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dimanche 1 janvier 2012

NOUVELLE ANNEE ET CALENDRIER

Tout d'abord je souhaite une excellente année 2012 à tous les fidèles lecteurs de ce blog (et aux autres aussi d'ailleurs!).

Bon, le contexte sera certainement un peu difficile mais nous faisons partie des générations qui ont échappé à la guerre, ne l'oublions jamais. Il n'y a qu'à jeter un coup d'oeil sur le monument aux morts qui est érigé dans chaque ville et dans chaque village de France pour comprendre les drames vécus par les générations précédentes. La paix est sans conteste un bienfait majeur dont nous avons bénéficié et il faut espérer que cette paix entre les hommes s'étende le plus vite possible à toutes les régions de la planète, même si sela peut paraître utopique à ce jour.









Le calendrier Maya s'arrête le 21 décembre 2012 ! Que se passera-t-il ce jour là ?
A l'évidence rien de particulier car les calendriers ne sont que des conventions destinées à faciliter la vie sociale au sein d'une société déterminée.



Voyons maintenant comment le découpage du temps par années a fonctionné et fonctionne aujourd'hui dans notre civilisation judéo-chrétienne :

- Le calendrier romain
Au début, il y eu le calendrier romain. L'année commençait alors au mois de mars. Elle comportait 10 mois et durait 355 jours.
Il faut savoir que les Romains payaient leurs dettes au début de chaque mois, au moment des calendes. Le registre des comptes s'appelait tout naturellement le calendrier. Ce mot désigna ensuite le découpage du temps par année.

- Le calendrier julien
Il doit son nom à la réforme de Jules César intervenue en 46 av J.C. L'année commence le 1er janvier et prévoit des années bissextiles. L'Église catholique adoptera ce calmendrier par commodité et réalisme, elle fera toutefois remonter le décompte des années à la naissance du Christ de même que les autres religions font débuter leru propre calendrier à la naissance de leur prophète.

- Le calendrier grégorien
La réforme de Grégoire XIII eut pour principal objectif de corriger certaines erreurs de calcul en instaurant une année de 365 jours à trois années sur 4 (au lieu de 366), la quatrième conservant une duréee de 366 jours (en intégrant le 29 février). A noter que les années de début de siècle en 00 ne sont pas bissextiles sauf les divisibles par 400 : 1600, 2000, 2400...

- L'éphémère calendrier révolutionnaire (1792 - 1806)
Il serait injuste de faire passer à la trappe le calendrier républicain et révolutionnaire français, qui voulut rompre définitivement avec le temps religieux, montrant par là l'importance de la maîtrise du temps pour asseoir un pouvoir politique.
L'année du calendrier républicain était découpée en douze mois de trente jours chacun (= 360 jours), plus cinq à six jours (selon les années) ajoutés en fin d'année pour qu'elle reste alignée avec l'année tropique (~ 365,24 jours). Chaque mois était découpé en trois décades de dix jours. La journée devait être découpée suivant le système décimal « de minuit à minuit » ; elle comportait dix heures découpées en dix parties elles-mêmes décomposables en dix parties. Cette division décimale de la journée ne fut jamais appliquée et abolie en 1795 (entre l'an III et l'an IV).
Selon le calendrier révolutionnaire, nous sommes le Duodi 12 Nivose an 220.

jeudi 29 décembre 2011

COMMENT REVISITER L'HISTOIRE D'UNE VILLE : UNE LIVRE REMARQUABLE D'ALAIN BELLASSENE


Ma fille m'a offert le livre d'Alain Bellassène très récemment et en toute objectivité, même si la photo de mon grand-père Auguste Morin-Gacon, figure sur la "une" de couverture, j'ai trouvé ce livre très riche, très intéressant. Accessible au plus grand nombre aussi et comportant de nombreuses illustrations.

