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mardi 4 octobre 2011

LE NOUVEAU COMBAT DES INTELLECTUELS PARISIENS ?



Coïncidence, combat concerté des philosophes du microcosme ?

Après l'allumette craquée par Régis Debray, philosophe plutôt classé à gauche, dans son livre "Du bon usage des catastrophes" (voir article précédent dans ce blog), Pascal Bruckner, philosophe plutôt classé à droite, allume cette fois-ci un feu qui deviendra peut-être incendie dans le monde des idées et de la pensée unique. Il publie en effet un essai intitulé "Le  Fanatisme de l'Apocalypse" qui apparaît, sous certains aspects comme un prolongement des thèmes mis à jour par Debray. Mais l'éclairage est différent.

Que les choses soient claires, je n'ai pas encore lu le livre de Bruckner et je ne devrais donc pas en parler! Mais j'ai  entendu ce matin même sur France-Inter une interview du philosophe et je ne peux m'empêcher de réagir.

Bruckner a lu semble-t-il une multitude de textes dits "écologiques". Il en fait une critique sévère, considérant que le catastrophisme écologiste est une nouvelle religion qui a recours à toute la panoplie judéo-chrétienne et protestante en particulier : péché originel, culpabilité permanente,  renoncement au plaisir, confinement terrestre, salut par des pratiques ascétiques...
Bruckner met les pieds dans le plat en comparant même certains préceptes de cette écologie catastrophiste à ceux du pétainisme qui prônait "interdiction de se déplacer en voiture" sauf pour les médecins et la police, "retour à la terre qui est notre mère à tous" etc. Ces restrictions à consommer et l'obligation de se serrer la ceinture imposées aux citoyens vont dans le même sens que les diktats des marchés financiers. En définitive tout cela ne fait que servir les intérêts de la classe dominante.

Bruckner prend le soin de mentionner dans son essai que lui-même a voté "vert" pendant 20 ans, que la cause écologiste est utile et légitime, mais qu'aujourd'hui elle est confrontée à des dérives qui se traduisent par un courant individualiste ultra ou par un fonctionnement sectaire.

Tous les ingrédients sont là, en pleine période électorale, pour mettre le feu aux poudres et pour générer des débats sanglants !

Dans l'immédiat, même si je ne porte dans mon coeur ni Debray, ni Bruckner, pour des raisons diverses, je trouve que l'un et l'autre ont l'audace de décrypter des idéologies et des pratiques servant d'arguments à de nouveaux prophètes-charlatans qui cherchent à alimenter la peur du plus grand nombre, à culpabiliser les citoyens consommateurs pour mieux leur vendre leur camelote sectaire, sous un nouvel emballage de prêt-à-penser préfabriqué.

Le rôle de la philosophie est bien de semer le doute, de faire réfléchir.
A chacun ensuite de se faire son opinion !

lundi 3 octobre 2011

REGIS DEBRAY - "DU BON USAGE DES CATASTROPHES"


Un essai sur le renouveau du prophétisme dans nos sociétés occidentales généré par un sentiment de peur alimenté par la vision des catastrophes "en live" à la télévision ou sur Internet.

Pourquoi ces nouveaux prophètes ? Qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ?
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Notre culture occidentale est judéo-chrétienne, elle s'est inscrite pendant des siècles dans une vision linéaire du temps avec un début (la création), un pendant (la vie sur terre, ses difficultés et ses catastrophes naturelles) et un futur prometteur (si toutefois l'on applique les principes de la religion ou de l'idéologie).
Le prophétisme se nourrit des catastrophes et de la peur.

Mais aujourd'hui, en Occident, la rationnalité a tué mythologies et idéologies. Elle a généré de ce fait une rupture entre passé et à venir, génératrice d'angoisse. Il ne reste que le présent rationnel et technologique. Lorsque surviennent des catastrophes, les nouveaux prophètes surfent sur les peurs qu'elle générèrent. Ils promettent de nouvelles catastrophes dont on ne pourra réchapper que si l'on applique leurs préceptes.

