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jeudi 6 octobre 2011

SOYEZ INSATIABLES, SOYEZ FOUS ! STEVE JOBS


[VOSTFR] Steve Jobs Stanford Commencement... par Cladouros


« C’est un honneur de me trouver parmi vous aujourd’hui et d’assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n’ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n’ai même jamais été témoin d’une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd’hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C’est tout. Rien d’extraordinaire. Juste trois expériences.
« Pourquoi j’ai eu raison de laisser tomber l’université »
La première concerne les incidences imprévues. J’ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j’y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n’ai-je pas poursuivi ?
Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu’ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d’attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n’était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n’avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n’avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d’adoption et ne s’y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j’irais à l’université.
Dix-sept ans plus tard, j’entrais donc à l’université. Mais j’avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n’en voyais toujours pas la justification. Je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n’imaginais pas comment l’université pouvait m’aider à trouver ma voie. J’étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c’est un des meilleurs choix que j’aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j’abandonnais les matières obligatoires qui m’ennuyaient pour suivre les cours qui m’intéressaient.
Tout n’était pas rose. Je n’avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m’offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l’avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n’avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m’inscrire en classe de calligraphie. C’est ainsi que j’appris tout ce qui concernait l’empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d’une typographie. C’était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J’étais fasciné.
Rien de tout cela n’était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l’incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d’une typographie élégante. Si je n’avais pas suivi ces cours à l’université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s’est borné à copier le Mac, il est probable qu’aucun ordinateur personnel n’en disposerait. Si je n’avais pas laissé tomber mes études à l’université, je n’aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n’auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j’étais à l’université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.
On ne peut prévoir l’incidence qu’auront certains événements dans le futur ; c’est après coup seulement qu’apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu’ils joueront un rôle dans votre avenir. L’essentiel est de croire en quelque chose – votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.
« Pourquoi mon départ forcé d’Apple fut salutaire »
Ma deuxième histoire concerne la passion et l’échec. J’ai eu la chance d’aimer très tôt ce que je faisais. J’avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d’Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d’affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d’avoir 30 ans.
C’est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d’une société que vous avez créée ? C’est bien simple, Apple ayant pris de l’importance, nous avons engagé quelqu’un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l’entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d’administration s’est rangé de son côté. C’est ainsi qu’à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d’être de ma vie n’existait plus. J’étais en miettes.
Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J’avais l’impression d’avoir trahi la génération qui m’avait précédé – d’avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C’était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j’ai peu à peu compris une chose – j’aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m’était arrivé chez Apple n’y changeait rien. J’avais été éconduit, mais j’étais toujours amoureux. J’ai alors décidé de repartir de zéro.
Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d’Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l’une des périodes les plus créatives de ma vie.
Pendant les cinq années qui suivirent, j’ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d’une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d’animation en trois dimensions, Toy Story , est aujourd’hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd’hui la clé de la renaissance d’Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.
Tout cela ne serait pas arrivé si je n’avais pas été viré d’Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c’est mon amour pour ce que je faisais qui m’a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l’on aime et qui l’on aime. Le travail occupe une grande partie de l’existence, et la seule manière d’être pleinement satisfait est d’apprécier ce que l’on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C’est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s’améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu’à ce que vous trouviez.
« Pourquoi la mort est la meilleure chose de la vie »
Ma troisième histoire concerne la mort. A l’âge de 17 ans, j’ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s’il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m’est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la gla-ce le matin en me disant : « Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j’aimerais faire ce que je vais faire tout à l’heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j’ai besoin de changement.
Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j’ai découvert de plus efficace pour m’aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout – tout ce que l’on attend de l’extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l’échec – s’efface devant la mort, ne laissant que l’essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d’éviter le piège qui consiste à croire que l’on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n’y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.
Il y a un an environ, on découvrait que j’avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j’étais atteint d’une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu’était le pancréas. Les médecins m’annoncèrent que c’était un cancer probablement incurable, et que j’en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.
J’ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m’a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l’estomac et l’intestin. J’étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m’a raconté qu’en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j’avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m’a opéré et je vais bien.
Ce fut mon seul contact avec la mort, et j’espère qu’il le restera pendant encore quelques dizaines d’années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n’était pour moi qu’un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n’ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n’y a jamais échappé. Et c’est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C’est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l’ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l’ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d’être aussi dramatique, mais c’est la vérité.
Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.
Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog , l’une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d’ici, à Menlo Park, et il l’avait marquée de sa veine poétique. C’était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l’édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C’était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d’idées épatantes.
Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog . Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C’était au milieu des années 1970, et j’avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d’une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l’auto-stop si vous avez l’esprit d’aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C’était leur message d’adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C’est le vœu que j’ai toujours formé pour moi. Et aujourd’hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d’une nouvelle vie, c’est ce que je vous souhaite.
Soyez insatiables. Soyez fous.

