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mercredi 3 août 2011

TEMOIGNAGE - JUILLET 2011 : OSLO, UTOYA ... UNE TRAGEDIE NATIONALE POUR LA NORVEGE


Les circonstances ont fait que nous nous trouvions en Norvège au moment de la tuerie d'Oslo et d'Utoya. Nous avons pu mesurer le traumatisme collectif qu'a généré la folie meurtrière d'un fou inspiré par les thèses de l'extrême droite.




Bien entendu les photos qui suivent ne constituent pas un reportage "amateur", mais simplement un témoignage de ce que nous avons vu et qui a concerné au premier chef la jeunesse norvégienne, les images en disent plus long que les mots.
Lors de notre arrivée à Oslo, notre hôtel était situé à 100m de l'immeuble occupé par les services du grouvernement devant lequel la bombe déposée par Breivik a explosé.

Nous sommes passés une bonne dizaine de fois devant et à un moment donné, j'ai pris cette photo par hasard.




A Oslo, lors de notre arrivée, l'atmosphère était particulièrement paisible. La place de la cathédrale était peu fréquentée et les marchands de fleurs vendaient de temps en temps un bouquet à des passants.

La Karl Johann Gata, l'avenue principale d'Oslo, était très animée en revanche. On voit au fond le Palais Royal de Norvège.

Sur cette même avenue se situe le siège du Parti Progressiste (ci-dessus), le parti d'extrême droite qui représente la seconde force politique du pays (si ce n'est la première aujourd'hui).

Tandis que le siège du Parti Travailliste est situé à deux pas du quartier des ministères.
devant Torggata.



Après trois jours passés à Oslo, nous sommes partis vers l'ouest en direction de Bergen. C'est en arrivant dans cette ville que nous avons reçu des SMS de notre famille et de nos amis nous demandant "si tout allait bien". Nous étions le vendredi 22 juillet en fin d'après midi. Nous nous sommes demandés pourquoi cette question et pourquoi ces messages.

D'après les "breaking news" : un attentat terroriste a eu lieu à 15h26 en plein coeur d'Oslo, dans le quartier gouvernemental de Regjeringskvartalet devant plusieurs immeubles dont l'un correspond à la photo au-dessus. Il y aurait plusieurs morts.

Deux heures plus tard se produit une effroyable tuerie à Utoya, une île située à 35 kms d'Oslo où avait lieu un camp d'été réunissant les jeunes de la Ligue des Jeunes Travaillistes.
Un homme habille en uniforme de policier a tiré pendant plus d'une heure et demie à l'arme automatique sur des groupes de jeunes.
Voici un témoignage cité par Rue 89 qui vaut ce qu'il vaut :
" Le tueur était déguisé en policier. Il a rassemblé les gosses près du bâtiment principal. A commencé à tirer dans le tas. Les gosses ne comprenaient rien au début car il utilisait des silencieux. Il a ensuite prétendu voir des gens tirer et a rassemblé d'autres gosses en leur prétendant être là pour les protéger. Ensuite, il a shooté pendant une heure et demie, les gosses se cachaient dans les arbres, sous les rochers. Quand tous les gosses ont commencé à nager, il tirait sur ceux qui nageaient. Faire 600 mètres à la nage en eau froide sans entraînement et pour beaucoup, blessés, n'est pas facile. Beaucoup sont morts comme ça. » Source Skygge, correspondant local de Rue 89.
Bilan des deux attentats : 77 morts dont 70 à Utoya et 7 à Oslo.

A Bergen, nous écoutons la chaîne norvégienne qui donne des "breaking news", mais nous ne comprenons pas grand chose à ce qui se passe.
Le lendemain le Premier ministre intervient à la télévision avec le ministre de la justice, il parle de tragédie nationale, mais on ne sait pas ensore si le tueur a agi seul ou s'il s'agit d'un groupe terroriste. Peu à peu nous reconstituons les événements en regardant la BBC World News.



