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dimanche 26 février 2012

LE GROS, LA VACHE ET LE MAINATE AU THEATRE DU ROND POINT

Voilà le prototype de ce qu'on pourrait désigner comme une pièce ultra parisienne pour public branché.
Dans ces temps difficiles, je suis plutôt à la recherche de spectacles qui me font rire. Alors, lorsque j'ai entendu le chroniqueur de France 2 recommander cette pièce qui arrive en fin de période, j'ai illico prix deux billets sur Internet.

Les deux compères-acteurs Pierre Guillois, un très jeune auteur et directeur de théatre et Bernard Menez (mise en scène) se sont complètement lâchés dans cette pièce, parfois même peut être un peu trop pour faire dans la qualité totale.

De quoi s'agit-il ?
La première image dévoile un bonheur absolu et improbable. Olivier, ventre gonflé, attend un enfant de Paul. Ils chantent, repeignent les murs ouatés de la maison idéale. Mais des morceaux de plafond leur tombent sur le coin de la gueule. Début du carnage. Deux tantes, travelos en guerre, visitent le couple. Elles s’écharpent, s’insultent, crachent et grognent. Gorgones suprêmes et ratées superbes. L’enfant naît en tuant le père porteur. Un deuil à faire entre la cuisine et le ménage. Le postier, tantôt livreur, électricien ou escort boy, promène ses fesses délectables que tout le monde vise. Tout dégénère et casse et l’espoir avec. Tout finit en ruine et le public en larmes (extrait du synopsis)
Effectivement nous avons ri, et sur ce point il n'y a rien à dire. Le sous-titre de la pièce était d'ailleurs très clair à cet égard : opéra barge.
Certaines scènes particulièrement iconoclastes m'ont amené à m'interroger sur la relation entre auteur, acteurs et publics.
En réalité le contenu de cette pièce est aujourd'hui complètement intégré par notre société, du moins par la société parisienne qui se rend au théatre. Un livreur de pizza en tièrement qui se fait palper les fesses par les deux vieilles tantes, bien enteu jouées par des hommes, deux jeunes hommes faisant l'amour sur scène, une vieille femme urinant sur un bébé dans un berceau... tout cela dans un bain d'humour, tout passe... Le public en redemande.

J'ai imaginé une telle pièce présentée dans un théâtre d'une petite ville de province, il y a quarante ans .
Que se serait-il passé ?
- La pièce aurait déjà pu être interdite : un homme attend un enfant d'un autre homme. Je ne suis pas sûr que les notables, le clergé local, les militaires, les associations familiales et autres, les syndicats.
- Au cours de la pièce on aurait peut-être eu des manifestations, des gens auraient pu quitter la salle
- Des critiques particulèrement virulentes auraient pu être faites dans la presse locale le lendemain de la représentation... que sais-je encore ?

Enfin, c'est ce que j'imagine aujourd'hui... Peut-être à tort car ne l'oublions pas "les bonnes" de Jean Genêt ont été mises en scène par Jouvet en 1947, les "Paravents" en 1966.
Voici le récit de l'une des représentations des Paravents :
Fumigènes, cris, jets de chaises et d’objets blessants, hier soir au Théâtre de l’Odéon, le spectacle était… dans la salle !
Quinze jours après la première de la pièce de théâtre Les Paravents de Jean Genet mis en scène par Roger Blin, dans la presse et les esprits, la grogne ne fait que monter avec en chef de file Jean-Jacques Gautier, rédacteur de la page théâtre au Figaro. Mais hier soir, ça n’était plus des mots : la douzième représentation a été violemment interrompue par des « paras » qui commencent par crier : « Un scandale ! », « Une insulte faite aux morts et à l’armée ! », « Une pièce immorale ! Une honte pour la France qui se laisse insultée ». Et des mots, naturellement, ils en sont venus aux mains. Les forces de l’ordre ont du intervenir pour que la pièce puisse reprendre (http://www.live2times.com/1966-les-paravents-de-jean-genet-par-roger-blin-e--10339/)
Il y eu ensuite "Théorème" de Pasolini sorti en salle en 1968. Un jeune homme d'une étrange beauté s'introduit dans une famille bourgeoise. Le père, la mère, le fils et la fille succombent à son charme. Son départ impromptu ébranle tous les membres de la famille. Le film fit scandale au festival de Cannes. Ulcérés, les conservateurs bien pensants accusent l'œuvre de « pornographie » (ce qui aujourd'hui paraîtrait sans doute aberrant). Il est vrai qu'à y regarder de plus près, le film s'attaque férocement aux valeurs traditionnelles de la bourgeoisie, la religion la première.


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