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mercredi 18 janvier 2012

EDGAR DE CLINT EASTWOOD



J'apprécie les films de Clint Eastwood, notamment depuis "Sur la route de Madison" (1995).

"Edgar" est un film que l'on peut aborder de différentes manières.

"Hoover", un mythe éclairant l'histoire intérieure des Etats-Unis
En ce qui me concerne, la plus riche et la plus intéressante est certainement celle qui consiste à découvrir tout un pan de l'histoire récente des Etats-Unis. En Europe on nous montre surtout des films sur l'action politique extérieur des Etats-Unis et sur les guerres menées tout au long du XXe siècle. Dans "Edgar", c'est l'Amérique de l'intérieur qui nous est présentée, l'Amérique des Rockfeller, de Mac Carthy, de Reagan et des Bush, celle qui a organisé une guerre farouche contre les communistes, mais qui s'est relativement bien accommodée des activités criminelles de la mafia.
Hoover, patron du FBI pendant 48 ans, est le fer de lance de cette Amérique là, puritaine, conservatrice, individualiste, raciste, religieuse, bien-pensante, anti-progressiste et sans pitié pour ses ennemis.
Au fil du temps ces ennemis intérieurs sont d'abord les communistes ou les "bolcheviks", puis les gangsters comme Dillinger, Machine Gun, Karpis, Lester Gillis ou Bonnie et Clyde, Hauptman le kidnappeur du fils de Lindbergh..., puis les hippies et autres beatniks perçus comme des dégénérés et enfin, et surtout, les hommes politiques, qu'ils soient démocrates ou progressistes comme Roosevelt, les Kennedy et Martin Luther King ou républicains "immoraux" comme Nixon. Quelle a été la part d'Hoover dans la disparition tragique des Kennedy et de Martin Luther King ?
Le film montre les aspects novateurs et positifs de l'action d'Hoover : son sens de l'organisation, sa rapidité à décider, un certain génie de la communication et du "marketing politique" et une habileté diabolique pour se protéger par tous les moyens des puissants et en particulier des présidents des Etats-Unis et de leurs clans. Hoover disposait de dossiers personnels et confidentiels sur tous les hommes de pouvoir aux Etats-Unis. Ces dossiers ont été détruits après la mort d'Hoover, par sa fidèle collaboratrice, Helen Gandy.
Il met l'accent également sur la lutte permanente pour le pouvoir menée dans les hautes sphères politiques ainsi que sur les méthodes et les travers de l'homme le plus puissant des Etats-Unis : mensonge, chantage, humiliations, violence, violation de la loi, écoutes téléphoniques illégales, assassinats...
Bref, John Edgar Hoover est un personnage complexe qui fut pendant quarante huit ans à la tête du FBI. C'est un mythe qui symbolise l'Amérique de droite dont il fut le grand protecteur. 


Edgar Hoover et Clyde Tolson aux courses leur passe-temps favori (1947)

Un regard sur l'homme privé "Edgar"
L'autre intérêt du film est d'apporter un éclairage plus intime, plus psychologique du personnage.
L'accent est mis d'emblée sur la relation privilégiée entre la mère vénérée, Anna Maria et le fils adulé qui cherchera à être toute sa vie celui qu'elle veut qu'il soit : Edgar. Le jeune homme porte sur lui tout le destin de sa famille. Il vivra avecsa mère jusqu'à la mort de celle-ci en 1938.
Le film insiste également sur la relation "particulière" entre Edgar et Clyde Tolson, son ami inséparable et son adjoint au FBI. La relation homosexuelle semble ici établie. Hoover ne se maria jamais et Tolson, à la mort d'Hoover, reçut le drapeau américain qui enveloppait le cercueil de son patron et ami, il hérita également de tous les biens d'Edgar.
Là où le film est particulièrement juste, c'est lorsqu'il décrit à travers le jeune et arrogant Hoover, l'ambition personnelle caractéristique de ceux qui sont issus de la "middle class". L'Amérique républicaine sait leur ouvrir les portes dès lors qu'ils font leurs preuves. Hoover devint à 29 ans le directeur du FBI. L'entretien "d'embauche" entre l'attorney général de l'époque et le jeune homme ambitieux est à cet égard exemplaire et particulièrement bien filmé.
Mais, nul ne peut cacher ses origines et ses racines profondes : Edgar, égocentrique, exclusif, colérique, jaloux et tyrannique fera le malheur de beaucoup de ceux qui l'ont approché... et à la fin de sa vie, comme Howard Hughes et comme la plupart des hommes au pouvoir insatiable, il s'isolera dans une tour d'ivoire, jusqu'à sa mort subite.

1 commentaire:

  1. émotion à l évocation du restaurant de Clamecy ; nous y sommes souvent allés avec les parents d Annie et m^me pour les obsèques ...
    Quant à Edgar j'avoue une vraie déception, comme si le personnage n'était que très rarement pris à la bonne distance . le livre de Dugain, "Edgar et moi " m'avait autrement séduit et apporté ...

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