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vendredi 16 septembre 2011

CHATEAU D'ECOUEN : UN MUSEE RATE !


Je ne connaissais pas le château d'Ecouen, un bijou de la Renaissance. Donc, j'ai souhaité combler mon ignorance en allant le visiter hier.
Le château se situe à l'extrême limite de la banlieue nord parisienne, juste après Villiers-le-Bel.
Mais ayant suivi un itinéraire probablement plus rapide, nous sommes arrivés par le nord. De loin, la vue sur le château qui domine la bourgade d'Ecouen est impressionnante et, dans mon for intérieur, je me réjouissais de visiter un site aussi prometteur.
Même impression lorsque nous sommes arrivés derrière le château, entouré de forêts composées d'arbres majestueux et séculaires.

- Première surprise : très peu de visiteurs, une vingtaine au maximum au moment de notre visite, alors que je m'attendais à une foule importante. Il est vrai que nous étions en semaine et que la rentrée des classes, extrêmement récente, justifiait l'absence de groupes scolaires.
Nous passons la porte côté jardin. Belle vue sur le château !

- Seconde surprise, le château est exclusivement consacré au Musée de la Renaissance. Qu'importe, nous aimons beaucoup cette époque, sur le plan artistique. Nous sommes donc en attente d'un musée passionnant.

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le portail d'entrée
- Le château
La construction du château commença en 1538. Son premier propriétaire fut le connétable Anne de Montmorency (Anne était le prénom de sa marraine Anne de Bretagne), l'homme le plus puissant de France, après le roi.
Le plan d'origine du château est très simple. Il se compose d'un quadrilatère agrémenté de quatre pavillons d'angle. On ne connaît pas le nom du premier architecte. On sait en revanche qu'en 1547, le connétable fait appel à Jean Bullant pour achever l'aile Nord et construire le portique de l'aile Sud qui allait bientôt abriter les deux somptueuses sculptures de Michel Ange, aujourd'hui au Musée du Louvre, l'Esclave mourant et l'Esclave rebelle, que le roi Henri II lui a offert.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, l'aile sud

 
(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011, reproduction de l'esclave mourant

Pour embellir et décorer les lieux, Montmorency fait appel à des artistes réputés tels que Jean Goujon (auteurs de magnifiques bas relief au Louvre), le fameux Bernard Palissy (émailleur, peintre et potier) et Masseot Abaquesne (cémariste et faïencier). Fidèle aux principes de la Renaissance, en amateur éclairé, Montmorency commande des vitraux, des sculptures, des pavements, des lambris et des peintures, des objets d'orfèvrerie, des magnifiques tapisseries, ainsi que des poteries, émaux et fontes de toute sorte.
Le château sera achevé en 1750. A la Révolution le château appartenant aux Condé est confisqué et le mobilier est détruit ou dispersé.
L'édifice est entouré de fossés, il est doté d'une terrasse côté nord et de jardin donnant sur la forêt.


 (c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - le fossé côté est

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade nord avec la terrasse au premier plan

Le château, outre les appartements de ses propriétaires, comprenait également les appartements royaux d'Henri II et de Catherine de Médicis son épouse. Tous les appartements sont sur les ailes nord et sud, tandis qu'une grande galerie faisant face à l'entrée du château permettait de présenter aux visiteurs les multiples pièces des somptueuses collections du connétable.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la façade ouest de la grande galerie vue du jardin

Au cours des siècles le château changea plusieurs fois de mains, après les Montmorency, il échoua aux Condé, puis il entra dans la patrimoine de l'Etat, devint Maison des filles de la Légion d'Honneur avant qu'André Malraux ne décide d'en faire un Musée national de la Renaissance. Celui-ci ouvrit ses portes en 1977.

- Le musée de la Renaissance
Nous pénétrons par la salle d'accueil qui fait aussi boutique et librairie, puis nous commençons la visite par la Chapelle du château.
Très belle salle, bien éclairée, avec une voûte sur laquelle apparaissent les armoieries du connétable Anne de Montmorency, serviteur successivement des rois François 1er, auprès duquel il tomba en disgrâce, et d'Henri II.


(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011 - la voûte de la chapelle

Nous passons ensuite par la salle des armes présentant de belles pièces de machines à tuer de l'époque, oy y apprend notamment les différences entre une épée, un sabre, un stylet, une dague levantine à oreillons, une dague saxonne à trident et une rapière...
Nous traversons ensuite les salles consacrées aux sculptures de la première et de la seconde Renaissance.
Viennent ensuite les appartements du Connétable avec des éléments de mobilier d'époque et ceux de Madeleine de Savoie son épouse. Les décors peints au dessus des cheminées sont en piteux état. J'ai remarqué une jolie peinture de St Jean Baptiste (vers 1515) par le peintre florentin Pontorno (prêt du Musée des BA de Dijon). Dans la chambre de Madeleine, à noter "L'adoration des mages", de Jan de Beer, peintre maniériet flamand.
A ce stade de la visite, nous sommes déçus d'une part par le caractère très hétéroclite des pièces présentées dont la plupart n'ont aucun lien avec le château. La muséographie est très primaire et toutes les salles sont dans la pénombre, ce qui donne une atmosphère lugubre et triste. On est à mille lieux de la jubilation de la Renaissance qu'on peut rencontrer à Florence ou à Fontainebleau. C'est l'un des principaux reproches que je fais à ce musée.

