m’ont frappé
Celle de Saint Théodore en céramique. Elle date du Xème siècle. Elle n’est pas en parfait état



Saint Théodore, Xème s. , céramique. Preslov, musée historique.
Date probablement de la conversion massive bulgare au christianisme.


Le Conseil des Archanges, vers 1430, monastère de Batchkovo


Saint Demetrios à cheval, 1617 détrempe sur bois


Saint Georges à cheval, fin du XVème, Boyana.


Evangéliaire liturgique de 1552, reliure seconde moitié du XVIIème

Mes impressions
Premier défaut
A l'évidence les icônes présentées sont de grande qualité. Mais l'exposition a un défaut principal, elle semble réservée à des initiés et ne dispose d'aucune aide pédagogique.
Qu'est-ce qu'une icône ?
A qui ça sert ?
Quelles sont les techniques de fabrication ?
Quelles sont les canons de réalisation ?
Le visiteur reste totalement sur sa faim.
Second défaut
La scènographie est certes originale et obéit à une certaine symbolique de présentation, mais je ne suis pas sûr que le confort du visiteur ait été privilégié : dans la première partie : on ne voit rien et on étouffe, ce qui est fort dommage, il est vrai qu'il faisait 35° à l'extérieur.
Par ailleurs, ces murs de bois jurent totalement avec la splendeur redécouverte de la Sainte Chapelle.
Il semble que les deux scénographe se soient enfermés dans leur vision sans tenir compte de l'environnement et des principaux concernés : les visiteurs. C'est dommage !
Une bonne idée
La musique, douce et religieuse qui incite au recueillement et à la contemplation.


Rendez-vous à l'article suivant pour parler du site du château de Vincennes.

samedi 4 juillet 2009

ANDRE CADERE

Voici un premier bâton multicolore d'André CADERE
Puis un autre.



André Cadère, mort en 1978

Dès son arrivée à Paris, des liens se tissent entre Cadère et la scène artistique parisienne où des voies personnelles sont en train de prendre forme, regardant vers le Minimal Art comme vers l’art conceptuel, questionnant surtout l’identité de l’artiste et de l’œuvre, la pertinence de la « signature » et de l’objet.
Le travail de Cadère n’exclut pas la matière : fabriquées par l’artiste, les « barres de bois rond » sont composées de segments cylindriques dont la longueur est égale au diamètre ; peints de couleurs différentes, ces derniers sont assemblés selon un système de permutation mathématique comportant toujours une erreur. Objet tridimensionnel de taille variable, la barre de bois rond n’a ni haut ni bas, ni face ni revers, ni début ni fin : c’est selon l’artiste une « peinture sans fin » qui peut être accrochée au mur, posée au sol, présentée de façon temporaire et déplacée d’un lieu à l’autre.

La mobilité joue en effet un rôle essentiel dans le travail de Cadère : au cours de promenades programmées et annoncées comme des expositions, l’artiste se montre à certains endroits de la ville, notamment à Paris, une barre à la main, occupant ainsi différents types d’espace public (comme les rues ou le métro) Il témoigne ainsi d’une indépendance extrême à l’égard du cadre institutionnel des musées, salons et galeries – dans lesquels il s’invite sans permission pour « montrer son travail ». Source : http://www.paris-art.com/

Je dois avouer que je ne connaissais pas André Cadère avant que dans une salle de la biennale je ne sois intrigué par un baton multicolore appuyé sur un mur, puis dans une autre salle, par un autre bâton du même type et ainsi de suite.
Je suis resté interloqué. Cherchant à comprendre et me remémorant l'épisode du balais multicolore de Cassis narré naguère dans ce même blog.
J'avais été également intrigué par cet objet que je trouvais exceptionnel, sans pouvoir dire pourquoi.
Certes il n'y a aucun lien direct entre les bâtons de Cadère et le fameux balais aperçu dans une ruelle de Cassis. Ce qui reste c'est l'interrogation.
"Une barre de bois rond est immuable, toute pièce étant à chaque fois différente l'une de l'autre, l'ensemble du travail étant une constellation. Cette constellation étant strictement limitée. D'un autre côté, mon activité n'a pas de suite, ni d'avenir. Il n'y a pas d'évolution, une barre de bois rond est." - Lettre à Yvon Lambert, 24 mai 1978
"Je veux dire aussi de mon travail et de ses multiples réalités, il y a un autre fait: c'est le héros. On pourrait dire qu'un héros est au milieu des gens, parmi la foule, sur le trottoir. Il est exactement un homme comme les autres. Mais il a une conscience, peut-être un regard, qui, d'une façon ou d'une autre, permet que les choses viennent presque par une sorte d'innocence". - Lettre à Yvon Lambert, 25 mai 1978
(Extrait de Comment regarder une barre de bois rond - par Bernard Marcelis)
Pour ceux qui suivent mon blog depuis le début, voici la photo du balai de Cassis.

ARTISTES DE LA BIENNALE : FAVORIS

Parmi la multitude des artistes qui exposaient à la biennale de Venise j'ai relevé les noms d'artistes qui m'ont séduit par leur puissance créatrice ou par leur originalité :
Miquel BARCELO
Bruce NAUMANN
Grazia TODERI
Blinky (Peter Heisterkamp) PALERMO
Tomas SARACENO
Wolfgang TILLMANS
Hans Peter FELDMAN
Moshekwa LANGA
Pietro ROCCASALVA
André CADERE
Tobias REHBERGER
Lygia PAPE.
et bien d'autres encore...
Au fil des pages de ce blog, dans les semaines à venir, je reviendrai sur chacun d'eux.