Debray décrypte les mécanismes du prophétisme, c'est un exercice intéressant. Mais on lui reprochera ses tics de langage, ses sauts culturels et  historiques permanents. Trop d'érudition nuit à la clarté du propos, c'est ce qui m'a agacé dans son livre qui heureusement ne fait qu'une centaine de pages.
Ce livre reste néanmoins un essai brillant de notre médiologue national.

mercredi 15 décembre 2010

POLITIQUE, VERTU, NOVLANGUE ET LANGUE DE BOIS

"Berlusconi est le seul dirigeant occidental à avoir réussi à donner réalité au cauchemar d'Orwell, à créer une novlangue où paix veut dire guerre, où liberté signifie servitude et, surtout, où il parvient à empêcher les gens d'exercer leur esprit critique. C'est pourquoi il peut se proclamer "libéral", alors qu'il protège les monopoles, intervient dans les attributions des marchés publics et place ses hommes aux postes clés."
Paolo Florès d'Arcais, in l'Expansion, 29 octobre 2010.
Je trouve particulièrement pertinent le lien établi dans "1984" par Orwell entre le politique et la langue. Communiquer, c'est manier la langue, et manier la langue c'est aujourd'hui faire de la politique.
La langue politique est l'expression même du pouvoir. Si aujourd'hui gouverner c'est avant tout communiquer, alors la langue et l'usage que l'on en fait est au coeur du débat politique.
Selon l'article de Wikipedia consacré au novlangue (Newspeak dans le texte original de George Orwell) :
L’idée sous-jacente au novlangue est que si une chose ne peut pas être dite, cette chose ne peut pas être pensée durablement faute de renforcement par l’échange. La question soulevée par cette supposition est de savoir si nous définissons toujours la langue ou sommes parfois « formatés » par elle. Par exemple, peut-on ressentir l’idée de « liberté » si nous ignorons ce mot ? Cette théorie est liée à la formule de Ludvig Wittgenstein : « Les limites de ma langue sont les limites de mon monde ».

Est-ce que la langue de bois utilisée systématique par les hommes du pouvoir n'est pas aujourd'hui le novlangue dont parlait Orwall dans son livre ?
A l'origine les russes dénonçaient la "langue de chêne" des technocrates tzaristes, ensuite on a parlé de la "langue de bois" des dirigeants soviétiques.
Qu'est-ce que cette fameuse langue de bois ?
J'ai trouvé un site Internet ( http://www.toupie.org/Biographies/index.html ) qui dans son "dictionnaire politique" contient un énoncé fort intéressant des catactéristiques de cette langue politique :
" La langue de bois est une forme d'expression employée par les hommes politiques, les responsables d'entreprises, les technocrates... dans le but de :
• masquer une absence d'information précise,
• éviter de répondre à des questions embarrassantes,
• ne pas attirer l'attention sur un argumentaire défaillant,
• ne pas choquer un interlocuteur,
• dissimuler une vérité désagréable tout en feignant de la décrire,
• cacher des objectifs réels inavouables,
• faire adhérer à une idée en donnant l'impression de s'intéresser aux préoccupations du plus grand nombre,
• imposer une idéologie ou une vision du monde.

La langue de bois se reconnaît à l'une ou plusieurs de ces caractéristiques :
• complexification du style,
• flot de paroles inutiles (logorrhée) dans le but de noyer l'auditeur,
• confiscation de la parole et absence d'échanges réels,
• vision binaire et manichéenne de la réalité, (caractéristique du novlangue d'Orwell)
• utilisation abusive de :
- stéréotypes exprimés de manière pompeuse (banalité, cliché. Ex : les temps sont durs)
- pléonasmes (expressions superflues, redondantes. Ex : projet d'avenir),
- barbarismes (mots inventés ou détournés de leur sens. Ex : solutionner, finaliser),
- euphémismes (atténuation d'une réalité brutale ou d'une idée désagréable. Exemple : un non-voyant pour un aveugle),
- mots peu usités et prétentieux (Ex : systémique, paradigme),
- la voix passive qui ne permet pas de savoir qui est responsable,
- expressions figées (sorte de formules magiques) ou vagues,
- expressions facilement mémorisables pour frapper les esprits,
- mots sortis de leur contexte." 

Dis-moi comment tu t'exprimes en politique, je te dirai qui tu es !

mercredi 4 novembre 2009

ADIEU CLAUDE LEVI-STRAUSS !



