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samedi 25 février 2012

UN LIVRE HISTORIQUE REMARQUABLE



J'ai acheté récemment un livre intitulé "Les grands discours du XXe siècle".
On y trouve d'excellents morceaux d'art oratoire, mais il s'agit surtout de grands moments de l'histoire où se rencontrent un peuple, un homme et une vision.
Nos hommes politiques d'aujourd'hui devraient bien s'inspirer de leurs anciens.

Un des avantages de ce livre est qu'on peut le lire par petits morceaux, la lecture d'un grand discours ne prend que quelques minutes. Mais on sent le vent qui souffle, on a l'impression de s'envoler pour les cimes qu'il s'agisse de Jean Jaurès, de Clémenceau, de Churchill, de de Gaulle, de Kennedy, de Martin Luther King, de François Mitterand, d'Aimé Césaire ou de Barack Obama.

mardi 4 octobre 2011

LE NOUVEAU COMBAT DES INTELLECTUELS PARISIENS ?



Coïncidence, combat concerté des philosophes du microcosme ?

Après l'allumette craquée par Régis Debray, philosophe plutôt classé à gauche, dans son livre "Du bon usage des catastrophes" (voir article précédent dans ce blog), Pascal Bruckner, philosophe plutôt classé à droite, allume cette fois-ci un feu qui deviendra peut-être incendie dans le monde des idées et de la pensée unique. Il publie en effet un essai intitulé "Le  Fanatisme de l'Apocalypse" qui apparaît, sous certains aspects comme un prolongement des thèmes mis à jour par Debray. Mais l'éclairage est différent.

Que les choses soient claires, je n'ai pas encore lu le livre de Bruckner et je ne devrais donc pas en parler! Mais j'ai  entendu ce matin même sur France-Inter une interview du philosophe et je ne peux m'empêcher de réagir.

Bruckner a lu semble-t-il une multitude de textes dits "écologiques". Il en fait une critique sévère, considérant que le catastrophisme écologiste est une nouvelle religion qui a recours à toute la panoplie judéo-chrétienne et protestante en particulier : péché originel, culpabilité permanente,  renoncement au plaisir, confinement terrestre, salut par des pratiques ascétiques...
Bruckner met les pieds dans le plat en comparant même certains préceptes de cette écologie catastrophiste à ceux du pétainisme qui prônait "interdiction de se déplacer en voiture" sauf pour les médecins et la police, "retour à la terre qui est notre mère à tous" etc. Ces restrictions à consommer et l'obligation de se serrer la ceinture imposées aux citoyens vont dans le même sens que les diktats des marchés financiers. En définitive tout cela ne fait que servir les intérêts de la classe dominante.

Bruckner prend le soin de mentionner dans son essai que lui-même a voté "vert" pendant 20 ans, que la cause écologiste est utile et légitime, mais qu'aujourd'hui elle est confrontée à des dérives qui se traduisent par un courant individualiste ultra ou par un fonctionnement sectaire.

Tous les ingrédients sont là, en pleine période électorale, pour mettre le feu aux poudres et pour générer des débats sanglants !

Dans l'immédiat, même si je ne porte dans mon coeur ni Debray, ni Bruckner, pour des raisons diverses, je trouve que l'un et l'autre ont l'audace de décrypter des idéologies et des pratiques servant d'arguments à de nouveaux prophètes-charlatans qui cherchent à alimenter la peur du plus grand nombre, à culpabiliser les citoyens consommateurs pour mieux leur vendre leur camelote sectaire, sous un nouvel emballage de prêt-à-penser préfabriqué.

Le rôle de la philosophie est bien de semer le doute, de faire réfléchir.
A chacun ensuite de se faire son opinion !

mardi 31 mai 2011

QUAND RICCARDO MUTI SE REVEILLE ET DIT QU'IL A HONTE DEVANT BERLUSCONI

Cliquez sur ce lien, même si vous ne parlez pas italien c'est émouvant.

http://youtu.be/7vQ_uQsITko

Quelques éléments pour comprendre :

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité.

L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification :
Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé  par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie unifiée.
Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne  assistait à la représentation…
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que l’atmosphère devenait tendu dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».
Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public certains s’écriaient déjà : «Bis!"» Le public commençait à crier « Vive l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie».
Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il
Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
[Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"]
Le chef d'orchestre Riccardo  Muti :
« Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...
[applaudissements]
Muti : « Je n'ai plus 30 ans etj'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à  votre demande de bis pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas,
nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".
[Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène]
Muti : « Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Muti, je me suis tu depuis de longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble. »
C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le Chœur des esclaves.
« J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’attention des politiciens. »

mardi 25 janvier 2011

BRAVO MONSIEUR RAMBAUD, JE ME REGALE !