Dans cet ouvrage, particulièrement bien documenté, l'auteur revisite l'histoire de la ville sous un angle nouveau, celui des contributions des élus qui se sont succédé pendant des siècles à la première magistrature de la ville. Ainsi nous est-il plus aisé de décrypter ce qu'ont pu apporter aux citoyens de la ville tel ou tel maire, tel ou tel programme politique, en particulier depuis l'avènement de la République. Des tableaux de synthèse à la fin de chaque article permettent d'avoir une excellente visibilité sur les apports réels de chaque équipe municipale.
Par ailleurs, ce livre démontre, s'il en était besoin, l'importance du regard de l'historien sur les périodes passées, même les plus récentes. En effet, depuis mon enfance, j'ai vécu sur des clichés concernant les différents maires de DIJON. Clichés souvent véhiculés par les principaux organes de communication qu'étaient les quotidiens de l'époque. Alain Bellassène permet ainsi à nombre de ses lecteurs de changer leur vision sur ceux qui ont présidé aux destinées de la ville de Dijon.
Au plan tout à fait personnel, moi qui suis un vieux dijonnais, même si je n'habite plus dans cette ville magnifique, j'ai avec un plaisir non dissimulé enfin pu mettre des visages et des actes politiques derrière les noms de rues que j'empruntais étant enfant : rue Millotet, rue Auguste Perdrix, ou encore rue Charles Dumont.
J'ai également découvert que le Durande de la rue où je suis né, le docteur Durande, Jean Baptiste, célèbre botaniste, était le père de Claude-Auguste Durande, le maire de la Restauration qui lui, n'a pas de rue à son nom.
Quant à Chartraire de Montigny, trésorier des Etats de Bourgogne sous l'ancien régime et propriétaire du chateau de Bierre-les-Semur (*) et du somptueux hôtel particulier de la rue Vannerie dans lequel j'ai essuyé, bien plus tard, mes fonds de culotte pendant onze ans(**), il réussit la prouesse d'être le premier maire de la ville, aristocrate donc, sous l'ère de la Révolution !  
Enfin, j'ai noté que depuis la Libération, 4 maires seulement se sont succédé à l'Hôtel de Ville : le chanoine Kir, que ma famille a bien connu et à qui je serrais la main à chaque fois que je le rencontrais rue de la Libs ou sur la place d'Armes; le docteur Veillet, qui fit un passage éclair à l'époque où, étudiants à l'université, nous défilions dans les rues de Dijon avec des slogans qui résonnent encore dans mes oreilles; Robert Poujade, dont l'épouse fut ma prof de français en terminale à Marcelle-Pardé et enfin François Rebsamen dont je fus le collègue et aussi le "copain" pendant plusieurs années et pour lequel j'éprouve une sincère admiration.
Quelle longévité pour Kir, Poujade et Rebsamen ! Cela montre bien l'attachement des dijonnais à leurs édiles !

Les quelques remarques qui précèdent montrent à quel point le livre d'Alain Bellassène m'est précieux, tous les amoureux de Dijon devraient l'avoir sur leur table de nuit.
Je lui suis aussi tout particulièrement reconnaissant d'avoir rétabli une certaine vérité sur le citoyen  maire Morin-Gacon (1896-1900), injustement maltraité par la presse locale et totalement et volontairement ignoré par ses successeurs jusqu'à l'élection de François Rebsamen.

(*) Henri EVRARD, "le château et le domaine de Bierre, des origines à nos jours" et "Les propriétaires célèbres du château de Bierre", janvier 2008
(**) Ecole Saint François de Sales, voir historique de l'école par Jean Marilier : http://www.colyse.fr/colstfrancois/historique.html

mercredi 2 mars 2011

QUELQUES PHOTOS DES PIECES LES PLUS REMARQUABLES DU CHATEAU DE FONTAINEBLEAU

Ci-dessous, François 1er reçoit dans la salle des Suisses, le tableau "La Sainte Famille" peint par Raphaël. Tableau d'Anicet-Charles-Gabriel Lemonnier (1743-1824)




 (c) G. Morin, 2011 - Décor de la salle de Bal (galerie Henri II, grands appartements) construite sous François 1er.


(c) G. Morin, février 2011 - La grande galerie Henri II.


 (c) G. Morin, 2011 - Le plafond de la chapelle Saint Saturnin. Chapelle royale sur deux niveaux comme à la Sainte Chapelle de Paris, certains éléments sont l'oeuvre de Philibert Delorme.


(c) G. Morin, 2011 - Fresque du Primatice dans l'une des salles Renaissance.



















(c) G. Morin, 2011 -  Bas relief de cheminée, Henri IV à cheval par Mathieu Jacquet, remonté en 1834 dans la deuxième salle Saint Louis.


 (c) G. Morin, 2011 - Le chef d'oeuvre de la Renaissance, la galerie qui fut la fierté François 1er et qui séduisit Charles Quint lors de son séjour à Fontainebleau.



 (c) G. Morin, février 2011 - La galerie de Diane aménagée en bibliothèque sous le second Empire.


(c) G. Morin, 2011 -  La salle du Trône.


 (c) G. Morin, 2011 - La salle du Conseil



(c) G. Morin, 2011 - La chambre de l'Empereur, appartement intérieur.


