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jeudi 11 octobre 2012

LA VALENCE DU 3EME MILLENAIRE ... DES QUESTIONS ?

J'ai loué un vélo et j'ai décidé de visiter cette fameuse Cité des Sciences de Valence qui a fait couler beaucoup d'encre.
Pour me rendre sur place j'ai emprunté la coulée verte, autrement dit l'ancien lit du fleuve Turia, qui a été détourné pour éliminer les risques d'inondation après le désastre de 1957.
La coulée verte est un atout extraordinaire pour Valence, elle permet aux habitants de venir se détendre, flaner, faire du sport, profiter de parcs avec des pelouses et des plantations d'arbres, sur des kilomètres et des kilomètres, et pour une grande partie à quelques pas seulement du centre ville. Le week end cette coulée verte est très fréquentée par les valenciens.


Vue de la coulée verte (c) G. Morin - 2012

Et alors, cette Cité des Sciences ?

Ma première sensation a été l'étonnement. Etonnement devant le gigantisme des batiments, étonnement devant leurs formes, étonnement devant le grand vide qui entoure ces constructions futuristes !
En revanche, je ne peux pas dire que j'ai été séduit à la vue de ces constructions à la fois très proches les unes des autres et ostentatoires.
 

Quel était le projet au départ ?
Il s'est agi d'une part d'occuper les terrains de l'embouchure du fleuve Turia laissés vacants par le détournement et d'autre part de mettre en forme les ambitions futuristes de la ville et de la région. Il faut dire qu'au fil des siècles, Valence a toujours été une cité pétrie d'ambitions comme en témoigne la Lonja de la Seda, les gigantesques Torres à l'entrée de la cité ou encore la cathédrale abritant le saint Graal.
Les décisions concernant l'implantation d'une Cité des Sciences futuriste ont été prises au moment où la situation économique et financière était florissante en Espagne.
Coûts estimés au départ : 300 - 350 millions d'euros.


Quelle est la réalité aujourd'hui ?
 
Aujourd'hui la situation a totalement changé, chacun connaît l'endettement de l'Espagne et le gap entre la réalité du quotidien des habitants de Valence et toutes ces réalisations dispendieuses, inadaptées aux besoins réels, véritables gouffres financiers, qui s'accroît tous les jours.
Les coûts réels de la cité des Sciences (qui n'est pas encore terminée) s'élèvent à environ :
1 300 millions d'euros.
Le président de la région a démissionné pour corruption, certains projets ont été retardés.
On prétend que c'est le site le plus visité d'Espagne par les touristes (3,7 millions en 2011, mais je m'interroge sur le comptage puisque l'accès aux sites est libre). Pâle consolation.
 
En ce qui me concerne, ce dimanche 7 octobre 2012, par un temps magnifique, je n'ai rencontré que quelques groupes de touristes et d'espagnols éparpillés, arpentant les lieux l'air médusé. Bon d'accord, il était midi et nous étions un samedi du mois d'octobre !


Bilan architectural - impressions

La cité des Sciences de Valence est en grande partie l'oeuvre d'un architecte : Santiago Calatrava Valls, originaire de Valence.
Après des études en Suisse, il installe son premier bureau d'architecte à Zürich. Il en créé un second à Paris, qu'il devra fermer en 2004. Il s'installe enfin à Valence en 1991, avec pour objectif de préparer des propositions pour les concours relatifs au projet de Cité des Sciences.
Calatrava s'est surtout fait connaître dans un  premier temps pour ses constructions de ponts. parmi les plus célèbres : le Bach de Roda de Barcelone, l'Alamillo de Séville, le Zubi Zuri (pont blanc) de Bilbao, le Pont des Cordes de Jérusalem ou le Pont de la constitution à Venise.
Parmi ses réalisations les plus connues sont : la gare de Lyon-Saint Exupéry, la gare Oriente de Lisbonne, le Milwaukee Art Museum, le complexe olympique d'Athènes, le fameux Turning Torso de Malmö.
Mais bien entendu c'est la Cité des Sciences de Valence qui constitue sa réalisation la plus célèbre.
Selon certains commentateurs: " ses constructions se veulent être à la fois fonctionnelles, esthétiques et proches de la nature et du quotidien d'où il puise ses sources d'inspiration.



Passionné par les formes, on reconnaît dans ses constructions un oeil (l'hemisferic), un squelette (Musée des Sciences), un bateau (Opéra), un peigne (Pont de l'Alameda), un torse humain (Tour de Malmö en Suède)."
 
C'est donc cette cité-musée d'avant-garde que j'ai eu l'occasion de découvrir.
 
Première impression : la lumière. Blanche, partout. Ce qui donne une impression de cité solaire. Les batiments sont plongés dans une sorte d'uniformitré lumineuse reflétée et amplifiée par les bassins d'eau qui les entourent. Cité éthérée dans lesquels les hommes sont des pions perdus dans un gigantesque sans limites.

