
C'est l'histoire - eh oui, dans ce film il y a une histoire, même une histoire d'amour, une vraie - de la rencontre entre le poète romantique britannique John Keates (Ben Whishaw) et une jeune femme Fanny Brawne, sa voisine (Abbie Cornish).
Au début du film on observe l'amour naissant entre les deux personnages et l'histoire finit avec la mort du poète à l'âge de 25 ans à Rome.
Première impression : c'est un film écrit et dirigé par une femme, cela transparait à chaque image et cela m'enchante. On est à des années lumière des films hollywoodiens avec effets spéciaux, hélicoptères et coups de feu toutes les trente secondes. Franchement, on respire.
Les décors intérieurs et les paysages sont superbes, le caractère de la jeune femme est admirablement rendu; tantôt enjouée, tantôt vexée, triste à en mourir ou amoureuse capable de tout. C'est elle le personnage central du film. Keats est abordé sous un angle féminin, c'est son aspect féminin qui ressort dans les phases où l'amour se libère. En revanche lorsqu'il part à la reconquête de sa liberté, on ne le voit pas, ni à Londres ni en Italie par exemple. On ressent son absence à travers les sentiments exprimés par Fanny.
Les deux acteurs sont remarquables avec une mention spéciale pour Abbie Cornish. Elle interprète à merveille le caractère à la fois bien trempé de Fanny, mais aussi les moments où elle tombe dans le désarroi. Elle montre à la fois une fraîcheur paysanne et une maturité de femme, de femme qui découvre l'amour. Evidemment elle s'exprime de manière disons "moderne". Elle est directe, elle se fiche des conventions et du qu'en dira-t-on. C'est d'ailleurs ce qui la rend très présente pendant tout le film. Elle nous parle. Elle pourrait être notre soeur ou notre fille.
Précisons enfin que ce film présente une dimension littéraire forte. Jane Campion s'est fondée sur les poèmes de Keats dont le fameux "Bright Star" et sur sa correspondance avec Fanny pour construire son film. L'écriture elle-même semble plus littéraire que cinématrophique. Certains critiques semblent ne pas avoir apprécié. J'ai un avis tatalement contraire. En sortant de la salle, je n'avais qu'une envie, acheter un livre de poèmes de Keats. Malheureusement je n'en ai pas trouvé. Internet résoudra le problème.
En définitive, j'ai bien aimé ce film. C'est surtout la sensibilité féminine de Jane Campion qui m'a séduit.

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