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dimanche 17 octobre 2010

" JE NE PARLE PAS LA LANGUE DE MON PERE " LEILA SEBBAR




















Tout est dit dans le titre même du livre. Proximité et distance, passé et présent, ombre et lumière, langue arabe, langue française, parachutistes contre maquisards ...
A la quête du père, un itinéraire impossible lorsqu'on ne maîtrise pas la langue de sa propre histoire.
Un beau livre, qui se lit presque comme un poème et même s'il est écrit en français, et dans une belle langue, la réalité qu'il transcrit est celle de ce pays du soleil et du Coran où rien ne sera jamais simple pour plusieurs générations.
C'est un livre qui fait réfléchir au respect, à la paix, à la culture et surtout à la langue que l'on comprend, que l'on parle et que l'on écrit. Un livre sur l'école et son rôle majeure dans la vie des hommes. On a perdu de vue tout cela aujourd'hui dans notre cocon franco-français. Mais il suffit de voyager un peu pour revenir à la fonction première de l'école et au rôle fondamental qu'ont joué dans la vie de nos parents et ancètres des générations d'instituteurs.
Je me souviens encore de cette école de village que j'ai visitée au Togo, il y a 5 ans, de ce tableau noir entièrement remplie d'une belle écriture à la craie blanche, installée dans une paillotte à flanc de montagne où se pressait une foule de gamins serrés comme des sardines en boîte et qui buvaient avec envie les paroles du maître. Le délabrement des lieux soulignait l'extrême importance que revêt pour chaque enfant d'homme l'accès à la lecture, à l'écriture, au calcul.

Un père algérien, une mère française et la guerre au milieu ... et la famille avec le poids de ses traditions, de ses usages, de la religion. Les familles ... et comme toîle de fond l'histoire qui se déroule avec sa violence, ses crimes, ses incompréhensions, mais aussi ses causes nobles, les intérêts des uns, les intérêts des autres, l'intolérance des uns, l'intransigeance des autres... et la mort comme solution... des milliers de morts ! Que comprendre à tout cela lorsqu'on est enfant et qu'on ne parle que la langue de sa mère ?
La quête impossible du père : "je ne parle pas la langue de mon père."
La vie c'est la guère, ne peut-on pas enseigner la paix aux générations futures ?
A lire !

Extrait d'une interview de l'auteur :
- Pourquoi les femmes portent la mémoire et non les hommes ?

- Les hommes seraient davantage du côté de l'histoire et de la politique, les femmes plutôt du côté de la mémoire domestique et de la maison. Donc de tout ce qui est intérieur, mais intérieur profondément. La mémoire ancienne, qui doit toujours être là et doit se répéter.
L'idée de la transmission est évoquée dans Lettres parisiennes où vous parlez du " deuil du pays natal, d'une terre évidente simple dont j'aurais hérité et que j'aurais juste à transmettre ".

- Vous y évoquez également le deuil d'une identité simple en écrivant : " Si je parle d'exil, je parle aussi de croisements culturels ; c'est à ces points de jonction et disjonction où je suis que je vis, que j'écris, alors comment décliner une identité simple ? ".
- L'identité complexe, ça veut dire qu'on ne naît pas avec une identité de tous les droits. On naît avec une nationalité mais l'identité est toujours à gagner, toujours à construire. Elle n'est pas là depuis toujours. C'est ce travail-là de construction que je fais dans l'écriture. Ecrire me donne une identité qui ne soit pas meurtrière ou dangereuse pour moi. Quand je dis que je suis écrivain, je peux croire que cela me dispense de décliner une identité compliquée – ce qui n'est jamais le cas d'ailleurs ! (rires) Chaque fois, je suis quand même obligée de préciser que je suis un écrivain français, écrivant en France et de langue maternelle française, mais avec un pays natal qui est l'Algérie, une mémoire algérienne que je me fabrique. Et je retrouve la complexité de toute façon…

- Cette notion d'identité fabriquée est assez flagrante dans votre dernier livre où faute d'explications de la part du père, vous lui inventez une histoire.
- Dans les blancs de l'histoire paternelle, j'imagine quelque chose. Croiser le réel et l'imaginaire n'était pas évident. Quelque fois, je suis dans l'imaginaire comme si c'était du réel. Si bien que ma mère a lu le livre et m'a demandé si je n'avais pas rencontré les enfants de Fatima, une de nos domestiques. Elle s'inquiétait de la façon dont le livre pouvait être reçu par sa famille. Moi, je pense que le livre fera son travail. C'est vrai que je ne me suis pas préoccupée de masquer les noms. Je n'aurais pas pu écrire cette histoire avec d'autres prénoms. Pour moi, c'est Aïcha et Fatima depuis toujours et c'était inconcevable que je les dénomme.

Source : http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=2817

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