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mardi 25 novembre 2014

« PAS PLEURER » de LYDIE SALVAYRE, Seuil éditeur


 

Que les choses soient claires, pour moi "PAS PLEURER" n’est pas un grand livre, c’est une sorte de fourre-tout construit sur une cohérence toute artificielle entre le vécu de deux personnages très différents qui ont vécu la période républicaine et l'éclatement de la guerre civile en Espagne en 1936 : l’écrivain Georges Bernanos, qui se trouvait à Palma de Majorque à cette époque, et Montse, la mère de Lydie Salvayre, alors jeune fille, qui vivait dans un village « coupé du monde ».
Difficile même de parler de deux personnages, car Bernanos ne semble là que par raccroc et uniquement pour les lignes qu’il a écrites dans lesquelles il clame son indignation contre les atrocités commises par les franquistes avec le soutien de l’Eglise espagnole. Ce n’est donc pas un personnage du roman, c’est une conscience qui s’est exprimée clairement à l’époque, notamment dans « Les Grands cimetières sous la lune », pour condamner les crimes des franquistes, alors même que cet écrivain monarchiste et catholique s’inscrivait dans une tradition littéraire et politique inspirée notamment par Maurras.
Je m'interroge sur l’intérêt de reprendre maintes fois des citations de Bernanos dans le cours du roman.
Le second personnage, en réalité le seul qui soit au cœur de ce roman, c’est Montse, la mère de l’auteure. Cette femme, alors âgée de 16 ans, a vécu la période de la république espagnole dans son village et pour une courte période à Barcelone, avant de subir la guerre civile, suivie d’un exil en France. Cette année 1936 constitue aujourd’hui chez cette vieille dame nonagénaire le seul souvenir présent dans sa mémoire. Un souvenir d’une période très courte, de liberté et de jubilation, de fraternité et d’amour, d’un vrai amour avec un jeune écrivain français qui vient s’engager dans les brigades internationales, une période située comme hors du temps où tout semblait possible.
La vie de Montse nous est racontée par bribes, plusieurs autres personnages apparaissent dans le microcosme du village natal de Monste, Jose son frère, Diego son futur mari, Juan, Don Jaime, Dona del Sol, Dona Pura, le père et la mère de Montse de condition très modeste. Ils vivent à l’échelle du village à la fois les événements habituels d’une vie de village (naissances, mariages, décès...), mais aussi les effets de l’avènement de la République espagnole et de la période tragique de la Guerre civile (naissance de clans, élections, violences...). C’est à mon avis ce choc entre la normalité de la vie et le déroulement tragique de l’Histoire qui est le vrai sujet du livre, mais qui aurait pu être exploité de manière plus approfondie par l’auteure.
Je reconnais qu’il y a de très beaux passages dans ce livre qui témoignent de cette période où tout paraissait possible. Un goût de liberté, jusqu’alors inconnu, pour Monste, pour son frère José…J'ai également pensé au "Guépard" lorsque sont abordés les rapports entre Montse et Don Jaime, son beau-père vieillissant, qui sent son monde s'écrouler. 
Quant au style de l'auteure, il est aussi sujet à controverse. Il qui ne m’a pas séduit. IL serait d'ailleurs plus judicieux de parler des styles d’écriture de ce livre. J’ai trouvé insupportable le recours à la « langue » parlée utilisée par Montse pour s’exprimer. Les mots sont écorchés, inventés, ils constituent une sorte de langue  de langue bâtarde, parfois incompréhensible. Cela sent le préfabriqué et pourtant certains critiques ne tarissent pas d’éloges, sur la saveur, l'inventivité, l'humour du style de Lydie Salvayre… Cela m’a laissé totalement insensible.
Quant aux répétitions de mots ou d’expressions quasi systématiques dans le court du roman, je les trouve tout aussi insupportables. Les ruptures de phrases avec renvoi à la ligne n'ont également rien de très original, se justifient-elles réellement ?
Evidemment il y a le thème de la Guerre civile espagnole et toute la part d’émotion que cette période tragique a généré de l’autre côté des Pyrénées, mais aussi de culpabilité devant l’indifférence et la lâcheté des politiciens de l’époque.
Fallait-il encore revenir sur ce thème traité plusieurs milliers de fois dans la littérature ?
L’auteure répond par l’affirmative : « Je m’avise du reste, chaque jour davantage, que mon intérêt pour les récits de ma mère et celui de Bernanos tient pour l’essentiel aux échos qu’ils éveillent dans ma vie d’aujourd’hui. » p 169
Soit, mais pourquoi avoir attribué le prix Goncourt à ce livre ? Je ne comprends pas !

1 commentaire:

  1. Ça donne quand même envie de le lire ; rien que pour en débattre !
    Je viens d'acquérir un très gros livre sur la Guerre d'Espagne dans lequel figurent quelques témoignages sur et de El Campesino. Quel regret de ne pas avoir plus de temps pour lire !

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