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mardi 25 octobre 2011

SIR JOHN ELIOT GARDINER A PLEYEL LE 24 OCTOBRE 2011




Cela faisait des années que j'avais envie de voir John Eliot Gardiner diriger un orchestre. Ce soir à Pleyel, j'ai été gâté. Le chef d'orchestre britannique dirigeait le Monteverdi Choir et l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique, deux ensembles qu'il a lui-même créés et qui donnent des interprétations exceptionnelles.

Au programme ce soir :
Johannes Brahms : Begräbnisgesang, Op.13
Anton Bruckner : Messe n°2
Igor Stravinski : Symphonie de psaumes

J'avoue avoir eu un faible pour l'interprétation de la SYMPHONIE DE PSAUMES de Stravinski. Il est vrai que je n'ai jamais eu beaucoup d'occasions d'entendre de la musique de Stravinski en concert et j'ai vraiment été très séduit. Une partie de la symphonie a même fait l'objet d'un bis généreux de la part de Gardiner et j'ai pu apprécier encore mieux la puissance de la musique de ce compositeur du XXe siècle.


La particularité de cette pièce est le jeu que fait Stravinski envers les traditions. En effet, une symphonie est de nature profane (sans lien avec la religion) et le psaume appartient au domaine du sacré. Cette pièce est une nouveauté car elle brise les coutumes.
Une autre particularité : la composition de l'orchestre : 5 flûtes, 3 hautbois, 1 cor anglais, 3 bassons, 1 contrebasson, 4 cors, une petite trompette, 4 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, des timbales, 1 grosse caisse, 1 harpe, 2 pianos, 10 viloncelles, 8 contrebasses et un choeur mixte. Ainsi l'orchestre ne comporte ni violons, ni altos, mais deux pianos , et les tessitures extrèmes des vents y sont favorisées (Dominique Druhen)
Curieusement la salle Pleyel n'était pas entièrement remplie, que font les mélomanes parisiens ? En revanche les présents ont été enthousiastes.

mardi 19 avril 2011

UNE PHRASE...

Le motif initial de l 5ème symphonie de Beethoven, c'est selon Schondler " Le destin qui frappe à ma porte." J'aime cette phrase pour tout ce qu'elle nous révèle de ces neuf premières notes de la 5ème.


 
Pour les amateurs de Beethoven et de Furtwängler, il faut absolument vous rendre sur ce site pour mieux comparer les interprétations du grand chef au cours de sa carrière. Un document sonore pédagogique remarquable !
 

samedi 9 avril 2011

LE LONDON SYMPHONY ORCHESTRA A PARIS UNE NOUVELLE FOIS AVEC VALERY GERGIEV


 Valery GERGIEV
Concert exceptionnel à Pleyel avec Valery Gergiev et le London Symphony Orchestra interprétant la 9ème et la 10ème symphonie de Mahler.
En 1909, année pendant laquelle il achève la composition de sa 9ème symphonie, Gustav Mahler a 49 ans. A l'évidence, il sent la mort arriver lentement et sûrement. C'est ce sentiment qui transparait dans la pmusique de cette symphonie. Il est alors à New York, après avoir dirigé l'opéra de Vienne pendant dix ans et surtout sa fille Maria est morte en 1907 à l'âge de 4 ans.
Dans un texte poignant, il exprime ce qu'il ressent à la fin de sa vie :
« Car depuis que m'a saisi cette terreur panique à laquelle j'ai un jour succombé, je n'ai rien tenté d'autre que de regarder et d'écouter autour de moi. Si je dois retrouver le chemin de moi-même, alors il faut que je me livre encore aux terreurs de la solitude.(...) En tout cas, il ne s'agit absolument pas d'une crise hypocondriaque de la mort, comme vous avez l'air de le croire. J'ai toujours su que j'étais mortel. Sans essayer de vous expliquer ni de vous décrire quelque chose pour quoi il n'existe sans doute pas de mots, je vous dirai que j'ai perdu d'un seul coup toute la lumière et toute la sérénité que je m'étais conquises et que je me trouve devant le vide, comme si, à la fin de ma vie, il me fallait apprendre de nouveau à me tenir debout et à marcher comme un enfant. »
Je ne suis pas un spécialiste de musique classique, ni même un amateur, éclairé ou non, disons qu'à l'écoute d'un morceau de musique j'éprouve des sensations au 1er degré.
A Pleyel, le 28 mars, j'ai d'abord ressenti physiquement tout le potentiel que présentait un orchestre symphonique pour un compositeur. Gergiev se sert de l'ochestre comme d'un instrument de musique et l'orchestre, d'une qualité exceptionnelle répond à ses attentes et à son imaginaire avec une exactitude et une justesse musicale extraordinaire. Par moment, j'ai reconnu des intonations "mahleriennes" déjà entendues dans la 5ème symphonie, la plus célèbre, celle de Mort à Venise.
Je me permets de citer l'extrait d'un blog qui éclaire la richesse et la complexité de l'oeuvre :
"La 9ème de Mahler n’est pas une œuvre qui s’offre facilement à l’interprète, pas plus qu’à l’auditeur. Seuls les plus grands ont pu venir à bout d’une exécution authentique de l’œuvre, au sens qu’Adorno donnait à ces termes. Bruno Walter à Vienne en 1938, dernier concert avant l’Anschluss, qui aborde l’œuvre comme le legs du compositeur et dont personne n’a jamais osé reprendre les tempi aussi rapides d’un Adagio final mené de manière si pressante. Otto Klemperer, l’autre disciple, à Londres en 1967, qui nous montre une cathédrale engloutie, créant des vides immenses. Vaclav Neumann à Leipzig en 1964, la plus aboutie des interprétations et sans doute la plus sensible. Sir John Barbirolli à Berlin en 1967, à une époque où Mahler y était délaissé nous en laisse, grâce aux timbres de l’orchestre, la version la plus belle. Bruno Maderna, à Londres en 1971, aborde l’œuvre comme un grand compositeur et en donne une interprétation magistrale, sans doute la plus authentique. Herbert von Karajan enfin, qui n’aborda l’œuvre qu’une fois à Berlin et dans l’interprétation de laquelle il mit tant d’émotion qu’il refusa d’y jamais revenir, en livre la plus bouleversante version. Il y a aussi et surtout Léonard Bernstein, à Vienne, qui la voyait, mouvement après mouvement, comme un quadruple renoncement, à l’amour, à la nature, à la musique et à la vie, qui a été le seul à lui donner réellement un style, au sens où Louis-Ferdinand Céline entendait ce mot – je n’ai d’ailleurs jamais compris ce qu’il entendait par « style » et je crois qu’il n’a jamais su le dire non plus, l’écrire seulement, car le style pour Céline se ressent plus qu’il ne s’explique et c'est aussi le cas dans le Mahler de Bernstein. Il y a dans sa 9ème un voyage au bout de la nuit extraordinairement prenant, à nul autre pareil.

