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mercredi 25 juillet 2018

REFLEXION SUR LA GUERRE

"La guerre, qu'est ce que c'est ?
Le massacre de gens qui ne se connaissent pas, disait Paul Valéry, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. Un amplificateur d'héroïsme et de bassesse. La meilleure part des hommes et la pire. La fureur de vivre décuplée par l'imminence de la mort."

in "Un certain M. Piekielny", roman de François Henri Désérable. Gallimard 2017, p. 109

jeudi 7 juin 2012

ROMAIN GARY : UNE PRASE QUI EXPLICITE L'OEUVRE DE GARY

" Je me suis toujours imaginé tous ceux que je rencontrais dans ma vie ou qui ont vécu près de moi. Pour un professionnel de l'imagination, c'est plus facile et cela vous évite de vous fatiguer. Vous ne perdez plus votre temps à essayer de connaître vos proches, à vous pencher sur eux, à leur prêter vraiment attention. Vous les inventez. Après lorsque vous avez une surprise, vous leur en voulez terriblement : ils vous ont déçu. En somme, ils n'étaient pas digne de votre talent."

Chien Blanc, Romain Gary, in Légendes du Je, Edit Quarto Gallimard p. 564

mercredi 15 décembre 2010

LA REPUBLIQUE ET LA VERTU

"Il ne faut pas beaucoup de probité pour qu’un gouvernement monarchique ou un gouvernement despotique se maintiennent ou se soutiennent. La force des lois dans l’un, le bras du prince toujours levé dans l’autre, règlent ou contiennent tout. Mais dans un état populaire, il faut un ressort de plus, qui est la VERTU.

Ce que je dis est confirmé par le corps entier de l’histoire, et très conforme à la nature des choses. Car il est clair que dans une monarchie où celui qui fait exécuter les lois se juge au-dessus des lois, on a besoin de moins de vertu que dans un gouvernement populaire où celui qui fait exécuter les lois sent qu’il y est soumis lui-même et qu’il en portera le poids.
Il est clair encore que le monarque qui, par mauvais conseil ou par négligence, cesse de faire exécuter les lois, peut aisément réparer le mal : il n’a qu’à changer de conseil, ou se corriger de cette négligence même. Mais lorsque, dans un gouvernement populaire, les lois ont cessé d’être exécutées, comme cela ne peut venir que de la corruption de la république, l’Etat est déjà perdu.
Quand Sylla voulut rendre à Rome la liberté, elle ne put plus la recevoir : elle n’avait plus qu’un faible reste de vertu; et comme elle en eut toujours moins, au lieu de se réveiller après César, Tibère, Caïus, Claude , Néron, Domitien, elle fut toujours plus esclave : tous les coups portèrent sur les tyrans, aucun sur la tyrannie.
Les politiques grecs, qui vivaient dans le gouvernement populaire, ne reconnaissaient pas d’autre force qui pût le soutenir que celle de la vertu. Ceux d’aujourd’hui ne nous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses, et de luxe même.
Lorsque cette vertu cesse, l’ambition entre dans les coeurs qui peuvent la recevoir, et l’avarice entre dans tous. Les désirs changent d’objets : ce qu’on aimait, on ne l’aime plus ; on était libre avec les lois, on veut être libre contre elles ; chaque citoyen est comme un esclave échappé de la maison de son maître ; ce qui était maxime, on l’appelle rigueur ; ce qui était règle, on l’appelle gêne ; ce qui était attention, on l’appelle crainte. C’est la frugalité qui y est l’avarice, et non pas le désir d’avoir. Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public ; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille ; et sa force n’est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous."

MONTESQUIEU
De l'esprit des lois, III, 3

vendredi 13 août 2010

UNE PHRASE DE SEPULVEDA

"La souveraineté est un mouchoir inventé par les militaires pour essuyer leur morve."

vendredi 5 mars 2010

CHARLES BUKOWSKI : LE PEUPLE DE CEUX QUI ATTENDENT... TOUJOURS...


Charles BUKOWSKI.

Pulp, Edit. Livre de Poche, p. 90

" Des siècles s'écoulèrent. Et on continuait d'attendre. Tous, autant que nous étions. Est-ce que les fêlés savent que c'est la perte de temps qui rend les gens fous ? Toute notre vie on attend. Que ça passe ou que ça casse. On fait la queue pour acheter du papier cul. Pour encaisser un chèque. Et, quand on est sans un, on fait tout de même la queue. Plus longtemps encore. On attend le sommeil et on attend le réveil. Même topo pour le mariage et le divorce. On attend la pluie et on attend qu'elle cesse. On attend l'heure de passer à table, puis celle d'y retourner. On attend chez le psychiatre au milieu d'une bande de psychotiques, tout en se demandant si l'on n'en est pas un, soi-même."

vendredi 10 avril 2009

CITATION

“Le livre est une hache qui fend la mer gelée en nous” Kafka
Phrase extraordinaire citée par Pierre Dejemeppe dans son blog.