Claude Lévi-Strauss disparait dans sa 101ème année. Il a été enterré en Côte d'Or, à Lignerolles, village situé dans le nord du département et non dans le Morvan comme l'ont indiqué des journalistes ignares.
Cet après-midi, j'ai acheté le volume de ses oeuvres dans la Pléiade, comme cela, machinalement. Je m'interroge sur les raisons de cet achat.
 Lévi-Strauss, c'est pour moi le dernier penseur de sa génération. La génération du structuralisme avec Jakobson, Lacan, Althusser et aussi Foucault et Bourdieu.
En ce début du mois de novembre le dernier grand penseur français disparaît.
La mort de ces êtres d'exception nous place devant nos responsabilités : que savons-nous d'eux, quels ont été leur apport à la science ? Que retenir de leur enseignement, de leur découverte, de leur exemple ?
J'ai quelques vagues réminiscences de deux des livres de Lévi-Strauss parcourus il y a plus de 35 ans lorsque j'étais encore en fac à Dijon, et puis c'est tout. Depuis plus rien. Sinon des commémorations dans les médias
Aujourd'hui je me sens à la fois surpris par cette disparition et en même temps très concerné.
Cet après-midi encore, j'ai entendu sur France-Inter une émission consacrée précisément au volume de Lévi-Strauss paru dans la Pléiade de son vivant. Coïncidence.
Et j'ai pu prendre à travers les commentaires de son eouvre la mesure de ce personnage qui a établi des ponts entre Durkheim, Levy-Bruhl et la génération des Bourdieu et entre les différentes disciplines des sciences humaines. C'est aussi le créateur de l'anthropologie moderne.
Avant de lire et de relire quelques passages de ses oeuvres, ce que je retiens de Lévi-Strauss c'est d'abord la mise au point d'une méthode qui a permis de découvrir derrière les apparences les modes de fonctionnement cachés de la parenté, des représentations etc. On a pu reprocher au structuralisme d'avoir proclamé la mort du sujet et la primauté de l'inconscient et des lois qui le gouvernent.
C'est ce qui terrifia tant les philosophes spiritualistes héritiers de Bergson et aussi les philosophes de la liberté s'inscrivant dans la lignée de Sartre et de l'existentialisme.
Aujourd'hui il semblerait qu'après une période de traversée du désert, le courant structuraliste retrouvre la place qui devrait être la science dans l'histoire des idées. Ce qu'il faut retenir de Lévi-Strauss, si j'en crois les scientifiques qui sont ses héritiers (sans jeu de mot n'est-ce pas !) c'est qu'il n'a pas réellement apporter de réponses aux questions des sciences humaines, il a changé la manière dont on se posait les questions. Il a procédé à une décentration en quelque sorte. Pour Lévi-Strauss, il n'y a pas d'échelle de valeur entre les cultures, une culture en vaut une autre et la pire des choses serait de lire les autres cultures à) travers le prisme de sa propre culture.
Recenser les cultures créées par les hommes, partout où ils sont dans le monde, les observer et rechercher leurs modes de fonctionnement au-delà des apparences, c'est une innovation majeure dans l'histoire des idées du siècle dernier.
Ceette recherche de toute une vie a conduit Lévi-Strauss à un pessimisme rationnel. Il a été le témoin de la disparition d'une part importante de ces cultures, mais aussi celui de la destruction méthodique de la nature à des fins mercantiles. En définitive, je ne pense pas qu'il ait quitté ce monde satisfait, loin de là. Chez lui les lueurs d'espoir sont faibles. La diversité des hommes et de leurs cultures se réduit comme une peau de chagrin.
Que puis-je dire de plus ? Oserais-je rappeler le souhait qu'il avait eu à la fin de sa vie de refaire son itinéraire dans l'autre sens comme dans la nouvelle de Scottt Fitzgerald qui m'a tant marqué et qui décrit la vie de Benjamin Button. Aujourd'hui je comprends mieux son voeu.

mardi 28 avril 2009

mercredi 8 avril 2009

LA PEUR D'ECRIRE CHEZ LE PHILOSOPHE

Jacques DERRIDA

dimanche 15 février 2009

PAUL RICOEUR, UN GRAND PHILOSOPHE, UN GRAND PROFESSEUR


Paul Ricoeur, un humaniste pour qui j'ai une grande admiration. Il nous parle ici de quelques idées fondamentales suceptibles de guider notre comportement et notre réflexion.

samedi 10 janvier 2009

CONTRASTE, LUMIERE, YIN, YANG, QI ...

En découvrant la Chine, la calligraphie et la peinture chinoise, on ne peut pas ignorer la symbolique fondamentale du Yin et du Yang.
Sans vouloir réinventer l'eau tiède, je découvre une certaine parenté entre les notions de contraste et lumière et celles du Yin, du Yang et du Qi (l'énergie).
Voici ce que je lis dans Wiki :
Dans la philosophie chinoise, le yin traditionnel : (陰, simplifié : 阴 ; pinyin : yīn) et le yang (traditionnel : 陽, simplifié : 阳, pinyin : yáng) sont deux catégories symbiotiques et complémentaires, que l'on peut retrouver dans tous les aspects de la vie et de l'univers. Cette notion de complémentarité est propre à la pensée orientale qui pense plus volontiers le dualisme sous forme de complémentarité.
Tout pourrait être décrit en termes de yin et yang, qui se trouvent :
- en relation d'opposition, tout en sachant que, comme le montre le taijitu, chacun des deux porte en lui le germe de l'autre ;
- en relation d'interdépendance, l'un ne se concevant pas sans l'autre ; l'excès ou la déficience d'un des deux entraîne des conséquences sur l'autre et un déséquilibre de l'ensemble ;
- en relation d'engendrement et de mutation de l'un en l'autre, comme par exemple lorsque le jour fait place à la nuit ;
le yin et le yang peuvent chacun se subdiviser en sous-éléments yin et yang ; ainsi, si l'on ne distingue que deux catégories dans le concept de température, le froid est yin et la chaleur yang, mais il est possible de subdiviser la notion de chaleur en deux selon un quelconque critère (supportabilité par exemple), et de distinguer une chaleur yin et une chaleur yang...