 (c) G. Morin, 2011 - Le cabinet de Travail de Napoléon 1er qui communiquait avec la bibliothèque.


 (c) G. Morin, 2011 - Le salon où fut signée l'abdication de Napoléon 1er.



La scène de l'abdication au Château de Fontainebleau. On reconnaît une partie du décor.
En 1814, la France est envahie. Napoléon ne s'avoue pas vaincu et il lève une armée de 60 000 hommes. Mais Paris tombe le 31 mars 1814. Les maréchaux d'empire ne veulent plus combattre pour l'empereur, qui est déchu par le Sénat le 3 avril 1814. Le traité de Fontainebleau, signé le 11 avril 1814, confirme l'abdication de Napoléon sans conditions. Les alliés lui concèdent comme seul royaume, l'île d'Elbe, où il s'exile avec quelques fidèles.



(c) G. Morin, février 2011 - La chapelle de la Trinité achevée au 17ème siècle. Henri IV sous les traits de Charlemagne et Louis XIII sous les traits de Saint Louis sont statufiés à gauche et à droite de l'autel.


(c) La voûte de la chapelle de la Trinité et la tribune de l'étage supérieur.
C'est dans cette chapelle que fut célébré le mariage de Louis XV avec Marie Leczinska.


(c) G. Morin, 2011 - La porte de la cour ovale où eu lieu le baptème du dauphin, futur Louis XIII.


Le baptème du dauphin, tableau de Clément Boulanger, 1er quart du 19ème.


(c) G. Morin, le grand bassin de Fontainebleau.

mardi 7 décembre 2010

IL SE PASSE DES CHOSES DANS NOTRE BEAU PAYS DE BOURGOGNE

Il se passe des choses aujourd'hui dans le pays bourguignon qui sont "alimentées" par les légendes populaires du passé.
L'association " l'Aubépine" (http://associationlaubepine.blogspot.com/) a organisé récemment à la Médiathèque de Précy-sous-Thil une réunion au cours de laquelle deux auteurs de la région ont parlé des légendes bourguignonnes et du Morvan.
André Beuchot a notamment parlé des légendes de Noël et du Jour de l'An.
Sandra Amani a lu quelques extraits de son livre "Les mystères du Nivernais", elle a évoqué egalement certaines légendes bien connues de la population rurale du canton de Précy.
L'objectif de ces deux auteurs consiste à faire partager leur amour de notre terroir et des légendes qui ont bercé notre enfance.
André Beuchot, dans sa présentation m'a remis en mémoire deux personnages "mythiques" aujourd'hui un peu oubliés, mais dont j'ai entendu parler pendant toute mon enfance dijonnaise : le Père Fouettard et le Père Janvier.
Qui étaient ces deux là ?
Le père Fouettard a pour origine ce que l'on appelait jadis les pays de l'Est, c'est-à-dire l'Allemagne, l'Autriche ou la Hollande.
Sa fonction était de faire peur aux enfants qui n'étaient pas sages, c'était le compagnon de Santa Klaus, il était tout de noir vêtu. Je me souviens que mon père l'évoquait à chaque fois que je faisais une bêtise à la période de Noël. Si tu n'es pas sage, c'est le Père Fouettard qui va venir te voir et tu n'auras pas de jouets cette année. L'argument a tenu quelques temps, il était très efficace. Le Père Fouettard fréquentait donc les foyers dijonnais au coeur de l'hiver. Il possédait un redoutable martinet.
Mais, il y avait aussi le père Janvier, personnage mille fois plus sympathique.
Selon André Beuchot, on trouve des traces du Père Janvier dans le Morvan, dans le Nivernais, dans le Bourbonnais et aussi dans le Dijonnais. C'est pourquoi j'ai aussi beaucoup entendu parler de ce bonhomme lorsque j'étais enfant.
Le père Janvier, c'était un peu un père Noël-bis. C'est lui qui distribuait les étrennes au tout début de l'an neuf.
En ce qui me concerne, c'est le père Janvier qui apportait les cadeaux que je récoltais pendant tout le mois de Janvier lorsque mes parents accomplissaient leur visite traditionnelle de Nouvel An chez les personnes de la famille qui étaient plus âgées qu'eux. J'avais droit à des petits soldats de plomb, à des livres de Tintin ou encore à des petites voitures "Dinky Toys" que j'appréciais particulièrement. En fait ces "petits cadeaux", je les prenais comme le prix payé pour une après-midi passée à m'enquiquiner profondément. Lorsque le cadeau offert ne me plaisait pas, il paraît que je faisais une véritable tête d'enterrement pendant toute l'après-midi, ce qui faisait la honte de ma mère.
Pour en revenir au père Janvier, je ne l'ai connu que très fugace, je ne sais même pas s'il se déplaçait en traîneau comme le père Noël. Je sais seulement qu'il était habillé de blanc et qu'on avait du mal à le distinguer sur la neige. Il avait également une grande barbe et un grand sac.
Dans le Morvan, certains enfants le voyaient autrement : "C’était un bonhomme mystérieux, voire austère : grande robe et capuchon de bure marron délavés, visage maigre cachant peut-être un sourire sous sa longue barbe poivre et sel, le corps décharné. Ce vieillard courbé sous le poids d’une immense hotte en osier, avait les mêmes attributions que le Père Noël : distribuer des étrennes en passant par les cheminées.

