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mercredi 7 mars 2012

CLAUDE SIMON : ECRIRE



































Avant de me lancer dans la lecture de l'Acacia, j'ai cru utile de m'informer sur la conception qu'avait de l'écriture Claude Simon, en allant à la source, si je puis dire. ( in Quatre conférences - Ecrire 1989, Les Editions de Minuit, 212)

Qu'est-ce qu'écrire ?




Pour Claude Simon, écrire correspond tout simplement à une nécessité de faire, de produire.

Ecrire c'est travailler dans et par la langue.
Travailler à quoi ?
A fabriquer des objets qui n'existent pas dans le monde dit réel, qui sont cependant en rapport avec celui-ci, mais qui au sein de la langue se trouvent en même temps en rapports avec d'autres objets qui dans le temps et l'espace mesurables peuvent s'en trouver infiniment éloignés.
Ecrire c'est fondamentalement lier, ne serait-ce que dans la phrase la plus simple où sont mis en rapports, cristallisés en un seul objet, le sujet, le verbe et le prédicat.
Ecrire quoi ? Des romans.
Mais des romans qui échappent à la causalité, à la prédestination des personnages et en définitive à la moralisation. Ce qu'ont été les romans jusqu'à Proust. Dans ces romans prévalait la narration, accompagnée, pour renforcer la puissance même de l'histoire, par des descriptions. Or, lorsqu'il lit les auteurs du XIXe, Simon se prend d'ennui. Il trouve que les personnages de Balzac ou de Stendhal par exemple, qui sont des créations ex nihilo, obéissent à un principe de causalité qui débouchera sur le triomphe de la morale. Or Simon se refuse à toute moralisation dans l'art. Ce qui le touche dans le roman c'est la description. Mais la description qui ne cherche pas à reproduire à tout prix le monde réel, la description qui est un objet créé par l'auteur, la description qui est d'abord sélection, puis mise en ordre, agencement par l'artiste. Son but est de générer des impressions, des sensations à la fois chez l'auteur et chez ses lecteurs, génératrices de plaisir.

La révolution copernicienne du roman
L'événement subversif, déterminant dans la littérature du XXe a été l'expulsion de la fable du roman et l'avènement de la description. Comme le souligne clairement Simon, à la prédominance d'un impératif de causalité dans le roman s'est substitué celui de qualité. Autrement dit " en littérature, comme en peinture d'ailleurs, aujourd'hui ce n'est plus l'événement ou l'histoire, représentés ou contés, qui importent, mais la façon dont ces événements sont peints ou décrits ".
Claude Simon poursuit dans le même texte de cette conférence sur l'écriture : "En d'autres termes, alors que dans le roman traditionnel le sens préexiste au travail de l'écrivain, c'est au contraire du sens qui va maintenant se trouver généré par ce travail, sens pluriel, est-il besoin de le dire, non explicité, de sorte que d'univoque le texte se fait polysémique, exclut donc toute prétention à l'enseignement, tout "message", respecte la liberté du lecteur en s'efforçant seulement de lui proposer (de même avec les Impressionnistes) une image expressément donnée pour subjective de ce monde qui selon la formule de Robbe-Grillet, n'est ni signifiant, ni absurde, mais qui, simplement est."

Maintenant je peux commencer ma lecture de l'Acacia en connaissance de cause !

1 commentaire:

  1. C'est tout ce que je fais quand j'écris ! (non, je déconne !)

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