Je viens d’acheter la "4ème chronique de Nicolas 1er" et je me suis bien amusé. Rambaud a beaucoup de talent et il pratique un humour ravageur. En me plongeant dans ce livre j’ai l’impression d’ouvrir une fenêtre et de faire entrer de l’air frais. C’est une des fonctions de la littérature, n'est-ce-pas ? 
Je recommande ce livre à tous ceux qui sont excédés par la politique spectacle et par le microcosme de la courtis-ânerie (c'est bien le terme!) parisienne.
J’ai lu les quatre volumes avec un égal plaisir. Nul doute que j’achèterai le 5ème. Je me dis aussi que dans beaucoup de pays dans le monde on aimerait pouvoir lire de telles chroniques malheureusement c’est un privilège des démocraties !

Caricature extraite du site : http://www.vedeze.be/Satires/InternationalPolitics.html (recommandé)







mercredi 29 décembre 2010

FRANCIS JEANSON de MARIE-PIERRE ULLOA


Je viens de terminer un livre que j'ai acheté à Alger, tout un symbole ! "Un intellectuel en dissidence Francis Jeanson" écrit par Marie-Pierre ULLOA. Je n'ai pas acheté ce livre par hasard. J'ai en effet eu la chance de rencontrer Jeanson, à Chalon-sur-Saône, en 1968-1969, presqu'à la fin de son itinéraire intellectuel, si je puis dire, il préparait à l'époque la création de la Maison de la Culture créée à l'initiative de Malraux.
J'ai déjà eu l'occasion de parler de Jeanson dans ce blog, à l'occasion de sa disparition en août 2009 à l'âge de 87 ans.
Je voudrais dire aujourd'hui tout le bien du livre de Marie-Pierre ULLOA, qui est bien écrit et surtout parfaitement documenté. Pas à pas, on peut suivre l'itinéraire de cet homme "engagé", depuis l'évasion en Espagne jusqu'à l'action culturelle à Chalon.
Deux moments clés dans sa vie : sa rencontre avec Sartre, dont il fut "l'incarnation agissante" et la création du "réseau Jeanson" pendant la guerre d'Algérie, connu aussi sous l'appellation des "porteurs de valises du FLN".
Il ne servirait à rien de parler du contenu de ce livre, il faut le lire si on s'intéresse à Jeanson, à Sartre, à Camus,  à l'engagement politique, au rôle des intellectuels dans la société et à la philosophie.
Un regret, le magnétisme de Jeanson, son pouvoir de séduction, sa force de conviction, son regard pénétrant,  sa relation avec les femmes ne sont pas réellement abordés dans le livre... tout cela faisait que le personnage traçait son sillon en  profondeur chez tous ceux qui ont fait partie de son cercle.



















Pour mieux lire l'article sur M.P. ULLOA, cliquez avec la souris sur la photo, elle s'affichera en grand.

mercredi 15 décembre 2010

POLITIQUE, VERTU, NOVLANGUE ET LANGUE DE BOIS

"Berlusconi est le seul dirigeant occidental à avoir réussi à donner réalité au cauchemar d'Orwell, à créer une novlangue où paix veut dire guerre, où liberté signifie servitude et, surtout, où il parvient à empêcher les gens d'exercer leur esprit critique. C'est pourquoi il peut se proclamer "libéral", alors qu'il protège les monopoles, intervient dans les attributions des marchés publics et place ses hommes aux postes clés."
Paolo Florès d'Arcais, in l'Expansion, 29 octobre 2010.
Je trouve particulièrement pertinent le lien établi dans "1984" par Orwell entre le politique et la langue. Communiquer, c'est manier la langue, et manier la langue c'est aujourd'hui faire de la politique.
La langue politique est l'expression même du pouvoir. Si aujourd'hui gouverner c'est avant tout communiquer, alors la langue et l'usage que l'on en fait est au coeur du débat politique.
Selon l'article de Wikipedia consacré au novlangue (Newspeak dans le texte original de George Orwell) :
L’idée sous-jacente au novlangue est que si une chose ne peut pas être dite, cette chose ne peut pas être pensée durablement faute de renforcement par l’échange. La question soulevée par cette supposition est de savoir si nous définissons toujours la langue ou sommes parfois « formatés » par elle. Par exemple, peut-on ressentir l’idée de « liberté » si nous ignorons ce mot ? Cette théorie est liée à la formule de Ludvig Wittgenstein : « Les limites de ma langue sont les limites de mon monde ».

