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lundi 28 mai 2012

MODERATO CANTABILE : LE FILM DE PETER BROOK ET DE MARGUERITE DURAS



J'ai vu ce film alors que j'étais très jeune, lors de sa sortie en salle, en 1960. Inutile de dire que je m'étais fortement ennuyé, je n'avais rien compris.


Je le regarde aujourd'hui et je suis hésitant. Je suis sensible aux livres et à l'univers de Marguerite Duras, en revanche j'ai du mal avec ses films ou les films inspirés de ses romans. A l'exception de "l'Amant", mais il faut dire que Jean Jacques Annaud a su donner à cette œuvre une réelle dimension cinématographique.


Comme dans Nathalie Granger, le film est en noir et blanc, le temps s'écoule, et l'histoire est réduite à une extrême simplicité, un rencontre entre un homme et une femme. Mais au delà de la rencontre c'est du temps même et de l'amour qu'il est question.





·       De quoi s'agit-il ?


Anne Desbaredes, femme d'un industriel de Blaye, petite ville du Bordelais, s'ennuie. Seul son jeune fils l'occupe. Un jour, pendant que l'enfant étudie une sonatine de Diabelli au piano avec son professeur, un cri épouvantable retentit à l'extérieur, comme un cri d'animal. Une jeune femme vient d'être assassinée, dans le café qui jouxte l'appartement du professeur de piano. Anne descend pour voir la scène. La femme est morte étendue sur le sol et son compagnon qui l'étreint, morte, dans ses bras, est emmené par les gendarmes. A cette occasion Anne fait la connaissance d'un ancien employé de son mari, Chauvin, qui exerce une séduction irrésistible sur elle.


Ils se revoient. Ce qui rapproche Anne et Chauvin, c'est le crime qui s'est produit dans le bistrot. Ils imaginent ensemble les circonstances de ce drame passionnel, se rapprochant de plus en plus l'un de l'autre. Une sorte d'amour absolu, cher à Duras, qui ne dure pas et qui débouche sur la mort. A leur tour Anne et Chauvin vivent une histoire d'amour, impossible. La grande originalité du livre et du film est que peu à peu se réalise une osmose entre l'histoire imaginée des deux amants et l'histoire même d'Anne et Chauvin. L'histoire des uns, imaginée, fabrique l'histoire des autres, en prise avec le réel.


D'un côté, une dimension temporelle flexible, expansible jusqu'à l'infini, de l'autre, un temps chronologique incarné par des rencontres entre Anne et Chauvin et par des lieux précis.


Ce lien entre une histoire d'amour inventée et une histoire en train de se construire est ce qui donne au film son caractère singulier. Cette singularité est incarnée par la transformation du personnage d'Anne.


En effet, tout le film met en lumière les mutations que vit Anne, totalement aux prises d'une passion naissante, attisée si besoin est par l'alcool qu'elle se met à consommer sans modération (sans jeu de mots).


D'un côté, la ville, la notoriété de son mari, les ouvriers qui la regardent dans le bistrot où ils ont leurs habitudes, de l'autre, son fils... et l'amour qu'elle éprouve pour Chauvin.





A la limite de la rupture, et sous l'effet de l'alcool, qui aide à la désintégration des barrières des convenances et à la désinhibition des pulsions amoureuses, Anne s'enfuit d'un dîner offert à la maison par son mari, pour rejoindre dans le fameux bistrot, Chauvin. Il fait nuit. C'est le dénouement : le départ de Chauvin et un hurlement d'Anne qui fait penser au hurlement de la femme avant de mourir tuée par son amant.
Elle monte dans la voiture de son mari qui est venu la chercher et sombre à nouveau dans un quotidien que l'on peut imaginer.


·       Jeanne Moreau exceptionnelle
Il faut souligner que dans ce film Jeanne Moreau est exceptionnelle dans son interprétation d'Anne. Belmondo a un jeu plus stéréotypé, mais il a une silhouette, une présence.





Marguerite Duras a participé étroitement à la réalisation du film.

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