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mercredi 29 juin 2011

LA VRAIE RECETTE DU CANARD LAQUE A LA PEKINOISE : LE TANGHULU


Le restaurant Quanjude à Beijing
L'adresse du plus célèbre restaurant de canard laqué de Beijing :"Quanjude, 32 Qianmen Avenue, à deux pas de Wangfujing", m'a été donnée par François, un ami d'un de mes amis  rencontré à Beijing. Je l'ai testé et bien m'en appris. C'était tout simplement succulent !
Fondé en 1864, quand l’empereur Tonzhi était à la tête de la dynastie Qing, ce restaurant a été consacré « restaurant n°1 de Chine ».
Sur plusieurs étages, avec une décoration chinoise traditionnelle et 18 salons privés, il peut en fait accueillir jusqu’à 800 personnes simultanément.

En Chine, le canard représente le symbole de la sérénité et de la fidélité, c'est important de le savoir, car en Chine, les symboles sont partout..
L histoire du canard laqué prend sa source à l'époque des Ming, il y a six cents ans. Ce qui ne veut pas dire d'ailleurs que son origine n'est pas plus ancienne.
La recette du canard laqué connut son apogée sous la dynastie des Qing. Le canard pékinois était le plat préféré de l’empereur Qian Long et de l’impératrice Xi Ci qui ont régné dans la seconde partie du XVIIIe siècle.
A la cour impériale, seule la peau croustillante du canard, enveloppée dans de fines crêpes de blé, était servie, la chair et le bouillon réalisé avec les os du volatile étant réservés à la domesticité.



 
Les secrets du vrai canard laqué de Beijing
Le canard doit impérativement avoir été élevé dans la région de Pékin. Il doit avoir vécu en liberté et avoir été engraissé par gavage avec un mélange de maïs, de sorgho, d'orge et de soja.
L’élevage dure 65 jours, pas un de plus ni de moins et le poids à l’heure de l’abattage doit atteindre trois kilos.
Le canard est alors égorgé, plumé, puis vidé par un trou percé sous l’aile.
On lui injecte ensuite de l’air par la trachée-artère ce qui permet de séparer la peau de la chair.
Il est ensuite ébouillanté avec une eau parfumée au gingembre. Ses pores s’ouvrent sous l’effet de la chaleur et sa peau blanchit.
Une fois séchée, la peau est soigneusement enrobée avec un mélange qui contient  du miel ou du sucre de malt.
Pour la recette du laquage, on utilise du soja noir, du vin de riz et du cinq-épices (poivre du Sichuan, anis étoilé, cannelle, girofle et fenouil à parts égales).
Le premier laquage terminé, on pend le canard, on le laisse sécher, puis on passe une seconde couche.
Selon la tradition, le canard est rôti dans un four ouvert en brique. Ce dernier est porté à température de 250° par la combustion de bois d’arbres fruitiers (jujubier, poirier et pêcher, c'est très important !) qui parfumeront sa peau et sa chair.
Ensuite, le chef vient vous présenter le canard à votre table et il le découpe devant vous en 408 morceaux (pour un canard entier), pas un de plus, pas un de moins !
Chez Qanjude, à la fin du repas on vous apporte la carte d'identité du canard laqué que vous avez mangé.

Voici celle du canard que nous avons dégusté.


dimanche 27 mars 2011

LE POISSON, QUE C'EST BON !

On va encore dire que je fais des affirmations à la con, mais lors de notre récent voyage dans le Morbihan, j'ai eu l'occasion de savourer d'excellents fruits de mer et d'excellents poissons, dans deux restaurants du bord de mer : "Les Vénètes" à Arradon et "Le chantier" à Saint Philibert.
Ces deux endroits méritent le détour à la fois pour la qualité de leur cuisine et pour leur cadre, les deux salles de restaurants sont situées en bord de mer. On dîne pour ainsi dire les pieds dans l'eau.

 
















La salle de restaurant des Vénètes à Arradon

Aux Vénètes nous avons dégusté en entrée des palourdes du golfe gratinées aux herbes et jambon Serano et en plat principal, un bar grillé avec des champignons des bois et des asperges. Au Chantier, une cuisine plus simple nous a permis de savourer des huitres creuses d'un qualité exceptionnelle et un turbot avec une sauce au beuure et à l'estragon accompagné de pommes de terre vapeur d'une grand efficacité.















