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mardi 6 septembre 2011

ROMAN FRANCAIS : "L'AMOUR HUMAIN" D'ANDREI MAKINE




Excellent livre que j'ai lu d'une traite. Dès les premières pages nous sommes plongés dans la violence des combats, au coeur de l'Angola à l'époque de la lutte entre le MPLA et l'Unita. Dans une case trois hommes sont prisonniers, le narrateur (celui du début et de la fin du roman), qui est russe, un instructeur, russe également, et un Africain, ou plutôt ce qui apparaît comme un cadavre au fond de la hutte. D'emblée  nous sommes au coeur de l'action. A côté de la hutte, une femme, une zaïroise est violée puis exécutée par des miltaires... Bref comme le souligne le narrateur, dès la première page du roman :
" Menacée, l'existence se montre nue et nous frappe par l'extrême simplicité de sa mécanique. Durant les heures d'emprisonnement, je découvris ces rouages frustes : la peur efface notre prétendue complexité psychique, puis la soif et la faim chassent la peur, reste l'ahurissante banalité de la mort, mais ce frisson de l'esprit devient vite visible face à l'inconfort des petites servitudes corporelles (comme celle, pour nous deux, d'uriner en présence d'un cadavre, enfin vient le dégoût de soi, de cette petite bulle d'être qui se croyait précieuse, car unique, et qui va crever parmi d'autres bulles."

L'un des intérêts de ce livre est de nous montrer une Afrique divisée, objet de convoitise des grandes puissances et objet de rivalités guerrières entre ceux qui reçoivent localement leurs prébendes. La description ne fait aucune concession, les viols et autres carnages sont décrits avec réalisme et les critiques acerbes contre les élites ventripotentes et théatrales qui vivent de la corruption et d'idées fumeuses fusent au fil des pages. Même les révolutionnaires professionnels, les vrais, comme les faux, sont mis à nu dans l'abstraction de leur propos et dans le mépris qu'ils ont du peuple.

Mais le grand thème de Makine n'est ici ni l'Afrique, ni les révolutions. Ce qui est essentiel pour lui c'est, dans la simplicité de la vie des hommes ordinaires, la révélation de la beauté et de l'amour. Cette révélation est quasi-mystique, mais Elias Almeida, le héros principal, qui a rencontré Anna en URSS, lui a sacrifié ses discours et ses combats. Anna vivra toujours en lui, mais comme un rêve.
On retrouve ici la problématique d'autres romans de Makine : le décor de l'Histoire avec un grand H d'une part, et des vies mininuscules de générations sacrifiées d'autre part, mais c'est précisément chez ces hommes et ces femmes vivant dans la peur et la misère que peut jaillir l'amour humain qui fait la grandeur d'une vie, la grandeur de l'homme.
Elias l'a connu, l'espace d'un instant, mais il l'a fuit au nom d'un idéal qui le rendait prisonnier et au final, que restera-t-il ? 
Comme l'écrit Makine : " la certitude de la disparition d'un homme qui aimait ne signifie pas la disparition de l'amour qu'il portait en lui."

Un style précis, un rythme haletant et une architecture romanesque subtile contribuent à faire de ce livre écrit en 2006 un roman très réussi que je recommande.

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