Il était fâcheusement accompagné par le Père Fouettard, tout petit, le visage vérolé, hargneux, qui traînait un sac de toile garni de verges, ces dernières étant remplacées dans les années 1930, par de redoutables martinets !" (2005 - par Annie Delaitre-Rélu)

André Beuchot a également raconté une histoire qui a évoqué chez moi des souvenirs très précis. Voilà ce qu'il raconte dans son livre "Noël et Jour de l'An en Côte d'Or et en Bourgogne" que je recommande à toutes les personnes originaires de la région et de Dijon en particulier :
"En 1951, les catholiques, hostiles à cet usurpateur (le père Noël) laïc se révoltent, souhaitent lutter contre la "paganisation" des esprits.
Les "Rouges" en profitent pour en faire un personnage moderne et récupérer la fête de Noël. Curieux retour des choses pour un personnage rendu populaire avec l'aide du plus grand pays capitaliste ! On assiste alors à une guérilla qui se terminera à Dijon devant la cathédrale Saint Bénigne où l'on porta au bûcher une effigie du père Noël. La lutte arrivait à son paroxysme, Jésus, Saint Nicolas, le Père Noël, le Père Janvier et le Père Fouettard se partageant les faveurs des Bourguignons...
Dans les grandes villes, le Père Noël Municipal fait souvent son apparition le 24 décembre en fin de journée, sur la place ou à la salle des fêtes. A Dijon, depuis le début des années 1950, il apparaît sur le toit de l'Hotel de Ville, clamant les noms des enfants méritants ou turbulents..."
J'ai été le témoin direct de ces premières apparitions du "vrai" Père Noël qui descendait du toit avec une hotte chargée de friandises, mais la descente en rappel depuis le sommet de la Tour Philippe le Bon a commencé en 1957.


Voici un autre récit de cette guerre des clochers raconté sur le blog de Ferragus :
"Noël 1951 fut particulièrement mouvementé à Dijon.
A la suite de prises de positions du Saint-Siège et de certains prélats en France, une tragédie se déroula devant la cathédrale Saint-Bénigne en cette soirée du 23 décembre.
Face à 250 enfants des patronages, ébahis sans doute, un mannequin à l’effigie du Père Noël fut accroché aux grilles de l’église cathédrale puis enflammé.
Les auteurs - de jeunes abbés quelque peu intégristes - de “ce massacre sur un parvis”, selon La Bourgogne républicaine, et de cet “autodafé à Dijon” selon France Soir, affirmaient lutter « contre le mensonge et la fabulation trompeuse du Père Noël. »
Dès le lendemain soir, sous les projecteurs municipaux, le Père Noël était ressuscité et se promenait sur les toits de l’Hôtel de ville, à l’initiative du maire, un certain … chanoine Kir ! Cette tradition du Père Noël sur les toits de l’ancien Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne perdure depuis ce jour de la résurrection !"

Claude Lévi-Strauss a pris prétexte de cette guéguerre du Père Noël, pour réfléchir sur ce mythe et sur les passions qu'il déclenchait ! Précisons que, selon lui, le clergé dijonnais avait mal pensé sa stratégie, cette histoire n'a fait que « … restaurer le héros dans sa plénitude. »


Cliché de l'événement paru dans la presse de l'époque.

La France est coupée en deux : l'opinion publique se divise et s'enflamme. D'un côté les adeptes du père Noël , Jean Cocteau, l'ethnologue  Claude Lévi-Strauss, René Barjavel, de l'autre ses détracteurs : François Mauriac ou Gilbert Cesbron...