La salle de restaurant Le Chantier (en face le port de La Trinité sur Mer)

Deux restaurants que je recommande, en tout cas en semaine (compter entre 70 et 80 € par personne, vin compris ).

mardi 27 avril 2010

ESCAPADE BOURGUIGNONNE

Nous sommes entre Morvan et Auxois. Il fait beau, les arbres sont en fleur, les champs de colza regorgent de soleil et d'effluves dorées, l'herbe est tendre et lumineuse, la campagne à portée de nos sens se réveille après une longue nuit d'hivernage glacial et translucide.
Avril aux champs, la sève monte, le vert repousse le bleu tendre dans ses quartiers d'horizon jusqu'à ce qu'une douce et téméraire chaleur glisse sur nos épidermes engourdis. Quel plaisir !
Chacun a le sourire, commerçant, paysan, fonctionnaire, camionneur, viticulteur, vacancier tardif, simple promeneur, c'est une renaissance.

A l'aube d'un jour nous nous rendîmes à une foire bachique qui n'avait pas encore ouvert officiellement ses portes. D'aucuns déballaient leurs cartons, d'autres apprêtaient les verres, pendant que d'autres encore célébraient le rituel incontournable de la buvette.
Ignorants de l'heure indue, nous conquîmes de haute lutte le privilège de déguster en seigneurs quelques-uns de ces breuvages divins. De somptueux nectars d'une couleur tantôt pourpre cardinal, tantôt or royal, s'offrirent à nos sens aux aguets. Des appellations olympiennes ronronnèrent bientôt à nos oreilles curieuses "Rully", "Mercurey", "Chorey-les-Beaune", "Chassagne-Montrachet", "Monthelie", "Meursault" et bien d'autres encore... Nous outrepassâmes même les frontières de la douce province, infidèles, nous nous délectâmes, le temps d'un coup de carillon au clocher voisin, du fruit voluptueux des vendanges tardives d'un cousin d'Alsace.
Nous revînmes les bras garnis, l'estomac en appétit, l'esprit enjoué, pour partager viandes en sauce, fromages suintants, odorants et gras à souhait, tarte aux mirabelles et pêches de vigne au sirop.
Le temps d'un somme régénérateur et ombragé, nous nous précipitâmes lentement jusqu'au lieu-dit le Brouillard pour fouler d'un pas léger l'onde verte sur laquelle, munis de nos cannes, de nos bois et d'une petite sphère blanche magique et bosselée, nous fîmes quelques ricochets élégants jusqu'à atteindre la cavité victorieuse. Nous répétâmes l'exercice neuf fois jusqu'au fanion terminal.



Et puis vint le temps des agapes, enfin.
Nous nous rendîmes à quatre chez le Duc d'Arnay : " Camille " à quelques coudées du Saulieu de Pompon et de Loiseau.
A nouveau nous partageâmes les premières lueurs d'un soir enchanteur autour d'une table apéritive garnie de gougères et de morceaux de jambon persillé arrosés d'un vin blanc gouleyant et sans pareil pour nous préparer aux délices à venir.
Confortablement enfoncés dans les fauteuils de cuir du salon, on nous demanda de choisir les mets, nous optâmes pour le menu " La cuisine de nos Grands Mères " (ça ne s'invente pas !).
Après une petite attente, on nous introduisit avec amabilité sous la verrière d'un jardin d'hiver. Notre table, ronde, tout apprêtée, chandeliers flamboyants et couverts argentés, nous attendait dans un coin tranquille. A ma droite, derrière une grande vitre on pouvait observer la brigade préparant avec dextérité et précision les plats commandés par les convives, au fond, l'antre du pâtissier en forme de boutique appelait à la gourmandise des yeux, enfin, à ma gauche, une pièce plus exigüe avec une immense cheminée garnie de quelques tables accueillait d'autres convives.
L'ambiance est chaleureuse. Des serveuses en costume local, parfois un peu stressées tant l'affluence est grande et les apprentis peu dégourdis, vinrent nous verser un somptueux Volnay-Santenots Premier Cru, mis en carafe, pour accompagner jambon persillé, terrine de pied de porc et autres hors-d'œuvre de la région...
Vinrent ensuite les mets principaux : pièce de charolais, ris de veau et carpaccio de bœuf, sauce tartare sur pommes allumettes toujours accompagnés du fameux Volnay (le vin préféré de mon père qui était un "pur" bourguignon.

Arrivèrent enfin le fromage blanc tremblant d'onctuosité fraîche, le plateau de fromages aux fortes senteurs régionales ( Epoisses bien sûr, Chaource, Cîteaux, mais aussi Brillat-Savarin et autres pâtes cuites du Jura...) accompagnés cette fois-ci d'un Santenay.

 


Et pour le plus gourmet d'entre nous, un sorbet multicolore dont nous cherchâmes un temps l'un des parfums, la verveine accompagné de tuiles géantes aux amandes et au cumin.

Pour clore ce séjour sous la verrière on nous offrit un doux breuvage pétillant qui devait être un crémant de Bourgogne comme il se doit ici.
Nous passâmes au salon pour prendre le café assorti de mignardises, de pain d'épices et de truffes au marc de Bourgogne.



