Ceux qui me connaissent savent que je suis un amateur de
blues et de boogie woogie.
Le week end dernier se tenait à Beaune le « Beaune
Blues Boogie » festival.
J’avais un peu peur, malgré l’intérêt que je porte à cette
musique, de me lasser de la rythmique du boogie au bout de trois quarts
d’heure, en réalité au bout des trois heures de concert j’en aurai volontiers
redemandé encore. Le premier pianiste arrivé sur scène est Sébastien Troendlé.
Son jeu est riche et novateur, il sait cultiver certaines dissonances et joue
également du ragtime avec une évidente aisance.
C’est ensuite au tour du
créateur du festival Jean Pierre Bertrand de jouer des boogie sur un mode plus
traditionnel accompagné de deux excellents musiciens français, le batteur
Michel Denis, qui a joué avec les plus grands noms du blues et du jazz, surtout
avec Memphis Slim. Quant à Gilles Chevaucherie à la contrebasse, c’est aussi un
des piliers du jazz français, il a fait partie des fameux « Haricots
Rouges » dès l’origine et il a accompagné lui aussi des grands noms du
jazz. Ce que je retiens de ces deux accompagnateurs, c’est bien sûr leur tempo,
leur maîtrise de l’instrument mais surtout leur joie de vivre, pour eux jouer
ensemble c’est se faire plaisir et faire plaisir au public et celui-ci ne s’y
trompe pas.
Vint ensuite Richie Loidl, musicien que je qualifierai de
« commercial » sans que ce soit vraiment péjoratif. Sa technique est
limitée, en revanche il n’a pas son pareil pour mettre de l’ambiance dans une
salle lorsqu’il entame les succès de Jerry Lee Lewis. C’est un gars qui a du
punch et de l’enthousiasme, mais sur le plan musical on reste vraiment sur sa
faim.
Arrivent ensuite le pianiste allemand Frank Muschalle,
excellent technicien doté d’une puissance et d’une régularité qui donne vraiment
du plaisir à l’écouter. Il est accompagné par deux musiciens de qualité, le
batteur Peter Mueller et le bassiste Dani Gugolz, meilleur musicien que chanteur. J’avoue avoir eu un faible pour
le saxophoniste-clarinettiste Stephan Holstein. Dès qu’il souffle dans son
saxophone, il fait monter le swing et pousse l’ensemble des autres musiciens. C’est un saxophoniste généreux, inspiré doté d’un excellent swing. Ce soir là,
c’est le musicien qui m’a le plus impressionné. Il donne de la chaleur à un
Frank Muschalle, excellent pianiste, mais qui manque un peu de feeling.
Frank Muschalle au piano (c) G. Morin 2017
En seconde partie, assez tard dans la soirée, nous avons eu
droit à une jam session avec une douzaine de musiciens sur scène, c’est l’esprit du jazz qui s’est emparé de la salle, même
si sur le plan de la qualité musicale, on était plus dans le « melting pot »
que dans la virtuosité.
Jean Pierre Bertrand, Frank Muschalle et Richie Loidl au piano, le saxophoniste Stephan Lostein, le bassiste Dani Gugolz et le guitariste Nicolas Peslier. (c) G. Morin 2017
J’ai passé une excellente soirée à Beaune, entouré de ma femme et de mes amis, au milieu d'un public manifestement ravi et je me suis souvenu
avec émotion des concerts du Hot Club de France à Dijon dans la fin des années
60 avec Memphis Slim, Willie Dixon, T-Bone Walker, Lowell Fulson, Champion Jack Dupree, Milt Buckner, Buddy
Tate, Illinois Jacket, Lionel Hampton, Willie Smith the Lion ou John Lee Hooker.
C’était une autre époque!
Merci à tous ces musiciens français qui perpétuent la
tradition du blues, du boogie et du jazz en général.




