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mercredi 3 août 2016

CONCERT MOZART TRES REUSSI A NOTRE-DAME DE SEMUR-EN-AUXOIS

Musicales en Auxois, 22ème festival

Hier soir, mardi 2 août 2016, à l'initiative d'un couple d'amis nous nous sommes rendus à la collégiale Notre-Dame de Semur-en-Auxois pour écouter un concert intitulé "Mozart Impetuoso!" avec Heather Newhouse, soprano, Franck Emmanuel Comte au pupitre et l'Orchestre et le Chœur du Concert de l'Hostel Dieu de Lyon.



Pourquoi ce concert et ce thème ?
«Désormais, je peux écrire dans tous les styles», affirmait Mozart à son père en 1779. Comment se fait-il, alors, que sa plume soit si reconnaissable, dans ses symphonies comme dans ses sonates, dans ses opéras comme dans sa musique religieuse ? S’il n’est pas de style mozartien unique, peut-être l’identifie-t-on dans le mélange de naturel et d’élégance si caractéristique du musicien, ou dans ces saisissants effets dramatiques et cette impression de perfection qui domine son oeuvre.
Sous la direction de Franck-Emmanuel Comte, le Concert de l’Hostel Dieu s’interroge sur l’influence de ses trois voyages dans la péninsule italienne. Fasciné par les derniers grands castrats, Mozart a offert aux voix d’anges quelques-uns de ses plus beaux airs, ici extraits de Lucio Silla ou de Mitridate. Peut-être a-t-il aussi entendu les divertissements de Sammartini ou de Nardini, et en aurait-il été marqué dans son propre Divertimento en ré majeur. Quoi qu’il en soit, sesLitaniestémoignent de l’influence du Padre Martini et de l’école napolitaine. Quant à la «Petite» Symphonie en sol mineur, elle laisse poindre une inquiétude qui la rapproche du mouvement préromantique allemand du Sturm und Drang.

(source : http://www.auditorium-lyon.com/Programmation-16-17/Symphonique/Formations-invitees/Concert-de-l-Hostel-Dieu)

Mozart impétueux !
Au programme de cette soirée donc, rien que du Mozart bien sûr! :
- Air et choeur extraits de l'oratorio Betulia Liberata,
- Agnus Dei extrait les Litaniae Lauretanae de Beata Maria Virgine,
- Divertimento en ré majeur,
- Motet Exsultate jubilate,
- Air de concert Misero pargoletto,
- Aria De' piu superbi il core et chœur extraits de l'opéra seria Lucio Silla,
- enfin la symphonie n°25 en sol mineur.

Autrement dit un souffle de fête, d'énergie et de légèreté à la fois sur Semur, la belle endormie. Contraste puissant entre la nef de Notre-Dame immergée dans la passion créatrice, l'impétuosité et les lumières du grand maître et la nuit extérieure s'engouffrant dans les vielles rues pavées au dessus desquelles se détachent sur une ciel légèrement étoilé les pignons des demeures séculaires de la vieille cité moyenâgeuse encerclée dans ses remparts lézardés.

Et au milieu de ce monde contrasté une étoile rayonnante la soprano Heather Newhouse.
Cette chanteuse élégante et raffinée a vraiment tout pour elle. Lorsqu'elle apparaît sur l'estrade, elle capte toutes les attentions, elle attend le moment propice et soudain elle se glisse dans la mélodie en totale osmose avec l'orchestre. Elle donne une impression de maîtrise et  de grâce dans son chant qui rend Mozart encore plus séduisant.
Quant à l'orchestre et son chef, Franck Emmanuel Comte, ils ont donné le meilleur d'eux- mêmes dans un site qui ne pouvait que transcender l'interprétation de ce Mozart Impetuoso !

Bravo à tous.
C'était une excellente soirée!

