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dimanche 30 janvier 2011

"NAGASAKI" D'ERIC FAYE



Ce n'est ni l'auteur, ni le titre du livre qui ont fait que j'ai acheté ce roman. C'est le bandeau sur lequel était indiqué "Grand prix du roman de l'Académie Française 2010" qui a emporté ma décision. Bien sûr je n'éprouve pas de respect particulier pour l'Académie, mais l'an dernier j'avais beaucoup apprécié le livre de Pierre Michon, "Onze" qui avait été couronné par l'Institution. Alors j'ai voulu une nouvelle fois faire confiance.

Je n'ai pas été déçu par la lecture de "Nagasaki". Pourquoi ?
- Parce que c'est un livre qui tranche avec ce qu'on a l'habitude de lire dans les cercles parisiens. C'est un livre simple qui évoque des faits simples, des gens simples. Mais au fond de cette simplicité on peut découvrir des tragédies masquées. C'est un livre sur la vie au quotidien, sans élucubrations, sans visée morale, ni métaphysique. C'est un roman qui laisse toute sa liberté au lecteur. La liberté du promeneur solitaire.
- Parce que le style de l'auteur est séduisant et original, contrasté selon les situations. Au plan du vocabulaire, j'ai appris notamment ce que voulait dire le verbe "s'esbigner" (s'échapper, s'enfuir) et le nom "amphigouri" (figure de style consistant en un discours, texte ou dessin volontairement obscur ou inintelligible à visée burlesque. Par extension, on l'utilise pour qualifier un texte confus et incohérent, ce qui est alors péjoratif ; proche du galimatias ou du phébus).
- Parce que l'intrigue se passe au Japon et que le dépaysement opère à merveille. Eric Faye semble parfaitement documenté sur les us et coutumes de la classe moyenne nippone, en particulier en ce qui concerne l'alimentation et l'habitat.
- Parce qu'on est plongé dans une univers quotidien et qu'un événement, lui même très simple et translucide, vient bouleverser le rythme infini des jours tranquilles dans une ville qui a connu l'apocalypse le 9 août 1945. La situation décrite prend un relief particulier dans un tel environnement.
- Parce qu'aux trois quarts du roman, nous lecteurs, sommes surpris, bousculés comme a pu l'être le personnage principal, par une intrusion. L'intruse devient bien vite elle-même un personnage familier qui nous découvre sa légitimité profonde. Mais elle n'en demeure pas moins une intruse. L'intimité qu'on avait avec le personnage principal disparaît alors. On nous vole notre roman n'est-ce pas ?
- Parce que l'auteur du livre sait nous montrer enfin un monde lointain où les hommes subissent les mêmes symptômes sociaux que dans notre occident désenchanté. Après le cataclysme indicible, puis le pseudo-miracle, le retour à la triste et dure réalité pour une multitude de petites gens.
Il m'est difficile d'en dire plus sans entrer dans le vif du sujet, donc je m'abstiens.
Si vous avez 2h30 de disponible, n'hésitez pas, c'est une lecture enrichissante, mais qui n'est pas sans poser un problème de fond.
Voir également le point de vue de Pergame sur ce livre :
http://pergame-shelter.blogspot.com/2010/12/nagasaki.html

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