C'est alors que nous vîmes apparaître le maître de céans, Armand Poinsot. Tout de blanc vêtu, tel un empereur romain, grand, droit, le crâne dégarni, la moustache sévère et distinguée, l'œil vif et malin, il s'approche de notre petite assemblée et entame la conversation. D'abord un peu réservé, comme tout vrai bourguignon, il en profite pour jauger l'assistance.


Armand Poinsot

Nous commençâmes à parler des "Jardins de Camille" à Suresnes. Dans un premier temps j'avais cru qu'il s'agissait d'une sorte de filiale de "Chez Camille" d'Arnay. En fait, c'est tout le contraire.
En effet, Armand Poinsot, lorsqu'il était jeune, vint faire son apprentissage à Arnay-le-Duc, chez le propriétaire de l'époque qui avait succédé au fameux Camille, le fondateur. (La maison n'a connu que 3 propriétaires en 180 ans, étonnant !). Puis il partit à Suresnes créer un restaurant dans une ancienne ferme située au pied du Mont Valérien ( dont on voit encore les photos sur le site du restaurant).
En 1984, il décida de racheter le restaurant d'Arnay-le-Duc, qu'il exploite depuis cette date avec son épouse Monique.
Au passage nous apprîmes que c'est sa fille Amandine qui tient maintenant "Les Jardins" et que ses autres enfants sont tous dans l'hôtellerie ou la restauration. l'un des rejetons étant même allé s'installer dans le Bordelais.

Ayant repéré nos origines bourguignonnes, notamment celles de Colette, nous abordâmes des sujets plus ciblés. Le bel Armand nous apprit ainsi qu'il parla patois avant de parler français, lorsqu'il était enfant dans la ferme de ses parents, à côté d'Arnay. C'est l'instituteur qui lui apprit le français. Aujourd'hui il parle encore patois avec les gens du coin. Colette lui dit qu'elle le comprend, mais qu'elle ne le parle pas. Parler patois, ici, c'est le signe d'appartenance par excellence, pour les anciens bien sûr. Ainsi lorsqu'on parle patois, dans un café par exemple, et qu'arrive un "étranger", c'est-à-dire quelqu'un qui ne parle pas ni ne comprend le patois, tout le monde se tait: par politesse, par dédain ? Qui sait ? En Bourgogne, dans les villages, comme partout, le sentiment d'appartenance est très fort. Poinsot nous raconte par exemple que dans une assemblée locale, on a ressorti à l'un des membres avec qui on était en désaccord, par ailleurs parfaitement implanté localement depuis une quarantaine d'années, "qu'il n'était pas d'ici". Cela veut tout dire et mérite réflexion sur toutes les pratiques d'intégration.
Notre ami Armand découvrit très tôt son goût pour la cuisine. Tenu à l'écart des fourneaux familiaux, pour cause de jeunesse, il s'inventait lui même ses propres recettes, comme la patate braisée farcie au moineau, la pie dépiaulée et rôtie (dépiauler signifie enlever la peau en patois), les grenouilles attrapées dans les mares, les écrevisses pêchées dans les rivières morvandelles bien sûr et toutes autres bestioles à portée de main dans la nature.
Vint ensuite le tour de France obligatoire, l'apprentissage et le compagnonnage.
Alors que nous le félicitions pour sa carte des vins de Bourgogne, il nous expliqua sa philosophie en matière de gastronomie : tradition et invention.
Tradition, cela va de soi, nous sommes en Bourgogne et les gens qui viennent dans notre région cherchent une authenticité. Ils ne viennent pas ici pour boire du Bordeaux rugit Armand ! Il nous raconte à ce propos le différend qui l'a opposé à un client particulièrement grincheux et qui ne comprenait pas pour quoi il n'y avait pas de vins de Bordeaux à la carte de Chez Camille.
Cependant pour la clientèle habituelle il faut aussi savoir varier les plaisirs et s'ouvrir à d'autres influences. Ce qui explique la carte fort riche de "Chez Camille". Par exemple en entrées chaudes : l'Escalope de Foie Gras de Canard à la Plancha, raviole d'ananas et pain d'épices, jus de veau, et en plat principal les ris de veau au sautoir, façon Vallée d'Auge, pousses d'épinards, zeste d'orange, quartier de pomme, essences de veau crémées Calvados.
En ce qui concerne la cuisine et la technologie, M. Poinsot se moque de ces cuisinières perfectionnées sur lesquelles ne figurent même plus l'indication des degrés de température du four. "Je n'ai qu'à passer ma main dans le four pour savoir si je dois mettre le poulet" dit-il. De toute façon si on devient cuisinier, on "naît rôtisseur". Nous connaissions tous l'adage. Quant à la technologie en général, notre homme nous dit ne pas savoir et ne pas vouloir se servir d'un ordinateur. A quoi ça rime de voir tous ces gens en permanence collés à leur écran ? Là-dessus nous n'avons pas cherché à épiloguer, question de génération sans doute !
On en vint ensuite à parler de quelques spécialités régionales comme la "pôchouse" que l'on célèbre à Verdun-sur-le-Doubs. La "pôchouse" c'est quoi au juste ? Une espèce de bouillabaisse préparée avec des poissons d'eau douce. Généralement les poissons qui font la base de la pochouse sont le brochet et la perche (poissons à chair maigre) et l'anguille et la tanche (poissons à chair grasse). D'autres y mettent de la carpe et du sandre, voire de la truite. Pourquoi pas ! L'inventivité n'a comme limites que le bon goût ! Armand Poinsot nous explique qu'il réalise parfois cette recette à la demande pour des groupes.
La conversation continue au fil de l'eau. On évoque l'écrivain régionaliste Henri Vincenot, originaire de Dijon et qui prit sa retraite à Commarin à quelques kilomètres d'Arnay. Il avait coutume de venir dédicacer ses livres "Chez Camille". Sa fille a repris le flambeau aujourd'hui, elle publie aussi des livres.


