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mardi 22 novembre 2011

JONATHAN COE, ENFIN UN ECRIVAIN QUI A QUELQUE CHOSE A NOUS DIRE



En décrivant, dans son livre le plus connu "Testament à l'Anglaise", écrit en 1994, les maléfices de la famille Winshaw dont le pouvoir sur le monde des affaires londonien a culminé sous l'ère Thatcher, Coe, par anticipation, nous parle aussi de nous aujourd'hui, tels que nous sommes, totalement immergés dans la société européenne néolibérale, société devenue aveugle et le seul objectif de ceux qui la dirigent est de gagner plus, toujours plus. Tiens, tiens ! Et la fin justifie les moyens n'est-ce pas ? On voit aujourd'hui, en 2011, où cela peut conduire l'ensemble du monde. Mais peu importe ! Pour les puissants et pour les riches, il suffit de socialiser les pertes et le tour est joué.

Jonathan Coe, nous décrit, sur la deuxième partie du 20ème siècle, l'ascension des membres de cette famille Winshaw qui se glissent peu à peu dans toutes les tentacules de la pieuvre du pouvoir marchand et financier. Il nous montre également les effets de cette solidarité de classe qui injecte sans faillir dans nos sociétés modernes les soi-disant remèdes du néo-libéralisme qui seraient aujourd'hui la seule alternative possible au chaos. Dans ce livre de presque 700 pages, Coe passe en revue les pratiques abusives et inhumaines du milieu financier, des marchands d'armes, de l'agro-industrie, des spéculateurs du monde de l'art, mais aussi l'arrogance de ceux qui détiennent le pouvoir médiatique et enfin l'omniprésence des banquiers et des politiciens qui leur sont inféodés.

Chez Coe, il y a du fond, mais aussi du style. Coe fait preuve d'un remarquable esprit caustique lorsqu'il décrit par exemple le monde cruel de la télévision ou les conditions inimaginables des blocs d'extermination en masse de volatiles qui n'ont jamais vu le jour avant de finir dans nos assiettes et qui ne peuvent se tenir debout sur leurs pattes faute d'avoir jamais pu s'en servir, ne serait-ce que pour faire un mile.
Il excelle également dans le maniement de l'humour tel ce passage à la fin du livre lorsque les derniers des Winshaw se font assassiner un à un par un mystérieux criminel, dans le manoir familial glacial situé au coeur de la campagne anglaise. On se croirait dans un roman d'Agatha Christie, c'est assez savoureux.

Enfin, Coe sait aussi nous parler avec justesse de la vraie vie, celle des paumés, celle de ceux qui souffrent au quotidien, bref de ceux que les Winshaw considèrent comme quantité négligeable et qui subissent sans rien pouvoir y faire les effets de cette course effrénée vers le fric et le pouvoir.

Le vieux Mortimer, l'un des seuls membres lucides de cette famille, décrit dans son testament ce qui pousse les Winshaw dans cette course sans limites : "Quelle force pourrait pousser ces six individus, qui traitent chacun de glorieuses affaires sur la scène mondiale, à abandonner sur le champ toutes leurs obligations pour venir dans cet endroit solitaire et perdu - endroit ajouterai-je, qu'ils on trouvé si facile d'éviter lorsque j'étais encore en vie ? La réponse est simple : ils y sont poussés par la force qui a toujours, et uniquement, régné sur la conduite de leurs carrières professionnelles. Je fais bien sûr allusion à la rapacité; à la pure et simple rapacité dans toute sa brutalité... La rapacité est tellement ancrée en eux, c'est devenu tellement pour eux une façon de penser, que je sais qu'ils ne pourront pas s'empêcher de faire le voyage, ne serait-ce que pour racler le tonneau pourri du reste de mes biens."

Pour moi, Jonathan Coe est un romancier moderne qui écrit pour nous faire mieux prendre conscience de l'absurdité et de l'injustice du monde dans lequel nous vivons. C'est donc bien un écrivain qui a quelque chose à dire, quelque chose à nous dire et c'est tout son mérite.
Bravo M. COE. malheureusement l'ère Thatcher est toujours là.

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