La grande galerie est un lieu magnifique qui a totalement perdu son décor d'origine, son pavement d'une part et ses vitraux qui présentaient la vie de Psyché.
Donc grosse déception. On aura une idée du pavement en visitant les appartements royaux ensuite. Quant aux vitraux, ils se trouvent à Chantilly.
Dans cette grande galerie totalement sombre sont aujourd'hui exposées les tapisseries illustrant l'histoire de David et Bethsabée. La beauté de la grande galerie n'est pas mise en relief, et les tapisseries pourraient être mieux mises en valeur.

Nous visitons ensuite les appartements du roi côté sud et aile nord dans lesquels sont exposés la suite des tapisseries de David et Bethsabée et le fameux pavement du céramiste Masséot Abaquesne qui était, à l'origine, dans la galerie.

Viennent ensuite la salle des cuirs et la salle des vitraux. J'ai particulièrement aimé un vitrail représentant François 1er, je le trouve extraorinairement expressif et moderne.


Nicolas Beaurain, François 1er, vitrail provenant de la Sainte-Chapelle de Vincennes, 1551.

Pour terminer la visite de cet étage, nous pénétrons dans la salle des broderies de l'Arsenal. Une magnifique tenture brodée représente Henri IV sous les formes d'Apollon. La facture est de toute beauté. C'est une pièce extraordinaire.

La Daphné de Jamnitzer
Une dernière oeuvre, de Wenzel Jamnitzer, a suscité notre mérveillement et notre curiosité.
"Dans les Métamorphoses, Ovide fit le récit de l’histoire de la nymphe Daphné qui, pour fuir les ardeurs d’Apollon, fut par la volonté de son père métamorphosée en laurier. La statuette d’argent et de corail la présente pétrifiée, saisie à l’instant même de sa métamorphose végétale. Cette vision dramatique et saisissante, qui mêle avec audace la référence à la statuaire antique et l’exotisme du monde marin des antipodes, fut imaginée dans l’atelier de Wenzel Jamnitzer, le plus grand orfèvre de Nuremberg (1507/08-1585)."
Extrait du site du Musée de la Rennaissance

Statuette de Daphné, Wenzel Jamnitzer, Nuremberg, Vers 1550
Argent fondu, cisellé et partiellement doré, corail, roches



Bon, nous avons vu incontestablement de jolies pièces, mais souvent mal mises en valeur. Nous avons une impression de fourre-tout. On s'est focalisé sur la quantité des oeuvres à présenter en se souciant très peu de la cohérence avec le site et encore moins des préoccupations du visiteur.
Cette impression va se trouver conforter avec la visite du deuxième étage.


- Bilan de cette visite
Je ne mets nullement en cause la qualité et la beauté des oeuvres exposées, mais c'est la manière dont elles sont présentées qui est critiquable.
La salle des Arts du feu me paraît être le prototype de ce qu'il ne faut pas faire en matière de muséographie. Des dizaines et des dizaines de pièces sont alignées les unes à côté des autres jusqu'à la saturation du regard du visiteur. Trop c'est trop.
L'époque des musées destinés à quelques amateurs éclairés ou à des experts très pointus est révolue. Un musée ne doit pas être le déballage de réserves jusqu'à la surabondance, car le visiteur perd toute visibilité et repart déçu. Ce qui a été en partie notre cas.
Bref un musée bénéficiant d'un potentiel extraordinaire mais mal exploité (faute de crédits certainement). Un lieu auquel il manque une âme !
Dernière remarque, le château est situé juste en dessous d'une ligne empruntée par des avions atterrissant à Roissy Charles de Gaulle. Les nuisances sonores quasi-permanentes ne constituent pas un atout pour le Musée et troublent en tout cas la quiétude du parc. Quant aux habitants d'Ecouen, n'en parlons pas !

(c) G. Morin, Ecouen, septembre 2011.

2 commentaires:

  1. Malgré ton commentaire globalement peu élogieux, sa lecture m'a donné l'idée d'aller y pointer mon nez un de ces jours d'un coup de Triumph ! Mais tu nous parles pas des "Demoiselles de la légion d'Honneur" ?

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  2. A vrai dire je les ai cherchées pendant toute la visite, mais elles devaient être en promenade. C'est certainement ça qui a fait que j'ai été déçu par le Musée !!!
    Gérard

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