Voici une dernière version de cet événement majeur de l'histoire de la mythologie bourguignonne :

Un communiqué est publié qui contient ces mots : « Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. A la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l'enfant et n'est en aucune façon une méthode d'éducation. » Le fait divers prend un retentissement national, fait la une de « France Soir », et devant une consternation générale, les autorités laïques de la ville sont obligés d'improviser la résurrection du barbu en lui faisant arpenter les toits de l'hôtel de ville de Dijon quelques heures après l'avoir immolé !
(source NouvelObs.com, Jean Pierre Gueno.)

NB : le terme "autorités laïques" n'est pas vraiment approprié car le maire de l'époque n'était autre que le chanoine Kir, universellement connu.


Le chanoine Félix KIR, ancien maire de DIJON

mardi 23 mars 2010

L'HOTEL DE SOUBISE : 3 HECTARES DANS LE MARAIS POUR LES ARCHIVES NATIONALES

J'ai eu l'occasion de visiter cet après-midi, sous la conduite de mon amie Elisabeth qui est conférencière, l'Hôtel de Soubise dont l'entrée principale se trouve 60 rue des Francs-Bourgeois dans le quartier du Marais à Paris.
Cet édifice fut construit sur les lieux de précédents hôtels : l'hôtel de Clisson d'abord (Clisson, surnommé le "Boucher", fut le successeur de du Guesclin comme grand connétable de France sous le roi Charles VI), puis l'hôtel de Guise en 1553. C'est en partie dans ces lieux que la saint Barthélémy a été programmée par le clan du duc de Guise, dit le Balafré, qui fut assassiné par Henri III..
Le corps de bâtiments a été racheté en 1700 par le prince François de Rohan Soubise et Anne de Rohan Chabot son épouse. Les nouveaux propriétaires choisirent comme architecte Pierre-Alexis Delamair. Delamair change l’orientation de l’hôtel en bâtissant une nouvelle façade contre l’ancienne aile sud, et met en place une magnifique cour d’honneur avec colonnade et peristyle ouvrant par une demi-lune sur la rue des Francs-Bourgeois (photo ci-dessous).
Dans le même temps, il est chargé par le cardinal de construire l’hôtel de Rohan-Strasbourg, dont la façade monumentale se dresse sur les jardins communs aux deux hôtels (voir dernière photo ci-dessous).
Germain Boffrand entreprend la décoration intérieure de l'hôtel de Soubise, véritable chef d’oeuvre de l’art rocaille (époque Louis XV), imitée dans toute l’Europe et bien conservée de nos jours.
Les hôtels de Soubise et de Rohan ont été affectés à différents usages sous la Révolution, Ils deviennent ensuite propriété de l’État (décret impérial du 6 mars 1808), ce qui en fait les protégera.
Napoléon Ier affecte l’hôtel de Soubise aux Archives impériales et l’hôtel de Rohan à l’Imprimerie nationale .
Le musée de l’histoire de France fut installé dans l’hôtel de Soubise par Napoléon III en 1867.
Aujourd'hui les bâtiments accueillent  ce musée et bien entendu les Archives Nationales.
Un projet de délocalisation des Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine est en cours.

Voici quelques photos de l'endroit.


En haut à gauche, l'Hôtel de Soubise (avec la cour en demi-lune)
A droite, l'Hôtel de Rohan avec la cour (plus petite) en demi-lune.
Superficie globale environ 3 ha. (source Goole-Earth)


Photo : GM. La façade vue de l'entrée de l'hôtel de Soubise vue de la rue des Francs-Bourgeois



Photo GM. La cour d'honneur en demi-lune


Photo GM. L'entrée de l'hôtel (style 18ème)


Le grand escalier (source Wikipedia)


Photo GM. Les appartements du prince, la chambre décorée en style rocaille


Photo GM. La bibliothèque


Photo GM. Bureau et paravent dans la bibliothèque


Photo GM. Lustre et plafond du salon oval dans les appartements du prince

Photo GM. Détails du style rocaille avec des sculptures en pâtre et en stuc.


Photo GM. La partie la plus ancienne datant de l'hôtel de Clisson (vue intérieure)
On peut voir la porte de l'autre côte dans la rue des Archives.


La porte médiévale de l'hôtel de l'ancien hôtel de Clisson, côté rue des Archives (source Wikipedia)



Photo GM. Les appartements de la princesse au 1er étage, le salon.


Photo GM. Le salon du 1er étage décoré par Natoire, grand prix de Rome.


La chambre d'apparat de la princesse.