STEVE JOBS Stanford University Speech 2005.




mercredi 29 décembre 2010

FRANCIS JEANSON de MARIE-PIERRE ULLOA


Je viens de terminer un livre que j'ai acheté à Alger, tout un symbole ! "Un intellectuel en dissidence Francis Jeanson" écrit par Marie-Pierre ULLOA. Je n'ai pas acheté ce livre par hasard. J'ai en effet eu la chance de rencontrer Jeanson, à Chalon-sur-Saône, en 1968-1969, presqu'à la fin de son itinéraire intellectuel, si je puis dire, il préparait à l'époque la création de la Maison de la Culture créée à l'initiative de Malraux.
J'ai déjà eu l'occasion de parler de Jeanson dans ce blog, à l'occasion de sa disparition en août 2009 à l'âge de 87 ans.
Je voudrais dire aujourd'hui tout le bien du livre de Marie-Pierre ULLOA, qui est bien écrit et surtout parfaitement documenté. Pas à pas, on peut suivre l'itinéraire de cet homme "engagé", depuis l'évasion en Espagne jusqu'à l'action culturelle à Chalon.
Deux moments clés dans sa vie : sa rencontre avec Sartre, dont il fut "l'incarnation agissante" et la création du "réseau Jeanson" pendant la guerre d'Algérie, connu aussi sous l'appellation des "porteurs de valises du FLN".
Il ne servirait à rien de parler du contenu de ce livre, il faut le lire si on s'intéresse à Jeanson, à Sartre, à Camus,  à l'engagement politique, au rôle des intellectuels dans la société et à la philosophie.
Un regret, le magnétisme de Jeanson, son pouvoir de séduction, sa force de conviction, son regard pénétrant,  sa relation avec les femmes ne sont pas réellement abordés dans le livre... tout cela faisait que le personnage traçait son sillon en  profondeur chez tous ceux qui ont fait partie de son cercle.



















Pour mieux lire l'article sur M.P. ULLOA, cliquez avec la souris sur la photo, elle s'affichera en grand.

jeudi 1 octobre 2009

REFLEXION SUR L'ACTUALITE



















Séisme à Sumatra


Typhon Ketsana au Vietnam

Je trouve l'actualité totalement déprimante : séisme à Sumatra, typhon au Vietnam, idem aux Iles Samoa, massacre sauvage de plus d'un millier de manifestants par l'armée en Guinée Conakry, l'armée chinoise (2,7 millions d'hommes) défile à Pékin ... J'entends et je reste passif.


