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vendredi 16 avril 2010

PENSEES OPTIMISTES DE JOSEPH E. STIGLITZ, PRIX NOBEL D'ECONOMIE


 Joseph E. Stiglitz

Ayant entrepris de lire "Le triomphe de la cupidité" paru chez LLL en février 2010, dans une traduction de Paul Chemla, j'ai relevé, au fil des pages, quelques phrases qui me laissent perplexe sur la crise financière et sur l'avenir tel que l'imagine "l'éminent" économiste, ancien conseiller de Bill Clinton.

" Ce qui m'inquiète, c'est que, à cause des choix qui ont déjà été faits, nous allons non seulement subir une récession bien plus longue et profonde que nécessaire, mais aussi sortir de cette crise avec un endettement beaucoup plus lourd, un système financier moins concurrentiel, moins efficace et plus vulnérable à une nouvelle crise, et une économie moins préparée à affronter les défis de ce siècle." p. 115

" Les banques ont compromis ce que des millions de gens avaient épargné pendant toute leur vie quand elles les ont persuadé de dépenser au-delà de leurs moyens - même si certains incontestablement ont été vite persuadés. Avec leur maison, de nombreux Américains perdent toutes leurs économies et leur rêves d'un avenir meilleur, d'une bonne éducation pour leurs enfants, d'une retraite un peu confortable." p. 148.

Oui Monsieur Stiglitz, mais au delà des victimes américaines, il y a aussi les victimes dans le monde entier et notamment toutes celles pour lesquelles le seul problème est de survivre, et de celles-là on n'en parle pas beaucoup, parce qu'elles n'intéressent personne.

Stiglitz a la fibre pédagogique, il nous permet de décrypter certains mécanismes d'innovation financière avec un assez grande clarté, en particulier la titrisation à l'origine de l'aveuglement des investisseurs cupides :

" Tout le mécanisme de la titrisation reposait sur la théorie du plus fou : elle supposait qu'il existait des fous à qui l'on pouvait vendre des prêts hypôthécaires toxiques et les périlleux morceaux de papier fondés sur eux. La mondialisation avait ouvert l'accès à toute une planète de fous; de nombreux investisseurs étrangers ne comprenaient pas les spécificités du marché immobilier aux Etats-Unis, notamment l'idée de prêt sans recours. Mais cette ignorance ne les empêchait pas de se jeter avidement sur ces titres. Nous devrions les remercier. Si les étrangers n'avaient pas acheté tant de nos prêts hypothécaires les problèmes de notre système financier auraient sûrement été bien pires."
En fait ces banquiers étrangers que Stiglitz traite de "fous" se sont comportés comme des Panurge en accordant une confiance aveugle à leurs experts des marchés financiers et en se fondant sur la parole d'Evangile de Moody's, Standard and Poor's ou Fitch. Lesquelles agences de rating avaient pour la plupart, par filiales interposées, des intérêts directs ou indirects dans le développement des prêts hypothécaires risqués (subprimes) et des marchés immobiliers.
Ce qui importait avant tout pour les banques, les courtiers et autres intermédiaires, c'était de générer un maximum de commissions, de manière à satisfaire les actionnaires et à augmenter au maximum les bonus du top management et des traders.
Bien entendu la question du risque était devenue secondaire et abstraite. La titrisation masquait au mieux ces fameux risques auprès des investisseurs cupides et naïfs. On a ainsi assisté à la gigantesque arnaque de la technostructure dans le secteur financier aux Etats-Unis. Arnaque qui a produit des conséquences dans le monde entier. La suite on la connaît.

Le jugement de Stiglitz sur les agences de rating est sans appel :
- elles ont un long passé d'erreurs derrière elles (exemple la surévaluation de la dette de la Thaïlande qui a débouché sur la crise asiatique il y a quelques années),
- elle étaient payées par des banques qui créaient des titres qu'on leur demandait de noter, elles ont vite compris qu'il fallait être agréable à ceux qui les payaient,
- elles recevaient des commissions  pour expliquer aux sociétés d'investissement comment avoir de bonnes notes, puis elles étaient payées quand elles leur donnaient,
- elles utilisaient les mêmes "modèles viciés" que les banquiers d'affaires, modèles qui postulaient qu'il n'y aurait pas d'effrondement des prix immobiliers partout en même temps sur le territoire US ... Selon les modèles utilisés, par exemple, le type de krach boursier qui s'est produit le 19 octobre 1987 ne pouvait survenir qu'une fois tous les 20 milliards d'années (sic)...
Messieurs les banquiers vous êtes comme des joueurs qui misent des sommes colossales à la roulette, prenant des risques majeurs, sauf que dans la banque on n'utilise pas son argent personnel, mais l'argent des autres, celui des clients, sans d'ailleurs jamais les informer totalement et de manière transparente sur les risques réels encourus.
Lorsque la catastrophe survient : à un bout de la chaîne les emprunteurs propriétaires de biens immobiliers endettés sont ruinés et se retrouvent à la rue, à l'autre bout les actionnaires ou les retraités détenteurs de parts de fonds collectifs perdent la moitié ou les 3/4 de leurs économies.
Au milieu de la chaîne, les banques s'en sortent bien : elles sont renflouées par l'Etat, c'est-à-dire par les contribuables et la technostructure y retrouve son compte : parachutes dorés, salaires exorbitants, primes des traders indécentes... On laisse quelques cadavres dans les placards pour sauver la face et on recommence de plus belle.

 Source : Noubel Obs.

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