_____________________________________________


Heather Newhouse, soprano

Originaire du Canada, Heather Newhouse étudie le chant, l'harmonie et l'analyse musicale à l'Université du Western Ontario, où elle obtient son Bachelor of Music en 2005.
En 2006, elle passe son Master of Music à la Guildhall School de Londres. Elle fait un troisième cycle au CNSM de Lyon pour se perfectionner dans le répertoire français et en sort diplômée en 2010.
En 2004, elle remporte le troisième Prix au Concours du Canadian National Music Festival à Prince Edward Island. La même année, elle reçoit le prix du public et le Natalie Stutzmann Lieder prize au Concours Lotte Lehmann CyberSing Art Song (USA). En 2009, elle obtient le prix du meilleur espoir au Concours International d'Interprétation de la mélodie française de Toulouse. En 2010, elle participe à l'Académie Européenne de Musique au Festival d'Aix-en-Provence. En 2012, elle remporte coup sur coup le Concours international de chant baroque à Froville et le Deuxième Prix (ainsi que le Prix de l'orchestre et des techniciens) au Concours international de Mâcon.
De 2011 à 2013, Heather Newhouse est membre du Studio de l'Opéra national de Lyon.
Très sollicitée au concert, Heather Newhouse collabore étroitement avec l'Ensemble Concert de l'Hostel Dieu. Elle s'est récemment produite dans la grande Messe en ut de Mozart, le Te Deum et la Messe de Minuit de Charpentier, le Stabat Mater et le Requiem de Haydn, le Stabat Mater de Pergolese, les Dixit Dominus de Handel et de Vivaldi et le Gloria de Vivaldi. 

(source : http://www.hainzl-delage-artists-management.fr/fr/artiste/heather-newhouse/biographie/)


dimanche 14 septembre 2014

DEUX LIBRAIRIES BOUQINERIES COMME JE LES AIME : "L'ATHANOR" A CUISERY ET A LOUHANS

Cuisery, bourg de Saône et Loire fait partie de ce que l'on appelle les "villages du livre"   http://cuisery-villagedulivre.com/villages-du-livre/ dans la rue principale, le promeneur bibliophile ne trouvera pas moins de 15 librairies.
Il y a surtout affluence le 1er dimanche du mois avec la venue de bouquinistes qui montent leur stand dans la Grande Rue.

La librairie que je préfère à Cuisery est sans conteste "l'Athanor" dont le propriétaire est Sébastien Berteloot.
Sur plus de 300m2, on trouve des quantités phénoménales de livres d'occasion de toutes sortes. Cela va de l'ésotérisme, à l'aviation  en passant par les bandes dessinées, et de l'histoire à littérature en passant par le polar... on passe d'une pièce à l'autre, on grimpe à l'étage, on explore les coins et recoins u peu come chez Shakespeare and Co à Paris il y a quelques années.

Récemment Sébastien Berteloot a ouvert une seconde librairie "l'Athanor" sous les arcades de Louhans, en plein centre ville.
La librairie bénéficie d'un grand espace dans lequel sont présentés de manière impeccable des dizaines de milliers de livres (200 000 en stock). L'endroit est très agréable, il y fait bon chercher la perle rare, pendant des heures et l'accueil est chaleureux.

Si vous aimez les livres et si vous aimez faire des découvertes, n'hésitez pas à vous rendre dans l'une ou l'autre de ces librairies, vous ne serez pas déçus.

L’Athanor

Grande Rue

71290 Cuisery

ouverte le dimanche de 10h à 12h, puis de 14h à 18h


L’Athanor à Louhans, sous les arcades

ouvert en semaine
 

mardi 17 janvier 2012

BONNE ADRESSE A CLAMECY : LE RESTAURANT L'ANGELUS

Si par hasard il vous arrive de passer par Clamecy, sous préfecture de la Nièvre je vous invite à aller sonner à l'Angélus, petit restaurant installé dans une demeure du XVIème siècle, situé à côté de la magnifique collégiale.
Nous y sommes allés, par hasard dimanche dernier et nous avons excellement déjeuné. C'est en effet le seul restaurant digne de ce nom ouvert dans le centre ville le dimanche midi.
J'ai particulièrement apprécié le foie gras poêlé en entrée et le sorbet au caramel en dessert.
Le bar était parfaitement cuisiné.



La salle est petite, mais chaleureuse. Le service assuré par de jeunes et agréables serveuses est de qualité, quant à la cuisine elle est inventive dans le respect des traditions régionales. Le chef qui officie en ces lieux est Cyrille Gireault.

Pour en savoir plus sur ce restaurant :
http://www.restaurantlangelus.com/index.php?rub=1

Cette adresse est une découverte personnelle. Toute publicité est absente de cet article.

jeudi 29 décembre 2011

COMMENT REVISITER L'HISTOIRE D'UNE VILLE : UNE LIVRE REMARQUABLE D'ALAIN BELLASSENE


Ma fille m'a offert le livre d'Alain Bellassène très récemment et en toute objectivité, même si la photo de mon grand-père Auguste Morin-Gacon, figure sur la "une" de couverture, j'ai trouvé ce livre très riche, très intéressant. Accessible au plus grand nombre aussi et comportant de nombreuses illustrations.