Séisme aux Samoa


Massacre de 157 personnes à Conakry


L'armée chinoise parade

Et je me demande pourquoi on me parle de tout cela. Pour vendre des pages de publicité à la télévision ou à la radio ?
Nous restons désarmés devant des nouvelles aussi terrifiantes. Mais tout cela se passe loin et chacun ici continue à vivre au quotidien.
Bien sûr il y a des événements qui se passent plus près de nous : les 24 suicides de salariés de France Télécom, mais de toute façon le PDG est reconduit dans ses fonctions et il partira dans six mois avec un pactole en poche. Et il racontera ensuite sa brillante carrière à ses petits enfants.
L'assassinat de la jeune femme qui faisait son jogging et qui a appelé la police avec son téléphone portable depuis le coffre de la voiture où elle était séquestrée avant d'être tuée : "un formidable gâchis" dira un journaliste, "les juges font n'importe quoi" dira Heurtefeux, Sarkozy recevra la famille de la victime au Palais de l'Elysée, on fera des photos, bientôt on votera une loi pour remédier à cette situation inadmissible... et voilà. Chacun est dans son monde, chacun poursuit ses objectifs, défend ses intérêts, se sert des autres pour réussir.
Mais les deux événements sans conteste les plus importants de la semaine sont le procès Clearstream d'une part et la grippe, la fameuse grippe due au virus H1N1, d'autre part.
Dans un cas Villepin risque sa carrière, Sarkozy règle ses comptes, dans l'autre on cultive la peur, on ouvre les parapluies et on communique dans le vide sur du vide.
Pendant qu'on parle de cela on ne parle pas d'autre chose !
Tout ceci est affligeant et et ne fait que nous renforcer dans notre isolement, dans une attitude défensive. Nous sommes (presque) tous devenus des individualistes, des hommes et des femmes aux yeux bandés, aux oreilles bouchées, spectateurs du monde et mini-acteurs d'une vie banale.
Les idéologies ont disparu, les combats ne sont menés que par ceux qui sont directement concernés, et pour le reste chacun pour soi, ou pour sa famille... et encore !
A quoi aspire-t-on vraiment ?
C'est la question que je me pose aujourd'hui.
A vivre le plus longtemps possible ? A conserver côute que côute son emploi ? A faire en sorte que ses enfants aient un métier ? A éviter qu'on souffre des maladies ou de la violence... et puis... et puis...
Ce n'est pas là le monde dont on nous a parlé quand nous étions à l'école ou au lycée !
Et pourtant, un regard, un geste amical, un inconnu qu'on aide, un enfant qui joue, un disque, un concert, une pièce de théatre, une cheval qui court dans un pré, une randonnée en forêt... ça fait passer le temps et cela nous donne l'illusion de vivre dans un monde acceptable.
On a envie de donner un grand coup de balai, de jeter son poste de télévision, de ne plus écouter que de la musique et de parler avec des inconnus pour le plaisir de la rencontre.
Je repense à ce vendeur de voiture-marionnette qui me dit bonjour "Monsieur M., je suis là pour répondre à tous vos besoins, à toutes vos questions. Je tiens à m'excuser pour le retard à la livraison de votre voiture... je vais vous offrir un jeu de tapis de sol pour vous être agréable", il en fait trop, vraiment trop, il a un sourire tellement surfait que les coins de sa bouche remontent jusqu'aux lobes de ses oreilles. Il est noyé dans un monde de produits, de commerce et de faux semblants. J'ai envie de lui balancer une paire de claque, non pas pour lui faire mal ou parce que je le hais, mais pour le réveiller. J'ai envie soudain d'écouter Georges Brassens, de lire Marcel Aymé ou pourquoi pas Victor Hugo. je suis à la recherche de sentiments vrais. Je ne veux plus de ce monde où tout se monnaye, même le temps qui passe, même la parole.
Qu'est ce qui peut nous réveiller dans un univers où tout le monde est soit surexcité, stressé, soit déprimé, endormi ou "addicted" ?
Qu'est-ce qui peut nous faire vibrer aujourd'hui ?
Quand on a un peu vécu, on a déjà épuisé pas mal de réponses !
D'ailleurs y a-t-il réellement des réponses à ces questions ? Se poser de telles questions n'est-ce pas un luxe, alors que l'objectif quotidien des trois quarts de l'humanité est de savoir ce qu'on va pouvoir manger pour survivre encore un jour et peut-être un autre ?
En fait, on peut mener sa vie de millions de manières différentes ?
Et alors : qui a raison ? Qui est le plus heureux ?
Ce que je refuse c'est de dire qu'avant tout était mieux avant. Non ! Certainement non ! Les générations qui nous ont précédé, en Europe par exemple, ont souffert, beaucoup plus que nous. La génération de mon père a connu deux guerres, la mienne aucune. La paix ce devrait être la préoccupation première de tous les humains. C'est là un premier constat optimiste.
Le second consiste à faire le pari de l'avenir en regardant le ciel jusqu'à l'infini et en prenant en compte la créativité des hommes. En jaugeant les galaxies et les espaces interplanétaires on ne peut qu'être fasciné par l'avenir possible des humains, encore faut-il que ceux-ci sachent de gouverner et se respecter.
C'est pourquoi le premier combat qui me semble essentiel aujourd'hui est le combat pour les droits de l'Homme. La mise en application de ces droits dans la réalité, pour tous les habitants de la planète devrait être notre obsession.
Certes, il y a les hommes, mais il y a aussi le milieu dans lequel ils vivent, avec les autres espèces vivantes. C'est à l'évidence une autre priorité.
Défense et application des droits de l'Homme d'une part et préservation de notre environnement d'autre part, me semblent être les deux priorités d'aujourd'hui.
Tout cela pour en arriver là ! Oui, oui, oui et oui.
Car de quelque manière qu'on prenne les problèmes, on en arrivera toujours à ces deux nécessités.

