Quelques remarques :
Excellent roman. Lu en trois heures d'affilée. C'est le rythme qui convient et qui permet de ressentir avec intensité les émotions véhiculées par le livre. Il ne faut pas se poser de questions. Le livre est plein de fausses pistes littéraires, mais qui peuvent être des vraies pistes politiques, philosophiques, psychanalytiques, que sais-je encore ? Après tout le réel n’est-il pas source d’une multitude de sens et d’interprétations qui se superposent ou s’entrelacent. Mais précisément le rôle de la littérature de la vraie… c’est de nous faire sentir, de nous révéler, par les sens, et non par la raison, cette diversité extrême de la vie et des êtres humains ! A cet égard, Syngué sabour est une vraie œuvre littéraire. Pour le reste, à chacun sa vérité, comme dit l’Autre. N’est-ce pas d’ailleurs le sens profond de cette pierre noire issue des cultes préislamiques et qui est aujourd’hui un des éléments de la Ka’aba ? Dans le roman la femme substitue la pierre noire, la pierre de patience, à son mari moribond. L’un et l’autre, le minéral et le vivant, ont ici la même fonction que le néant. Ce qui importe chez cette femme c’est la parole, c’est sa parole, c’est par elle qu’elle existe, même si personne ne l’entend. Elle exprime sa vérité. Mais sa vérité, tout le monde s’en fout, même nous, même la mouche qui git sur le kilim.
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