Est-ce que la langue de bois utilisée systématique par les hommes du pouvoir n'est pas aujourd'hui le novlangue dont parlait Orwall dans son livre ?
A l'origine les russes dénonçaient la "langue de chêne" des technocrates tzaristes, ensuite on a parlé de la "langue de bois" des dirigeants soviétiques.
Qu'est-ce que cette fameuse langue de bois ?
J'ai trouvé un site Internet ( http://www.toupie.org/Biographies/index.html ) qui dans son "dictionnaire politique" contient un énoncé fort intéressant des catactéristiques de cette langue politique :
" La langue de bois est une forme d'expression employée par les hommes politiques, les responsables d'entreprises, les technocrates... dans le but de :
• masquer une absence d'information précise,
• éviter de répondre à des questions embarrassantes,
• ne pas attirer l'attention sur un argumentaire défaillant,
• ne pas choquer un interlocuteur,
• dissimuler une vérité désagréable tout en feignant de la décrire,
• cacher des objectifs réels inavouables,
• faire adhérer à une idée en donnant l'impression de s'intéresser aux préoccupations du plus grand nombre,
• imposer une idéologie ou une vision du monde.

La langue de bois se reconnaît à l'une ou plusieurs de ces caractéristiques :
• complexification du style,
• flot de paroles inutiles (logorrhée) dans le but de noyer l'auditeur,
• confiscation de la parole et absence d'échanges réels,
• vision binaire et manichéenne de la réalité, (caractéristique du novlangue d'Orwell)
• utilisation abusive de :
- stéréotypes exprimés de manière pompeuse (banalité, cliché. Ex : les temps sont durs)
- pléonasmes (expressions superflues, redondantes. Ex : projet d'avenir),
- barbarismes (mots inventés ou détournés de leur sens. Ex : solutionner, finaliser),
- euphémismes (atténuation d'une réalité brutale ou d'une idée désagréable. Exemple : un non-voyant pour un aveugle),
- mots peu usités et prétentieux (Ex : systémique, paradigme),
- la voix passive qui ne permet pas de savoir qui est responsable,
- expressions figées (sorte de formules magiques) ou vagues,
- expressions facilement mémorisables pour frapper les esprits,
- mots sortis de leur contexte." 

Dis-moi comment tu t'exprimes en politique, je te dirai qui tu es !

lundi 18 octobre 2010

QUELQUES PRECISIONS SUR LES ROMS, GITANS, TZIGANES, MANOUCHES

Manouches. Appellation familière du gitan nomade (étymologie: de manouche: “homme”). Le jazz manouche en France a été initié par Django, il est aujourd'hui en plein essor avec des musiciens exceptionnels comme Biréli Lagrène que j'ai entendu en concert il y a deux ans. Fabuleux.

Romanichels ou roms, de Roumain, Roumanie. Mais ce même terme, “Roumanie”, a été donné à cette province sous l'Empire Romain, car elle était l'une des plus fertiles, et ses terres étaient données en récompenses aux meilleurs généraux de l'empire. Aujourd'hui, d'ailleurs, le roumain est une langue très proche du latin, mais également du catalan.

Rroms. Le terme officiel reconnu par le Conseil de l'Europe pour désigner les minorités tsiganes d'Europe de l'est. Le terme “rrom” désigne également officiellement la langue des Rroms. Il signifie ”homme” dans cette langue.

Tsigane. Terme compliqué, d'étymologie nomade. Il vient de Athnganos (“qui ne touche pas”) qui était une secte de manichéens venus de Phrygie et qui a donné Atsinganos, en grec byzantin, puis par évolution de prononciation Czigany (en hongrois), Tzigeuner (en allemand), Cigain (en France au XVème siècle), Tchingueniennes (vers 1664) et Tzigane (depuis 1843 en français). La définition exacte, d'aujourd'hui : Les Tsiganes, nom d'un peuple (qui s'appelle lui même “Rom”) venu de l'Inde, apparu d'abord en Grèce et en Europe orientale vers la fin du XlIIème et au XVème siècle en Europe occidentale, qui a mené une existence de nomades exerçant divers petits métiers.

