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jeudi 22 janvier 2009

PICASSO ET LES MAITRES...CONTRASTES ET LUMIERE ?

J’ai eu la chance de visiter cette exposition avec une conférencière mandatée par les Amis de l’Ecole du Louvre et sous cet angle, j’ai l’impression de ne pas être passé à côté de l’essentiel. Les commentaires tant sur les aspects des techniques picturales que sur l’histoire même de la peinture étaient remarquables.

Pour être tout à fait sincère, je ne suis pas ressorti enthousiasmé de cette exposition.
Pourquoi ?
Trois idées au départ, qui forment un postulat :
1/ Picasso est peinture, pense peinture, vit peinture tout au long de sa vie. Rien d’étonnant à cela !
2/ La peinture ? Ce sont les oeuvres des grands maîtres qui trônent dans les plus grands musées du monde.
3/ Comment Picasso a appréhendé ces œuvres des grands maîtres pendant sa formation, mais aussi tout au long de sa vie de peintre, passant d’un style à un autre ?


Le but de l’exposition consiste à montrer comment Picasso a repris à son compte certaines techniques, certaines innovations, certains traits de génie de ses maîtres en les explorant, en les appliquant au contexte de son époque, en les déstructurant, en les reconstruisant, en les poussant à leurs limites extrêmes etc.
De ce fait le visiteur découvre un Picasso tantôt joueur, fantasque, humoriste, critique, tantôt admiratif, respectueux, éprouvant des difficultés à s’approprier une idée.

Et alors ?
Quant au fond, je ne suis pas sûr que les toiles de Picasso sortent toutes grandies de leur confrontation avec celles des grands maîtres qu’il s’agisse de Greco, Vélasquez, Goya, Zurbarán, Ribera, Melendez, Poussin, Le Nain, Dubois, Chardin, David, Ingres, Delacroix, Manet, Courbet, Lautrec, Degas, Puvis de Chavannes, Cézanne, Renoir, Gauguin, Douanier Rousseau, Titien, Cranach, Rembrandt ou Van Gogh.
Bien sûr, il n’est pas question de comparer au sens propre du terme, il s’agit plutôt d’établir un lien pour mieux comprendre l’une et l’autre des deux œuvres. Sous cet aspect, l’exposition présente un certain intérêt, car elle fait de Picasso une sorte de critique d’art dans l’action. Elle nous fait revisiter des chefs d’œuvre qu’on avait peut être tendance à ne plus voir avec un œil acéré.
Grâce à l’étude et aux emprunts de thèmes ou de techniques qu’il fait d’une ou plusieurs œuvres de ses prédécesseurs, il arrive à mieux faire comprendre ce que chacune a apporté à la peinture.
Encore faudrait-il savoir ce qui appartient à César et ce qui a été induit par les commissaires de l’exposition pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’histoire de l’art. Certains experts sont très critiques sur ce point.

Si on me demandait mon avis sur les œuvres qui m’ont le plus impressionné dans cette exposition, je citerai essentiellement les œuvres des maîtres : Le Greco, Zurbaran, Goya, Cézanne, Manet.


L'agneau de Zurbaran : extraordinaire

...Et encore, elles ne sont pas toutes là. Deux des plus célèbres auxquelles Picasso fait référence sont absentes : « l’enterrement du comte d’Orgaz » du Greco, qui ne bouge pas de Tolède et « les Ménines » de Velasquez, qui ne bouge pas du Prado.

Parmi les œuvres de Picasso, je trouve certaines exceptionnelles, en particulier : Yo, autoportrait ; l’autoportrait à la palette ; la buveuse d’absinthe de 1901 ; le meneur de cheval nu ; le portrait d’Ambroise Vollard de 1910 ; un portrait d’Olga assise dans un fauteuil (les couleurs sont superbes...




En revanche je n’aime pas : les Demoiselles des bords de Seine, le Grand nu au fauteuil rouge et bien d’autres encore.




Pour conclure :
- une exposition qui apparaît comme une construction intellectuelle un peu trop systématique et manquant parfois de rigueur dans les rapprochements;
- une réussite sur le plan de la fréquentation, mais comment pouvait-il en être autrement avec tant de chefs d’œuvre réunis ?

J’aurais préféré, une sélection beaucoup plus étroite, mais avec des liens plus évidents et présentée dans un contexte chronologique.
Un problème majeur : la foule trop nombreuse qui ne permet de voir aucune des œuvres dans de bonnes conditions.
Décidément, je préfère aller dans les musées, ne serait-ce que pour le confort de la contemplation !

2 commentaires:

  1. Intéressant tes réactions à cette exposition. J'ai eu la chance de la voir 3 fois. La 3ème fois, je me suis régalé car 1) le musée était privatisé 2) j'avais opéré ma sélection. En fait, je me demande s'il faut, dans ces expositions vouloir tout voir, et s'il ne faudrait pas plutôt limiter notre regard à une petite dizaine de toiles. Nous éfilons en 1H ou 1H30 devant plusieurs décennies de doute, de désespoir, et de génie. Comment pouvons-nous raisonnablement apprendre à lire et à comprendre ? En fait, je me demande si je ne suis pas (un peu) élitiste : je voudrai chacun de ces tableaux chez moi, un par un, offert à ma contemplation et à celle de mes amis pendant une durée indéterminée...

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  2. Effectivement, avec notre conférencière, nous avons passé en revue les oeuvres majeures, la visite a duré à peu près deux heures et j'ai même trouvé cel un peu long, car malgré tout c'était un rythme imposé et je n'aime pas beaucoup cela. Tu as eu la chance de voir cette expo 3 fois, c'est vraiment une chance car on peut faire ses choix plus aisément. Je ne suis pas sûr d'ailleurs que j'aurais eu le même avis sur l'exposition, l'ayant vue trois fois.
    Le pire dans tout cela c'est le bouillon de culture que constituent ces enfilades de salles hérmétiques avec un clim qui véhicule tous les miasmes, microbes, virus et autres rejets humains dans un tourbillon invisible. J'ai du être cerné par la tornade infernale sans m'en rendre compte.
    Ce qui a fait d'ailleurs que je n'ai pas eu le courage de réaliser ce que j'avais prévu de faire initialement et que j'avais pu accomplir pour Courbet, c'est-à-dire remonter l'exposition à l'envers puis la redescendre à l'endroit.
    Là, j'étais sous overdose.

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