vendredi 4 septembre 2009

PASSE, PRESENT, IMAGE ET REMEMORISATION



Je regarde cette photo de Venise avec en premier plan le palais des Doges, le clocher de San Marco et le quai donnant sur la lagune.
Cette photo sert de papier peint sur le bureau de mon PC. A chaque fois que j'ouvre Windows, elle apparaît en plein écran avec de multiples détails. Elle me fascine. Les détails sont en effet d'une précision incroyable, je peux observer tous les éléments de manière approfondie. Et je suis totalement étonné. J'ai l'impression de pénétrer par effraction dans un moment de la vie du monde. Rien ne bouge, tout est là, tout est figé.
Et je me dis que cette photo n'a aucune réalité aujourd'hui, en dehors d'elle-même.
Et pourtant, dans ma mémoire elle active les souvenirs d'un moment vécu, peut-être plusieurs, à des intervalles de temps très différents.
Sur cette photo, il y a des gens, des palais, des gondoles et des vapeurs, le ciel et l'eau agitée par de petites vagues nerveuses. Les couleurs ont des nuances infinies sous l'effet d'une lumière toute vénitienne.
La réalité saisie, n'a jamais été "réelle" que pendant un dixième de seconde.
Ensuite, l'image de cette réalité s'est substituée à elle, elle est devenue un objet autonome, sans aucun lien avec la réalité qu'il fixe. Elle devient objet d'une nouvelle réalité.
Ainsi le présent de chaque jour nouveau fait apparaître l'image numérique d'une réalité passée extrêmement fuyante. Dans mon présent d'aujourd'hui, elle est en quelque sorte une fenêtre ouverte sur un souvenir(s) qui n' a plus rien à voir avec la réalité passée. Le lien se fait par l'intermédiaire de ma perception immédiate et par lle jeu de ma mémoire.
Je suis émerveillé par cette conjugaison de l'espace, du temps et de la lumière et aussi par le génie humain qui sait faire des arrêts sur image de la réalité du monde, transformant ainsi une image numérique en objet totalement autonome, se suffisant à lui-même.
L'image est en quelque sorte une seconde création du réel. Mais cette re-création, si elle exclut celui qui la regarde du champ de la réalité passée (puisqu'elle nous la montre sans lui donner de vie), nous réintègre pleinement dans la réalité d'aujourd'hui en se transformant en objet. C'est tout simplement magique. Le présent a l'illusion d'avaler le passé sans lui redonner vie, mais ce faisant il fait du passé un objet inanimé qui s'intègre dans la réalité que nous vivons en ce moment.
Je ne sais pas si j'ai été clair, mais je suis très sincèrement émerveillé par ce que l'homme est capable de faire en combinant la technologie, ses facultés de perception et ses facultés de mémorisation.

lundi 16 février 2009

MESSAGE PARTICULIER POUR MI

Paul Ricoeur a été professeur de philosophie à la Sorbonne à Paris. Il a écrit de nombreux ouvrages de philosophie. Il fait partie de ces grands professeurs comme Vladimir Jankelevitch, Gaston Bachelard ou encore le doyen Carbonnier... qui ont toujours quelque chose à dire sur les grandes questions que nous nous posons.
Voici donc, Chère Mi, le contenu de son intervention (In french, I am so sorry Mi, but I know your french is totally fluent, isn't it ?)

L'interviewer : "Votre mort vous y pensez souvent ?"

Paul Ricoeur : "De moins en moins, à mesure que j'avance en âge. A mon sens, il faut accepter deux ou trois choses dans la vie :
1/ d'avoir des ennemis, donc de ne pas être aimé de tout le monde, donc de perdre son narcissisme
2/ d'accepter de vieillir. C'est très difficile. Il faut commencer assez tôt et alors seulement on peut accepter d'être mortel"

L'interviewer : "La vie éternelle, qu'est ce que c'est pour vous ?"