Dans cet ouvrage, particulièrement bien documenté, l'auteur revisite l'histoire de la ville sous un angle nouveau, celui des contributions des élus qui se sont succédé pendant des siècles à la première magistrature de la ville. Ainsi nous est-il plus aisé de décrypter ce qu'ont pu apporter aux citoyens de la ville tel ou tel maire, tel ou tel programme politique, en particulier depuis l'avènement de la République. Des tableaux de synthèse à la fin de chaque article permettent d'avoir une excellente visibilité sur les apports réels de chaque équipe municipale.
Par ailleurs, ce livre démontre, s'il en était besoin, l'importance du regard de l'historien sur les périodes passées, même les plus récentes. En effet, depuis mon enfance, j'ai vécu sur des clichés concernant les différents maires de DIJON. Clichés souvent véhiculés par les principaux organes de communication qu'étaient les quotidiens de l'époque. Alain Bellassène permet ainsi à nombre de ses lecteurs de changer leur vision sur ceux qui ont présidé aux destinées de la ville de Dijon.
Au plan tout à fait personnel, moi qui suis un vieux dijonnais, même si je n'habite plus dans cette ville magnifique, j'ai avec un plaisir non dissimulé enfin pu mettre des visages et des actes politiques derrière les noms de rues que j'empruntais étant enfant : rue Millotet, rue Auguste Perdrix, ou encore rue Charles Dumont.
J'ai également découvert que le Durande de la rue où je suis né, le docteur Durande, Jean Baptiste, célèbre botaniste, était le père de Claude-Auguste Durande, le maire de la Restauration qui lui, n'a pas de rue à son nom.
Quant à Chartraire de Montigny, trésorier des Etats de Bourgogne sous l'ancien régime et propriétaire du chateau de Bierre-les-Semur (*) et du somptueux hôtel particulier de la rue Vannerie dans lequel j'ai essuyé, bien plus tard, mes fonds de culotte pendant onze ans(**), il réussit la prouesse d'être le premier maire de la ville, aristocrate donc, sous l'ère de la Révolution !  
Enfin, j'ai noté que depuis la Libération, 4 maires seulement se sont succédé à l'Hôtel de Ville : le chanoine Kir, que ma famille a bien connu et à qui je serrais la main à chaque fois que je le rencontrais rue de la Libs ou sur la place d'Armes; le docteur Veillet, qui fit un passage éclair à l'époque où, étudiants à l'université, nous défilions dans les rues de Dijon avec des slogans qui résonnent encore dans mes oreilles; Robert Poujade, dont l'épouse fut ma prof de français en terminale à Marcelle-Pardé et enfin François Rebsamen dont je fus le collègue et aussi le "copain" pendant plusieurs années et pour lequel j'éprouve une sincère admiration.
Quelle longévité pour Kir, Poujade et Rebsamen ! Cela montre bien l'attachement des dijonnais à leurs édiles !

Les quelques remarques qui précèdent montrent à quel point le livre d'Alain Bellassène m'est précieux, tous les amoureux de Dijon devraient l'avoir sur leur table de nuit.
Je lui suis aussi tout particulièrement reconnaissant d'avoir rétabli une certaine vérité sur le citoyen  maire Morin-Gacon (1896-1900), injustement maltraité par la presse locale et totalement et volontairement ignoré par ses successeurs jusqu'à l'élection de François Rebsamen.

(*) Henri EVRARD, "le château et le domaine de Bierre, des origines à nos jours" et "Les propriétaires célèbres du château de Bierre", janvier 2008
(**) Ecole Saint François de Sales, voir historique de l'école par Jean Marilier : http://www.colyse.fr/colstfrancois/historique.html

lundi 28 février 2011

LE REPAS DE LA SEMAINE JADIS EN PAYS DE MONTAGNE BOURGUIGNONNE

" Il avait mis des pommes de terre en tas dans une écurie vide, il y puisait à merci, ainsi que dans son saloir, car il avait encore pris le temps de tuer son dernier cochon, de le saler du groin à la queue. Un chou-rave dans la marmite, un morceau de côti, une poignée de faviaux, vingt treuffes, tout cuisait ensemble et cela faisait les quinze repas de la semaine."

