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dimanche 13 septembre 2009

"JAN KARSKI" DE YANNICK HAENEL


Prix de la Fnac et des Libraires !
Pourquoi pas ?
Ce qui est important dans ce livre, c'est son thème et la façon dont l'auteur en parle.
Le thème : le message des Juifs de Pologne au monde entier : "On nous extermine". Le messager c'est Jan Karski, un Polonais catholique. La réponse des destinataires du message (les Alliés) : "aucune".
La structure du livre est articulée en trois parties :
- 1ère partie : le temoignage de Jan Kasrski pour le films Shoah de Lanzmann et les conditions dans lesquelles il se déroule.
- 2ème partie : un résumé du livre de Jan Karski "Story of a Secret State", New York 1944.
- 3ème partie : ce que pense Jan Karski. Cette partie relève du domaine de la fiction alors que les deux premières s'appuient sur des documents.

Cette composition est loin d'être heureuse, car elle crée un déséquilibre à la fois dans la narration et dans la forme.
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YANNICK HAENEL, photo (c) Alain Trellu
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Mon avis :
C'est un livre qui apporte une vision, peut-être une vision nouvelle et recentrée, de la période la plus tragique de l'Histoire moderne.
Les nazis ont décidé en toute connaissance de cause d'éliminer l'ensemble des juifs d'Europe. Le moyen : les camps d'extermination.
Le lieu : un pays, la Pologne. Envahie à l'est par les Russes et à l'Ouest par les Allemands.
Au centre : Varsovie, aux mains des Allemands, et dans Varsovie, un quartier juif : le ghetto. C'est là que Karski, résistant polonais, découvre les massacres et le sort réservé aux Juifs polonais. Deux responsables des organisations juives de Varsovie lui demandent alors de témoigner devant le monde entier de ce qu'il a vu à Varsovie et dans un camp d'extermination.
Karski devient LE témoin. Il devrait être le déclencheur de la risposte des Alliés devant l'inconcevable. Il parle, il explique, il crie. Mais rien ne se passe !
Il développe alors un extraordinaire sentiment de culpabilité qui le hantera jusqu'à son dernier jour.
Ca, c'est l'histoire de Karski. Mais le message du livre est qu'on ne nous a pas tout dit. Toute une partie de la vérité a été masquée.
- Tout d'abord la Pologne n'est pas un pays de racistes, contrairement à une idée répandue (ce serait trop commode !).
- Ensuite, les Alliés sont eux aussi responsables de ce qui s'est passé. Ils se sont comportés comme des autistes. Devant l'extermination des Juifs d'Europe, ils sont restés passifs. Ils n'ont modifié ni leur leur stratégie militaire, ni leur plans.
Qu'on en juge par ces quelques phrases :
Extrait (P 166 et 167) :
" Au procès de Nuremberg, dis-je, personne n'a soulevé la question de la passivité des Alliés : le procès de Nuremberg, savamment orchestré par les Américains, n'a jamais été qu'un masquage pour ne pas évoquer la question de la complicité des Alliés dans l'extermination des Juifs d'Europe... La culpabilité des Allemands a servi à fabriquer l'innocence des Alliés, dis-je à mes étudiants qui m'écoutaient bras croisés. Il ne faut pas croire qu'en 1945 on a libéré les camps, dis-je, il ne faut pas croire qu'en 1945 on a gagné la guerre : en 1945 on a enterré les dossiers, en 1945 on a effacé les traces, en 1945 on a lancé la bombe atomique. La même année, à quelques mois d'intervalle, il y a eu d'une part le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki, et d'autre part le procès de Nuremberg, sans que personne ne voie la moindre contradiction entre les deux...
L'extermination des Juifs d'Europe n'est pas un crime contre l'humanité, c'est un crime commis par l'humanité - par ce qui, dès lors, ne peut plus s'appeler l'humanité..."
 Telle est la vision du livre, elle me fait penser au recadrage historique qui a eu lieu récemment sur les déserteurs de la guerre de 14 et à celui, plus ancien, qui a montré que tous les Français n'étaient pas des résistants et que les résistants ont eu parfois des comportements intolérables à la libération.
L'intérêt de la troisième partie réside dans le problème qu'elle pose et dans le regard que pose la génération d'Haenel et Haenel lui-même.
En revanche la forme romancée de la vie de Karski me parait beaucoup trop artificielle, je n'ai pas trouvé "vraisemblables" certains des entretiens que Karski a eu avec des hommes politiques. Celui avec Roosevelt notamment.
Même si le style est de qualité, le lecteur ne croit pas un seul instant que le texte exprime la vérité profonde et le vécu de Karski.
Un exemple :
"Nous avions pris place, l'ambassadeur et moi, dans un canapé, et tandis que j'expliquais à Roosevelt les conditions dans lesquelles la Pologne parvenait à résister aux nazis et aux staliniens, il s'agitait sur son fauteuil, comme un homme qui cherche une position pour s'assoupir. Il a fini par prendre la même pose que je lui ai vue plus tard sur la célèbre photographie de la conférence de Yalta..."
Il n'en demeure pas moins que ce livre, bien écrit, mérite d'être lu car il pose des problèmes très graves et relativise les perceptions dominantes qui ont alimenté notre opinion jusqu'à présent.
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JAN KARSKI (1914 - 2000)

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