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mercredi 11 août 2010

COMMENT PENSER, COMMENT SE FAIRE UNE OPINION EN EVITANT LA MANIPULATION ?

C'est la question que je me pose aujourd'hui.
Le point de départ est la photo de la jeune afghane Aisha que l'on trouve partout en page de couverture des magazines.


Selon ces mêmes magazines, cette jeune femme s'appelle Aisha, elle a 18 ans et a eu le nez et les oreilles tranchés par les talibans pour avoir osé quitter son mari et sa belle-famille qui la battaient.

Une référence la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
Pour moi, quelles que soient les circonstances et quels que soient les auteurs de cette mutilation, il s'agit d'une violation des Droits de l'Homme (et de la Femme) article 5 de la Déclaration  Universelle : "Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. "
Donc pour moi la chose est claire, si ce fait est avéré (et qu'il ne s'agit pas par exemple d'un photomontage, on ne sait jamais !), il est passible de la justice internationale et les auteurs de cet acte de barbarie doivent être condamnés.
Maintenant, si je replace la photo dans son contexte géopolitique, je m'aperçois, à l'évidence qu'il y a une volonté de manipulation, la couverture de Time est explicite.



Le contexte est bien différent de celui que l'on pouvait imaginer de prime abord.
Ne s'agit-il pas tout simplement de manipuler l'opinion publique américaine pour assurer le maintien des troupes en Afghanistan et continuer à accroître les dépenses d'armement. Le lobby militaro-industriel n'est certainement pas étranger à l'affaire.

Alors que penser ? Que faire ?
Pour moi, la solution la plus simple est d'avoir sa grille de lecture personnelle des événements et de s'en tenir à elle. La Déclaration Universelle des Droits de l'Hopmme est certainement la meilleure référence qu'on peut utiliser.
Ensuite, il faut faire l'effort de rechercher les enjeux derrière chaque fait exploité par les médias, c'est-à-dire de poser la question: qu'est-ce que les uns ont à gagner ou à perdre, qu'est que les autres ont à gagner ou à perdre ?
Cela ne donne pas de solution sûre et certaine, mais cela permet de relativiser et de remettre les choses à leur place. C'est ce que l'on appelait je crois naguère le discernement.

Relativiser et aller chercher l'information la plus objective possible
Un autre principe est de ne pas s'en tenir à un fait et à un seul fait, même s'il fait la une des magazines et des news télévisées. La lecture régulière des rapports des grandes organisations internationales de défense des droits de l'homme permet certainement d'avoir une vision plus objective en la matière et surtout d'établir une hiérarchisation de l'information.
Une autre difficulté aujourd'hui est que la communication devient elle-même l'événement, même si elle est fabriquée de toute pièce. Le seul moyen de ne pas être dupe est encore une fois de bien poser la question des enjeux.
Le pire dans cette affaire est que l'on manipule l'opinion publique comme on veut et que nos gouvernements sont devenus experts en la matière.

Encourager les contre-pouvoirs
Un autre élément de lucidité individuelle peut consister à encourager les contre-pouvoirs et même à participer à leurs actions, quel que soit le domaine. Et les contre-pouvoirs les plus efficaces se situent certainement sur le même terrain que celui qui a été investi par nos prétendus gouvernants.