Paul Ricoeur : "Ce serait certainement un mythe si nous le pensions uniquement comme après, comme au-delà. C'est d'abord une catégorie du présent.
Je crois que nous faisons des expériences d'éternité toutes les fois que nous vivons une expérience dont nous avons l'impression qu'elle est fondatrice, qu'elle est une sorte de point où tout se noue dans notre existence, où une grande tranche de vie se dessine, où un rapport avec des êtres se noue, s'enchaîne. Il y a des instants d'une qualité tellement intense que ce sont des grains d'éternité dans un temps qui passe.
Je crois que toutes les expériences qui sont des expériences fondatrices à travers un temps qui, lui, se défait, sont des expériences d'éternité. Elles me permettent de me retourner après cela vers ma mort en disant : est-ce que ma mort peut être une sorte de porte sur une éternité mais qui a d'abord sa racine dans le présent et dans la vie. Ce n'est pas la "sur-vie", c'est la vie!"

samedi 10 janvier 2009

UNE PETITE PIQÛRE D'EDGAR, C'EST TOUJOURS BENEFIQUE !


Il y a deux ans déjà, grâce à notre ami François Soulages, professeur de philosophie, nous avons eu l'occasion d'entendre Edgar Morin, pendant deux heures environ à la maison de la Photograpie dans le Marais.

En sortant de l'amphi, nous avions l'impression d'être plus intelligents qu'en entrant.

La première partie de l'intervention ci-dessus aurait pu être intégrée en tête de ce blog. Comment développer et pratiquer la compréhension ?

N'oublions pas que le mot "compréhension" signifie à la fois : faculté de comprendre, mais aussi "tolérance" !

