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samedi 9 avril 2011

" LES SOUVENIRS, C'EST POUR LES FAIBLES ! "

Cette phrase me turlupine. Je l'ai entendue hier, elle a été prononcée par une actrice jouant dans une adaptation d'un roman d'Agatha Christie. Je n'arrive pas à l'écarter de mon esprit. Elle revient sans cesse, comme une obsession.
Ce qui m'intrigue dans ces mots, c'est à la fois la part de vérité qu'ils recèlent et leur confrontation à cette quasi impossibilité que nous avons à chasser tous nos souvenirs de notre présent. Ils sont en quelque sorte constitutifs de notre personnalité, qu'il s'agisse d'ailleurs de "bons" ou de "mauvais" souvenirs.
Rappelons que, selon le dictionnaire Larousse, un souvenir est la survivance dans la mémoire, d'une sensation, d'une impression, d'une idée, d'un événement passé.
La faiblesse consisterait donc à se réfugier dans ses souvenirs pour se plonger ou se re-plonger dans un état de contemplation passive. Le moteur du retour au passé pourrait être alors une frustration générée par l'action se déroulant dans le présent.
Le fort serait celui qui assume le présent, qui fait face aux situations et qui cherche à les maîtriser. Le faible serait en quelque sorte un fuyard du présent et de l'action.

A contrario, est-ce que cela signifie que les forts n'ont pas de souvenirs ? Les forts seraient en permanence dans l'action, ils tourneraient constamment le dos au passé. Tandis que ceux qui rêvent, qui ressassent en permanence leurs souvenirs tels des adeptes de Proust préfèreraient se situer hors du présent, dans un monde de passivité et d'inaction.

Mais qu'est-ce aussi que ce concept de fort et de faible ?
Est-ce bien la bonne manière de voir les choses ? Est-ce que l'a priori du faible et du fort ne conditionne pas la réponse que l'on peut faire ?
Fait-on par exemple, sans le savoir, référence à Nietzsche et à sa dichotomie entre morale du fort et morale du faible ? Dans ce cas là, on risque de se situer sur un terrain glissant.
Je n'ai nulle envie de me lancer dans une dissertation philosophique.
Simplement dans la vie il y a des moments, des actes, des pensées qui semblent s'imposer sans qu'on n'en connaisse la raison apparente, et c'est précisément ce phénomène qui m'intrigue.
Est-ce tout simplement un symptôme de l'âge mûr (ouh la la que d'accents circonflexes soudain, est-ce que c'est un signe ?) ou une configuration des phénomènes et des états qui à un moment précis éclaire davantage, et sous un certain angle, notre perception du monde ?
Je me dis que l'enfance, que l'on compare souvent, dans un certain milieu il est vrai, à une sorte de Paradis Perdu où les événements sont perçus d'une manière directe et essentiellement sensorielle est une période où l'on ne cultive pas de souvenirs, d'abord parce qu'on n'en a peu et que dans le monde qui nous entoure tout est nouveau, tout est à découvrir. Ce qui prime c'est le présent et l'action. Ce qui ne veut pas dire que notre inconscient n'emmagasine pas en permanence une multitude de perceptions de phénomènes qui plus tard se transformeront en souvenirs.
Mais dans le présent de l'enfance, l'action est prioritaire.
Au contraire, lorque l'âge avance, le passé peut devenir un refuge, au fur et à mesure que le présent nous chasse pour cause de faiblesse. Trop faibles pour l'action, intellectuellement, physiquement, nous nous réfugions naturellement dans notre usine à souvenirs ? Sommes-nous pour autant des faibles en puissance ?
La force ne peut-elle pas résulter de l'expérience et du vécu ?
Selon la civilisation dans laquelle nous évoluons, les réponses divergent.
Dans le monde où la production et la consommation dominent, le faible est celui qui ne produit plus et qui n'a pu les moyens physiques, financiers, intellectuels de consommer. C'est un bon à rien au sens littéral du terme.
Le fort, au contraire, est celui qui se lance en permanence dans l'action créatrice de richesses (c'est ce qu'on dit !), essentiellement de richesses matérielles et qui consomme avec avidité, c'est celui qui joue à fond le jeu du système !
Dans d'autres civilisations, les hommes sont faibles au départ, tous sont vulnérables. C'est le propre de l'enfance. Petit à petit, ils sont appelés à être initiés, à découvrir le monde et ses secrets et à acquérir de la force, laquelle force peut s'analyser comme le développement progressif d'une maîtrise exercée sur l'environnement immédiat. Dans cette hypothèse, le souvenir, qui serait un rapport à l'expérience acquise, ne serait plus l'apanage des faibles, ce serait une sorte de mémoire des apprentissages réalisés, mémoire alimentant l'action (la sienne ou celle des autres) et la réflexion. Mais dans cette conception du monde et des hommes, le monde n'est plus constitués que d'individus, il est constitué par des groupes solidaires où les uns apportent aux autres.
Bon, là il faut que je m'arrête. Je sens que les mots prennent le pouvoir et me font perdre de vue la réalité.
Le sage n'est pas le sophiste, celui qui sait ne parle que très peu et à bon escient, ce qui n'est pas mon cas, hélas !

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