 Henri Vincenot

J'évoque ensuite le restaurant "La Crémaillère" à Jouey où j'allais avec mon père lorsqu'il était dans la région. Armand Poinsot me confirme qu'on y mangeait très bien et que le propriétaire était un ami, les plats étaient copieux et simples et la salle était toujours remplie par des convives de toute condition. Aujourd'hui cette merveilleuse adresse a disparu.
Nous parlâmes également du fameux tacot, le petit train à voix étroite qui reliait les plus gros villages de la région. Maintes fois mon père m'a parlé de la ligne qui allait de Dijon à Epinac qui passait par la vallée de l'Ouche. A Arnay-le-Duc, il y avait un croisement de lignes. Passionné par le sujet, Poinsot va nous chercher un livre écrit par un anglais sur le sujet.

Le tacot à Arnay-le-Duc

Mais bien sûr le temps passe. C'est à regret que nous saluons notre hôte. Nous avons passé une belle soirée au cœur de la tradition bourguignonne.

Les photos de cet article sont de Michel BAC sauf les deux dernières.

dimanche 7 février 2010

UN MERVEILLEUX DINER JAPONAIS

Hier soir nous dînions chez des amis.
Misako avait préparé un vrai repas japonais et j'avoue que nous avons découvert une cuisine très élaborée, raffinée et avec des parfums nouveaux pour nous.
Pour commencer nous avons dégusté un plat qui contenait des petits morceaux de saumon, du concombre salé, du soja, du sésame, des poireaux et du wasabi , autrement dit du raifort japonais. C'était succulent.

Le second plat s'appelle Chawanmushi (du nom d'un bol à thé), c'est une sorte de flan japonais aux oeufs avec des crevettes, des champignons, des feuilles de radis et du bouillon. Il doit être servi à point. Ce fut délicieux.

En troisième plat nous avons goûté des sushis végétariens particulièrement savoureux:
- les uns étaient faits avec du riz du sésame, du gingembre mariné, du vinaigre et un peu de sucre
- les autres contenaient du riz, du concombre, du vinaigre et un peu de sucre.

Le must fut le fameux SHABU SHABU (NABE).
Le terme "shabu" est dérivé du bruissement que font les baguettes qui s'agitent dans le bouillon. On peut le répertorier dans la catégorie des fondues.
Misako est arrivée avec un grand plat ressemblant à ceux qu'on utilise pour le tajine. Le plat fut disposé sur un réchaud de table, il contenait un bouillon de légumes dans lequel nous fûmes invités à tremper des tranches fines de boeuf jusqu'à ce qu'elles changent de couleur, ensuite, à l'aide des baguettes, on les trempe dans un sauce dans laquelle on ajoute des tranches fines de radis, de la ciboulette et éventuellement un peu de piment.
Dans un premier temps, on mange la viande trempée dans le bouillon, puis dans la sauce.


Le bouillon


Les tranches de viande de boeuf.


On trempe la viande dans le bouillon en utilisant les baguettes.

Ensuite lorsque la viande est en partie consommée, on rajoute dans le plat des feuilles de chou, des champignons, et du tofu. On couvre quelques minutes à feu plus vif.


On termine en plongeant les dernières tranches de viande et en se régalant des légumes et du tofu.
Ce plat, préparé par Misako est tout simplement génial.

samedi 7 mars 2009

POUR LES AMATEURS DE BONNE CHERE

Un site que je recommande plein d'adresses, d'avis et de bonnes idées :
http://foodintelligence.blogspot.com/