Prévoir des garde-fous (au sens littéral du terme)
Dans un séminaire que j'avais suivi il y a une vingtaine d'années à Sciences Po sur "les mutations de la France contemporaine", je me souviens d'avoir posé la question de la démocratie directe et des dangers que pouvaient représenter les sondages et les nouvelles technologies de l'information pour la démocratie. L'intervenant m'avait renvoyé dans mes baskets avec un profond mépris en vantant les mérites de la démocratie représentative. J'avais écouté les propos de l'expert en politique, même si j'avais été vexé par le ton qu'il avit utilisé et par l'argument d'autorité qu'il savait manipuler à merveille, mais il ne m'avait absolument pas convaincu.
Le constat que l'on peut faire aujourd'hui est que les pratiques politiques sont régies par des textes qui ignorent en grande partie les évolutions du monde moderne. Donc elles échappent à tout contrôle, en tous cas sous certains aspects. On peut dire tout est le contraire de tout pendant cinq ans, en toute impunité.
Les stratèges de Sciences Po nous disent que de toute façon , il y aura la sanction des urnes. D'accord, mais il faut attendre 5 ans, ce qui constitue une éternité!
Il faudrait peut être revoir nos institutions à la lumière de ces nouvelles pratiques qui tendent à dépouiller la démocratie de sa substance. Gouverner avec les sondages, gouverner avec les médias, faire des annonces permanentes en réaction directe à des faits d'actualité sont devenus des pratiques constitutives du mode de gouvernance privilégié de certains Etats occidentaux. L'avantage est qu'il n'y a aucun contrôle de prévu par les textes et qu'on peut faire a peu près n'importe quoi, dès l'instant où on a les pdg des grands medias dans la poche et la majorité au Parlement.

Combattre la basse politique qui conduit à la haine des autres
En politique, la manipulation de l'opinion est permanente. Les medias y trouvent d'ailleurs leur compte dans la mesure ou les effets d'annonce succèdent aux effets d'annonce, tout cela fait vendre et rapporte des fonds publicitaires.
Il suffit de prendre en compte le combat engagé aujourd'hui pour vilipender tout ce qui ne respire pas bon la France. L'équipe de France de foot : une équipe de voyous ! Le champion d'Europe du 100m, un petit gars bien de chez nous, les nageurs français...idem. Les Roms, tous des malfrats qu'il faut éjecter, les jeunes des cités tous des voyous qu'il faut renvoyer chez eux. L'enjeu aujourd'hui tout le monde le sait, ce sont les voix du FN. Tout est régi par cet objectif, c'est vraiment de la très basse politique.
Les Droits de l'Homme on s'en fout, il n'y a que la fin qui compte, c'est-à-dire le pouvoir ! Et l'opinion publique dans tout cela, elle gobe tout. Et les sondages, ils sont trafiqués et vont dans le sens de la politique suivie... Et 2012... on verra comment s'applique la sanction des urnes !!! Je crains le pire !

Aisha aura eu également le mérite de nous recentrer sur nos problèmes au quotidien.

2 commentaires:

  1. Je partage complètement ton analyse (même si la dernière phrase me laisse un peu perplexe...): au delà des manipulations qui risquent de devenir de plus en plus efficaces au fur et à mesure de la concentration des médias, ce qui me laisse le plus mal à l'aise à notre époque c'est l'émotion que suscitent en nous les milliers d'informations reçues à l'échelle de la planète et face auxquelles nous ne pouvont précisément ré-agir que par l'émotion, donc de façon exclusivement egocentrée et totalement inefficace ... ceci créé un sentiment d'impuissance et une vague culpabilité, par ailleurs totalement inutile et improductive, mais qui peu à peu jette un voile de tristesse permanent sur ce monde. Une piste, bien faible je l'admets mais à notre portée et relevant de notre libre arbitre, est d'être encore plus attentif à notre sphère de proximité : essayer d'être réactif aux évènements que l'on vit "en vrai" et être présent pour les gens auxquels on peut véritablement être utile : c'est peu mais si on ne lâchait rien, si on refusait au quotidien tout laisser aller d'indifférence,toute injustice même minime, si on n'était pas blasé, ne contribuerait-t-on pas, au moins un peu, à rétablir et "maîtriser" la vérité des choses? Pour le reste, essayer, comme tu dis, de s'informer, de relativiser, contextualiser mais le temps à consacrer à bien comprendre et, éventuellement à agir, exige, là encore, de hiérarchiser : que choisir entre Aïcha et la réforme de l'instruction ou de la garde à vue en France, entre le drame de Haïti et le désarroi des jeunes banlieusards sans travail, entre la guerre d'Afghanistan et les Roms?

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  2. Voir également le commentaire de Claude sur son blog.Date du 12 août 2010
    http://pergame-shelter.blogspot.com/

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