Première impression sur la biennale

Je persiste à penser que le thème retenu pour cette biennale 2009 par son directeur Daniel Birnbaum "fare mundi" ne pouvait pas donner lieu à une démarche à la fois créatrice et porteuse de sens.
J'ai plutôt eu l'impression d'assister à un amoncellement d'oeuvres disparates laissant le spectateur en situation de manque.
Certains des artistes que je cite plus haut méritent certainement beaucoup mieux que ce thème et que cet environnement.
Quant aux pavillons des Etats, pour la plupart je n'ai pu constater qu'une absence totale de création. Parmi les plus aberrants, le pavillon de la France et celui de l'Autriche. J'y reviendrai peut-être.

Le débat est ouvert
Pour alimenter le débat, voici un extrait d'un texte d'André Rouillé, publié dans Paris art.com, il ne mâche pas ses mots :
"Jamais Biennale de Venise n’aura sans doute recueilli un aussi large assentiment… contre elle. Les commentateurs les plus indulgents parlent de «Biennale entre deux eaux» (Libération, 16 juin), tandis que d’autres n’hésitent pas à titrer sur une «Biennale de Venise en panne de directions» et à reprocher sans ménagement au directeur Daniel Birnbaum sa sélection qui laisse perplexe à force d’être sans «préférences nettes, ni directions établies, ni nouveautés» (Le Monde, 5 juin).
Il est vrai que la problématique adoptée par Daniel Birnbaum — «Construire des mondes» — est inadaptée à l’époque présente et que ses propos traduisent un certain amateurisme, sinon une réelle désinvolture.

On souffre en effet de lire, dans une interview réalisée peu avant l’ouverture de la Biennale, les réponses de Daniel Birnbaum sur le registre: «Puisque beaucoup des œuvres présentées sont nouvelles, je ne sais pas encore exactement à quoi elles ressembleront» (artpress, juin 2009). Et, après avoir admis qu’une «telle expérience comporte le risque d’échouer», d’ajouter ce propos qui se veut rassurant, mais qui traduit en réalité un défaut de posture méthodologique : «J’ai bien sûr choisi les artistes en fonction de mon intérêt pour eux et de l’entière confiance que j’ai en leur vision».
On aurait préféré apprendre que les artistes ont été choisis en fonction de la problématique générale de la Biennale, et que le lien avec le directeur s’établissait plus sur le mode actif du dialogue que sur le registre personnel et mou de la confiance. En somme, deux conceptions du travail de critique et de la direction artistique.

Mais, c’est assurément plus encore la problématique choisie, «Construire des mondes», qui est la cause de l’échec de Daniel Birnbaum qui, en justifiant son choix, trahit son irréflexion : «On a tellement écrit sur la fin des choses : de la peinture, de l’art, du modernisme, de l’histoire, du sujet, du roman […]. Il est temps d’envisager la possibilité de construire de nouvelles réalités. Une biennale, en 2009, se doit d’essayer».
Le premier devoir du directeur de la Biennale aurait dû être d’apparier une analyse pertinente de l’époque avec une connaissance fine et circonstanciée de l’art.
Or, comment peut-on sérieusement prendre pour socle d’une démarche une imbécillité théorique — «la fin des choses» —, en se fixant pour objectif d’en proposer une alternative ou un dépassement. Le dépassement d’une bêtise ne peut être qu’une bêtise plus grosse encore, en l’occurrence une biennale ratée. La réalité des œuvres est en quelque sorte venue sanctionner le déficit de pensée, ou résister aux prétentions d’une pensée-gadget.

Mais, comme une bêtise ne vient jamais seule, Daniel Birnbaum persiste en confiant à l’art une mission doublement erronée : «construire des mondes», et de surcroît le faire à contre temps de la situation présente de crise profonde et vaste du système économique et social mondial. Est-il nécessaire de rappeler que l’art ne construit pas des mondes. Il peut à la rigueur «faire des mondes» selon le titre du célèbre ouvrage de Nelson Goodman, peut-être en inventer, assurément en imaginer, mais les œuvres font surtout voir, entendre et ressentir des forces invues, inouïes et insensibles du monde. L’art n’est un constructeur de mondes, il est capteur des forces souterraines du monde, et intercesseur vers des mondes à venir."
J'avoue que je partage cette analyse et en particulier les dernières lignes.

dimanche 28 juin 2009

TROISIEME TEMPS MOUVEMENT 1 : LA VENISE ETERNELLE

Venise est une ville aux mutiples facettes même si on a tendance à l'identifier à l'eau (on revindra sur ce thème dans le cadre de la Biennale).

Je propose une promenade en trois mouvements :
Mouvement 1 : la Venise éternelle
Mouvement 2 : la Venise insolite
Mouvement 3 : Venise capitale mondiale de l'art contemporain.

MOUVEMENT 1 : LA VENISE ETERNELLE
Que dire ? Que photographier dans cette ville qui n'en finit pas de séduire des générations de terriens ? Le meilleur des modes d'expression est certainement le silence. Un silence contemplatif. L'eau omniprésente incite à la rêverie, à la séduction... à l'amour. C'est bien connu. Encore une fois on retombe dans la banalité la plus absolue. Donc taisons-nous jusqu'au deuxième mouvement.
Glissons sur les flots agités de la cité magique et laissons-nous bercer par les images que nous sommes venus chercher inconsciemment.



Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa (c) G. Morin, Venise, juin 2009




Posted by Picasa G. Morin, Venise, juin 2009