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mardi 27 septembre 2016

"LA CHAMBRE DE JACOB" DE VIRGINIA WOOLF

Un personnage, dans l'espace d'une vie. Un personnage presque irréel qui reste distant, on le découvre au fil des pages à travers le regard des autres.
Les décors sont des lieux très familiers de Virginia.
C'est un livre dans lequel il faut entrer. Au début j'ai connu un certain agacement avec ces passages d'un personnage à l'autre, d'une idée à une autre sans lien apparent si ce n'est l'unité de lieu que représente le cerveau de Virginia.
Soudain j'imagine l'auteur survolant ce petit monde de la plage avec une caméra qui passe d'un personnage à une autre, qui saisit ici une bribe de conversation, puis là une autre. Description brève d'instants fugitifs, palpation du temps et de l'espace, sentiment de l'insaisissable.
Impression de l'instant qui s'échappe que l'artiste voudrait capter, mais déjà les couleurs les formes ont changé :
"Les îles Scilly bleuissaient; une soudaine fièvre de bleu, de violet, de vert, saisit la mer; la laissa blême; infligea une zébrure, vite disparue; mais le temps pour Jacob de passer sa chemise par dessus sa tête, toute l'étendue des vagues était bleue et blanche, ondoyante et crêpelée, bien que de temps à autre meurtrie d'une large marque violette, comme une ecchymose; ou ornée d'une grosse émeraude teinté de jeune..." Romans et Nouvelles, la Pochothèque p 79.
Un peu plus loin dans le livre j'ai bien aimé cette réflexion sur les lettres qu'on envoie :
"Songeons un peu aux lettres - comme elles arrivent au petit déjeuner et les soir, avec leurs timbres jaunes et leurs timbres verts, immortalisés par le cachet postal - en effet à contempler sa propre enveloppe sur la table d'n autre, on prend conscience de la facilité de détachement et d'aliénation des actes. Ici est manifeste la faculté que possède l'esprit de se séparer du corps et peut-être redoutons-nous, haïssons-nous ou souhaitons-nous voir anéanti ce fantôme de nous-même posé là sur la table." p.121

Et soudain je m'aperçois que je tourne les pages avec avidité, je ne peux plus m'échapper du récit... Virginia a gagné. Mais finalement n'est-ce pas moi qui ai gagné, Virginia n'a pas changé, même si j'ai l'impression que son style est plus fluide que dans les premiers pages, simplement je crois que j'ai dépassé mes réticences concernant une écriture aussi nouvelle, aussi libre, aussi créatrice, dépasser le carcan de la tradition pour se glisser dans le flot de l'énergie créatrice, cela ne me demande plus d'effort, c'est devenu une évidence !
Je suis maintenant près pour apprécier ce que je trouve être le passage le plus évocateur du livre le voyage en Grèce et  la naissance de la relation amoureuse entre Jacob et Sandra. Subtilité de l'observation, esquisse subjective d'un sentiment ou plutôt d'un désir (là est la modernité) naissant.
Beauté intemporelle du Parthénon, excitation de l'esprit et du corps.
"Mais revenons à Jacob et Sandra,
Ils avaient disparu. L'Acropole était là ; y étaient-ils seulement parvenus ?  Les colonnes et le temple demeurent, l'émotion des vivants revient s'y briser d'année en année; et de cela, que reste t-il?
Quant à monter à l'Acropole, y parvenons-nous jamais, qui peut le dire ? ou si Jacob à son réveil le lendemain trouva un élément impérissable à garder à jamais ? En tout cas il partit avec eux (Sandra et son mari) pour Constantinople." p. 181
Ce passage me touche profondément : pourquoi ? Liberté d'interprétation du lecteur ! Le temple sur l'Acropole symbole de la beauté éternelle, instant fugitif entre deux êtres en ce lieu-même, éternité de l'instant gravé à jamais dans la mémoire.
Et si jouer avec le temps n'était pas la grande affaire des hommes, enfin de ceux qui créent !

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