 

(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia. Il donne l'impression à première vue d'une sorte de casque de héros grec.
En fait, sa forme est celle d'un bateau. Ses dimensions semblent gigantesques : 75 mètres de haut et environ 40 000m² de surface.
Le bâtiment a été conçu par empilement de volumes protégés par une grande enveloppe blanche en forme de coquillage. Une sorte d'immense plume (qui fait penser à un casque) en métal surplombe le Palais, tenu par un pilier en béton armé.



L'édifice est entouré de 60 000m² de jardins, 11 000m² de bassins et de fontaines.




(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia, dont l'accès ne paraît pas évident lorsqu'on en fait le tour.


(c) G. Morin - 2012. Le palais des Arts de la reine Sofia au fond, et au premier plan l'Hemisferic.
L'Hemisferic fait à l'évidence penser à une oeil gigantesque, symbole d'ouverture sur le monde et de contemplation. A l'intérieur un planetarium et une sorte de géode comprenant une salle de cinéma (IMAX). Totalement désert lors de notre visite.
L'édifice mesure un peu plus de 100 m de long et 26 m de haut. Il a une superficie de 14 000 m². La salle de cinéma a une capacité limitée à 300 personnes.


(c) G. Morin - 2012. La continuité entre l'Hemisferic et le Palais des Arts.

Seconde impression : ces oeuvres architecturales peuvent être certes séduisantes pour l'oeil, mais je ne peux m'empêcher de me questionner : où est la place de l'homme, des hommes plutôt, dans tout cela ?
Pour qui ces bâtiments ont été conçus ?
Ces constructions ont-elles été pensées en fonction des hommes et des usages qu'ils en feront où ne s'agit-il pas de satisfaire les fantasmes de politiciens locaux avides de gloire et de créateurs centrés sur eux-mêmes, enfermés dans leur vision du monde ?
Je pose des questions, je n'induis pas les réponses.
 
Mais ce malaise que j'ai ressenti, je pense qu'il est partagé par beaucoup de visiteurs.
Il faut marcher et encore marcher pour se rendre d'un bâtiment à l'autre. Accueil impersonnel, automates pour prendre des billets, pour acheter à boire... Sièges pour se reposer situés n'importe où entre deux salles et un escalier. Accès d'un site à un autre fermé par un bout de grillage sans explication. Il faut contourner et refaire des kilomètres.
Finalement, je me sens étranger dans ces espaces qui ne sont pas faits pour moi !
 


(c) G. Morin - 2012.
Le Musée des Sciences, sorte de squelette de dinosaure ou de baleine, au choix. Le musée a une superficie globale de 42 000 m2. Il mesure 220 m de long et 80 m de large pour 55 m de hauteur.
Pour le construire il a fallu 58 000 m2 de béton et 14 000 tonnes d’acier. L’édifice est entouré, comme les autres bâtments de la Cité, de 13 000 m2 de pièces d’eau (bassins artificiels) déjà en partie souillées.



(c) G. Morin - 2012. Le squelette


(c) G. Morin - 2012. Musiciens perdus entre deux murs, sous un pont qui semblent illustrer par leur musique criante et dissonnantes les propos écrits sur le mur et partagés aujourd'hui par beaucoup d'espagnols !


(c) G. Morin - 2012. L'Umbracle.
On devine quelques humains errant sous les arches à gauche, et deux autres au fond à droite parcourant la rive sans fin du bassin qui ne mène nulle part.




(c) G. Morin - 2012. L'Umbracle : des bonbons et quelques humains !



(c) G. Morin - 2012. La nature emprisonnée dans l'Umbracle, sorte de jardin suspendu et désert, avec toute une partie à laquelle on ne peut accéder.


(c) G. Morin - 2012. Le musée des Sciences à droite, dont la qualité principale est qu'il est interactif et l'Umbracle à gauche, jardin-prison, avec un parking gigantesque et sombrissime au niveau du bassin.


(c) G. Morin - 2012. Le pont de l'Assut d'or dont le mat s'élève à 150m. Peigne, harpe ?
Pourquoi pas ?

Au fond l'Agora, site couvert destiné à accueillir des événements, notamment sportifs. Il contient plus de 5 550 places. Les parois extérieures nécessitent déjà une rénovation.
On peut bien sûr s'interroger sur l'avenir de ces différents bâtiments et sur la nécessité qu'il y aura de les entretenir, ce qui supposera des fonds supplémentairesn dans un pays exsangue.
A l'évidence on a vu trop grand, trop loin, trop cher... On a perdu le sens des réalités. C'est ce que de nombreux espagnols ne comprennent pas.



 (c) G. Morin - 2012. Le pont et l'Agora.


