Theodore Zeldin, né en 1933 à Londres, président de l'Oxford Muse Foundation, est un philosophe, historien et sociologue britannique. C'est un homme délicieux et plein d'humour. Il fut d'abord connu comme historien de la France mais est aujourd'hui plus connu internationalement comme l'auteur de An Intimate History of Humanity (1994), un ouvrage qui sonde les préoccupations personnelles de personnes dans de nombreuses civilisations, présentes et passées. Il y éclaire la façon dont émotions, curiosités, relationnels et peurs ont évolué à travers les siècles, et comment ils peuvent avoir évolué différemment. Depuis, Theodore Zeldin a mis l'accent sur la façon dont le travail peut être moins ennuyeux et frustrant, comment les conversations peuvent être moins superficielles, et comment les gens peuvent être plus honnêtes les uns avec les autres, en tombant leurs masques.
D'après Wikipedia
«Les humains ont déjà changé plusieurs fois le monde en changeant leur façon de converser», affirme Theodore Zeldin dans un petit livre délicieux: De la conversation (Fayard). «Dans le passé, ajoute-t-il, cela nous a valu la Renaissance, les Lumières, la modernité et la postmodernité. Est venue l'heure de la ''nouvelle conversation".»Convaincu que n'importe qui peut contribuer au changement social «en améliorant ses rapports avec autrui dans la vie quotidienne», Zeldin - l'honnête homme le plus subtil d'outre-Manche - plaide pour une conversation aventureuse et éclairante, loin des jargons corporatifs et de la jungle des ego bavards: «J'aimerais que certains d'entre nous lancent des conversations qui dissipent les ténèbres et les mettent à profit pour promouvoir l'égalité, pour nous donner du courage, pour nous ouvrir aux étrangers et pour refaçonner notre monde du travail.» Zeldin raconte avec tendresse et humour comment les sociétés modernes se sont débarrassées de la rhétorique au profit du parler scientifique, «nourriture diététique», et du parler simple, triomphe de la «restauration rapide», et comment les femmes ont réduit la grossièreté des conversations viriles en y introduisant l'expression des émotions. Hélas! déplore à ce propos notre causeur, «comme la cuisine végétarienne, cette nouvelle conversation n'a convaincu qu'une minorité».
D'après l'Express.
Je suis OK avec cette conviction "que n'importe qui peut contribuer au changement social en améliorant ses rapports avec autrui dans la vie quotidenne". Aujourd'hui, je suis convaincu que l'avenir - si on en veut vraiment un - est dans le "small is beautiful" (cf le micro-crédit). Il n'est de constater la faillite des "systèmes industriels" comme ceux de l'automobile qui ont été incapables d'anticiper l'évolution de cet "outil de la modernité" qu'est la voiture. il n'y a pas longtemps encore (1 an ?) j'observais un ingénieur de Renault arcbouté sur la certitude que la voiture hybride n'était qu'un dispositif marketing, et n'avait aucune réalité économique ! IBM s'est cassé la gueule sur le coeur de son métier (la fabrication d'oridnateur) car ils n'ont pas cru à l'interface révolutionnaire du Mac et que, dans une position dominante, ils n'ont pas daigné regarder un petit avec un nom curieux "Apple". Nos élites adoptent souvent cette posture ; c'est dommage, il y a mieux à faire que de protéger ses prébandes dans des certitudes. Jean-Marie DUTHILLEUL, polytechnicien et architecte, patron du bureau d'études AREP auquel on doit le renouveau de l'architecture des grandes gares, disait dans un récent colloque de l'Ecole de Chaillot : "Les interventions des architectes et des ingénieurs doivent être intégrées - et non juxtaposées - dans une même démarche de conception, dans une même vision. Ce qui pose un problème de culture du doute. On commence enfin à avoir des ingénieurs qui doutent, donc qui écoutent les questions que leur pose l'époque". Plusieurs questions m'intéressent de + en + : le rapport entre les cultures, celle de l'ingénieur et celle de l'artiste (en particulier l'architecte), la question du temps tout simplement, et cette question de l'action par "rayonnement intime" (la relation entre individus par le dialogue).
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