Pourquoi ne
pas l’avouer cela fait plusieurs années que je n’étais pas allé voir un
spectacle de danse contemporaine ?
C’est dire que
j’avais pris de la distance avec le spectacle des corps se déplaçant dans l’espace
en inventant des nuées de mouvements, tirant leur énergie de l'échauffement des muscles et générant de la profondeur (parfois) dans l’expression des sentiments.
Hier soir, à l’Espace
des Arts était présenté « Le cantique des cantiques » dans une chorégraphie
d’Abou Lagraa et une mise en scène de Mikaël Serre.
Que peut exploiter
un chorégraphe dans un texte biblique ?
Il peut aborder
un thème, celui de l’amour par exemple. L’amour sous tous ses angles. Et quel thème
convient le mieux à la danse que l’amour ?
Lagraa a su l’exploiter
sous de multiples aspects en provoquant chez le spectateur des émotions très diverses, sensualité,
violence, possession, attirance, répulsion…
Le son (difficile de parler de musique !)
est en parfaite concordance avec la chorégraphie, c’est un son brut qui vous
prend au ventre, une pulsation. Les images esquissées derrière un décor de fils
souples et verticaux formant un rideau que les danseurs traversent en permanence,
habillent la scène d’une réalité lointaine en noir et blanc. Des lumières sombres donnent sur la scène une
sensation de profondeur et de foisonnement irrationnel. Enfin les corps enveloppés
dans des tuniques couleur terre se lancent collectivement ou deux à deux dans des mouvements
rapides, saccadés ou langoureux illustrant selon l’instant la recherche de l’autre,
la fusion, la fuite, l’évitement ou encore la violence extrême.
Un spectacle
qui m’a redonné le goût de la danse.
Bravo au
chorégraphe, au metteur en scène et surtout aux danseurs et comédiens qui réalisent une vraie
performance.