Gens du voyage. Appellation politiquement correcte, mais qui rend mieux compte de ce peuple errant qui traverse les frontières, sans racine territoriale, apatride, et qui a maintenu en dépit de dix siècles de pressions et de persécutions, un corpus culturel et linguistique, et surtout un mode de vie.

Gitan. Selon le dictionnaire Hachette : Bohémien, bohémienne d'Espagne. Par extension, tout bohémien. Manitas de Plata, les Gypsy Kings...

Bohémien. Membre de tribus vagabondes qu'on croyait originaires de la Bohême (région située dans l'actuelle République Tchèque).

Gypsy le terme anglais vient d'une déformation d'Egyptien, dont on assimilait la provenance de ce peuple à la fin du Moyen Age, en raison de la couleur de leur peau.

Même le terme “flamenco”, qui est une musique espagnole attribuée aux gitans catalans, vient de “flamand”, et est encore une fois lié aux voyages, aux échanges entre l'Espagne et les Pays-Bas au XVIIème siècle.

Bref, difficile de les définir précisément : dans ces différentes définitions, nous avons cité l'Inde, la Grèce, la Roumanie, l'Espagne, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Hongrie, l'Allemagne, la France…
Finalement les gitans c'est une partie de nous-mêmes, de notre histoire, même si depuis ma petite enfance j'ai été élevé dans les milieux catholiques et bien pensants, surtout à la campagne où j'allais de temps en temps, dans la méfiance des Romanichels, comme on disait. C'étaient en quelque sorte les symboles vivants de "l'Etranger". Celui dont on se méfiait. Celui qui n'était pas de chez nous, qui n'avait pas notre culture et qui vivait de larçins ou d'on ne sait quoi...
Cela vient de loin et cela va très loin... N'est-ce pas Messieurs S..., H... et B... ! La lâcheté des ignorants, la force contrre les faibles ou l'extrême démagogie qui conduit on sait bien où !

En fait ces peuples, comme tous les peuples nomades du monde, n'ont pas de frontière, leur royaume c'est l'espace, l'horizon... La question des nationalités même si elle se pose aujourd'hui pour certains d'entre eux, pour préserver leurs droits: il y a les gitans "français" et les roms roumains ou hongrois par exemple...
Mais ce principe de nationalité ne concorde pas avec la culture et le mode de vie de ces peuples. Le problème c'est que ce sont les sédentaires qui décident de tout aujourd'hui, alors les nomades, "ceux qui ne sont pas comme nous", on les rejette, toujours plus loin, vers le vide, comme tous les opprimés de l'histoire...
Ce sont des peuples de liberté et nous n'avons que des chaînes ou des charters à leur proposer.

mercredi 11 août 2010

COMMENT PENSER, COMMENT SE FAIRE UNE OPINION EN EVITANT LA MANIPULATION ?

C'est la question que je me pose aujourd'hui.
Le point de départ est la photo de la jeune afghane Aisha que l'on trouve partout en page de couverture des magazines.


Selon ces mêmes magazines, cette jeune femme s'appelle Aisha, elle a 18 ans et a eu le nez et les oreilles tranchés par les talibans pour avoir osé quitter son mari et sa belle-famille qui la battaient.

Une référence la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
Pour moi, quelles que soient les circonstances et quels que soient les auteurs de cette mutilation, il s'agit d'une violation des Droits de l'Homme (et de la Femme) article 5 de la Déclaration  Universelle : "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. "
Donc pour moi la chose est claire, si ce fait est avéré (et qu'il ne s'agit pas par exemple d'un photomontage, on ne sait jamais !), il est passible de la justice internationale et les auteurs de cet acte de barbarie doivent être condamnés.
Maintenant, si je replace la photo dans son contexte géopolitique, je m'aperçois, à l'évidence qu'il y a une volonté de manipulation, la couverture de Time est explicite.



Le contexte est bien différent de celui que l'on pouvait imaginer de prime abord.
Ne s'agit-il pas tout simplement de manipuler l'opinion publique américaine pour assurer le maintien des troupes en Afghanistan et continuer à accroître les dépenses d'armement. Le lobby militaro-industriel n'est certainement pas étranger à l'affaire.

