Me promenant dans Paris, je passe devant la Madeleine et je tombe par hasard sur la Pinacothèque. "L'âge d'or hollandais", l'affiche est séduisante, même après la petite déception de notre récente visite à Jacquemart-André. Je n'hésite pas je prends un billet.
D'emblée, la présentation qui est faite de l'exposition éclaircit l'esprit du visiteur. L'âge d'or hollandais c'est d'abord l'explosion de nouveaux thèmes en peinture. C'est la naissance de la peinture de genre. On quitte les références religieuses pour se consacrer à la vie quotidienne, aux paysages, aux marines, aux natures mortes et aux portraits. C'est un grand coup de balai dans le monde académique.
Tolérance religieuse, richesse des idées, commerce, accession de nouvelles classes au pouvoir, tous ces bouleversements expliquent cette liberté dans la création picturale, par ailleurs fortement influencée par la peinture italienne.
Les commanditaires ne sont plus les institutions, l'Eglise ou les princes, mais bien des corporations et des mécènes, armateurs, riches commerçants, grands bourgeois...
Les commanditaires ne sont plus les institutions, l'Eglise ou les princes, mais bien des corporations et des mécènes, armateurs, riches commerçants, grands bourgeois...
Quelques très beaux tableaux illustrent cette ballade dans cette nouvelle peinture du Nord (la République des Provinces Unies).
Au premier rang bien sûr les Rembrandt, même s'il est évident que ce peintre génial échappe à toute classification : j'ai particulièrement remarqué le "Portrait de Titus" (son fils) et surtout "Le reniement de Pierre" en raison de la maîtrise de la lumière dont fait preuve le peintre.
Viennent ensuite des portraits de Franz Hals : "le portrait d'homme" de 1635 notamment.
Les paysages de Jan Van Goyen et de Meindert Hobbema, en particulier : "Le moulin à eau" (1666)
Le "Benedicite" de Cornelis Bega et "La vieille femme en prière" (1650-1660) de Nicholaes Maes sont deux superbes tableaux qui témoignent plus du poids de la religion sur les gens ordinaires que de leur religiosité. Du moins c'est comme cela que je l'ai ressenti.
Le "Benedicite" de Cornelis Bega et "La vieille femme en prière" (1650-1660) de Nicholaes Maes sont deux superbes tableaux qui témoignent plus du poids de la religion sur les gens ordinaires que de leur religiosité. Du moins c'est comme cela que je l'ai ressenti.
Enfin l'exposition présente un Vermeer, magnifique : "La lettre d'amour" (1669-1670) et un tableau de Pieter de Hooch "Scène d'intérieur avec mère épouillant son enfant", admirable notamment pour sa composition et pour les jeux de lumière.

La lettre d'amour de Vermeer
Vous trouverez quelques commentaires éclairés sur certains des tableaux de l'exposition dans la vidéo ci-dessous. Mais bien sûr le mieux est de se précipiter pour aller voir cette exposition avant sa fermeture.
J'étais septique sur la qualité de cette expo. Je crois que j'avais lu une critique moyenne. Mais dans tous les cas, un seul Vermeer, un seul Rembrandt, un seul Hals, suffisent !
RépondreSupprimerAllergique aux files d'attente, j'ai bien peur que nous resterons sur nos souvenirs plus anciens d'un voyage à Amsterdam et d'une expo Vermeer à ... (Rotterdam ?). Je me suis régalé en regardant la vidéo. Merci