mercredi 17 décembre 2008

ITINERAIRE DE DECOUVERTE

Hasard ou nécessité, aujourd'hui l'idée m'est venue d'explorer le concept de simplicité. J'avais l'intuition que la simplicité en tant que fait ou qualité constatée, n'était pas un point de départ, mais bien un aboutissement.
En fait, depuis quelques temps, j'ai lu un certain nombre de livres qui ne m'ont pas paru faciles à lire, et je me suis fait la réflexion que la plupart des auteurs manquaient de simplicité... et que cette absence de simplicité me rebutait et surtout nuisait à une bonne communication. Constat banal n'est-ce pas ?
Parallèlement j'étais convaincu que la simplicité nécessitait une grande maîtrise de l'art d'écrire. Mon modèle de référence étant à cet égard, sans conteste, le Descartes des "Méditations".
Mais qu'est ce que la simplicité ? Est-ce que je maîtrise bien le sens de ce terme. Pas sûr ! Encore une fois, doctus cum libro :
- Dans un premier dictionnaire, je trouve deux sens :
sens 1 : caractère de celui ou de ce qui est simple (cela ne m'avance pas vraiment !)
sens 2 : attitude spontanée et naturelle (c'est déjà mieux).
- Dans Wikipedia, je trouve la définition suivante :
"La simplicité est la propriété, la condition ou la qualité d'être simple et non-combiné.
Elle dénote souvent la beauté, pureté ou clarté. "
Cela me séduit plus que les deux définitions précédentes.
Toutefois ce qui m'embarasse c'est l'incohérence des synonymes du mot simplicité, on trouve aussi bien "naïveté", "bêtise", "crétinisme" que "beauté", "clarté", "confiance", "pureté".
Le contraste est évident entre ces deux catégories de synonymes. Qu'est ce que cela peut bien signifier? Que la simplicité ne peut réellement s'expliquer, qu'elle est un terme irréductible ou bien un aboutissement ?
Je décide toutefois de poursuivre ma recherche et je tombe par hasard sur le concept de "simplicité volontaire". Bizarre ! Il y aurait donc une simplicité première, brute ou subie et une simplicité fruit de la volonté. Approfondissons cette seconde acception.
Malheureusement je m'aperçois très vite que le concept de "simplicité volontaire" a déjà été exploité sous toutes les coutures, j'avoue qu'avant aujourd'hui je l'ignorais.
Faut-il alors arrêter la recherche sous prétexte que d'autres ont déjà tout dit, tout lu, tout fait ? C'est une tentation première. Mais si je me place dans cette hypothèse, il est certain que je finirai ma vie dans un fauteuil à rêver et à ne rien entreprendre. Donc j'écarte le "Courage fuyons !" et je décide de poursuivre.
Et voici ce que je trouve au sujet de la "simplicité volontaire" :
La simplicité volontaire est un mouvement (tiens donc !) qui existe depuis des millénaires, même si le terme est très récent.
Il y a 2500 ans, Socrate vivait une existence très simple et il croyait que celui qui possédait peu était plus près des dieux et de l'univers.
Les Philosphes Cyniques, ainsi qu'Épicure prônaient déjà la simplicité dans l'Antiquité.
Les communautés monastiques furent les premières organisations de vie à choisir volontairement la frugalité et à pratiquer l'autosuffisance.
Saint-François-d'Assise, "l'unique parfait chrétien depuis Jésus" selon Ernest Renan, est aussi considéré comme un modèle de simplicité volontaire.
La vie de Gandhi est un exemple de simplicité.
Et en 1936, l'on trouve pour la première fois l'expression "simplicité volontaire" (simple living) dans un article de Richard Gregg, un disciple de Gandhi, qui reprend les idées principales de celui-ci. Cet article passa inaperçu lors de sa première parution et n'eut d'impact que lors de sa réédition en 1974.
L'expression « simplicité volontaire » est connue depuis le livre du même nom publié en 1981 par Duane Elgin. Ce courant se développe depuis les années 1980 dans plusieurs pays industrialisés.
On peut ajouter comme une des voix actuelles de cette pensée, Pierre Rabhi, agroécologiste et écrivain. "
Je ne connais pas ce Pierre Rahbi, mais je connais un peu Socrate, François d'Assise et Ghandi et ce ne sont pas les pires des hommes n'est-ce pas ? Donc je suis peut-être sur la bonne voie avec mon histoire de simplicité. Je continue ma recherche dans Ekopedia et voici ce que je lis :
"L'idée est de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née de la constatation que la consommation n'apporte pas le bonheur. Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels. Le principe de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En vivant en dessous de ses moyens, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi.
La simplicité volontaire n'est pas la pauvreté , ni le sacrifice. C'est un choix de vie délibéré. Mais elle peut représenter une aide pour des personnes ayant des difficultés financières.
La simplicité volontaire, dans le sens où elle limite la consommation de biens matériels, contribue à ralentir la destruction des ressources naturelles. De la même façon, le refus du gaspillage permet d'économiser l'eau, l'électricité et toutes les formes d'énergie.
La simplicité volontaire peut être critiquée sur le fait qu'il ne s'agit que d'actions individuelles (voire individualistes) qui ne sont pas en mesure de changer la société. Mais la simplicité volontaire n'a pas l'ambition de changer le monde, simplement de favoriser la réflexion pour changer sa façon de vivre. De plus, elle permet d'agir immédiatement sans devoir attendre que les gouvernements cessent de tergiverser. Les actions individuelles peuvent sembler comme une goutte d'eau dans l'océan, mais comme le disait si bien Mère Térèsa, si nous n'agissons pas, cette goutte d'eau ne se rendra pas jusqu'à l'océan. En réalité, c'est la somme de toutes les actions individuelles qui permettra de créer un monde meilleur et la simplicité volontaire représente un chemin privilégié pour arriver à cette fin. (Sous réserve que les actions individuelles aillent dans le sens souhaité !)
L'un de ces spécialistes, Mark A. Burch, explique que la simplicité volontaire peut s'appliquer également à des domaines moins matériels comme les activités, les relations, les souvenirs. L'idée est de vivre mieux avec moins. Or, il n'y a pas que les objets qui nous encombrent! On peut même penser que c'est en ayant l'esprit désencombré que l'on est alors capable d'appliquer la simplicité volontaire sur les objets qui nous entourent, car nous savons alors ce qui a vraiment de l'importance pour nous. (C'est pas mal ça !)
À l'heure actuelle, la simplicité volontaire constitue un mouvement social assez marginal, mais la "vie simple" présente plusieurs avantages que l'on gagnerait à découvrir. Aussi, elle pourrait être associée à des bienfaits importants pour la santé et la recherche scientifique gagnerait certainement à s'y intéresser dans une perspective de santé publique." (A ce stade le concept devient un peu fourre tout !)
Finalement, mon point de départ m'amène à une vision du monde à la fois très actuelle et en définitive pas trop con. Mais la difficulté n'est pas d'être convaincu, il faut maintenant essayer de désapprendre la société de consommation. Celà ce n'est pas simple d'être simple !
La photo qui suit illustre le concept de simplicité dans Ekopedia et j'avoue que cela ne me déplait pas. Il y a là plus qu'un symbole !

ZUT J'AI ENCORE ETE TROP LONG, J'AURAIS DU FAIRE PLUS SIMPLE !