Aujourd'hui, je suis allé visiter l'exposition "Chirico" au musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.
Nous avions une conférencière méticuleuse et que l'on entendait mal dans le brouhaha ambiant. Dès le troisième salle j'ai pris mes quartiers libres. Je n'avais pas l'intention de passer trois heures dans ce lieu.
Que dire de cette exposition ?
Elle englobe des oeuvres se référant à toutes les périodes de la carrière de Chirico, contrairement aux expositions précédentes qui se limitaient aux oeuvres créées jusqu'en 1925 à peu près.
1925, c'est la date à laquelle Breton a renié de Chirico : « Chirico, en continuant de peindre, n'a fait depuis dix ans que mésuser d'un pouvoir surnaturel... Cette escroquerie au miracle n'a que trop duré. »
Avant 1925, il y a Munich. Notre homme est un féru de Nietzsche et de Schopenhauer. Les deux philosophes, comme de Chirico lui-même sont fascinés par l'Italie, Florence, Venise, Ferrare...
Les références à l'Antiquité sont multiples dans l'oeuvre de Chirico. C'est la période de la Metafisica dans les années 1910, celle qui est la plus connue.
Un toile illustre cette période : l'autoportrait. Le visage représenté de profil est sans regard. Le peintre est tout à sa méditation intérieure. Pour être un artiste visionnaire, il faut être aveugle.
"L'autoportrait ne relève pas chez De Chirico du simple exercice de style, c'est au contraire une véritable philosophie de l'existence qui se dessine dans ces tableaux. De Chirico, grand lecteur de Nietzsche, va reprendre à son compte le concept du sur-homme.
L'exceptionnel se saisit par l'exception, le génie. C'est à lui qu'incombe le rôle de percevoir et de retransmettre la part énigmatique du monde. Il en résulte chez De Chirico une véritable exaltation du moi, presque un culte... on remarquera à ce propos que ses oeuvres littéraires majeures ont une coloration très fortement autobiographique. De Chirico va jouer de ce statut s'identifiant tour à tour à un dieu, à un philosophe ou à un personnage mythologique. Il joue de sa propre réalité allant parfois même jusqu'à la mythomanie." (source : site Internet cité plus bas)

Nous avions une conférencière méticuleuse et que l'on entendait mal dans le brouhaha ambiant. Dès le troisième salle j'ai pris mes quartiers libres. Je n'avais pas l'intention de passer trois heures dans ce lieu.
Que dire de cette exposition ?
Elle englobe des oeuvres se référant à toutes les périodes de la carrière de Chirico, contrairement aux expositions précédentes qui se limitaient aux oeuvres créées jusqu'en 1925 à peu près.
1925, c'est la date à laquelle Breton a renié de Chirico : « Chirico, en continuant de peindre, n'a fait depuis dix ans que mésuser d'un pouvoir surnaturel... Cette escroquerie au miracle n'a que trop duré. »
Avant 1925, il y a Munich. Notre homme est un féru de Nietzsche et de Schopenhauer. Les deux philosophes, comme de Chirico lui-même sont fascinés par l'Italie, Florence, Venise, Ferrare...
Les références à l'Antiquité sont multiples dans l'oeuvre de Chirico. C'est la période de la Metafisica dans les années 1910, celle qui est la plus connue.
Un toile illustre cette période : l'autoportrait. Le visage représenté de profil est sans regard. Le peintre est tout à sa méditation intérieure. Pour être un artiste visionnaire, il faut être aveugle.
"L'autoportrait ne relève pas chez De Chirico du simple exercice de style, c'est au contraire une véritable philosophie de l'existence qui se dessine dans ces tableaux. De Chirico, grand lecteur de Nietzsche, va reprendre à son compte le concept du sur-homme.
L'exceptionnel se saisit par l'exception, le génie. C'est à lui qu'incombe le rôle de percevoir et de retransmettre la part énigmatique du monde. Il en résulte chez De Chirico une véritable exaltation du moi, presque un culte... on remarquera à ce propos que ses oeuvres littéraires majeures ont une coloration très fortement autobiographique. De Chirico va jouer de ce statut s'identifiant tour à tour à un dieu, à un philosophe ou à un personnage mythologique. Il joue de sa propre réalité allant parfois même jusqu'à la mythomanie." (source : site Internet cité plus bas)

Vient ensuite la période parisienne avec la rencontre d'Apollinaire qui l'introduit dans la société artistique de la capitale. Tout bouillonne à Montparnasse. On est à l'époque où Zadkine et Brancusi débarquent également à Paris (voir article précédent sur Zadkine).
De cette période, je retiendrai :
- le portrait prémonitoire d'Appollinaire, de 1914