 A droite le premier ministre Jens Stoltenberg (travailliste) et à gauche le ministre de la Justice, lors de la conférence de presse du samedi matin. (Photo GM TV norvégienne)

En Norvège, c'est la stupéfaction devant l'horreur de ce drame qui touche d'abord des jeunes dont un certain nombre sont issus de l'immigration.
La télévision donne des informations 24h sur 24, les journaux s'arrachent, les gens discutent chez les commerçants, dans la rue, sans excès cependant, en conformité avec le tempérament norvégien... et nous, nous partons rejoindre notre lieu de vacances entre deux fjords au coeur de paysages ydilliques.

Peu à peu la population commence a réaliser ce qui est arrivé, et notamment l'assassinat de ces 70 jeunes gens à Utoya. On apprend que le tueur, Anders Breivik, est un norvégien d'unee trentaine d'années et qu'il est un adepte des idées de l'extrème droite, on le qualifie également de chrétien fondamentaliste, promoteur d'une sorte de guerre sainte contre l'Islam. Il a adhéré pendant un temps au Parti progressiste.

Pendant une semaine, nous restons à l'écoute. Dans les villes des rassemblements sont organisés.

Mais c'est de retour à Oslo que nous mesurons l'ampleur du traumatisme collectif.

Je me rends d'abord dans le quartier où a eu lieu l'explosion : les rues sont barrées et partout des ouvriers sont à l'oeuvre pour colmater les brêches et pour remplacer les fenêtres brisées par des plaques de contreplaqué.









Les vitres sont remplacées par des panneaux en contreplaqué. (c) G.M.

Les stores ont subi le choc de l'explosion dans plusieurs immeubles à la ronde.




































Les travaux de réparation ont commencé, des dizaines d'ouvriers sont à l'oeuvre et le quartier n'est pas accessible au public.




Les photos ci après témoignent du traumatisme collectif et de l'impact sur la jeunesse, ainsi que sur l'ensemble de la population norvégienne.

- UTOYA, une semaine après le drame
En revenant de notre lieu de vacances dans l'ouest de la Norvège, nous sommes passés par hasard devant l'île d'UTOYA.




Au fond l'île où se trouve le lieu de vacances dans lequel a eu lieu le massacre.



Les hommages aux jeunes victimes sont permanents, une semaine après le drame.


L'endroit est chargé d'une profonde émotion. Beaucoup de fleurs sont fanées, mais d'autres fraîches les recouvrent au fur et à mesure.
































Chacun médite sur ce qui s'est passé. On échange peu de mots, les regards sont dans le vide.

- Devant la cathédrale d'OSLO





A Oslo, au coeur de la ville, une semaine après l'attentat la même émotion est palpable. Le parvis de la cathédrale a été spontanément envahi par les bouquets de fleurs et les hommages de toutes sortes, mais partout dans la ville, sur les fontaines, devant les statues, devant l'hotel de ville, à même le sol, des fleurs ont été déposées, accompagnées de bougies et souvent de messages de sympathie et de solidarité.
Bien entendu, beaucoup de jeunes sont présents, souvent à plusieurs ou en groupe, tels ces scouts venus d'une lointaine contrée. Des jeunes enfants déposent des nounours, sous le regard triste de leurs parents.

Ce pays sans histoire et calme - on se réfère souvent au modèle social norvégien - n'a pas connu d'événement aussi dramatique depuis la dernière guerre mondiale. Pour ces jeunes, c'est le premier contact avec l'horreur, avec la barbarie, nul doute que ces actes criminels resteront à jamais gravés dans leur conscience.





A chaque moment de la journée, plus d'une semaine après le drame, les passants apportent des fleurs et de nouveaux témoignages de solidarité et de sympathie envers les victimes et leurs familles.



La place de la cathédrale submergée par un océan de fleurs, de bougies et d' hommages.







Freedom, peace, loove, unity, solidarity, democracy... c'est réconfortant de lire ces mots qui ne viennent pas d'un discours politique souvent vide et creux, mais du coeur d'un peuple et des citoyens de ce monde.














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2 commentaires:

  1. What a beautiful account! I did not realize you were in Norway during the shootings. I love this post. I am glad you are safe.

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  2. thanks for your message MI
    Gerard

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