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jeudi 29 avril 2010

DU COTE DE CHEZ SWANN DE MARCEL PROUST
























Difficile pour moi de parler de Proust et du volume que je viens de terminer "Du côté de chez Swann"! Je n'ai jamais aimé Proust, son univers, sa sensiblerie, son obsession permanente du passé, sa contemplation enfantine et stérile et surtout son aversion pour l'action. Rêver, écrire sont ses deux occupations majeures, la fortune de sa famille lui permit ce luxe.
Néanmoins, grâce à une "lecture assistée", par André Dussolier, j'ai pu enfin arriver à la fin des quelque 180 pages de "Du côté de chez Swann" dans la collection de la Pléiade. Je ne dirais que j'ai aujourd'hui changé d'avis sur cet écrivain, mais sans que je m'en rende compte, par effraction, cette lecture semble avoir modifié certaines de mes perceptions et a peut-être fait bouger quelques-unes de mes certitudes profondes. On ne sort jamais indemne de la lecture d'un grand livre, même si on ne l'aime pas !
Plutôt que d'entrer dans les détails de ces vacillements intérieurs qui n'intéressent que moi, c'est plutôt sur l'impact de la littérature sur nos vies que j'aimerais livrer quelques réflexions personnelles à la lumière de cette expérience très récente.

Interrogation : lit-on un livre comme "La Recherche" par hasard ?
La réponse à cette question est généralement : non. Soit que cette lecture nous fût imposée jadis par nos professeurs, soit que le livre nous fût offert en cadeau par un parent ou un ami.
Dans d'autres circonstances cependant, les lecteurs que nous sommes achètent les livres que l'on nous recommande. Ces recommandations ne se font pas par hasard, elles sont souvent en phase avec la connaissance que l'on peut avoir de notre personnalité.
Il y a enfin les livres que l'on choisit ou que l'on croit choisir, sur les rayons de notre librairie préférée, chez un bouquiniste ou sur les sites d'Amazon ou d'Alapage (c'est pmoins potéique bien sûr!). L'achat est bien le fruit de notre libre arbitre, souvent de notre envie, parfois d'un besoin impérieux.

Oui, mais pourquoi tel livre plutôt que tel autre, en cet instant même ? Hasard ou nécessité, qui sait réellement ?
En réalité, il faut distinguer le cadeau et l'acte d'achat, de la lecture elle-même. Acheter un livre ne signifie pas le lire. Nos bibliothèques sont pleines de livres dont les pages n'ont jamais été lues !
Je suis persuadé que si l'on creusait plus en profondeur les motifs qui expliquent nos choix de lecture, nous irions certainement au-devant de grandes surprises.
Pour en revenir à Proust etr illustrer mon propos, plusieurs fois au cours de ma vie, j'ai entamé la lecture de "La Recherche" et je n'ai jamais pu dépasser la centaine de pages, et avec quels efforts encore ! Je n'ai eu de cesse de recenser, parfois avec culpabilité, les motifs justifiant ce manque d'intérêt : omniprésence du passé, thèmes insignifiants et obsessionnels, vision "parisienne" de la vie à la campagne, description d'un monde aristicratico-bourgeois hypocrite et bigot, phrases interminables allant jusqu'à l'illisibilité... Résultat : lassitude, bâillements... abandon...
Et pourtant, grâce au cadeau de ma fille (le coffret de 8 CD), cette fois-ci, j'ai persévéré jusqu'à la dernière page de "Du côté de chez Swann". Acte volontaire donc.
Mais qui avait décidé ma fille à m'offrir ce coffret ?
Qu'avait-elle détecté dans ma conversation ou dans mon comportement qui pouvait lui faire deviner que l'heure était propice, que j'étais en attente de cette lecture ?
Mystère !
Peut-être qu'un jour elle m'a entendu dire que les deux romanciers les plus importants et les plus marquants du XXème siècle étaient Céline et Proust, peut-être encore a-t-elle senti un jour que j'entrais, malgré moi, dans une période de vie plus contemplative qu'active, peut-être encore a-t-elle tout simplempent souhaité favoriser mon initiation à un univers littéraire inexploré. J'admets toutes ces hypothèses. J'admets que notre vie, nos préoccupations de l'instant peuvent avoir un rapport immédiat direct avec nos lectures.
Mais cela n'explique pas que cette récente lecture ait fait "bougé" quelque chose en moi. Qu'est-ce qui est à l'origine de ce changement ?
Peut-être est-ce ce regard d'enfant que porte Proust sur le monde qui l'entoure : à l'abri dans son cocon familial, le narrateur observe les grandes personnes qui peuplent cet univers tranquille et féroce de Combray, parents, grands-parents, tantes, grand-tante léonie, oncle exilé, domestiques, amis de la famille (Swann, Vinteuil...), jeunes filles en fleurs (Gilberte) ...
Peut-être est-ce cet enracinement dans un lieu, dans des paysages, dans une maison à la fois figée dans le passé et perçue dans ses différences subtiles du passé et des instants, anipmée par des personnages qui eux-mêmes font et défront leurs us et coutumes. N'y a-t-il pas un lien très puissant et souvent inperceptible, entre un lieu, une maison et ceux qui l'abitent, ils en sont l'âme, ce sont eux qui l'animent...
Peut-être est-ce encore l'imaginaire de cet enfant qui recrée le monde à sa façon, les couleurs, les senteurs, les formes changeantes qui lui ouvrent l'accès à une réalité au-delà du réel qu'il est seul à contempler et à aimer...
Nul doute que dans cette attitude à la fois innocente et secrète ouvre de nouvelles portes, jusqu'alors hermétiquement closes.
Dans un livre comme "La Recherche", il est clair qu'existent de multiples degrés de lecture :lecture esthétique ou émotionnelle, lecture rationnelle ou intellectuelle, lecture poétique (au sens propre du mot) ou initiatique.