Interpréter une telle symphonie n’est donc pas à la portée de tout le monde, y créer un style moins encore."
http://www.philippecurrat.ch/index2.php?post/2009/05/21/LA-9eme-SYMPHONIE-DE-MAHLER-A-LOSR-%3A-UNE-QUESTION-DE-STYLE
Sur l'interprétation de la symphonie elle-même, je ne me risquerais pas à émettre le moindre jugement. Néanmoins, à l'évidence j'ai eu la sensation d'avoir assisté à un grand moment musical avec un des meilleurs orchestres du monde et un chef qui ne semble pas se reposer sur ses lauriers, qui va de l'avant, qui cherche et qui trouve.
Je peux dire que j'ai été enthousiasmé par l'interprétation de cette 9ème.
Privilège extraordinaire, on peut écouter le concert dans son intégralité à l'adresses suivante :
http://citedelamusiquelive.tv/Concert/0960360.html

lundi 15 novembre 2010

SALLE PLEYEL HIER 14 NOVEMBRE... LA CLASSE !

Je ne fréquente pas beaucoup les salles de concert de musique classique comme Pleyel, Gaveau ou le théatre des Champs Elysées et j'ai bien tort.
Hier, nous avons assisté à une concert d'un qualité exceptionnelle à la salle Pleyel.
Au programme :
- la symphonie n°3 de Mendelssohn dite "Ecossaise", en la mineur op. 56, créée en 1842.
- le concerto pour violon en ré majeur, op.77 de Johannes Brahms, créé en 1879.

Interprétation : London Symphony Orchestra

Direction : Sir Colin Davis
Colin Davis dirige cet orchestre depuis plus de 50 ans, il en est d'ailleurs, à bientôt 83 ans, le Président. On ne le présente plus.



Violon : Nikolaj Znaider.
Nikolaj Znaider, né le 5 juillet 1975 à Copenhague, est un violoniste danois.
Après avoir gagné un premier prix au Concours international de violon Carl-Nielsen en 1992, Nikolaj Znaider étudie à la Juilliard School à New York. En 1997, il remporte le Concours Reine-Élisabeth-de-Belgique à Bruxelles.
Il poursuit une carrière internationale et travaille avec des chefs d'orchestre renommés comme Daniel Barenboïm, Zubin Mehta, Herbert Blomstedt, Sir Colin Davis ou encore Mstislav Rostropovitch.
Nikolaj Znaider joue sur un Guarnerius , fabriqué par le luthier Giuseppe Guarneri en 1741. Ce violon lui est prêté par le Théâtre Royal du Danemark.
Sans vouloir jouer les prophètes, il ne fait aucun doute que ce musicien, qui est aussi chef d'orchestre, est promis à un grand avenir.

Certes, je ne suis pas ce que l'on appelle un mélomane, mais j'ai pu savourer la qualité d'interprétation de l'ensemble des musiciens, sous la direction d'un des grands maîtres de l'interprétation classique.
Avec Mendelssohn, nous sommes conviés à une intrusion très imagée dans la culture celte, telle que l'on se la représentait à l'époque du romantisme, pleine de vie et de couleurs atténuées par les brumes. Une interprétation précise, équilibrée et lumineuse.
Avec Brahms, l'impression est fort différente, j'ai retenu la prestation extraordinaire du violoniste Nikolaj Znaider d'une virtuosité exceptionnelle. Le concerto, rappelons le, fut longtemps considéré comme injouable par les meilleurs violonistes, le soliste se bat littéralement avec son instrument pour terminer l'oeuvre en parfaite osmose avec l'orchestre dans un bouquet d'artifice final sur le thème le plus célèbre du concerto.
L'ovation du public fût à la hauteur de l'interprétation et nous sommes repartis comblés.