Heureusement il y a aussi de temps en temps :
Le jambon persillé, le fromage fort et le passetougrains ou encore la meurette de tanche, la potée bourguignonne, la pauchouse de la plaine de Saône.
Source : Henri Vincenot "Le Pape des Escargots"

EXPRESSIONS BOURGUIGNONNES ET MORVANDELLES

Relisant avec un très grand plaisir le Pape des Escargots d'Henri Vincenot, j'ai trouvé dans son texte un certain nombre d'expressions "bien de chez nous" que j'ai pu entendre lorsque j'étais jeune à Dijon, mais surtout lorsque j'ai fait de très nombreux séjours à côté de Semur en Auxois, depuis une trentaine d'années.
Voici quelques mots choisis, si cela vous dit donnez moi votre traduction ou votre interprétation.
J'essaierai également de répondre à quelques questions.
- bande de gnaulus

- dehorer quelqu'un
- des goguenettes
- des mots grenus
- écharner
- époulvaudés
- être en pataroux
- être refoux
- être revorché
- être tout afaûtri
- faire endêver
- frigousser
- grand dépendeur d'andouilles
- grûiller
- il s'est barricadé comme Vercingétorix en Alise
- le brandevinier
- le rince-cochon
- les béquilloux et les stropiats
- l'imposte du fenil
-  le tintouin
- un benaton
- un beuzenot
- un foyard
- un fromage un peu suret ou un peu piâloux
- un mange-vermeille
- un mène-que-ne-pisse
- un pangnâs
- un râchon d'épines
- une feuillette cerclée de deux ballonges
- une vieille panouille

mardi 7 décembre 2010

IL SE PASSE DES CHOSES DANS NOTRE BEAU PAYS DE BOURGOGNE

Il se passe des choses aujourd'hui dans le pays bourguignon qui sont "alimentées" par les légendes populaires du passé.
L'association " l'Aubépine" (http://associationlaubepine.blogspot.com/) a organisé récemment à la Médiathèque de Précy-sous-Thil une réunion au cours de laquelle deux auteurs de la région ont parlé des légendes bourguignonnes et du Morvan.
André Beuchot a notamment parlé des légendes de Noël et du Jour de l'An.
Sandra Amani a lu quelques extraits de son livre "Les mystères du Nivernais", elle a évoqué egalement certaines légendes bien connues de la population rurale du canton de Précy.
L'objectif de ces deux auteurs consiste à faire partager leur amour de notre terroir et des légendes qui ont bercé notre enfance.
André Beuchot, dans sa présentation m'a remis en mémoire deux personnages "mythiques" aujourd'hui un peu oubliés, mais dont j'ai entendu parler pendant toute mon enfance dijonnaise : le Père Fouettard et le Père Janvier.
Qui étaient ces deux là ?
Le père Fouettard a pour origine ce que l'on appelait jadis les pays de l'Est, c'est-à-dire l'Allemagne, l'Autriche ou la Hollande.
Sa fonction était de faire peur aux enfants qui n'étaient pas sages, c'était le compagnon de Santa Klaus, il était tout de noir vêtu. Je me souviens que mon père l'évoquait à chaque fois que je faisais une bêtise à la période de Noël. Si tu n'es pas sage, c'est le Père Fouettard qui va venir te voir et tu n'auras pas de jouets cette année. L'argument a tenu quelques temps, il était très efficace. Le Père Fouettard fréquentait donc les foyers dijonnais au coeur de l'hiver. Il possédait un redoutable martinet.
Mais, il y avait aussi le père Janvier, personnage mille fois plus sympathique.
Selon André Beuchot, on trouve des traces du Père Janvier dans le Morvan, dans le Nivernais, dans le Bourbonnais et aussi dans le Dijonnais. C'est pourquoi j'ai aussi beaucoup entendu parler de ce bonhomme lorsque j'étais enfant.
Le père Janvier, c'était un peu un père Noël-bis. C'est lui qui distribuait les étrennes au tout début de l'an neuf.
En ce qui me concerne, c'est le père Janvier qui apportait les cadeaux que je récoltais pendant tout le mois de Janvier lorsque mes parents accomplissaient leur visite traditionnelle de Nouvel An chez les personnes de la famille qui étaient plus âgées qu'eux. J'avais droit à des petits soldats de plomb, à des livres de Tintin ou encore à des petites voitures "Dinky Toys" que j'appréciais particulièrement. En fait ces "petits cadeaux", je les prenais comme le prix payé pour une après-midi passée à m'enquiquiner profondément. Lorsque le cadeau offert ne me plaisait pas, il paraît que je faisais une véritable tête d'enterrement pendant toute l'après-midi, ce qui faisait la honte de ma mère.
Pour en revenir au père Janvier, je ne l'ai connu que très fugace, je ne sais même pas s'il se déplaçait en traîneau comme le père Noël. Je sais seulement qu'il était habillé de blanc et qu'on avait du mal à le distinguer sur la neige. Il avait également une grande barbe et un grand sac.
Dans le Morvan, certains enfants le voyaient autrement : "C’était un bonhomme mystérieux, voire austère : grande robe et capuchon de bure marron délavés, visage maigre cachant peut-être un sourire sous sa longue barbe poivre et sel, le corps décharné. Ce vieillard courbé sous le poids d’une immense hotte en osier, avait les mêmes attributions que le Père Noël : distribuer des étrennes en passant par les cheminées.