Photo GM. La chambre de la princesse

(Source Wikipedia)
L'hôtel de Rohan-Strasbourg qui se situe à l'opposé de l'hôtel de Soubise et qui fait partie du même corps de bâtiments des Archives.
L'hôtel peut se visiter à l'occasion des expositions qui y sont organisées.

La délocalisation partielle des Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine.


(Source : Archives Nationales).
L’architecte Massimiliano Fuksas présente le projet :

« Bien ancré au sol, imposant, réfléchissant et précieux » le bâtiment sera recouvert d’une peau d’aluminium qui réfléchira le ciel et les environs. Ainsi, le caractère imposant s’en trouvera réduit.
Le bâtiment ne doit pas être «un énième élément isolé et introverti qui se juxtapose ou s'ajoute à la ville, mais qu'il devienne un véritable générateur d'urbanité ».

dimanche 22 mars 2009

ANNIVERSAIRE... JE RIGOLE

Voici ce que dit Wikipedia d'un mouvement qui a déclenché ce que l'on allait appeler d'un terme très pudique "les événements de 68".
En écoutant la radio, depuis ma province, je n'ai pas eu conscience sur l'instant de ce qui allait suivre.
Le Mouvement du 22-Mars est un mouvement étudiant né le vendredi 22 mars 1968 à la faculté de Nanterre.
D'inspiration
libertaire, ses principaux leaders sont Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar. Il se manifeste par l'occupation par 142 étudiants du huitième et dernier étage du bâtiment administratif, suite à l'arrestation de Xavier Langlade de la JCR après le saccage, la veille, du siège de l'American Express, à l'angle de la rue Scribe et de la rue Auber, lors de la manifestation organisée par le Comité Vietnam national (CVN) « pour la victoire du peuple vietnamien contre l'impérialisme américain » : la salle du conseil des professeurs est occupée toute la nuit. Le texte d'un tract est voté dans la nuit[1] et une nouvelle structure de discussion est créée, le C.R.E.P.S. (Centre d'études et de recherches politiques et sociales[2]).
L'affaire a démarré un an plus tôt, le
21 mars 1967 lorsque les étudiants de Nanterre décident de manière spontanée d'investir le bâtiment de la cité universitaire réservé aux étudiantes[3], ce qui provoquera leur expulsion musclée par les forces de l'ordre — or à l'époque, et depuis le Moyen Âge, les forces de police n'ont pas le droit d'entrer à l'université — et la circulation d'une liste noire d'étudiants que les professeurs étaient invités à refuser à leurs cours, parmi lesquels Daniel Cohn-Bendit qui s'est même vu notifier une demande de quitter le territoire (ce qui finira par advenir : il ne participera qu'au prélude de Mai 68). Ce mouvement ne restera pas qu'un « parisianisme », il s'étendra à la Province où des lycéens « non politisés » se prévaudront du Mouvement du 22-Mars pour organiser des mouvements de grève dans leurs établissements.
Les étudiants de ce qui allait devenir le mouvement du 22-Mars passent une année à diffuser leurs idées sur la
liberté sexuelle et sur les névroses qu'induisent le manque de liberté dans ce domaine et dans d'autres. Lorsque le bruit court que Dany Cohn-Bendit va être transféré dans une autre université, une grande grève est déclenchée par tous les étudiants anarchistes et/ou de gauche, comme ceux de la JCR.
Sitôt
Nanterre fermée par son doyen Pierre Grappin le vendredi 3 mai 1968, le mouvement se dirige vers la Sorbonne. C'est le début des événements de Mai 68.
Comme onze autres mouvements d'
extrême gauche, la Mouvement du 22-Mars est dissous le 12 juin 1968.
Le mouvement du 22-Mars sera ensuite plus fortement politisé encore, trahissant peut-être ses origines
potaches, perdant un peu de sa composante anarchiste et de son identité « nanterroise ».
S'y grefferont alors des personnalités comme
Serge July ou Félix Guattari. Une partie des éléments du mouvement proches du groupe anarchiste Noir et rouge collaborent ensuite au groupe conseilliste, Informations et correspondances ouvrières tandis que d'autres forment, avec des membres issus de l'UJC (ml), la Gauche prolétarienne.
La saga du mouvement du 22 mars a été racontée, par l'écrivain
Robert Merle, prix Goncourt, alors professeur d'anglais à la fac de lettres de Nanterre, dans son roman Derrière la vitre, dont l'essentiel de l'intrigue se passe dans la résidence universitaire de Nanterre.