L'Oceanografic, ou Aquarium, de la Cité des Sciences est l'oeuvre de Felix Candela, décédé en 1997, architecte mexicain, d'origine espagnole et de nationalité américaine. Engagé dans la Guerre civile en Espagne contre Franco, il est obligé de s'exiler au Mexique. La majorité de ses créations sont situées au Mexique, notamment le palais des Sports de Mexico.
L'Oceanografic a été réalisé en collaboration avec Alberto Domingo et Carlos Lazaroles. C'est le plus grand Aquarium d'Europe et certainement le site le plus visité de la Cité des Sciences.

En résumé, je précise que j'apprécie l'architecture moderne. J'ai beaucoup aimé le Berlin moderniste, j'aime également la plupart des sites futuristes en France, j'ai été subjugué par l'Opéra d'Oslo et j'ai encore en mémoire les superbes réalisations de Pékin et de Shanghaï.
Mais cette Cité des Sciences de Valence avec ses multiples bâtiments m'a posé un problème. C'est peut-être l'accumulation qui a génér en mpoi un certain rejet, une sorte d'overdose. Ce qui est criant pour moi c'est ce décalage entre le gigantisme de cette cité et les besoins des hommes d'aujourd'hui.
Pourquoi dans la vieille ville, les rues regorgent-elles de monde ? Pourquoi les gens se parlent-ils ? Pourquoi les enfants jouent-ils ? Pourquoi les cafés sont-ils pleins ? Pourquoi le marché est-il aussi vivant ? Pourquoi me suis-je senti si bien en parcourant jour et nuit les rues et ruelles de la Valence ancestrale ?
Et pourquoi ayant pénétré dans cette Cité des Sciences, ai-je eu envie d'en sortir aussi vite et de parcourir la coulée verte en vélo dans une sorte de fuite vers la cité ancienne ?
Pourquoi ?
Suis-je dépassé ?
Suis-je un vieux con ?
Suis-je réac ?
Suis-je ignorant tout simplement ?

D'autres constructions récentes ne me laisseront pas la même impression ! Heureusement !

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Le palais des Congrès de Valence
 
Je prends le métro pour me rendre dans un quartier excentré de Valence et découvrir le Palais des Congrès dont l'architecte n'est autre que Norman Foster (enfin ses équipes !). Le site a été inauguré en 1998.
Contrairement à mes impressions lors de la visite de la cité des Sciences, je ressens de la justesse dans les formes et dans les dimensions. Lorsque je suis arrivé depuis la station  de métro, j'ai même demandé à des passants où était le palais des Congrès alors qu'il était sous mes yeux. C'était l'arrière du bâtiment.
Certes, les lieux n'étaient pas fréquentés en cette extrème fin d'après-midi d'un dimanche. La population des HLM voisins s'était emparée des jardins situés autour du palais. Deux petites vieilles bavardaient sur le trottoir qui entoure le site, se racontant probablement des histoires de voisinage, l'air totalement indifférent devant cette élégante construction.
Ici encore on peut se demander si le choix de l'implantation est judicieux, car trop en rupture avec une partie l'environnement immédiat, ce qui n'enlève rien à la beauté architecturale.
Je reste très mitigé sur les deux hôtels "fonctionnels" situés à côté du palais.
 
Norman Foster jouit d'une renommée mondiale.
Il a remporté plus de 300 récompenses et prix dans le monde entier.
Il a reçu la médaille d'or du RIBA en 1983, la médaille d'or de l'Académie française d'architecture en 1991 et la médaille d'or de l'institut des architectes américains en 1994.
Sa réalisation la plus célèbre en France est certainement le viaduc de Millau (1993 - 2004).
En 1999, il est lauréat du Prix Pritzker, qui récompense les plus grands architectes.



(c) G. Morin - 2012. La partie extérieure est du Palais, avec de grands panneaux translucides du meilleur effet au soleil couchant.



(c) G. Morin - 2012. La façade du Palais orientée au sud.


(c) G. Morin - 2012. Le palais avec au fond l'hôtel Sorolla (qui n'est pas l'oeuvre de Foster).


(c) G. Morin - 2012. L'hôtel Sorolla inauguré en 2006.

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L'IVAM (Instituto Valenciano de Arte Moderno)
 
Ce musée, inauguré en 1989, est l'oeuvre de deux architectes locaux : Emilio Giménez et Carlos Salvadores. Il a été remanié en 2000 par Emilio Giménez et Julián Esteban.
C'est un musée à taille humaine où l'on se sent bien.
Un problème peut-être : une certaine absence de lumière, aussi bien dans le hall que dans les salles d'exposition qui sont pour la plupart aveugles (si je ne me trompe!).


(c) G. Morin - 2012. La façade du Musée d'Art Moderne de Valence (IVAM) qui contient une salle d'exposition permanente dédiée à Julio Gonzalez.


(c) G. Morin - 2012. Masque, par Julio Gonzalez (c) G. Morin - 2012



(c) G. Morin - 2012. Le niveau du 1er étage donnant accès aux salles d'exposition de part et d'autre.



(c) G. Morin - 2012. Vue depuis l'intérieur du Musée.

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