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mardi 7 décembre 2010

IL SE PASSE DES CHOSES DANS NOTRE BEAU PAYS DE BOURGOGNE

Il se passe des choses aujourd'hui dans le pays bourguignon qui sont "alimentées" par les légendes populaires du passé.
L'association " l'Aubépine" (http://associationlaubepine.blogspot.com/) a organisé récemment à la Médiathèque de Précy-sous-Thil une réunion au cours de laquelle deux auteurs de la région ont parlé des légendes bourguignonnes et du Morvan.
André Beuchot a notamment parlé des légendes de Noël et du Jour de l'An.
Sandra Amani a lu quelques extraits de son livre "Les mystères du Nivernais", elle a évoqué egalement certaines légendes bien connues de la population rurale du canton de Précy.
L'objectif de ces deux auteurs consiste à faire partager leur amour de notre terroir et des légendes qui ont bercé notre enfance.
André Beuchot, dans sa présentation m'a remis en mémoire deux personnages "mythiques" aujourd'hui un peu oubliés, mais dont j'ai entendu parler pendant toute mon enfance dijonnaise : le Père Fouettard et le Père Janvier.
Qui étaient ces deux là ?
Le père Fouettard a pour origine ce que l'on appelait jadis les pays de l'Est, c'est-à-dire l'Allemagne, l'Autriche ou la Hollande.
Sa fonction était de faire peur aux enfants qui n'étaient pas sages, c'était le compagnon de Santa Klaus, il était tout de noir vêtu. Je me souviens que mon père l'évoquait à chaque fois que je faisais une bêtise à la période de Noël. Si tu n'es pas sage, c'est le Père Fouettard qui va venir te voir et tu n'auras pas de jouets cette année. L'argument a tenu quelques temps, il était très efficace. Le Père Fouettard fréquentait donc les foyers dijonnais au coeur de l'hiver. Il possédait un redoutable martinet.
Mais, il y avait aussi le père Janvier, personnage mille fois plus sympathique.
Selon André Beuchot, on trouve des traces du Père Janvier dans le Morvan, dans le Nivernais, dans le Bourbonnais et aussi dans le Dijonnais. C'est pourquoi j'ai aussi beaucoup entendu parler de ce bonhomme lorsque j'étais enfant.
Le père Janvier, c'était un peu un père Noël-bis. C'est lui qui distribuait les étrennes au tout début de l'an neuf.
En ce qui me concerne, c'est le père Janvier qui apportait les cadeaux que je récoltais pendant tout le mois de Janvier lorsque mes parents accomplissaient leur visite traditionnelle de Nouvel An chez les personnes de la famille qui étaient plus âgées qu'eux. J'avais droit à des petits soldats de plomb, à des livres de Tintin ou encore à des petites voitures "Dinky Toys" que j'appréciais particulièrement. En fait ces "petits cadeaux", je les prenais comme le prix payé pour une après-midi passée à m'enquiquiner profondément. Lorsque le cadeau offert ne me plaisait pas, il paraît que je faisais une véritable tête d'enterrement pendant toute l'après-midi, ce qui faisait la honte de ma mère.
Pour en revenir au père Janvier, je ne l'ai connu que très fugace, je ne sais même pas s'il se déplaçait en traîneau comme le père Noël. Je sais seulement qu'il était habillé de blanc et qu'on avait du mal à le distinguer sur la neige. Il avait également une grande barbe et un grand sac.
Dans le Morvan, certains enfants le voyaient autrement : "C’était un bonhomme mystérieux, voire austère : grande robe et capuchon de bure marron délavés, visage maigre cachant peut-être un sourire sous sa longue barbe poivre et sel, le corps décharné. Ce vieillard courbé sous le poids d’une immense hotte en osier, avait les mêmes attributions que le Père Noël : distribuer des étrennes en passant par les cheminées.

