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mardi 27 octobre 2009

DE LA MINUTIE

Cette nuit j'ai rêvé à ce mot : "minutie". Je le déteste. Mais je ne sais pas pourquoi. Je cherche les raisons cachées.
Dans minutie, il y a minute, Minute c'était un hebdomadaire d'extrême droite quand j'étais jeune. Une revue pleine d'imondices, je détestais. Mais il y a aussi la minute, unité de temps, souvent négative d'ailleurs : "tu ne peux pas attendre une minute !" ou encore " minute papillon !". Et puis les minutes d'un procès. Elle me donnent des sueurs froides... pouah ! Je grelotte.
Dans minutie, à l'oral, on commence par prononcer "minus". j'ai l'impression de nager dans dans la vase de l'étang du péjoratif.
Je n'aime pas ce mot. Il sent la boue. Et pourtant il peut chanter : mi, ut, si. Mais dans cette gamme incomplète, c'est le ut qui me choque. Pourquoi ne pas dire "do" tout simplement. Le mot "midotie" ou midosi aurait plus fière allure n'est-ce pas ? La clé du problème c'est donc le ut. Le ut c'est l'intrut. Non vous ne pouvez pas dire ça intrus s'écrit avec un s. Il ne faut pas tout déformer parce que ça vous arrange. La création, l'imaginaire ont des limites quand même ! Où vous croyez-vous ?
De toute façon avec l'ut on est pour ou on est contre.
Revenons en à nos fadièses ne vous déplaise : le ut n'est pas n'importe quoi, c'est le premier mot du premier vers de l'hymne latin de saint Jean-Baptiste attribué à Paul Diacre : Ut queant laxis resonare fibris. Il a été choisi par Gui d'Arezzo (995-1050) pour nommer la première note de la gamme. On se demande d'ailleurs pourquoi, en toute logique la seconde ne fut pas un qu. Oui mais si ça ne choque pas quand on le lit, ça choque quant on le dit. Imaginez vous les petits chanteurs à la Croix de bois apprenant l'histoire du qu comme on apprend l'histoire du ut ! C'est totalement utopique !
Par la suite, on contesta que la syllabe Ut était peu pratiquable pour le chant. Certains musicologues proposèrent pour en faciliter la prononciation d'ajouter un r, un p ou un z devant. On tergiversa et on préféra lui substituer le « Do » de Domine au XVIIIe siècle. Dès cet instant on écarta le qu et on confirma le ré. Reste à savoir si le Do fait référence à dominé ou à dominer ? Pour moi cela ne fait aucun doute, il s'agit du do de dominer et je reste un farouche partisan du do et même des dos en général.
Quant à la syllabe "tie", la dernière de minutie, il ne faut pas la prononcer à l'auvergnate sous peine de sombrer dans la plus détestable vulgarité. Pourquoi d'ailleurs ne pas prononcer le t de tie comme le t de tilleul ou de tituber ? Qui est-ce qui a inventé ces foutues règles de grammaire. C'est un piège pour auvergnat. Imaginez Giscard prononcer "minutie" avec son chamallow perpétuel caoutchoutant ses gencives !
Mais l'exemple n'est pas bon, qui se souvient de Giscard ? Qui c'est celui là ? La seule chose dont je me souvienne c'est qu'il ne pouvait pas prononcer le mot démocratie, cela lui donnait des boutons, dans sa bouche c'était vulgaire. D'ailleurs ne laissait-il aux autres le soin de prononcer un autre mot imprononchable pour lui, dont il incarnait l'échence : "aristocratie". Sa langue aurait pu fourcher, il lui était préférable de ne pas se forcher.
Donc je n'aime pas la minutie, enfin la minutie comme mot, comme mot écrit noir sur blanc, ou blanc sur noir cela s'entend ! Non cela se voit !
En revanche je suis très sensible à l'adjectif minutieux. Cela doit être le côté azuréen du terme. Mais là, il faut faire siffler le t de tieux ! Et alors la magie s'opère, on s'envole vers les étoiles. Privilège qui n'est accordé ni à ceux qui revendiquent la démocratie, ni à ceux qui sont issue de l'aristocratie. Il n'y aura donc jamais de démogracieux, ni d'aristogratieux. C'est donc le triomphe absolu des minucieux. Ils iront tous au paradis.
Pourquoi n'ai je pas parlé de "min" ou de "mine" ? A vrai dire je ne sais. On peut avoir bonne mine ou mauvaise mine, mais cela n'empêche pas de sauter sur une mine... de crayon pour habiller les mots, pour chasser l'imaginaire qu'on trouve dans l'oralité comme on chasse une fumée qui vous envahit. Une fois que le mot est écrit, il est prisonnier du réel, de son sens, des lettres qui le compose. Il est devenu objet. Les griots savent très bien cela. Leur liberté, leur imaginaire, c'est l'oralité.
La minutie s'écrit et je n'aime pas m'enfermer.
La minutie se prononce. Je revendique hautement la liberté de m'arrêter dans mon élan sur le mi par exemple, qui peut aussi bien m'aiguiller sur un fa que sur un n'ut. Mais un n'ut qui est là avec son goût sucré.
Si mon élan me porte jusqu'à minu, je me réserve encore de multiples choix les uns m'orienteraient vers la temporalité, les autres vers les cocottes. De toute manière pourquoi mes amis deviendraient-ils à demi-nus. Pour les plus petits d'entre eux ce ne serait d'ailleurs pas possible comment des minus pourraient-ils devenir à demi-nus ? Des minus sont nécessairement déjà à moitié nus. Tout cela est absurde.
Pourquoi faut-il que je me focalise sur la minutie.
Et si je découpais le mot pour le décomposer. Je pourrais par exemple scier le tie. Non je devrais dire plutôt scier la "tie". Oui mais la "tie" isolée n'est plus sciable car elle perd son si. C'est un mot nouveau, autonome, indépendant. Pensez-vous qu'on puisse scier une cravate ? Ce serait aussi absurde que de cravater une scie. Imaginez une scie avec une cravate ! Pourquoi pas un poisson avec une scie ? Avec des si on peut tout dire. Il vaut mieux couper court à ce discours.
Une autre question m'obsède : pourquoi accole-ton une scie à une minu et à une argu et une cravate à un abru ? C'est peut-être pour faire bon genre !
Oui mais dans minutie, ce qui compte c'est la musique, il ne s'agit pas de scie, mais bien de si. Mi, ut, si. Il a fallu seulement scier le n pour avoir la clé du mystère. La clé d'ut bien sûr. La clé d'ut, elle a bon dos n'est-ce pas ? Tout cela n'a aucune portée. Cette prose ne m'inspire que silence et soupir. Il est temps d'appuyer sur le bouton "pause" et d'aller dormir pour rêver à d'autres mots.

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