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lundi 21 décembre 2015

LA SEPTIEME FONCTION DU LANGAGE, de Laurent BINET


LA SEPTIEME FONCTION DU LANGAGE, de Laurent BINET, publié chez GRASSET

 

 
 
Voila un roman totalement neuf, qui a du souffle, de l’audace, du piment, de l’intelligence surtout, qui nous conduit en compagnie des plus brillants intellectuels des années 1980 dans une intrigue à la Indiana Jones.

 

Ma première réaction à la lecture des premières pages du roman a été de m’interroger sur la frontière entre la réalité et la fiction.

Les premières pages sont tellement ancrées dans le réel que toutes les situations semblent vraies. Ainsi l’accident de Roland Barthes renversé par une camionnette de blanchisserie à deux pas du Collège de France, après un déjeuner avec François Mitterand rue de Bièvres est relaté avec une telle méticulosité que tout ce qui est écrit parait fidèle à la réalité. Seuls quelques détails nécessaires à la construction de l’intrigue romanesque ont été ajoutés.

Alors très vite je me suis pris au jeu : « qui a tué Roland Barthes ? » Binet a gagné son pari.

 

Ensuite, j’ai éprouvé une réelle fascination pour les intellectuels et autres philosophes  qui dans les années 1980 tenaient le haut du pavé au Collège de France, à Normale Sup, à Vincennes ou à la Sorbonne, Binet en fait des personnages de son roman ; ainsi voit-on évoluer, parfois dans des situations rocambolesques, voire ridicules pour certains, les Barthes, Foucault, Althusser, Lacan, Derrida, Deleuze, Guattari, Umberto Eco et les Jean Edern, BHL, Julia Kristeva, Sollers également… Binet nous offre le grand bonheur de partager avec eux quelques instants de vie, à Paris, à Bologne, à Venise ou encore dans une université américaine. Il invente des dialogues entre Foucault et Derrida par exemple ou plus exactement il recontextualise des paroles prononcées et des phrases réellement écrites par ses personnages dans la vie réelle ce qui contribue à plonger le lecteur dans la fiction tout en gardant l’impression qu’il se situe dans la réalité.

Le terme de « jubilatoire » à été utilisé par plusieurs critiques pour qualifier ce roman, je le fais mien car il exprime exactement ce que j’ai ressenti en dévorant une à une les pages de ce récit très brillant.

L’une des conséquences inattendue de la lecture du roman de Binet a été de me redonner l’envie de lire ou de relire Foucault, Deleuze et peut-être même Derrida ou Althusser et de redécouvrir ainsi l’excitation intellectuelle que j’avais pu ressentir à l’époque à la lecture de « L’archéologie du savoir » ou des « Mots et des choses ».

Enfin, Binet est un admirateur d’Umberto Eco, il en fait d’ailleurs l’un des personnages de son roman, et nul doute que celui qui a apprécié « Au nom de la rose » se délectera de la « Septième Fonction du Langage ».

Une vraie prouesse romanesque qui construit un monde à deux versants celui du réel et celui de la fiction et qui perd le lecteur de le labyrinthe de l’imagination créatrice, pour son plus grand plaisir.

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