De cette période, je retiendrai :
- le portrait prémonitoire d'Appollinaire, de 1914

Viennent ensuite d'autres thèmes qui ne sont pas présentés systématiquement selon un ordre chronologique.
- le Pictor Optimus et le retour au classicisme (1919 -1930)
- le musée imaginaire (1920 - 1960)
- la période néo-baroque (1940 - 1966)
- le "replay" (1938 - 1973)
Ces différentes périodes se chevauchent, mais les thèmes et les obsessions du peintre sont présentées méthodiquement.
Ainsi le spectateur peut s'imprégner successivement :
- de la série des gladiateurs
- de celle des autoportraits (1922 - 1955)
- des copies de toiles de grands maîtres...
Quant à la partie intitulée "Replay" qui présente des tableaux reprenant à l'identique les oeuvres du passé, s'agit-il d'une manifestation du mythe de l'éternel retour chez Nietzsche ?
De Chirico, présurseur du surréalisme, est-il le précurseur du pop-art ? Warhol apparemment s'en est inspiré, dixit les pseudo-experts !
Pour conclure je retiens de cette exposition les points suivants :
- De Chirico était laid : ses autoportraits sont obsessionnels et cette mèche à la Barrès...
- L'artiste s'est trouvé à Paris au bon moment et a rencontré les bonnes personnes, en particulier ce cher Apollinaire
- Autres obsessions : le temps (les horloges), l'espace aux formes simples (des lignes et des courbes, des ombres, une peinture peu chargée et néanmoins faite de tons de fin d'après-midi, des silhouettes sans visage, des répétitions, la référence permanente à l'Antiquité, une vision du monde nietzschéenne avec l'artiste somme visionnaire et comme medium
- Une rupture : Breton le gardien du temple et une vie artistique qui ne s'est jamais affranchie de cette rupture...
- le Pictor Optimus et le retour au classicisme (1919 -1930)
- le musée imaginaire (1920 - 1960)
- la période néo-baroque (1940 - 1966)
- le "replay" (1938 - 1973)
Ces différentes périodes se chevauchent, mais les thèmes et les obsessions du peintre sont présentées méthodiquement.
Ainsi le spectateur peut s'imprégner successivement :
- de la série des gladiateurs
- de celle des autoportraits (1922 - 1955)
- des copies de toiles de grands maîtres...
Quant à la partie intitulée "Replay" qui présente des tableaux reprenant à l'identique les oeuvres du passé, s'agit-il d'une manifestation du mythe de l'éternel retour chez Nietzsche ?
De Chirico, présurseur du surréalisme, est-il le précurseur du pop-art ? Warhol apparemment s'en est inspiré, dixit les pseudo-experts !
Pour conclure je retiens de cette exposition les points suivants :
- De Chirico était laid : ses autoportraits sont obsessionnels et cette mèche à la Barrès...
- L'artiste s'est trouvé à Paris au bon moment et a rencontré les bonnes personnes, en particulier ce cher Apollinaire
- Autres obsessions : le temps (les horloges), l'espace aux formes simples (des lignes et des courbes, des ombres, une peinture peu chargée et néanmoins faite de tons de fin d'après-midi, des silhouettes sans visage, des répétitions, la référence permanente à l'Antiquité, une vision du monde nietzschéenne avec l'artiste somme visionnaire et comme medium
- Une rupture : Breton le gardien du temple et une vie artistique qui ne s'est jamais affranchie de cette rupture...
Merci en tout cas à De Chirico d'avoir donné libre cours à l'imaginaire. Ici la raison n'a pas cours. Nous sommes dans un pays du rêve. Les juxtapositions de statues antiques, de paysages désertiques et construits, parsemés de silhouettes aux ombres allongées nous ouvrent des portes sur une réalité bien présente, mais dont on n'avait jamais beaucoup parlé. Le poète, le peintre vivent dans cette réalité et essaient de la transcrire, peu y arrivent.
De Chirico est il allé au bout de ses rêves ou n'a-t-il fait que des cauchemars ?
Pour ceux qui veulent approfondir, je recommande la consultation de ce site :
http://users.skynet.be/pierre.bachy/chirico.html
De Chirico est il allé au bout de ses rêves ou n'a-t-il fait que des cauchemars ?
Pour ceux qui veulent approfondir, je recommande la consultation de ce site :
http://users.skynet.be/pierre.bachy/chirico.html



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