Il était fâcheusement accompagné par le Père Fouettard, tout petit, le visage vérolé, hargneux, qui traînait un sac de toile garni de verges, ces dernières étant remplacées dans les années 1930, par de redoutables martinets !" (2005 - par Annie Delaitre-Rélu)

André Beuchot a également raconté une histoire qui a évoqué chez moi des souvenirs très précis. Voilà ce qu'il raconte dans son livre "Noël et Jour de l'An en Côte d'Or et en Bourgogne" que je recommande à toutes les personnes originaires de la région et de Dijon en particulier :
"En 1951, les catholiques, hostiles à cet usurpateur (le père Noël) laïc se révoltent, souhaitent lutter contre la "paganisation" des esprits.
Les "Rouges" en profitent pour en faire un personnage moderne et récupérer la fête de Noël. Curieux retour des choses pour un personnage rendu populaire avec l'aide du plus grand pays capitaliste ! On assiste alors à une guérilla qui se terminera à Dijon devant la cathédrale Saint Bénigne où l'on porta au bûcher une effigie du père Noël. La lutte arrivait à son paroxysme, Jésus, Saint Nicolas, le Père Noël, le Père Janvier et le Père Fouettard se partageant les faveurs des Bourguignons...
Dans les grandes villes, le Père Noël Municipal fait souvent son apparition le 24 décembre en fin de journée, sur la place ou à la salle des fêtes. A Dijon, depuis le début des années 1950, il apparaît sur le toit de l'Hotel de Ville, clamant les noms des enfants méritants ou turbulents..."
J'ai été le témoin direct de ces premières apparitions du "vrai" Père Noël qui descendait du toit avec une hotte chargée de friandises, mais la descente en rappel depuis le sommet de la Tour Philippe le Bon a commencé en 1957.


Voici un autre récit de cette guerre des clochers raconté sur le blog de Ferragus :
"Noël 1951 fut particulièrement mouvementé à Dijon.
A la suite de prises de positions du Saint-Siège et de certains prélats en France, une tragédie se déroula devant la cathédrale Saint-Bénigne en cette soirée du 23 décembre.
Face à 250 enfants des patronages, ébahis sans doute, un mannequin à l’effigie du Père Noël fut accroché aux grilles de l’église cathédrale puis enflammé.
Les auteurs - de jeunes abbés quelque peu intégristes - de “ce massacre sur un parvis”, selon La Bourgogne républicaine, et de cet “autodafé à Dijon” selon France Soir, affirmaient lutter « contre le mensonge et la fabulation trompeuse du Père Noël. »
Dès le lendemain soir, sous les projecteurs municipaux, le Père Noël était ressuscité et se promenait sur les toits de l’Hôtel de ville, à l’initiative du maire, un certain … chanoine Kir ! Cette tradition du Père Noël sur les toits de l’ancien Palais des Ducs et des Etats de Bourgogne perdure depuis ce jour de la résurrection !"

Claude Lévi-Strauss a pris prétexte de cette guéguerre du Père Noël, pour réfléchir sur ce mythe et sur les passions qu'il déclenchait ! Précisons que, selon lui, le clergé dijonnais avait mal pensé sa stratégie, cette histoire n'a fait que « … restaurer le héros dans sa plénitude. »


Cliché de l'événement paru dans la presse de l'époque.

La France est coupée en deux : l'opinion publique se divise et s'enflamme. D'un côté les adeptes du père Noël , Jean Cocteau, l'ethnologue  Claude Lévi-Strauss, René Barjavel, de l'autre ses détracteurs : François Mauriac ou Gilbert Cesbron...

Voici une dernière version de cet événement majeur de l'histoire de la mythologie bourguignonne :

Un communiqué est publié qui contient ces mots : « Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. A la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l'enfant et n'est en aucune façon une méthode d'éducation. » Le fait divers prend un retentissement national, fait la une de « France Soir », et devant une consternation générale, les autorités laïques de la ville sont obligés d'improviser la résurrection du barbu en lui faisant arpenter les toits de l'hôtel de ville de Dijon quelques heures après l'avoir immolé !
(source NouvelObs.com, Jean Pierre Gueno.)

NB : le terme "autorités laïques" n'est pas vraiment approprié car le maire de l'époque n'était autre que le chanoine Kir, universellement connu.


Le chanoine Félix KIR, ancien maire de DIJON

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