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dimanche 1 mai 2011

"INDIGNATION" DE PHILIP ROTH

Je dis qu’il y a de l’universalisme dans ce livre.
D'un côté la toile de fond de l'Histoire avec la guerre de Corée, nous sommes au début des années 1950, de l'autre une vie d'étudiant faite de découvertes, de séductions et de petites querelles, insignifiantes, sans importance.
Roth porte le regard de l’homme mûr sur ce que son personnage principal, Marcus, a vécu à une époque de sa vie où il découvre le monde universitaire sans en saisir le sens profond et les conséquences qui pourront découler de ses choix.

Le livre, qui témoigne d'une grande finesse d'analyse, nous aide à comprendre certains épisodes de notre vie, de nos relations avec notre famille, avec nos amis, avec ceux qui représentent les institutions, qu’ils soient étudiants ou professeurs ou encore avec ceux qui viennent d'autres mondes. Nous sommes au cœur d'un carrefour de la vie. Tout peut basculer du jour au lendemain.

Concomitamment à la découverte étonnante d'un monde universitaire plein de promesses et d’embûches, jaillit un regard inquiet sur l’ancien monde vacillant, celui de la famille, des relations avec les parents, les proches, les amis d'enfance... Progressivement les relations changent de nature. « Les siens » deviennent « des autres », presque des étrangers. Les positions bougent, comme sur un échiquier et il n'est plus possible de revenir en arrière. C'est du moins ce que l'on peut croire si l'on fait une analyse superficielle.

Mais ceux qui habitent l'ancien monde - les parents en particulier - et qui redoutent le changement, expriment une volonté profonde d’un retour permanent aux valeurs inculquées. Tous les moyens sont bons pour préserver l'héritage, jusqu'au chantage affectif.

En apparence, il est trop tard, la tentation est celle du refus catégorique. Pas question de renoncer à cette toute nouvelle liberté à laquelle Marcus vient de goûter, à la magie d'un amour naissant. Mais les autres, ceux de l'ancien monde ont bien réussi leur éducation. Les bornes, les barrières, les limites, les interdits confortés par l'affectif sont en nous, ils sont une partie de nous-mêmes, à notre corps défendant.
En réalité, on n'échappe pas au monde qui nous a façonné. Nous restons les mêmes. Est-ce à dire que nos destins sont écrits ?
Marcus est un étudiant brillant, mais il est juif et fils de boucher. Telle est sa condition. On le lui fait sentir, aussi bien ses amis que ses ennemis : "Choisis ton camp !" Roth décrit à merveille les difficultés troubles de son personnage, ses hésitations, son manque de confiance en soi, et en définitive sa préscience de ce qui va arriver. Peu à peu il prend conscience que la manière dont il entend conduire sa vie le rend vulnérable.
Dans la relation naissante entre Marcus et une étudiante belle et fragile, l'auteur nous fait toucher du doigt l'étonnante pudeur du garçon découvrant les pratiques sexuelles de sa girl-friend, qui peu à peu se transforme en incrédulité teintée de mépris. Hésitations, tergiversations, maladresses, incompréhensions, rejet familial tueront cette belle occasion de la vie. Tout s'enchaîne pour que cet amour ne se réalise pas.
Cette liberté qui rend ivre celui qui échappe à un milieu familial pesant est-elle réelle ? N'a-t-elle pas pour effet de révéler à celui qui l’exerce les éléments profonds de sa différence : sa culture, ses désirs, ses habitudes et sa vision du monde. En réalité, rien n'est gratuit, tout compte.
Bientôt Marcus découvre que son destin ne peut pas être le fruit du hasard. Alors qu'il aurait pu être le premier de sa promotion et s'installer dans une vie prospère s'inscrivant dans l'"American Way of Life", pour des raisons insignifiantes à l'échelle d'une vie, il devra partir faire la guerre en Corée où l'attendra son destin.
C’est ce passage du monde de la famille et de l'enfance à celui du monde des adultes, oh combien important dans notre vie, et parfois tragique, que décrit avec minutie et une grande maîtrise de l’écriture Philip Roth.
C'est aussi l'indignation générée par les conséquences que peuvent avoir des actes sans grande importance sur le déroulement d'une vie qui est au coeur du roman.

Bravo Mister Roth, à quand le Nobel de littérature ?

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