Il était fâcheusement accompagné par le Père Fouettard, tout petit, le visage vérolé, hargneux, qui traînait un sac de toile garni de verges, ces dernières étant remplacées dans les années 1930, par de redoutables martinets !" (2005 - par Annie Delaitre-Rélu)

André Beuchot a également raconté une histoire qui a évoqué chez moi des souvenirs très précis. Voilà ce qu'il raconte dans son livre "Noël et Jour de l'An en Côte d'Or et en Bourgogne" que je recommande à toutes les personnes originaires de la région et de Dijon en particulier :
"En 1951, les catholiques, hostiles à cet usurpateur (le père Noël) laïc se révoltent, souhaitent lutter contre la "paganisation" des esprits.
Les "Rouges" en profitent pour en faire un personnage moderne et récupérer la fête de Noël. Curieux retour des choses pour un personnage rendu populaire avec l'aide du plus grand pays capitaliste ! On assiste alors à une guérilla qui se terminera à Dijon devant la cathédrale Saint Bénigne où l'on porta au bûcher une effigie du père Noël. La lutte arrivait à son paroxysme, Jésus, Saint Nicolas, le Père Noël, le Père Janvier et le Père Fouettard se partageant les faveurs des Bourguignons...
Dans les grandes villes, le Père Noël Municipal fait souvent son apparition le 24 décembre en fin de journée, sur la place ou à la salle des fêtes. A Dijon, depuis le début des années 1950, il apparaît sur le toit de l'Hotel de Ville, clamant les noms des enfants méritants ou turbulents..."
J'ai été le témoin direct de ces premières apparitions du "vrai" Père Noël qui descendait du toit avec une hotte chargée de friandises, mais la descente en rappel depuis le sommet de la Tour Philippe le Bon a commencé en 1957.


Voici un autre récit de cette guerre des clochers raconté sur le blog de Ferragus :
"Noël 1951 fut particulièrement mouvementé à Dijon.
A la suite de prises de positions du Saint-Siège et de certains prélats en France, une tragédie se déroula devant la cathédrale Saint-Bénigne en cette soirée du 23 décembre.
Face à 250 enfants des patronages, ébahis sans doute, un mannequin à l’effigie du Père Noël fut accroché aux grilles de l’église cathédrale puis enflammé.
Les auteurs - de jeunes abbés quelque peu intégristes - de “ce massacre sur un parvis”, selon La Bourgogne républicaine, et de cet “autodafé à Dijon” selon France Soir, affirmaient lutter « contre le mensonge et la fabulation trompeuse du Père Noël. »
Dès le lendemain soir, sous les projecteurs municipaux, le Père Noël était ressuscité et se promenait sur les toits de l’Hôtel de ville, à l’initiative du maire, un certain … chanoine Kir ! Cette tradition du Père Noël sur les toits de l’ancien Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne perdure depuis ce jour de la résurrection !"

Claude Lévi-Strauss a pris prétexte de cette guéguerre du Père Noël, pour réfléchir sur ce mythe et sur les passions qu'il déclenchait ! Précisons que, selon lui, le clergé dijonnais avait mal pensé sa stratégie, cette histoire n'a fait que « … restaurer le héros dans sa plénitude. »


Cliché de l'événement paru dans la presse de l'époque.

La France est coupée en deux : l'opinion publique se divise et s'enflamme. D'un côté les adeptes du père Noël , Jean Cocteau, l'ethnologue  Claude Lévi-Strauss, René Barjavel, de l'autre ses détracteurs : François Mauriac ou Gilbert Cesbron...

Voici une dernière version de cet événement majeur de l'histoire de la mythologie bourguignonne :

Un communiqué est publié qui contient ces mots : « Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. A la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l'enfant et n'est en aucune façon une méthode d'éducation. » Le fait divers prend un retentissement national, fait la une de « France Soir », et devant une consternation générale, les autorités laïques de la ville sont obligés d'improviser la résurrection du barbu en lui faisant arpenter les toits de l'hôtel de ville de Dijon quelques heures après l'avoir immolé !
(source NouvelObs.com, Jean Pierre Gueno.)

NB : le terme "autorités laïques" n'est pas vraiment approprié car le maire de l'époque n'était autre que le chanoine Kir, universellement connu.


Le chanoine Félix KIR, ancien maire de DIJON