vendredi 2 janvier 2009

NL - LA PORTE DES ENFERS DE LAURENT GAUDE

Editions Actes Sud, p 96

" Il n'y a rien à redouter de nulle part. Le ciel. Le pape. Rien. Vous savez pourquoi? Parce que le ciel est vide et que tout est sens dessus dessous. J'ai espéré, moi, le châtiment pour les assassins et le paradis pour les innocents. Vous pouvez me croire. J'ai espéré. De toute mon âme. Mais les hommes saccagent tout et ils n'on rien à craindre. C'est ainsi que va le monde. Vous savez ce qu'il nous reste ?"
"Il ne nous reste qu'une chose. Notre courage ou notre lâcheté, rien d'autre."

mardi 30 décembre 2008

OU SOMMES NOUS ? OU ALLONS NOUS ?


2001 l'ODYSSEE DE L'ESPACE

A quoi peut ressembler cette expérience ? On pourrait imaginer qu'il y a un lien avec le thème qui précède non ? C'est à notre imagination de prendre le pouvoir !

lundi 15 décembre 2008

INTERVIEW DE GASTON BACHELARD, TROP COURTE HELAS...ET DIALOGUE IMPOSSIBLE !



Qui d'entre nous n'aurait pas aimé avoir un tel professeur ? Si vous pouvez vous procurer l'entretien complet, vous remarquerez que Bachelard prend le journaliste comme une personne avec laquelle il dialogue, en toute simplicité il l'interroge en retour en lui demandant "et vous qu'est ce que vous en pensez ?" ou quelque chose comme cela.
De 1930 à 1940, Bachelard a été professeur de philosophie à la fac de Lettres de Dijon. J'étais inscrit comme étudiant à cette même faculté 30 ans plus tard, mais malheureusement nos profs de l'époque n'avaient ni la même sagesse, ni la même envergure.
Ce que pense de Bachelard un autre esprit fulgurant du XXème siècle :


lundi 8 décembre 2008

POLITICAL SCIENCE "Lâchons leur une grosse bombe sur la tête" (big one)

J'aime beaucoup Randy Newman. Je l'ai découvert par hasard en écoutant la radio. C'est le côté jazzy de ses musiques qui m'a séduit au départ. Ensuite j'ai appris à le connaître mieux et un prof d'anglais aux Etats-Unis, sachant que j'appréciais ce chanteur, m'a donné comme exercice à faire la traduction d'une ou deux de ses chansons. Et la j'ai compris, que Randy pratique à haute dose l'humour et surtout l'ironie. La chanson "Political Science" donne le ton.

Avec Randy Newman, on ne sait jamais sur quel pied danser, en Bourgogne on dirait qu'on ne sait pas si c'est du lard ou du cochon. Et c'est ce que j'aime chez lui: cette ambiguïté dans la dérision !

Paroles de "Political Science" (1972)

No one likes us-i don't know why We may not be perfect, but heaven knows we try But all around, even our old friends put us down Let's drop the big one and see what happens

We give them money-but are they grateful ? No, they're spiteful and they're hateful They don't respect us-so let's surprise them We'll drop the big one and pulverize them

Asia's crowded and europe's too old Africa is far too hot And canada's too cold And south america stole our name Let's drop the big one There'll be no one left to blame us

We'll save australia Don't wanna hurt no kangaroo We'll build an all american amusement park there They got surfin', too

Boom goes london and boom paree More room for you and more room for me And every city the whole world round Will just be another american town Oh, how peaceful it will be We'll set everybody free You'll wear a japanese kimono And there'll be italian shoes for me

They all hate us anyhow So let's drop the big one now Let's drop the big one now

vendredi 5 décembre 2008

REFLEXION

Nos morts nous appartiennent.
Je les convoque à l'envie. Je leur dicte leurs paroles.
Je me souviens des moments de bonheur, je ne me souviens que d'eux.
Je choisis leur apparence.
Comme dans un album de photos, je sélectionne les plus beaux sourires, les meilleures parties de rires... je recompose leur vie tel un démiurge