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lundi 15 décembre 2008

DIAMANDA GALAS, UN PERSONNAGE DE CONVICTION QU'IL FAUT ABSOLUMENT DECOUVRIR

Diamanda Galas est une chanteuse greco-américaine que je ne connais pas très bien, mais Olivia a eu le privilège de travailler pour elle l'an dernier lors de concerts qu'elle a donnés à Athènes. C'est donc ma fille qui m'a fait découvrir Diamanda Galas. C'est une artiste fascinante, tant par son engagement et par le rejet d'un certaine Amérique que par son art et son expression scénique. Cette dernière est parfois violente et empreinte d'une mythologie d'inspiration satanique. A l'évidence l'accès à son art n'est pas facile, mais ceux qui se laissent envoûter sont conquis à jamais. Elle est adulée par une partie du public grec, étant elle-même grecque.
Mais plutôt que de donner moi-même des infos sur elle, je préfère reprendre l'article de Wikipedia. Ensuite, au fil des jours je présenterai une ou deux videos de ses concerts.

Diamanda Galás est une artiste d'avant-garde américaine, musicienne, poète et chanteuse. Elle est née le 29 août 1955 à San Diego (Californie). Son père, musicien, était un Grec pontique(*) d'Anatolie, contraint à s'exiler de Turquie vers les États-Unis. Elle a étudié la biochimie à l'université de la Californie du Sud (Los Angeles), tout en suivant un cursus de chant lyrique et de musique (piano) jazz. Elle a poursuivi ensuite ses études en Europe. Son frère l'écrivain Philip Galás est décédé du sida, ce qui n'a pas été sans influencer fortement son œuvre.
Galás chante, avec une voix d'une amplitude de trois octaves et demi, joue du piano, compose et écrit. Son travail a porté sur le sida dans les années 1980 et 1990, elle travaille depuis sur la question des génocides, mettant en musique et interprétant des textes de Paul Celan, Pier Paolo Pasolini, Gérard de Nerval, Henri Michaux, etc. Le deuil, la souffrance, le désespoir, l'humiliation, l'injustice sont des thèmes récurrents de ses compositions, qu'elle chante, ou hurle d'une manière qui évoque parfois la glossolalie(**). Son apparence, ses performances scéniques, volontiers provocatrices, alliés à ses engagements qui font d'elle une véritable activiste lui ont valu le surnom de « diva des dépossédés », lui donnant parfois un statut d'icône gothique. En 1991, avec l'enregistrement de l'album Plague Mass dans une église new-yorkaise, elle s'est livrée à une attaque virulente contre l'attitude de l'Église catholique à l'égard de l'épidémie de sida. En 1994, elle a enregistré un disque en collaboration avec John Paul Jones, bassiste de Led Zeppelin, qui est son album le plus proche de la musique rock à ce jour. Galás est une artiste de scène, qui se produit beaucoup aux États-Unis et en Europe, avec des spectacles qui tiennent davantage de la performance que du concert proprement dit. Elle a collaboré avec de nombreux artistes d'avant-garde comme Philip Glass, Terry Riley, John Zorn, Iannis Xenakis et Vinko Globokar, ainsi qu'à la bande originale du film "Dracula" de Francis Ford Coppola, et du film "Tueurs nés" d'Oliver Stone.
Rendez vous sur le site de Diamanda : www.diamandagalas.com/
Extrait d'une interview :
Aztag : " Vous avez dit " Ma voix m' été donnée comme instrument d'inspiration pour mes amis et comme instrument de torture et de destruction pour mes ennemis ". Qui sont vos ennemis ?
Diamanda Galas : Mes ennemis sont les gens qui choisissent de rester ignorants car ils sont poltrons et ils aiment courir en bandes.

(*) Le Pont est situé au nord-est de la République Turque. Il s'agit d'une bande de terre d'une largeur moyenne d'environ 80 kilomètres en moyenne, coincée entre la mer Noire au nord, et, au sud, les Alpes pontiques qui courent tout le long du littoral. Les Grecs de la région du Pont ont été victimes d'un génocide (350 000 morts) pendant et après la Première Mondiale. Les Turcs sont à l'origine de ce génocide, qui est reconnu par la Grèce, mais pas par la Turquie, et pas par l'ONU.
(**) Glossolalie : Production d’un langage inventé ou déformé chez certains malades mentaux ou encore : émission, dans un état extatique, de sons qui ne sont intelligibles que pour ceux qui possèdent un don de l’interprétation (source Médiadico)

1 commentaire:

  1. Je voudrais profiter de ton blog Papa pour raconter ma belle rencontre avec Diamanda Galas.

    En 2006 j’intègre l’agence artistique Quaternaire. Un jour, Sarah, ma chef de l’époque, me propose d’aller voir en concert une chanteuse américaine dont on lui a beaucoup parlé. Elle se produit le soir même au théâtre du Gymnase. Nous décidons d’aller voir… peut être pour une future collaboration ?
    Je n’ai jamais entendu parler de cette femme, je ne sais donc pas du tout ce qui nous attend.
    J’ai juste le temps de découvrir, médusée, l’immense file d’attente composée à 99% de gothiques tout de noir vêtu ! Bon ou mauvais présage ??!!
    La lumière s’adoucie, une femme, chevelure gonflée et habillée de noir (what else?) entre et s’installe au piano. Elle commence à chanter avec une force incroyable. C’est assez particulier, je ne suis pas tout de suite emballée ; mais on ne peut pas en tout cas rester indifférent face à cette voix. Certaines chansons sont sublimes.
    Après 5 ou 6 rappels et malgré une foule en délire, les lumières se rallument. Nous sortons de là ravies mais intriguées…

    1 an plus tard Diamanda a signé avec Sarah. Nous organisons désormais ses tournées.
    En mai 2008 me voilà dans l’avion pour Athènes. Je vais assister Diamanda qui donne un concert au Palace Theatre.
    Quelle excitation! Partir dans cette ville que j’aime tant, que j’ai parcourue petite avec mes parents, partir sous cette chaleur écrasante pour travailler et pas avec n’importe qui. Diamanda est d’origine grecque, c’est une icône là bas pour une certaine partie de la population. Nous sommes donc reçues comme des reines ! Nous logeons au très chic King Georges Palace et c’est une Mercedes noire qui nous attend à l’aéroport.

    En attendant Diamanda, j’appréhende un peu. Après tout je ne la connais presque pas. Va t-elle être une « diva » capricieuse ??
    Notre accompagnatrice locale est surexcitée.
    Enfin j’aperçois Diamanda dans la foule, avec ses longs cheveux noirs, son t-shirt trop large et ses énormes valises !
    Elle me prend dans ses bras (à l’américaine) et baragouine je ne sais quoi en français (Diamanda parle 7 langues) en me regardant droit dans les yeux – cela peut paraître anodin, mais d’après mon expérience les gens « connus » regardent rarement vraiment les gens dans les yeux en les saluant. Je suis donc toute de suite rassurée… cela se sent, elle est pleine d’humilité.
    J’observe tous ses gestes durant le trajet jusqu’à l’hôtel. Elle est très chaleureuse, elle sourit et parle en grec avec l’accompagnatrice béate d’admiration! elle semble ravie d’être de retour ici. Quand le chauffeur lui demande timidement un autographe, elle sort son beau stylo, lui donne son nouveau cd et lui tape amicalement sur l’épaule ; il devient alors rouge tomate.
    A l’hôtel, Diamanda est émerveillée. Elle saute sur son lit comme une enfant, hurle des « OH MY GOSH» à chaque fois qu’elle fait une nouvelle découverte. Imaginez le cri qu’elle a poussé en voyant la salle de main en marbre (les voisins s’en souviennent encore!!)
    Ce soir là je m’endors en réalisant la chance que j’ai d’être ici et tellement excitée de retrouver Diamanda pour le petit déjeuner.

    Cela serait bien trop long de raconter mes 5 jours avec Diamanda.
    Je voudrais juste dire que cette femme est d’une générosité incroyable, elle est très humble et très humaine. C’est aussi une femme torturée, pleine de faille et qui fréquente un milieu new-yorkais assez particulier d’après les anecdotes qu’elle me raconte. Durant le séjour, ça ne lui passe pas une seconde par la tête de sortir de sa chambre pour aller déjeuner en terrasse ou se balader dans la ville. J’ai du l’y traîner de force… et elle a beaucoup apprécié au final !

    C’est quelqu’un de très excessif dans ce qu’elle aime et ce qu’elle n’aime pas, avec un caractère bien trempé. C’est une véritable artiste, dans le sens où elle vit totalement en dehors d’une certaine réalité, elle est par exemple incapable de se repérer entre les 100m qui séparent l’hôtel du théâtre, même après 5 jours de séjour !!

    Le dernier soir, c’est enfin le grand soir. J’ai hâte, maintenant que je l’a connais mieux, de la voir sur scène, surtout depuis les coulisses. Je suis conquise.
    Elle donne au public ce qu’elle donne dans la vie aux gens qu’elle aime.
    Sa musique et sa voix la sublime et montre toute sa grandeur d’âme.

    A découvrir donc c’est sûr !

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