Alors que penser ? Que faire ?
Pour moi, la solution la plus simple est d'avoir sa grille de lecture personnelle des événements et de s'en tenir à elle. La Déclaration Universelle des Droits de l'Hopmme est certainement la meilleure référence qu'on peut utiliser.
Ensuite, il faut faire l'effort de rechercher les enjeux derrière chaque fait exploité par les médias, c'est-à-dire de poser la question: qu'est-ce que les uns ont à gagner ou à perdre, qu'est que les autres ont à gagner ou à perdre ?
Cela ne donne pas de solution sûre et certaine, mais cela permet de relativiser et de remettre les choses à leur place. C'est ce que l'on appelait je crois naguère le discernement.

Relativiser et aller chercher l'information la plus objective possible
Un autre principe est de ne pas s'en tenir à un fait et à un seul fait, même s'il fait la une des magazines et des news télévisées. La lecture régulière des rapports des grandes organisations internationales de défense des droits de l'homme permet certainement d'avoir une vision plus objective en la matière et surtout d'établir une hiérarchisation de l'information.
Une autre difficulté aujourd'hui est que la communication devient elle-même l'événement, même si elle est fabriquée de toute pièce. Le seul moyen de ne pas être dupe est encore une fois de bien poser la question des enjeux.
Le pire dans cette affaire est que l'on manipule l'opinion publique comme on veut et que nos gouvernements sont devenus experts en la matière.

Encourager les contre-pouvoirs
Un autre élément de lucidité individuelle peut consister à encourager les contre-pouvoirs et même à participer à leurs actions, quel que soit le domaine. Et les contre-pouvoirs les plus efficaces se situent certainement sur le même terrain que celui qui a été investi par nos prétendus gouvernants.

Prévoir des garde-fous (au sens littéral du terme)
Dans un séminaire que j'avais suivi il y a une vingtaine d'années à Sciences Po sur "les mutations de la France contemporaine", je me souviens d'avoir posé la question de la démocratie directe et des dangers que pouvaient représenter les sondages et les nouvelles technologies de l'information pour la démocratie. L'intervenant m'avait renvoyé dans mes baskets avec un profond mépris en vantant les mérites de la démocratie représentative. J'avais écouté les propos de l'expert en politique, même si j'avais été vexé par le ton qu'il avit utilisé et par l'argument d'autorité qu'il savait manipuler à merveille, mais il ne m'avait absolument pas convaincu.
Le constat que l'on peut faire aujourd'hui est que les pratiques politiques sont régies par des textes qui ignorent en grande partie les évolutions du monde moderne. Donc elles échappent à tout contrôle, en tous cas sous certains aspects. On peut dire tout est le contraire de tout pendant cinq ans, en toute impunité.
Les stratèges de Sciences Po nous disent que de toute façon , il y aura la sanction des urnes. D'accord, mais il faut attendre 5 ans, ce qui constitue une éternité!
Il faudrait peut être revoir nos institutions à la lumière de ces nouvelles pratiques qui tendent à dépouiller la démocratie de sa substance. Gouverner avec les sondages, gouverner avec les médias, faire des annonces permanentes en réaction directe à des faits d'actualité sont devenus des pratiques constitutives du mode de gouvernance privilégié de certains Etats occidentaux. L'avantage est qu'il n'y a aucun contrôle de prévu par les textes et qu'on peut faire a peu près n'importe quoi, dès l'instant où on a les pdg des grands medias dans la poche et la majorité au Parlement.

Combattre la basse politique qui conduit à la haine des autres
En politique, la manipulation de l'opinion est permanente. Les medias y trouvent d'ailleurs leur compte dans la mesure ou les effets d'annonce succèdent aux effets d'annonce, tout cela fait vendre et rapporte des fonds publicitaires.
Il suffit de prendre en compte le combat engagé aujourd'hui pour vilipender tout ce qui ne respire pas bon la France. L'équipe de France de foot : une équipe de voyous ! Le champion d'Europe du 100m, un petit gars bien de chez nous, les nageurs français...idem. Les Roms, tous des malfrats qu'il faut éjecter, les jeunes des cités tous des voyous qu'il faut renvoyer chez eux. L'enjeu aujourd'hui tout le monde le sait, ce sont les voix du FN. Tout est régi par cet objectif, c'est vraiment de la très basse politique.
Les Droits de l'Homme on s'en fout, il n'y a que la fin qui compte, c'est-à-dire le pouvoir ! Et l'opinion publique dans tout cela, elle gobe tout. Et les sondages, ils sont trafiqués et vont dans le sens de la politique suivie... Et 2012... on verra comment s'applique la sanction des urnes !!! Je crains le pire !

Aisha aura eu également le mérite de nous recentrer sur nos problèmes au quotidien.