En définitive, malgré toutes les réticences qui demeurent, j'avoue que cette lecture m'a, peut-être malgré moi, initié à un nouveau regard sur le monde (pas nécessairement sur le passé d'ailleurs) à une nouvelle perception des êtres et des choses qui demande toutefois d'être confirmée dans l'avenir.
La littérature exerce à l'évidence une influence sur nos vies quotidiennes, parfois malgré nous.

3 commentaires:

  1. J'avais écrit tout un commentaire il y a qq jours, mais j'ai merdé à l'enregistrement !
    Bref, je te félicitais. J'en ai lu 2 tomes et je garde un souvenir mémorable de cette lecture. A une époque je me baladais avec un tome de La Recherche ds mon sac. J'en lisais un passage avant le boulot et ça permettait de relativiser beaucoup de choses. Monique, qui est plus courageuse et sérieuse que moi, a lu l'intégralité.

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  2. Oui, c'est un phénomène très particulier cette lecture. On a l'impression de s'épuiser à lire des phrases sans fin et quelques jours après on s'aperçoit que le discours proustien est entré en soi, malgré soi. Un peu comme si notre oeil interne avait développé son champ de vision. Vraiment très étrange, je n'ai jamais ressenti cela.

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  3. Mais qui avait décidé ma fille à m'offrir ce coffret (Proust lu par André Dussolier)?

    Voici ma réponse:

    Il y a près d'un an et demi, je travaillais sur le tournage de Chicas, film de Yasmina Reza, avec notamment ... André Dussolier.
    Un jour je raccompagnais le comédien belge Bouli Lanners et la scripte du film Nathalie Vierny, qui est aussi la scripte "officielle" de Jacques Audiard.
    Nous parlions de livres, de lecture et de la passion de Bouli pour les romans américains. Ils s'échangeaient des conseils de bouquins. Et puis Nathalie a dit "Jacques (Audiard) m'a fait découvert Proust lu par André Dussolier. C'est fantastique... " et ils en ont parlé tout le reste du trajet..
    C'est à cette occasion que je me suis dit "Voilà une bonne idée de cadeau" et que j'ai pensé à toi papa! Je sais que tu es un grand lecteur, et que tu as le temps maintenant d'écouter des heures de Proust!
    Je crois pas que j'étais consciente vraiment du fait que tu avais toujours eu un peu de mal avec cet auteur, mais peut être que malgré tout j'avais du l'entendre un jour...
    Il reste 11 cds je crois. Alors bon courage!
    En tout cas je suis heureuse si cela a pu t'aider à redécouvrir Proust et à avancer dans tes réflexions sur le monde!
    Olivia

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